23.08.2007
30 - LE VITRAIL
MONUMORTS 30 : VITRAIL
BREUILPONT (EURE, 27)

Je vais aujourd’hui commettre une infraction à la règle que je me suis donnée : ne parler que des monuments aux morts édifiés, entre 1920 et 1930, par financement municipal, avec ou sans souscription ouverte aux habitants, avec ou sans subvention de l’Etat, avec ou sans action de mécénat. Ce mode d’édification privilégie l’adhésion collective à un hommage collectif à tant d’hommes sacrifiés stupidement sur l’autel du nationalisme. Tout monument « privé » est donc a priori exclu de mon travail, qui obéit à une stricte observance du principe de laïcité.
CASTILLY (CALVADOS, 14)

Et pourtant, je ne peux laisser dans l’ombre les quelques exemples de vitraux qu’on trouve dans autant d’églises du territoire national. Il y en a sept, pas plus. Tout au moins, sept photographies de vitraux figurent parmi les 15.000 que j’ai collectées (je dis 15.000, mais je dispose d’un peu moins de 17.000 clichés. Il y a des doublons, et certains monuments sont photographiés sous tous les angles). Sept, cela fait très peu, et c’est sans doute en dessous de la réalité.
LE PETIT CELLAND (MANCHE, 50)

L’église n’est pas la municipalité. Les trois notables du village, selon la tradition, sont le maire, l’instituteur et le curé. Deux sont laïcs. L’église n’est pas un espace public. Dans quelle mesure y a-t-il eu rivalité entre cet espace et le « plein vent » du champ communal ? Toujours est-il que, bien souvent, à l’intérieur de l’édifice consacré, un objet (plaque gravée, la plupart du temps) est dédié aux hommes en bleu qui sont morts à la guerre, et redouble, de la part des « paroissiens » l’hommage des « citoyens ».
MONT DOL (ILLE-ET-VILAINE, 35)

Il faudra bien, d’ailleurs, que je consacre une note à cet aspect non négligeable de la question. D’autant que, lorsqu’il arrive dans un village, il est rare que le voyageur remarque la mairie avant d’avoir aperçu de loin le clocher de l’église : à tout point de vue, le clocher est un outil de communication, voire de publicité, qu’on se le dise. Les révolutionnaires de 1792 auraient été bien avisés de s’en aviser. Par ailleurs, difficile de dénombrer les monuments municipaux qu’on a adossés, purement et simplement, à l’église. En 1920, on n’était plus au temps des guerres de religion (cf. 1905).
POEY DE LESCAR (PYRENEES-ATLANTIQUES, 64)

Le vitrail a ceci de particulier de formuler en couleur et en transparence le message habituel du monument aux morts. Ici, le pioupiou existe en lumière, presque immatériel. Que sa mort soit alors captée par la religion n’a finalement guère de gravité, mais au contraire, le vitrail ajoute sa chaleur à la teinte souvent froide de la pierre qu’on a dressée pour lui au-dehors, même si « l’esprit » n’en a rien à voir : il reste l’hommage à l’homme sacrifié.
PUISSEGUIN (GIRONDE, 33)

Le vitrail porte, mais pas toujours, les noms des morts. Tour à tour, c’est la Vierge Marie ou Jésus qui accueille le poilu ou bien honore la tombe. Il existe même une Notre Dame des Tranchées (Puisseguin). Quoi qu’il en soit, le champ de bataille est toujours le même, ainsi que l’absurdité de cette bataille.
VERNIX (MANCHE, 50)

08:53 Publié dans Monuments aux morts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Vitrail, Histoire, Guerre, 1914, Monument aux morts, Commémoration



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