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31.01.2008
ETRON D'UBIQUITE
Le Canard enchaîné a inventé une formule géniale : PAROLES VERBALES. Quand un responsable politique fait une déclaration alors qu’il n’a rien à dire, il prononce des PAROLES VERBALES. Je ne saurais vous dire à quand cette invention remonte. Cela me fait penser à un « génie » de la linguistique qui a écrit l’alluminé How to do things with words, JOHN LANGSHAW AUSTIN. « Comment faire des choses avec des mots ? » C’est tout simple, regardez faire Monsieur SARKOZY, dites « JE VEUX », allez ailleurs, recommencez, sans vous arrêter. Encore, « paroles verbales » est-elle une formule directement inspirée de « Les paroles s’envolent, les écrits restent ». Disons-le tout net : c’est totalement dépassé. Aujourd’hui, par la magie du verbe d’un charismatique SAINT NICOLAS, de même que les trois petits enfants sortent indemnes du tonneau de sel du méchant boucher, le monde et la réalité sont domestiqués, ils obéissent à la baguette (les mauvais esprits diront qu’ils obéissent à la braguette, je l’attendais, évidemment, c’est minable) : le chef ne va pas tarder à marcher sur les eaux, il a parlé, et le réel devient docile, que dis-je : il se plie, non : il OBEIT. Le réel se soumet. « Je veux 3 % de croissance, et s’il le faut, le 1 % qui manque, j’irai le chercher avec les dents. » Aussitôt, tu le vois, le réel, il se met en ordre de marche, il dit « Chef oui chef, bien chef ! », et il s’engloutit dans le triangle des Bermudes. C’est ça, la magie : LE REEL A DISPARU. C’est Le Crime parfait (Baudrillard). Tout est dans l’image. TOUT. Et cela, d’autant plus aisément que le grand troupeau des JOURNALISTES, savamment conduit vers son destin – sa disparition en tant qu’espèce autonome –, est friand d’images.
Qu’est-ce que c’est, un JOURNALISTE ? Est-ce cet obscur travailleur qui va sur le terrain s’enquérir de ce qui s’est passé dans la vie des hommes, la vie réelle, s’entend ? Est-ce l’honnête travailleur, qui s’efforce de drainer vers des moyens de diffusion une réalité qu’il lui semble important d’acheminer vers une population avide de savoir comment tourne la planète ? Ce qu’on appelle des « événements », vous savez, ces petits ou gros accidents qui se produisent dans le tissu continu de la vie humaine ? Est-ce cet observateur neutre qui s’efforce de comprendre ces événements, c’est-à-dire d’entrevoir son origine ainsi que l’inflexion qu’ils vont donner à la trame de l’existence des hommes ? Est-ce cet observateur neutre qui s’efforce de proposer à ses lecteurs une explication, une analyse de ces événements ?
La réponse est catégorique : c’est NON !
De même qu’il n’y a plus de socialistes au « Parti socialiste », il n’y a plus beaucoup de journalistes dignes de ce nom au pays de cette profession sinistrée, sinistre et désespérée. Personne ne souhaite la disparition de la presse écrite. Moi non plus. Si cette catastrophe se produit, il y aura certes des raisons externes (finances, lecteurs, etc.) mais les journalistes eux-mêmes auront beaucoup œuvré au naufrage. Je n’exonère pas les lecteurs de leur culpabilité : à l’époque du premier « LOFT » de TF1, tout le monde s’accordait à juger cette émission idiote et dégradante, mais tout le monde la regardait. Voilà le nœud du problème : le lecteur n’est plus un citoyen qui se tient informé, mais un CLIENT, pour qui la lecture de la presse permet de ne pas trop s’ennuyer dans les transports en commun, tout en satisfaisant son VOYEURISME. Les tirages de la « PRESSE PEOPLE » ont quelque chose de désespérant. Il est DEPLORABLE, l’état intellectuel et moral d’une population entière, ou du moins assez majoritaire pour avoir désigné pour le deuxième tour de la présidentielle deux icônes, deux ectoplasmes politiques seulement gavés de l’écho que leur image rencontre dans la population, et qui sont capables de dépenser 30.000 (Nicolas) à 50.000 (Ségolène) euros de maquillage pour gagner. Il n’y a plus de peuple, seulement une population avide de spectacle. Comme le dit un titre de BD de MARTIN VEYRON : Ce n’est plus le peuple qui gronde c’est le public qui réagit, Dargaud, et ça remonte à 1982, quand même. Il savait déjà que c’est le spectacle qui régit nos vies, le spectacle qui nous engloutit, le spectacle qui devient ce que nous appelions notre « âme » autrefois.
A suivre…
08:21 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Journalistes, Journalisme, Information, Voyeurisme, Journaux, Loft, Sarkozy
30.01.2008
Livre traduit de l'en-deçà - 10/15
c’est la ficelle,
le froid de la parole.
Dans le couru du vent,
on fait du sec.
On devient mort,
le même à respirer.
Le cousu d’os,
la foule obtuse.
La cour du vrai,
dans la cloche à plongeur.
C’est qu’il fait froid,
au fond de la parole.
Le menti serti dans du vrai,
le creux de la famine.
Il fait du froid dans ma parole,
je mendie à cause de ça.
Je fais mon minuscule.
Dans le couloir des sons,
c’est la voix voulue
qui manque à mon appel.
C’est au pourtour,
le filet d’encre,
la voix couleur.
Vrai comme un soi
qui vient avec.
Le sourd de veille
se fait rapace.
Le bec de voix
cherche un désir.
On a peur du fond,
dans le menti du corps.
Il est en train de souvenir.
Hiver ivre en parole.
Qu’est-ce qui est fertile ?
Le tu de la figure ?
Le vent qui fait le respiré ?
Le pur de langue ?
Dans le cousu du minuscule,
toute la matière.
La voix sinue en marge.
On a du corps en trop,
et c’est la vie rapide.
Autour du trop,
ça reste à dire.
Un peu de peau
dans le vibré de vivre.
Le corps mineur
est fort de feinte.
L’induit de soi
dans l’oubli couche
fait son retard de cœur.
Tordu de soi,
le cousu coule
en voix couleur.
Là dans la force,
il a du trop, le poétique.
Dans le désert de foule,
un clown avide.
On ferme en cloche
un corps mendiant
qui se dévide.
On cherche en roche.
Entre les frères en peu,
surgit le vide.
C’est juste un cortège,
qui fait la voix
dans le nu du pourtour.
Avec son mort en couche,
c’est le total d’hiver
qui se plie en parole.
L’honneur du pauvre,
c’est dans le tu du cœur,
la ficelle à respire.
Pour le rien du vide.
C’est toi la farce.
Non à dormir,
non à mentir en voix,
non à tension de la figure
autour du trop qui siffle.
A la couleur du feint,
le vu du mort en couche
devient douleur du confus terminé.
Et ça s’entend, le contenu,
avec le thème en corps de voix.
Tout vient autour,
et ça s’amuse.
Dans le central à poudre d’os,
il fait son temporal.
C’est trop tard pour l’avantage.
Dans le froid d’aile, avec vertige,
le lourd a cassé.
Si c’est du vivre sur du rien,
le soi, c’est clandestin.
C’est devenu loquace, on dit,
le pur de langue en dur de chose.
Il fait le respiré du beau,
avec muscle à terre entière.
Il est réduit au corps interne.
A la vitesse du poétique,
il se mime, tiré de son destin
jusqu’au désert de foule.
Le fou de silence, l’auteur de quoi,
dans le triste de la figure,
l’hiver de pauvre, en minuscule,
avec du creux pour immerger
l’intestin clos, corps à plongeur.
Le petit sourd a la raison,
c’est son éternité rapace.
Dans le noyau du fond d’ici,
coule en cousu la voix d’ici.
L’insecte en mineur de fond
(c’est le scolyte avec rayons),
il fait musique d’effort,
il fait travail, il entrevit son corps.
Il doit du son de soi au poétique.
Avec lampyre en grappe,
autour des noms fusés du vide,
il attend la fracture à parole,
ce qui découle en hésité,
le fil de voix de soi où ça résiste.
La vie foisonne,
et c’est l’hiver de la personne.
A la volée de voir,
il faut des gestes.
On a furieux,
le grand vivant.
On se retient de foi.
On dresse un doigt.
La vie fait ses racines.
A la volée, les joncs.
Faut voir le travail des ruines.
Tout autre communique.
Déboîté, le furieux.
La vie se dresse,
et c’est le geste de personne.
Il court le vivant,
racine en vase,
il suit la fuite,
et c’est inextricable,
hiver de la personne.
Il y a trop.
On s’y marche.
C’est gluant défait.
Il fait ventouse,
un pied noir.
Coulé en foi dans sa glu,
le corps désert.
Il fait hiver,
revu en cru.
Qui veut quoi que je fais ?
Que veut qui que je nomme ?
Que peut quoi que je dise ?
Un signal à savoir.
Un silence d’œil.
Un coup de permanence.
La mue d’ignorance.
Le gel.
Le noir de geste.
Est-ce qu’on sait quoi,
quand on scrute ?
Tu veux voir volonté ?
C’est quand, la racine ?
Quand ça moissonne,
c’est en bruit.
C’est dans l’hiver, le fruit,
la couleur pauvre,
le donné.
Dans le pris du plaisir,
ça fait cloison.
La vie foisonne,
et c’est l’hiver de la personne.
As-tu vécu ?
C’est en murmure.
J’ai mon cadavre en pire.
C’est dans le tu
qu’on foisonne.
Avec hiver en face.
Avec savoir qui interroge.
C’est dans le tu de la foison
qu’on vit en cri.
Comment les gens ?
Quand on entend,
ça fait énorme.
C’est dans le tu de toi
que j’attends de savoir.
Quoi franchir ?
On fait cœur,
on fait bruit.
J’ai du cri avec mort d’avenir.
Du cru de moi,
qui attend, su, le soi,
le tu de toi,
l’hiver de la personne.
La vie de moi murmure.
C’est quand je crois à quoi ?
Dans le défait de moi,
ça reste en racine.
08:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Littérature
29.01.2008
LA CHARITE ?? LA HAINE !! (DESPROGES)
LA CHARITE ?? LA HAINE !! (DESPROGES)
« L’homme digne n’a pas besoin de la pitié » (proverbe bantou bien connu)
Si vous avez lu la note précédente portant le même titre, vous savez à quoi vous en tenir. Or je retrouve, dans les Chroniques de la haine ordinaire, celle que PIERRE DESPROGES a lue sur France Inter le 4 février 1986 : « Les restaurants du foie ». C’est vrai, Desproges n’aimait pas trop Coluche, comme on le voit, et comme on va l’apercevoir dans le texte. C'est parti.
« Attention, attention. Il n’y a pas que les nouveaux pauvres. Il y a les nouveaux riches. Pour venir en aide à mes amis nouveaux riches qui crèvent dans leur cholestérol en plein hiver à Méribel, j’ai décidé d’ouvrir les restaurants du foie. Envoyez-moi des tonnes de verveine et des quintaux de biscottes sans sel, le bon Dieu vous les rendra …
« Sans vouloir offenser les marchands de confitures, il faut bien se rendre à l’évidence : les sirupeux commencent à nous les engluer.
« Depuis des lustres, déjà, la mièvrerie d’un humanisme sanglotant enrobait l’Homo sapiens occidental, infiltrant en son cœur débordant de remords colonialiste le flot sucré de la plus vulgaire sensiblerie. Mais bon. On se contentait de patauger dans le filandreux sans s’y noyer : trois sous pour l’abbé Pierre, une marraine pour le Vietnam, une cuillerée pour Mamadou, et l’on pouvait retourner finir son foie gras la conscience débarbouillée, et l’âme dans les pantoufles.
« Mais voici qu’une horde électronique de rockers anglophones surgavés d’ice-creams se prend soudain d’émotion au récit pitoyable de la misère éthiopienne (Bob Geldof) dont les navrantes images nous prouvent en tout cas qu’on peut garder la ligne loin de Contrexéville. Gravés sur le vinyle, les miaulement effrayants et les brames emmêlés de ces chanteurs transis déferlent un jour sur les ondes, et c’est alors le monde entier qui glougloute dans le mélasse, la larme en crue et la honte sous le bras.
« Pantelants d’admiration pour tout ce qui vient d’Amérique, les troubadours fin de siècle du rock auvergnat veulent faire la même chose. Ils s’agglutinent en vain aux portes des maquignons du 33 tours : Renaud a eu l’idée avant. Alors, ils chantent avec lui.
« A la vue du clip de ces durs en cuir pissotant leur douleur sur leurs leggings, Margot, dégoulinante de chagrin panafricain, se prives des Mémoires de Patrick Sabatier pour pouvoir s’acheter le disque.
« Survient l’hiver. Les nouveaux cons tuent la dinde. Les nouveaux pauvres ont faim. Les charitables épisodiques, entre deux bâfrées de confit d’oie, vont pouvoir épancher leurs élans diabétiques. Le plus célèbre employé de Paul Lederman (c’était le patron de la boîte qui produisait Coluche) ouvre les « Restaurants du cœur ». Des tripiers doux, des épiciers émus, de tendres charcutiers, le cœur bouffi de charité chrétienne et la goutte hyperglycémique au ras des yeux rouges, montrent leur bonté à tous les passants sur les trois chaînes. Margot revend son disque pour l’Ethiopie pour acheter des pieds de porc aux chômeurs islamiques. Telle une enfant sud-américaine s’enfonçant dans la boue, la France entière fond doucement dans le miel. Des auréoles de saindoux poussent au front des nouveaux bigots du show-bizz. Ça tartuffe sur TF1. Dans la foulée, un chanteur sans père se donne aux orphelins : c’est Sans Famille sur Antenne 2. Un animateur lacrymal chante la complainte à nodules des damnés du cancer, c’est Saint Vincent de Paul sur FR3.
« Infoutus d’aboutir, les pontifes d’Esculape tendent la sébile aux carrefours : SOS métastases, médecins sans scanner, « ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant », partout les alarmés du salut nous poissent de leurs déjections sucrées.
« Heureusement, Dieu m’écartèle, si possible sous anesthésie générale, il reste encore en France, en Colombie, en Ethiopie, des humains qui n’ont rien perdu de leur dignité, qu’un sort heureux a mis à l’abri de la pitié des hommes. Eux n’ont pas à mendier. En casquette à galon doré, ils somnolent dans les tourelles antiseptiques de leurs chars astiqués. Ils sucent des caramels en attendant le déclenchement de la troisième. Quand on lèvera des impôts pour les mourants du monde et qu’on fera la quête pour préparer les guerres, j’irai chanter avec Renaud. En attendant, oui, mon pote, j’ai cent balles. Et je les garde. »
Merci PIERRE DESPROGES. COLUCHE a ouvert le premier « Restaurant du cœur » le 21 décembre 1985. Le premier « Téléthon » se déroule en 1987. Or, suivez mon regard, la société d’économie mixte « Française des jeux », avait été créée par décret du 9 novembre 1978, avec le succès que l’on sait. C’est-y pas beau ? Quelques petits malins ont dû se dire qu’il y avait là un bon gisement, et qu’il serait stupide de ne pas plonger la cuillère dans le pot à confiture, pour beurrer la tartine. « Coco, il y a des milliards à se faire, qu’est-ce qu’on pourrait bien trouver ? » Un certain nombre de gangsters ont commencé à gamberger à partir du fait que les Français payaient si volontiers cet IMPOT VOLONTAIRE. Ils ont réfléchi au moyen de siphonner la manne. Et ils ont TROUVE : en frottant l’archet de l’appât du gain sur la corde sensible de leurs BONS SENTIMENTS (ça veut dire SENTIMENT DE CULPABILITE, REMORDS, rien que des motivations d’une grande noblesse, comme on le voit), il n’y aura pas besoin de leur pointer un missile sur la tempe pour qu’ils allongent le pèze. En peaufinant leur technique, ils sont devenus de vrais professionnels, qui prolifèrent et prospèrent en toute impunité, qui maîtrisent à merveille les techniques de communication (pas celle de l’échange HUMANISTE et civilisé, mais l’art de celui qui, pour vendre, s’efforce de manipuler son interlocuteur, genre PNL). C’est maintenant une machine qui roule toute seule, ou presque. Je répète la formule de mon article précédent : l’appel au bon cœur est devenu une METHODE DE GOUVERNEMENT, une technique de VASSALISATION des esprits. Et comme me l’a fait remarquer SOLKO, cela n’a rien à voir, cela est même aux antipodes de ce que les vrais chrétiens désignent sous le beau vocable de CHARITE.
Les curieux peuvent se reporter à mon article sur MARCEL GOTLIB et sa RUBRIQUE-A- BRAC, deuxième paragraphe, paru sur ce blog le 5 janvier. Le tome 4, où figure la double page sur l’appel à la pitié, sous le très lucide titre de « DESAMORÇAGE », est publié en 1973. Ce qui veut dire que les « braves cœurs » sévissaient déjà (mais encore à l’état artisanal).
Moi aussi, MON POTE, JE GARDE MES CENT BALLES. En plus, JE DIS MERDE.
09:40 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Charité, Associations, Littérature, Business, Ingérence, Humanitaire, Générosité
28.01.2008
Livre traduit de l'en-deçà - 9/15
A moitié eau,
le paysage en tort.
A fleur de flaque,
le débranché.
Dans la fenêtre,
un sommeil fort.
Qui tu vois dans la foule ?
Avec redit de la parole,
j'ai fait l'intense.
On est rebelle.
Vêtu d'extrême,
le devoir onirique.
On fait du corps
comme on branche un sommeil.
Là où le pied d'espace,
au cœur de moi,
franchit le sec.
Le corps du vide,
à bout de traces,
ça résonne.
Il y en a qui nage,
et la citerne efforce.
Avoir été celui,
c'est un dépôt sous l'écorce.
Dans le regard à la coque,
on a du fort qui passe.
Pas de sable avec pierre,
aucun recours dans le jour d'os.
On sait qu'on marche,
et dans le cru du désert d'eau,
on sait qu'on vide
à coups de masse
le corps de dune,
racine de ruines
au bout du vent qui coule.
En dépôt dans le vague,
un alphabet se déplace.
Le pur de langue
se donne en respiré.
Né en cage, dans le passé.
Trouvé vide, en bout de jour.
Déplacé dans son vague,
à coups de creux.
Le travers est pénible.
L'effondré reste en désir.
Il faut progresser. Vers il paraît, ça veut dire.
Il faut du beau.
Dans la cour du vrai,
le corps fait son ombre.
L'avais-tu, ce qui devient ?
Le souvenu, le tir à balle,
c'est de l'ailleurs à repentir.
On a fondu ensemble.
Les sons du sombre,
on a compris la danse.
La voix partie en fleur.
On a l'autorité des traces.
En devenu d'hiver,
la foule ambiante.
Pourquoi plus ?
Si tu mens à la source,
la vie divise.
Si j'ai l'hiver en consumé,
je fais la force,
je mets le doute,
à court d'ombre.
Pourquoi l'entier ?
A fond dans le mordu,
baiser calculé au plus juste.
Il y a du beau, qui fait lumière.
Ce qui est à jeter,
du bord du monde.
Ce qui résiste,
inflammation,
non la crête du vague,
ni le cadavre en action.
Ce qui pousse au regard.
Il y a la poussée.
Il y a le format d’homme.
C’est un récipient,
ça va s’ouvrir.
Il a l’air métallique.
Le corps de citerne,
avec un cou de sang.
Sous le discours,
la forme du visage.
Le trou savant.
Le fond de vérité.
La cour du vrai
ne fait pas d’éclat
dans le détenu.
Ce qu’il détient fait de l’œil.
L’hiver de parole.
On ne sait pas que ça se voit.
C’est là comme un front bas.
On sait qu’on va mentir.
C’est l’hiver de parole.
On emporte avec soi
l’accessoire de soi.
Besoin désir, envie d’envie.
On tourne en travail,
on ne peut pas atteindre.
On va mentir à volonté.
On va confondre.
On n’est pas en sécurité.
Qu’est-ce qui hésite,
dans le propre nom ?
Tu couches les mots,
tu brosses, tu brocantes.
Tu vas dans l’assoupi
combler le spectateur.
Tu te vois à l’écran.
Mais c’est du formel.
Alors tu hivernes.
C’est du sommeil à gros,
c’est plein d’insectes,
avec travail de grouillement.
Ton âme était trop nue.
La couverture à plis,
ou bien le sac d’embrouilles,
ou bien la foule à bruit.
Cousu avec parois,
le couloir fait son corps.
Ma voix, c’est un bras mort,
un couloir liquide,
on voit beaucoup dormir, a
vec du froid,
le dos fait des épaules.
Rien ne court.
J’ai l’hiver de parole.
Je suis l’outre.
Je sais tourner.
Je n’avertis pas quand je tombe.
Dans le froid, ça débute.
Je suis pour la vacuité.
En cours de possible,
la porte m’ouvre.
Où je serais,
si je n’étais pas sourd ?
Je suis tout en étreinte,
en vigilant, dans le captif,
le cru furtif.
Ma foule obtuse,
en pur de langue,
a fait ses trous dans le sujet.
Tu fais du temps,
la vie dans la couleur,
ça coule en portrait.
Envers moi, tu éprouves.
Qui t’a suivi ?
Dans l’hiver de parole,
c’est là, le front bas.
Qui est rapace ?
Qu’est-ce qui console ?
On est en foule obtuse,
en force feinte.
Le cœur courant,
la ficelle à bas prix.
On joue l’hiver en fond sonore.
La voix est cartonnée.
C’est un travail de son.
L’effort au pire.
La flaque de faux.
L’hiver a la parole.
C’est du dédain,
le cœur ficelle,
la farce en seul.
Gare à tant pis,
la cour du poétique,
le fort du vrai,
ça découle avec sang.
Cousu dans la parole,
l’albatros vit seul.
En train de boire à son sommeil,
il forme un vide,
un corps de silhouette de soi
sur fond de chanson.
Avec le corps mineur,
il trime, il fait du contenu.
Rien sur le vivre,
rien en matière à défiler.
Dans l’hiver de parole,
il fait du trop.
Encore avec le sien,
la ficelle à bas prix,
il fait du menti,
de la voix cartonnée.
On a du clandestin,
peu musical,
pas courageux destin.
Amant, ce qui se fait,
à la voix, les coups sourds.
08:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Littérature
27.01.2008
CAMEMBER L'ANCÊTRE
C’est l’avocat, maître Bafouillet, qui défend Camember : « Messieurs, comme l’a fort bien dit Bossuet, notre maître à tous, il n’est si petit ruisseau qui ne finisse par porter ombrage.
« Si l’on en croyait l’acte d’accusation qui, de son doigt sévère, nous a plongé sur ce banc d’infamie, messieurs, nous aurions frappé le major Mauve dans l’exercice de ses fonctions… Or, dussé-je faire rougir vos cheveux blancs, ce n’est pas à cet endroit-là que nous avons atteint l’honorable docteur. (c'est vrai : par maladresse, Camember est accusé d'avoir donné un coup de pied au cul du médecin-major du régiment)
« Alors, messieurs, jetons un voile sur les batailles d’Austerlitz et de Marengo ! Songez à son pauvre père, à ce vieillard octogénaire qui a déjà un pied dans la tombe et qui, de l’autre, a toujours marché dans le sentier de la vertu !
« Ce n’est pas, messieurs les membres du Conseil, à de vieux singes comme vous et moi qu’on apprend à faire des grimaces et, qu’il le veuille ou non, je vois bien d’ici l’œil du commissaire du gouvernement qui m’écoute et qui rit.
« La vie, hélas, n’est qu’un tissu de coups de poignard qu’il faut savoir boire goutte à goutte ; et, je le dis hautement, pour moi, le coupable est innocent ! »
A la suite de cette émouvante plaidoirie, Camember est acquitté.
Mais au fait, je ne vous ai pas présenté CAMEMBER. C’est de la BANDE DESSINEE. François Baptiste Ephraïm CAMEMBER, fils d’Anatole Camember et de Polymnie Cancoyotte, né à Gleux les Lure, département de Saône Supérieure, le 29 février 1844. Sa vocation : ne rien faire. C’est la raison pour laquelle il se trouvera bien dans l’armée française, comme « sapeur ». Je vous signale qu’en l’honneur du Sapeur Camember et de cette date de naissance, un journal a été fondé en 1980, qui paraît tous les 29 février : La Bougie du Sapeur. Le numéro 7 devrait donc paraître en 2008. Restez aux aguets.
Le vrai, et facétieux, père du « Sapeur Camember » s’appelle GEORGES COLOMB qui, pour cette raison prendra le nom de plume de CHRISTOPHE. Il a laissé quatre chefs d’œuvre, dont je n’évoquerai ici que Les Facéties du Sapeur Camember (1896), sachant tout de même qu’il est vital pour la santé (mentale) de ne rien ignorer du savant Cosinus, de la famille Fenouillard ou de Plick et Plock.
Camember a du bon sens, et du gros. Ainsi, lorsque Cancrelat, qui doit scier le bois du Colonel et se désespère car le tas est vraiment très haut, il le réconforte : « Cancrelat, lui dit-il, tu m’affliges : tu n’as qu’à commencer par un bout, et quand t’arriveras à l’autre, tu seras tout épaté d’avoir fini ». Et lorsque le pauvre est arrivé à la moitié, et se plaint que c’est vraiment très long : « S’pèce de moule ! C’est par l’aut’bout qu’il fallait commencer, parce qu’à présent qu’il n’y a plus rien de ce bout ici, il n’te resterait plus rien à faire ». IMPARABLE.
Une autre fois, le sergent Bitur (ça vaut l’adjudant Kronenbourg de Cabu), qui a beaucoup moins de bon sens que Camember, lui « imprime » (sic) l’ordre de creuser un trou pour y cacher des ordures. Le sapeur, une fois la mission accomplie, se demande où il va fourrer la terre extraite du trou. Bitur : « Que vous êtes donc plus herméfitiquement bouché qu’une bouteille de limonade ! Creusez un autre trou ! ». Deuxième engueulade : « M’ferez quatre jours pour n’avoir pas creusé le deuxième trou assez grand pour pouvoir y mettre sa terre avec celle du premier ».
Camember a aussi l’art du compliment délicat. Un peintre a fait le portrait de la colonelle. Le sapeur se croit obligé de corriger « mam’selle Victoire » (servante alsacienne, c’est important de le préciser) qui vient d’émettre un jugement désobligeant sur la peinture, que la Colonelle a entendu : « C’est p’têtre vrai que ce n’est pas joli, joli… Mais avouez que c’est rudement ressemblant ! ».
Mam’selle Victoire a donc un accent alsacien à couper au couteau. Elle appelle Camember « Mossieu Gamempre ». Un jour, à Camember qui cherche son Colonel : « Foui ! Mossieu Gamempre, ché fiens té lé foir… tans son gabinet… il é…grivé ». Persuadé que son cher colonel est mort, il court ameuter la caserne. Après vérification, le Colonel est bien vivant, et fait venir Victoire : « Ch’ai pas tit : le golonel il est grévé », ch’ai tit : « Le golonel il égrivé… afec une blume quoi ! » ».
Quelle chance vous avez, bande de petits veinards qui ne connaissiez pas Camember, vous allez vous régaler ! Vous découvrirez qu’il sait à l’occasion se comporter en véritable héros militaire, puisqu’il sauve son Colonel, qui le décore, si c’est pas une preuve, ça. Cancrelat, nommé capitaine des pompiers, « a eu le premier l’idée géniale qui consiste à essayer les pompes la veille de chaque incendie ». Camember épouse Victoire qui, à la dernière image, lui a déjà donné huit garçons, pas tout à fait « l’effectif d’une escouade sur pied de guerre ». Peinture ironique et débonnaire d’une vie de caserne désormais disparue.
On peut considérer GEORGES COLOMB alias CHRISTOPHE comme un ancêtre français de la BANDE DESSINEE, de même que la Suisse a donné à celle-ci RODOLPHE TÖPFFER (né en 1799) (Les Amours de M. Vieuxbois), l’Allemagne WILHELM BUSCH (les infernaux Max et Moritz), et l’Amérique RICHARD OUTCAULT (Yellow Kid, où apparaît la première bulle en 1896). Total respect !
08:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bande dessinée, BD, Littérature, Poésie, Christophe, Georges Colomb, Humour
26.01.2008
Livre traduit de l'en-deçà - 10/15
c’est la ficelle,
le froid de la parole.
Dans le couru du vent,
on fait du sec.
On devient mort,
le même à respirer.
Le cousu d’os,
la foule obtuse.
La cour du vrai,
dans la cloche à plongeur.
C’est qu’il fait froid,
au fond de la parole.
Le menti serti dans du vrai,
le creux de la famine.
Il fait du froid dans ma parole,
je mendie à cause de ça.
Je fais mon minuscule.
Dans le couloir des sons,
c’est la voix voulue
qui manque à mon appel.
C’est au pourtour,
le filet d’encre,
la voix couleur.
Vrai comme un soi
qui vient avec.
Le sourd de veille
se fait rapace.
Le bec de voix
cherche un désir.
On a peur du fond,
dans le menti du corps.
Il est en train de souvenir.
Hiver ivre en parole.
Qu’est-ce qui est fertile ?
Le tu de la figure ?
Le vent qui fait le respiré ?
Le pur de langue ?
Dans le cousu du minuscule,
toute la matière.
La voix sinue en marge.
On a du corps en trop,
et c’est la vie rapide.
Autour du trop,
ça reste à dire.
Un peu de peau
dans le vibré de vivre.
Le corps mineur
est fort de feinte.
L’induit de soi
dans l’oubli couche
fait son retard de cœur.
Tordu de soi,
le cousu coule
en voix couleur.
Là dans la force,
il a du trop, le poétique.
Dans le désert de foule,
un clown avide.
On ferme en cloche
un corps mendiant
qui se dévide.
On cherche en roche.
Entre les frères en peu,
surgit le vide.
C’est juste un cortège,
qui fait la voix
dans le nu du pourtour.
Avec son mort en couche,
c’est le total d’hiver
qui se plie en parole.
L’honneur du pauvre,
c’est dans le tu du cœur,
la ficelle à respire.
Pour le rien du vide.
C’est toi la farce.
Non à dormir,
non à mentir en voix,
non à tension de la figure
autour du trop qui siffle.
A la couleur du feint,
le vu du mort en couche
devient douleur du confus terminé.
Et ça s’entend, le contenu,
avec le thème en corps de voix.
Tout vient autour,
et ça s’amuse.
Dans le central à poudre d’os,
il fait son temporal.
C’est trop tard pour l’avantage.
Dans le froid d’aile, avec vertige,
le lourd a cassé.
Si c’est du vivre sur du rien,
le soi, c’est clandestin.
C’est devenu loquace, on dit,
le pur de langue en dur de chose.
Il fait le respiré du beau,
avec muscle à terre entière.
Il est réduit au corps interne.
A la vitesse du poétique,
il se mime, tiré de son destin
jusqu’au désert de foule.
Le fou de silence, l’auteur de quoi,
dans le triste de la figure,
l’hiver de pauvre, en minuscule,
avec du creux pour immerger
l’intestin clos, corps à plongeur.
Le petit sourd a la raison,
c’est son éternité rapace.
Dans le noyau du fond d’ici,
coule en cousu la voix d’ici.
L’insecte en mineur de fond
(c’est le scolyte avec rayons),
il fait musique d’effort,
il fait travail, il entrevit son corps.
Il doit du son de soi au poétique.
Avec lampyre en grappe,
autour des noms fusés du vide,
il attend la fracture à parole,
ce qui découle en hésité,
le fil de voix de soi où ça résiste.
La vie foisonne,
et c’est l’hiver de la personne.
A la volée de voir,
il faut des gestes.
On a furieux,
le grand vivant.
On se retient de foi.
On dresse un doigt.
La vie fait ses racines.
A la volée, les joncs.
Faut voir le travail des ruines.
Tout autre communique.
Déboîté, le furieux.
La vie se dresse,
et c’est le geste de personne.
Il court le vivant,
racine en vase,
il suit la fuite,
et c’est inextricable,
hiver de la personne.
Il y a trop.
On s’y marche.
C’est gluant défait.
Il fait ventouse,
un pied noir.
Coulé en foi dans sa glu


