31.01.2008
ETRON D'UBIQUITE
Le Canard enchaîné a inventé une formule géniale : PAROLES VERBALES. Quand un responsable politique fait une déclaration alors qu’il n’a rien à dire, il prononce des PAROLES VERBALES. Je ne saurais vous dire à quand cette invention remonte. Cela me fait penser à un « génie » de la linguistique qui a écrit l’alluminé How to do things with words, JOHN LANGSHAW AUSTIN. « Comment faire des choses avec des mots ? » C’est tout simple, regardez faire Monsieur SARKOZY, dites « JE VEUX », allez ailleurs, recommencez, sans vous arrêter. Encore, « paroles verbales » est-elle une formule directement inspirée de « Les paroles s’envolent, les écrits restent ». Disons-le tout net : c’est totalement dépassé. Aujourd’hui, par la magie du verbe d’un charismatique SAINT NICOLAS, de même que les trois petits enfants sortent indemnes du tonneau de sel du méchant boucher, le monde et la réalité sont domestiqués, ils obéissent à la baguette (les mauvais esprits diront qu’ils obéissent à la braguette, je l’attendais, évidemment, c’est minable) : le chef ne va pas tarder à marcher sur les eaux, il a parlé, et le réel devient docile, que dis-je : il se plie, non : il OBEIT. Le réel se soumet. « Je veux 3 % de croissance, et s’il le faut, le 1 % qui manque, j’irai le chercher avec les dents. » Aussitôt, tu le vois, le réel, il se met en ordre de marche, il dit « Chef oui chef, bien chef ! », et il s’engloutit dans le triangle des Bermudes. C’est ça, la magie : LE REEL A DISPARU. C’est Le Crime parfait (Baudrillard). Tout est dans l’image. TOUT. Et cela, d’autant plus aisément que le grand troupeau des JOURNALISTES, savamment conduit vers son destin – sa disparition en tant qu’espèce autonome –, est friand d’images.
Qu’est-ce que c’est, un JOURNALISTE ? Est-ce cet obscur travailleur qui va sur le terrain s’enquérir de ce qui s’est passé dans la vie des hommes, la vie réelle, s’entend ? Est-ce l’honnête travailleur, qui s’efforce de drainer vers des moyens de diffusion une réalité qu’il lui semble important d’acheminer vers une population avide de savoir comment tourne la planète ? Ce qu’on appelle des « événements », vous savez, ces petits ou gros accidents qui se produisent dans le tissu continu de la vie humaine ? Est-ce cet observateur neutre qui s’efforce de comprendre ces événements, c’est-à-dire d’entrevoir son origine ainsi que l’inflexion qu’ils vont donner à la trame de l’existence des hommes ? Est-ce cet observateur neutre qui s’efforce de proposer à ses lecteurs une explication, une analyse de ces événements ?
La réponse est catégorique : c’est NON !
De même qu’il n’y a plus de socialistes au « Parti socialiste », il n’y a plus beaucoup de journalistes dignes de ce nom au pays de cette profession sinistrée, sinistre et désespérée. Personne ne souhaite la disparition de la presse écrite. Moi non plus. Si cette catastrophe se produit, il y aura certes des raisons externes (finances, lecteurs, etc.) mais les journalistes eux-mêmes auront beaucoup œuvré au naufrage. Je n’exonère pas les lecteurs de leur culpabilité : à l’époque du premier « LOFT » de TF1, tout le monde s’accordait à juger cette émission idiote et dégradante, mais tout le monde la regardait. Voilà le nœud du problème : le lecteur n’est plus un citoyen qui se tient informé, mais un CLIENT, pour qui la lecture de la presse permet de ne pas trop s’ennuyer dans les transports en commun, tout en satisfaisant son VOYEURISME. Les tirages de la « PRESSE PEOPLE » ont quelque chose de désespérant. Il est DEPLORABLE, l’état intellectuel et moral d’une population entière, ou du moins assez majoritaire pour avoir désigné pour le deuxième tour de la présidentielle deux icônes, deux ectoplasmes politiques seulement gavés de l’écho que leur image rencontre dans la population, et qui sont capables de dépenser 30.000 (Nicolas) à 50.000 (Ségolène) euros de maquillage pour gagner. Il n’y a plus de peuple, seulement une population avide de spectacle. Comme le dit un titre de BD de MARTIN VEYRON : Ce n’est plus le peuple qui gronde c’est le public qui réagit, Dargaud, et ça remonte à 1982, quand même. Il savait déjà que c’est le spectacle qui régit nos vies, le spectacle qui nous engloutit, le spectacle qui devient ce que nous appelions notre « âme » autrefois.
A suivre…
08:21 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Journalistes, Journalisme, Information, Voyeurisme, Journaux, Loft, Sarkozy
30.01.2008
Livre traduit de l'en-deçà - 10/15
c’est la ficelle,
le froid de la parole.
Dans le couru du vent,
on fait du sec.
On devient mort,
le même à respirer.
Le cousu d’os,
la foule obtuse.
La cour du vrai,
dans la cloche à plongeur.
C’est qu’il fait froid,
au fond de la parole.
Le menti serti dans du vrai,
le creux de la famine.
Il fait du froid dans ma parole,
je mendie à cause de ça.
Je fais mon minuscule.
Dans le couloir des sons,
c’est la voix voulue
qui manque à mon appel.
C’est au pourtour,
le filet d’encre,
la voix couleur.
Vrai comme un soi
qui vient avec.
Le sourd de veille
se fait rapace.
Le bec de voix
cherche un désir.
On a peur du fond,
dans le menti du corps.
Il est en train de souvenir.
Hiver ivre en parole.
Qu’est-ce qui est fertile ?
Le tu de la figure ?
Le vent qui fait le respiré ?
Le pur de langue ?
Dans le cousu du minuscule,
toute la matière.
La voix sinue en marge.
On a du corps en trop,
et c’est la vie rapide.
Autour du trop,
ça reste à dire.
Un peu de peau
dans le vibré de vivre.
Le corps mineur
est fort de feinte.
L’induit de soi
dans l’oubli couche
fait son retard de cœur.
Tordu de soi,
le cousu coule
en voix couleur.
Là dans la force,
il a du trop, le poétique.
Dans le désert de foule,
un clown avide.
On ferme en cloche
un corps mendiant
qui se dévide.
On cherche en roche.
Entre les frères en peu,
surgit le vide.
C’est juste un cortège,
qui fait la voix
dans le nu du pourtour.
Avec son mort en couche,
c’est le total d’hiver
qui se plie en parole.
L’honneur du pauvre,
c’est dans le tu du cœur,
la ficelle à respire.
Pour le rien du vide.
C’est toi la farce.
Non à dormir,
non à mentir en voix,
non à tension de la figure
autour du trop qui siffle.
A la couleur du feint,
le vu du mort en couche
devient douleur du confus terminé.
Et ça s’entend, le contenu,
avec le thème en corps de voix.
Tout vient autour,
et ça s’amuse.
Dans le central à poudre d’os,
il fait son temporal.
C’est trop tard pour l’avantage.
Dans le froid d’aile, avec vertige,
le lourd a cassé.
Si c’est du vivre sur du rien,
le soi, c’est clandestin.
C’est devenu loquace, on dit,
le pur de langue en dur de chose.
Il fait le respiré du beau,
avec muscle à terre entière.
Il est réduit au corps interne.
A la vitesse du poétique,
il se mime, tiré de son destin
jusqu’au désert de foule.
Le fou de silence, l’auteur de quoi,
dans le triste de la figure,
l’hiver de pauvre, en minuscule,
avec du creux pour immerger
l’intestin clos, corps à plongeur.
Le petit sourd a la raison,
c’est son éternité rapace.
Dans le noyau du fond d’ici,
coule en cousu la voix d’ici.
L’insecte en mineur de fond
(c’est le scolyte avec rayons),
il fait musique d’effort,
il fait travail, il entrevit son corps.
Il doit du son de soi au poétique.
Avec lampyre en grappe,
autour des noms fusés du vide,
il attend la fracture à parole,
ce qui découle en hésité,
le fil de voix de soi où ça résiste.
La vie foisonne,
et c’est l’hiver de la personne.
A la volée de voir,
il faut des gestes.
On a furieux,
le grand vivant.
On se retient de foi.
On dresse un doigt.
La vie fait ses racines.
A la volée, les joncs.
Faut voir le travail des ruines.
Tout autre communique.
Déboîté, le furieux.
La vie se dresse,
et c’est le geste de personne.
Il court le vivant,
racine en vase,
il suit la fuite,
et c’est inextricable,
hiver de la personne.
Il y a trop.
On s’y marche.
C’est gluant défait.
Il fait ventouse,
un pied noir.
Coulé en foi dans sa glu,
le corps désert.
Il fait hiver,
revu en cru.
Qui veut quoi que je fais ?
Que veut qui que je nomme ?
Que peut quoi que je dise ?
Un signal à savoir.
Un silence d’œil.
Un coup de permanence.
La mue d’ignorance.
Le gel.
Le noir de geste.
Est-ce qu’on sait quoi,
quand on scrute ?
Tu veux voir volonté ?
C’est quand, la racine ?
Quand ça moissonne,
c’est en bruit.
C’est dans l’hiver, le fruit,
la couleur pauvre,
le donné.
Dans le pris du plaisir,
ça fait cloison.
La vie foisonne,
et c’est l’hiver de la personne.
As-tu vécu ?
C’est en murmure.
J’ai mon cadavre en pire.
C’est dans le tu
qu’on foisonne.
Avec hiver en face.
Avec savoir qui interroge.
C’est dans le tu de la foison
qu’on vit en cri.
Comment les gens ?
Quand on entend,
ça fait énorme.
C’est dans le tu de toi
que j’attends de savoir.
Quoi franchir ?
On fait cœur,
on fait bruit.
J’ai du cri avec mort d’avenir.
Du cru de moi,
qui attend, su, le soi,
le tu de toi,
l’hiver de la personne.
La vie de moi murmure.
C’est quand je crois à quoi ?
Dans le défait de moi,
ça reste en racine.
08:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Littérature
29.01.2008
LA CHARITE ?? LA HAINE !! (DESPROGES)
LA CHARITE ?? LA HAINE !! (DESPROGES)
« L’homme digne n’a pas besoin de la pitié » (proverbe bantou bien connu)
Si vous avez lu la note précédente portant le même titre, vous savez à quoi vous en tenir. Or je retrouve, dans les Chroniques de la haine ordinaire, celle que PIERRE DESPROGES a lue sur France Inter le 4 février 1986 : « Les restaurants du foie ». C’est vrai, Desproges n’aimait pas trop Coluche, comme on le voit, et comme on va l’apercevoir dans le texte. C'est parti.
« Attention, attention. Il n’y a pas que les nouveaux pauvres. Il y a les nouveaux riches. Pour venir en aide à mes amis nouveaux riches qui crèvent dans leur cholestérol en plein hiver à Méribel, j’ai décidé d’ouvrir les restaurants du foie. Envoyez-moi des tonnes de verveine et des quintaux de biscottes sans sel, le bon Dieu vous les rendra …
« Sans vouloir offenser les marchands de confitures, il faut bien se rendre à l’évidence : les sirupeux commencent à nous les engluer.
« Depuis des lustres, déjà, la mièvrerie d’un humanisme sanglotant enrobait l’Homo sapiens occidental, infiltrant en son cœur débordant de remords colonialiste le flot sucré de la plus vulgaire sensiblerie. Mais bon. On se contentait de patauger dans le filandreux sans s’y noyer : trois sous pour l’abbé Pierre, une marraine pour le Vietnam, une cuillerée pour Mamadou, et l’on pouvait retourner finir son foie gras la conscience débarbouillée, et l’âme dans les pantoufles.
« Mais voici qu’une horde électronique de rockers anglophones surgavés d’ice-creams se prend soudain d’émotion au récit pitoyable de la misère éthiopienne (Bob Geldof) dont les navrantes images nous prouvent en tout cas qu’on peut garder la ligne loin de Contrexéville. Gravés sur le vinyle, les miaulement effrayants et les brames emmêlés de ces chanteurs transis déferlent un jour sur les ondes, et c’est alors le monde entier qui glougloute dans le mélasse, la larme en crue et la honte sous le bras.
« Pantelants d’admiration pour tout ce qui vient d’Amérique, les troubadours fin de siècle du rock auvergnat veulent faire la même chose. Ils s’agglutinent en vain aux portes des maquignons du 33 tours : Renaud a eu l’idée avant. Alors, ils chantent avec lui.
« A la vue du clip de ces durs en cuir pissotant leur douleur sur leurs leggings, Margot, dégoulinante de chagrin panafricain, se prives des Mémoires de Patrick Sabatier pour pouvoir s’acheter le disque.
« Survient l’hiver. Les nouveaux cons tuent la dinde. Les nouveaux pauvres ont faim. Les charitables épisodiques, entre deux bâfrées de confit d’oie, vont pouvoir épancher leurs élans diabétiques. Le plus célèbre employé de Paul Lederman (c’était le patron de la boîte qui produisait Coluche) ouvre les « Restaurants du cœur ». Des tripiers doux, des épiciers émus, de tendres charcutiers, le cœur bouffi de charité chrétienne et la goutte hyperglycémique au ras des yeux rouges, montrent leur bonté à tous les passants sur les trois chaînes. Margot revend son disque pour l’Ethiopie pour acheter des pieds de porc aux chômeurs islamiques. Telle une enfant sud-américaine s’enfonçant dans la boue, la France entière fond doucement dans le miel. Des auréoles de saindoux poussent au front des nouveaux bigots du show-bizz. Ça tartuffe sur TF1. Dans la foulée, un chanteur sans père se donne aux orphelins : c’est Sans Famille sur Antenne 2. Un animateur lacrymal chante la complainte à nodules des damnés du cancer, c’est Saint Vincent de Paul sur FR3.
« Infoutus d’aboutir, les pontifes d’Esculape tendent la sébile aux carrefours : SOS métastases, médecins sans scanner, « ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant », partout les alarmés du salut nous poissent de leurs déjections sucrées.
« Heureusement, Dieu m’écartèle, si possible sous anesthésie générale, il reste encore en France, en Colombie, en Ethiopie, des humains qui n’ont rien perdu de leur dignité, qu’un sort heureux a mis à l’abri de la pitié des hommes. Eux n’ont pas à mendier. En casquette à galon doré, ils somnolent dans les tourelles antiseptiques de leurs chars astiqués. Ils sucent des caramels en attendant le déclenchement de la troisième. Quand on lèvera des impôts pour les mourants du monde et qu’on fera la quête pour préparer les guerres, j’irai chanter avec Renaud. En attendant, oui, mon pote, j’ai cent balles. Et je les garde. »
Merci PIERRE DESPROGES. COLUCHE a ouvert le premier « Restaurant du cœur » le 21 décembre 1985. Le premier « Téléthon » se déroule en 1987. Or, suivez mon regard, la société d’économie mixte « Française des jeux », avait été créée par décret du 9 novembre 1978, avec le succès que l’on sait. C’est-y pas beau ? Quelques petits malins ont dû se dire qu’il y avait là un bon gisement, et qu’il serait stupide de ne pas plonger la cuillère dans le pot à confiture, pour beurrer la tartine. « Coco, il y a des milliards à se faire, qu’est-ce qu’on pourrait bien trouver ? » Un certain nombre de gangsters ont commencé à gamberger à partir du fait que les Français payaient si volontiers cet IMPOT VOLONTAIRE. Ils ont réfléchi au moyen de siphonner la manne. Et ils ont TROUVE : en frottant l’archet de l’appât du gain sur la corde sensible de leurs BONS SENTIMENTS (ça veut dire SENTIMENT DE CULPABILITE, REMORDS, rien que des motivations d’une grande noblesse, comme on le voit), il n’y aura pas besoin de leur pointer un missile sur la tempe pour qu’ils allongent le pèze. En peaufinant leur technique, ils sont devenus de vrais professionnels, qui prolifèrent et prospèrent en toute impunité, qui maîtrisent à merveille les techniques de communication (pas celle de l’échange HUMANISTE et civilisé, mais l’art de celui qui, pour vendre, s’efforce de manipuler son interlocuteur, genre PNL). C’est maintenant une machine qui roule toute seule, ou presque. Je répète la formule de mon article précédent : l’appel au bon cœur est devenu une METHODE DE GOUVERNEMENT, une technique de VASSALISATION des esprits. Et comme me l’a fait remarquer SOLKO, cela n’a rien à voir, cela est même aux antipodes de ce que les vrais chrétiens désignent sous le beau vocable de CHARITE.
Les curieux peuvent se reporter à mon article sur MARCEL GOTLIB et sa RUBRIQUE-A- BRAC, deuxième paragraphe, paru sur ce blog le 5 janvier. Le tome 4, où figure la double page sur l’appel à la pitié, sous le très lucide titre de « DESAMORÇAGE », est publié en 1973. Ce qui veut dire que les « braves cœurs » sévissaient déjà (mais encore à l’état artisanal).
Moi aussi, MON POTE, JE GARDE MES CENT BALLES. En plus, JE DIS MERDE.
09:40 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Charité, Associations, Littérature, Business, Ingérence, Humanitaire, Générosité
28.01.2008
Livre traduit de l'en-deçà - 9/15
A moitié eau,
le paysage en tort.
A fleur de flaque,
le débranché.
Dans la fenêtre,
un sommeil fort.
Qui tu vois dans la foule ?
Avec redit de la parole,
j'ai fait l'intense.
On est rebelle.
Vêtu d'extrême,
le devoir onirique.
On fait du corps
comme on branche un sommeil.
Là où le pied d'espace,
au cœur de moi,
franchit le sec.
Le corps du vide,
à bout de traces,
ça résonne.
Il y en a qui nage,
et la citerne efforce.
Avoir été celui,
c'est un dépôt sous l'écorce.
Dans le regard à la coque,
on a du fort qui passe.
Pas de sable avec pierre,
aucun recours dans le jour d'os.
On sait qu'on marche,
et dans le cru du désert d'eau,
on sait qu'on vide
à coups de masse
le corps de dune,
racine de ruines
au bout du vent qui coule.
En dépôt dans le vague,
un alphabet se déplace.
Le pur de langue
se donne en respiré.
Né en cage, dans le passé.
Trouvé vide, en bout de jour.
Déplacé dans son vague,
à coups de creux.
Le travers est pénible.
L'effondré reste en désir.
Il faut progresser. Vers il paraît, ça veut dire.
Il faut du beau.
Dans la cour du vrai,
le corps fait son ombre.
L'avais-tu, ce qui devient ?
Le souvenu, le tir à balle,
c'est de l'ailleurs à repentir.
On a fondu ensemble.
Les sons du sombre,
on a compris la danse.
La voix partie en fleur.
On a l'autorité des traces.
En devenu d'hiver,
la foule ambiante.
Pourquoi plus ?
Si tu mens à la source,
la vie divise.
Si j'ai l'hiver en consumé,
je fais la force,
je mets le doute,
à court d'ombre.
Pourquoi l'entier ?
A fond dans le mordu,
baiser calculé au plus juste.
Il y a du beau, qui fait lumière.
Ce qui est à jeter,
du bord du monde.
Ce qui résiste,
inflammation,
non la crête du vague,
ni le cadavre en action.
Ce qui pousse au regard.
Il y a la poussée.
Il y a le format d’homme.
C’est un récipient,
ça va s’ouvrir.
Il a l’air métallique.
Le corps de citerne,
avec un cou de sang.
Sous le discours,
la forme du visage.
Le trou savant.
Le fond de vérité.
La cour du vrai
ne fait pas d’éclat
dans le détenu.
Ce qu’il détient fait de l’œil.
L’hiver de parole.
On ne sait pas que ça se voit.
C’est là comme un front bas.
On sait qu’on va mentir.
C’est l’hiver de parole.
On emporte avec soi
l’accessoire de soi.
Besoin désir, envie d’envie.
On tourne en travail,
on ne peut pas atteindre.
On va mentir à volonté.
On va confondre.
On n’est pas en sécurité.
Qu’est-ce qui hésite,
dans le propre nom ?
Tu couches les mots,
tu brosses, tu brocantes.
Tu vas dans l’assoupi
combler le spectateur.
Tu te vois à l’écran.
Mais c’est du formel.
Alors tu hivernes.
C’est du sommeil à gros,
c’est plein d’insectes,
avec travail de grouillement.
Ton âme était trop nue.
La couverture à plis,
ou bien le sac d’embrouilles,
ou bien la foule à bruit.
Cousu avec parois,
le couloir fait son corps.
Ma voix, c’est un bras mort,
un couloir liquide,
on voit beaucoup dormir, a
vec du froid,
le dos fait des épaules.
Rien ne court.
J’ai l’hiver de parole.
Je suis l’outre.
Je sais tourner.
Je n’avertis pas quand je tombe.
Dans le froid, ça débute.
Je suis pour la vacuité.
En cours de possible,
la porte m’ouvre.
Où je serais,
si je n’étais pas sourd ?
Je suis tout en étreinte,
en vigilant, dans le captif,
le cru furtif.
Ma foule obtuse,
en pur de langue,
a fait ses trous dans le sujet.
Tu fais du temps,
la vie dans la couleur,
ça coule en portrait.
Envers moi, tu éprouves.
Qui t’a suivi ?
Dans l’hiver de parole,
c’est là, le front bas.
Qui est rapace ?
Qu’est-ce qui console ?
On est en foule obtuse,
en force feinte.
Le cœur courant,
la ficelle à bas prix.
On joue l’hiver en fond sonore.
La voix est cartonnée.
C’est un travail de son.
L’effort au pire.
La flaque de faux.
L’hiver a la parole.
C’est du dédain,
le cœur ficelle,
la farce en seul.
Gare à tant pis,
la cour du poétique,
le fort du vrai,
ça découle avec sang.
Cousu dans la parole,
l’albatros vit seul.
En train de boire à son sommeil,
il forme un vide,
un corps de silhouette de soi
sur fond de chanson.
Avec le corps mineur,
il trime, il fait du contenu.
Rien sur le vivre,
rien en matière à défiler.
Dans l’hiver de parole,
il fait du trop.
Encore avec le sien,
la ficelle à bas prix,
il fait du menti,
de la voix cartonnée.
On a du clandestin,
peu musical,
pas courageux destin.
Amant, ce qui se fait,
à la voix, les coups sourds.
08:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Littérature
27.01.2008
CAMEMBER L'ANCÊTRE
C’est l’avocat, maître Bafouillet, qui défend Camember : « Messieurs, comme l’a fort bien dit Bossuet, notre maître à tous, il n’est si petit ruisseau qui ne finisse par porter ombrage.
« Si l’on en croyait l’acte d’accusation qui, de son doigt sévère, nous a plongé sur ce banc d’infamie, messieurs, nous aurions frappé le major Mauve dans l’exercice de ses fonctions… Or, dussé-je faire rougir vos cheveux blancs, ce n’est pas à cet endroit-là que nous avons atteint l’honorable docteur. (c'est vrai : par maladresse, Camember est accusé d'avoir donné un coup de pied au cul du médecin-major du régiment)
« Alors, messieurs, jetons un voile sur les batailles d’Austerlitz et de Marengo ! Songez à son pauvre père, à ce vieillard octogénaire qui a déjà un pied dans la tombe et qui, de l’autre, a toujours marché dans le sentier de la vertu !
« Ce n’est pas, messieurs les membres du Conseil, à de vieux singes comme vous et moi qu’on apprend à faire des grimaces et, qu’il le veuille ou non, je vois bien d’ici l’œil du commissaire du gouvernement qui m’écoute et qui rit.
« La vie, hélas, n’est qu’un tissu de coups de poignard qu’il faut savoir boire goutte à goutte ; et, je le dis hautement, pour moi, le coupable est innocent ! »
A la suite de cette émouvante plaidoirie, Camember est acquitté.
Mais au fait, je ne vous ai pas présenté CAMEMBER. C’est de la BANDE DESSINEE. François Baptiste Ephraïm CAMEMBER, fils d’Anatole Camember et de Polymnie Cancoyotte, né à Gleux les Lure, département de Saône Supérieure, le 29 février 1844. Sa vocation : ne rien faire. C’est la raison pour laquelle il se trouvera bien dans l’armée française, comme « sapeur ». Je vous signale qu’en l’honneur du Sapeur Camember et de cette date de naissance, un journal a été fondé en 1980, qui paraît tous les 29 février : La Bougie du Sapeur. Le numéro 7 devrait donc paraître en 2008. Restez aux aguets.
Le vrai, et facétieux, père du « Sapeur Camember » s’appelle GEORGES COLOMB qui, pour cette raison prendra le nom de plume de CHRISTOPHE. Il a laissé quatre chefs d’œuvre, dont je n’évoquerai ici que Les Facéties du Sapeur Camember (1896), sachant tout de même qu’il est vital pour la santé (mentale) de ne rien ignorer du savant Cosinus, de la famille Fenouillard ou de Plick et Plock.
Camember a du bon sens, et du gros. Ainsi, lorsque Cancrelat, qui doit scier le bois du Colonel et se désespère car le tas est vraiment très haut, il le réconforte : « Cancrelat, lui dit-il, tu m’affliges : tu n’as qu’à commencer par un bout, et quand t’arriveras à l’autre, tu seras tout épaté d’avoir fini ». Et lorsque le pauvre est arrivé à la moitié, et se plaint que c’est vraiment très long : « S’pèce de moule ! C’est par l’aut’bout qu’il fallait commencer, parce qu’à présent qu’il n’y a plus rien de ce bout ici, il n’te resterait plus rien à faire ». IMPARABLE.
Une autre fois, le sergent Bitur (ça vaut l’adjudant Kronenbourg de Cabu), qui a beaucoup moins de bon sens que Camember, lui « imprime » (sic) l’ordre de creuser un trou pour y cacher des ordures. Le sapeur, une fois la mission accomplie, se demande où il va fourrer la terre extraite du trou. Bitur : « Que vous êtes donc plus herméfitiquement bouché qu’une bouteille de limonade ! Creusez un autre trou ! ». Deuxième engueulade : « M’ferez quatre jours pour n’avoir pas creusé le deuxième trou assez grand pour pouvoir y mettre sa terre avec celle du premier ».
Camember a aussi l’art du compliment délicat. Un peintre a fait le portrait de la colonelle. Le sapeur se croit obligé de corriger « mam’selle Victoire » (servante alsacienne, c’est important de le préciser) qui vient d’émettre un jugement désobligeant sur la peinture, que la Colonelle a entendu : « C’est p’têtre vrai que ce n’est pas joli, joli… Mais avouez que c’est rudement ressemblant ! ».
Mam’selle Victoire a donc un accent alsacien à couper au couteau. Elle appelle Camember « Mossieu Gamempre ». Un jour, à Camember qui cherche son Colonel : « Foui ! Mossieu Gamempre, ché fiens té lé foir… tans son gabinet… il é…grivé ». Persuadé que son cher colonel est mort, il court ameuter la caserne. Après vérification, le Colonel est bien vivant, et fait venir Victoire : « Ch’ai pas tit : le golonel il est grévé », ch’ai tit : « Le golonel il égrivé… afec une blume quoi ! » ».
Quelle chance vous avez, bande de petits veinards qui ne connaissiez pas Camember, vous allez vous régaler ! Vous découvrirez qu’il sait à l’occasion se comporter en véritable héros militaire, puisqu’il sauve son Colonel, qui le décore, si c’est pas une preuve, ça. Cancrelat, nommé capitaine des pompiers, « a eu le premier l’idée géniale qui consiste à essayer les pompes la veille de chaque incendie ». Camember épouse Victoire qui, à la dernière image, lui a déjà donné huit garçons, pas tout à fait « l’effectif d’une escouade sur pied de guerre ». Peinture ironique et débonnaire d’une vie de caserne désormais disparue.
On peut considérer GEORGES COLOMB alias CHRISTOPHE comme un ancêtre français de la BANDE DESSINEE, de même que la Suisse a donné à celle-ci RODOLPHE TÖPFFER (né en 1799) (Les Amours de M. Vieuxbois), l’Allemagne WILHELM BUSCH (les infernaux Max et Moritz), et l’Amérique RICHARD OUTCAULT (Yellow Kid, où apparaît la première bulle en 1896). Total respect !
08:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bande dessinée, BD, Littérature, Poésie, Christophe, Georges Colomb, Humour
26.01.2008
Livre traduit de l'en-deçà - 10/15
c’est la ficelle,
le froid de la parole.
Dans le couru du vent,
on fait du sec.
On devient mort,
le même à respirer.
Le cousu d’os,
la foule obtuse.
La cour du vrai,
dans la cloche à plongeur.
C’est qu’il fait froid,
au fond de la parole.
Le menti serti dans du vrai,
le creux de la famine.
Il fait du froid dans ma parole,
je mendie à cause de ça.
Je fais mon minuscule.
Dans le couloir des sons,
c’est la voix voulue
qui manque à mon appel.
C’est au pourtour,
le filet d’encre,
la voix couleur.
Vrai comme un soi
qui vient avec.
Le sourd de veille
se fait rapace.
Le bec de voix
cherche un désir.
On a peur du fond,
dans le menti du corps.
Il est en train de souvenir.
Hiver ivre en parole.
Qu’est-ce qui est fertile ?
Le tu de la figure ?
Le vent qui fait le respiré ?
Le pur de langue ?
Dans le cousu du minuscule,
toute la matière.
La voix sinue en marge.
On a du corps en trop,
et c’est la vie rapide.
Autour du trop,
ça reste à dire.
Un peu de peau
dans le vibré de vivre.
Le corps mineur
est fort de feinte.
L’induit de soi
dans l’oubli couche
fait son retard de cœur.
Tordu de soi,
le cousu coule
en voix couleur.
Là dans la force,
il a du trop, le poétique.
Dans le désert de foule,
un clown avide.
On ferme en cloche
un corps mendiant
qui se dévide.
On cherche en roche.
Entre les frères en peu,
surgit le vide.
C’est juste un cortège,
qui fait la voix
dans le nu du pourtour.
Avec son mort en couche,
c’est le total d’hiver
qui se plie en parole.
L’honneur du pauvre,
c’est dans le tu du cœur,
la ficelle à respire.
Pour le rien du vide.
C’est toi la farce.
Non à dormir,
non à mentir en voix,
non à tension de la figure
autour du trop qui siffle.
A la couleur du feint,
le vu du mort en couche
devient douleur du confus terminé.
Et ça s’entend, le contenu,
avec le thème en corps de voix.
Tout vient autour,
et ça s’amuse.
Dans le central à poudre d’os,
il fait son temporal.
C’est trop tard pour l’avantage.
Dans le froid d’aile, avec vertige,
le lourd a cassé.
Si c’est du vivre sur du rien,
le soi, c’est clandestin.
C’est devenu loquace, on dit,
le pur de langue en dur de chose.
Il fait le respiré du beau,
avec muscle à terre entière.
Il est réduit au corps interne.
A la vitesse du poétique,
il se mime, tiré de son destin
jusqu’au désert de foule.
Le fou de silence, l’auteur de quoi,
dans le triste de la figure,
l’hiver de pauvre, en minuscule,
avec du creux pour immerger
l’intestin clos, corps à plongeur.
Le petit sourd a la raison,
c’est son éternité rapace.
Dans le noyau du fond d’ici,
coule en cousu la voix d’ici.
L’insecte en mineur de fond
(c’est le scolyte avec rayons),
il fait musique d’effort,
il fait travail, il entrevit son corps.
Il doit du son de soi au poétique.
Avec lampyre en grappe,
autour des noms fusés du vide,
il attend la fracture à parole,
ce qui découle en hésité,
le fil de voix de soi où ça résiste.
La vie foisonne,
et c’est l’hiver de la personne.
A la volée de voir,
il faut des gestes.
On a furieux,
le grand vivant.
On se retient de foi.
On dresse un doigt.
La vie fait ses racines.
A la volée, les joncs.
Faut voir le travail des ruines.
Tout autre communique.
Déboîté, le furieux.
La vie se dresse,
et c’est le geste de personne.
Il court le vivant,
racine en vase,
il suit la fuite,
et c’est inextricable,
hiver de la personne.
Il y a trop.
On s’y marche.
C’est gluant défait.
Il fait ventouse,
un pied noir.
Coulé en foi dans sa glu,
le corps désert.
Il fait hiver,
revu en cru.
Qui veut quoi que je fais ?
Que veut qui que je nomme ?
Que peut quoi que je dise ?
Un signal à savoir.
Un silence d’œil.
Un coup de permanence.
La mue d’ignorance.
Le gel.
Le noir de geste.
Est-ce qu’on sait quoi,
quand on scrute ?
Tu veux voir volonté ?
C’est quand, la racine ?
Quand ça moissonne,
c’est en bruit.
C’est dans l’hiver, le fruit,
la couleur pauvre,
le donné.
Dans le pris du plaisir,
ça fait cloison.
La vie foisonne,
et c’est l’hiver de la personne.
As-tu vécu ?
C’est en murmure.
J’ai mon cadavre en pire.
C’est dans le tu
qu’on foisonne.
Avec hiver en face.
Avec savoir qui interroge.
C’est dans le tu de la foison
qu’on vit en cri.
Comment les gens ?
Quand on entend,
ça fait énorme.
C’est dans le tu de toi
que j’attends de savoir.
Quoi franchir ?
On fait cœur,
on fait bruit.
J’ai du cri avec mort d’avenir.
Du cru de moi,
qui attend, su, le soi,
le tu de toi,
l’hiver de la personne.
La vie de moi murmure.
C’est quand je crois à quoi ?
Dans le défait de moi,
ça reste en racine.
08:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Littérature
25.01.2008
DE L'IDENTITE DES CONTRAIRES
IV – DE L’IDENTITE DES CONTRAIRES
« Phallus déraciné, NE FAIS PAS DE PAREILS BONDS ! » C’est Dieu en personne qui parle. Si, si ! Après être sorti du bordel, il se rend compte qu’il a perdu un cheveu dans ce lieu peu recommandable. Et le cheveu n’est pas content, on le comprend, et il menace son divin propriétaire de le dénoncer à la face des hommes. C’est du chantage, quoi. Dieu n’en mène pas large et essaie de le calmer : « (…) je te replacerai parmi les autres cheveux (…) mais, laisse d’abord le soleil se coucher à l’horizon (…) je ne t’ai pas oublié ; mais on t’aurait vu sortir et j’aurais été compromis ». C’est dur pour Dieu.
Allez, je vous dis d’où ça sort : Les Chants de Maldoror. C’est LAUTREAMONT qui les a écrits. Je vous les recommande : c’est vivifiant et rafraîchissant quoique pas à mettre entre les mains des petits n’enfants. Enfin, c’est du Lautréamont retouché par ALFRED JARRY. Ça, c’est dans César-Antéchrist, et même dans « L’Acte héraldique », pour être précis. Le « phallus » dont il est question, c’est le « bâton-à-physique », tout le monde l’a reconnu (voir Ubu roi, acte IV, scène III). Ce bâton – attention, suivez bien, parce que ça devient compliqué – est tour à tour et en même temps en position horizontale et verticale (en langage héraldique, cela donne « fasce » et « pal », deux petits mots qui produisent des jeux de mots, mais ne nous égarons pas), et permet à Alfred Jarry d’inventer l’IDENTITE DES CONTRAIRES, par la fusion du signe + et du signe –. Le signe – est le phallus en position de fasce, et le signe + est le phallus en position simultanée de fasce et de pal. Je ne sais pas si vous me suivez. Je vous passe le délire sur « moins-en-plus » et « moins-qui-est-plus », pour en arriver à l’essentiel : « Axiome et principe des contraires identiques, le pataphysicien, cramponné à tes oreilles et à tes ailes rétractiles, poisson volant, est le nain cimier du géant, par-delà les métaphysiques ». Voilà, vous avez tous les éléments en main. C’est clair, non ? Et même lumineux, voire aveuglant, non ?
Je prie le lecteur de m’excuser : ce n’est pas Alfred Jarry qui a inventé « l’identité des contraires », ce sont les philosophes « présocratiques », mais je ne vais pas vous embêter avec ça. Sachez seulement que « ceux qui professent l’existence simultanée de l’Etre et du non-Etre sont cependant conduits à admettre que toutes choses sont plutôt en repos qu’en mouvement : il n’y a rien en effet en quoi elles puissent se transformer, puisque tout est dans tout » (Aristote, Métaphysique). Pour être sûr que tout le monde a bien suivi, interro écrite dès demain. C’est que c’est un blog de haute tenue, ici, qu’on se le dise ! Notons en passant que le célèbre « tout est dans tout », les facétieux ajoutent « et réciproquement », a été enfanté par l’un des deux princes de la philosophie, et que ceux qui le considèrent comme une boutade ne sont que des ignorants.
Revenons à notre identité, à ses contraires et tout le bataclan. Si les contraires sont identiques, pourquoi se combattraient-ils ? « Le signe Plus ne combattra point contre le signe Moins. » Vous avez compris pourquoi le pataphysicien arbore ce fin sourire débonnaire, à peine dessiné, dont je parlais dans une note précédente ? En lui, viens reconnaître, en lui, viens reconnaître (air connu) la Vérité dont a besoin le monde pour être sauvé. C’est parce que la ‘Pataphysique apporte au monde la SERENITE ABSOLUE, la PAIX ETERNELLE, la BEATITUDE INFINIE, la CONCORDE INTEGRALE, l’HARMONIE UNIVERSELLE. Et cela dès l’ici-bas. Même pas besoin d’attendre l’hypothétique.
Ce laïus n’a rien à voir avec un sermon, je ne fais pas de « prosélytisme » : je me contente de décrire, j’espère que tous mes lecteurs en sont intimement convaincus. Allez, à bientôt, pour la prochaine « leçon de ‘pataphysique ».
08:00 Publié dans Leçons de 'Pataphysique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Alfred Jarry, Pataphysique, Phallus, César Antéchrist, Aristote, Lautréamont, Dieu
24.01.2008
Livre traduit de l'en-deçà - 8/15
Courir en moins,
dans le sec de nage,
la fleur occipitale.
On danse avec le tu,
le dit de moins,
ce qui rit en sombre.
Depuis la capture,
on a cueilli.
On a gardé le son des traces.
Dans la pensée, on a des chances.
A la surface, on voit le fond triché,
la couleur molle en conséquence.
Trait dur, cœur court,
la parodie défait, refait
le coup de l'ombre,
la ruine en cours.
Il fait le destiné,
le mort en contre,
un tour de forme avec du digne.
Mais il faut plus de libre.
En répété, en prolongé,
on a grossi la solitude.
Dans son respect,
travail tiré de soi,
ça consiste en deux lèvres,
la joie.
L'introuvé, dans sa cache,
depuis le corps du vif,
la sonde à cris,
attend sa forme.
L'arrêt du son,
friture en ligne,
à fond l'effet.
C'est toi le double
à court d'acquis.
Vis ton mortel
en fort de trace.
Ton résistant se porte
avec du trapu dans les pointes.
La frontière à bout d'acte,
la tour de vie touche au bord,
la boussole en pierre.
Avec la mort nocturne,
l'étrangère en bruit,
il reste un lien.
Je me respire en suie,
un ornement du nu
qui se retient au mur d'après.
Tu comprends pur
le choix des choses.
Avec odeur de vie.
Donne ton nom en entier,
avec urgent,
le blanc s'accroche.
Mû par son nom,
le mort en suspendu.
C’est son être qui rit dans l’encore.
En eau drôle,
à refrain de fabrique,
l'oiseau s'éparpille.
En alouette à voix,
l'envers du vent s'aiguise.
Il s'agit de serrer du soi-même.
Il s'agit de fatigue,
au bord du courant dur.
Je regarde occipital.
Le seul blotti qui prend son être,
c'est un peut-être avec du temps.
L'assourdi part en souffle,
il appartient au coi,
l'introuvé thoracique,
il sait le tu,
il attend dur.
Le droit d'y voir,
dans le désert de forme.
Dans l'effondré,
c'est la dérive.
Le réparé fait sa carcasse.
Il faut du beau,
peut-être du visage.
C'est dans le désert d'eau,
la flore occipitale.
Le temps maintient le ciel
en ordre vague.
Dans son hiver,
le fond des traces
n'a pas la force.
Trouble-moi,
dit son ombre.
A coups de forme,
on est monté.
Jusqu'en lumière,
on a joué.
Dans l'acquis du non-dit,
le muscle fait semblant.
Il faut que l'autrement du mort
progresse en sorte de matière.
L'indécis reste libre,
mais ce n'est pas un monopole.
A court de chair,
le digne se défait.
Il y a du construit.
Un courant dur traverse.
Le fort est basculé,
le songe a suivi son réel
à court de chair.
Dans le mécanique des contours,
on a trouvé de quoi.
Le pur de langue,
c'est le respiré.
Il a trouvé en dur
le quoi des choses.
Il voulait de l'insu,
du tu, de l'étranger.
Il restait des liens.
Le pur de langue,
c'est un muscle.
Avec le beau de l'ordre vague,
il faut du fort.
Il a le respiré.
Le dur de mort,
en terre entière,
avec des noms,
il a l'envers,
avec poème en peur.
Le pur de langue,
il a tout fabriqué.
Avec sa peur.
Entre deux fatigues,
sans se regarder.
Il a tout son temps, le thoracique.
Dans le seul du profond,
le dur de soi résonne.
Un cœur monnaie courante.
Dans l'hiver de la parole,
on se retient d'amour.
Le désert d'eau,
le cœur de libre,
la ficelle à bas prix.
Qu'est-ce qui répond ?
Le regard ? Le reflet ?
La voix blanche ?
On voit l'intime.
Mais dans l'écran,
l'actif de vie,
c'est le confort qui déborde.
Au promené,
le corps extrême a débranché.
Pourquoi l'intense ?
Le délivré.
Le cours de l'air
ne fait pas nul.
Pour un ouvert,
combien de fissurés ?
08:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, Littérature
23.01.2008
LA NOUVELLE MESSALINE
Des auteurs injustement oubliés aujourd’hui ont nourri le répertoire théâtral dès le 18ème siècle d’œuvres pourtant dignes d’intérêt. Nous avons déjà vu des pièces de GRANDVAL PERE et de COLLE. En voici une de GRANDVAL FILS, non datée, hélas. Il introduit (si l’usage de ce verbe est autorisé dans un tel con-texte) cette admirable saynète dans le genre classique, dans un court texte intitulé « L’auteur au lecteur » :
On ne pourra pas ici me reprocher d’avoir infecté ma pièce de mots sales et équivoques. J’ai rendu, autant que j’ai pu, le style clair et net, et puis assurer que le lecteur, si borné qu’il puisse être, ne trouvera rien au-dessus de la portée de son intelligence,
Car de ce grand Boileau contrefaisant le ton,
J’appelle un vit un vit, je nomme un con un con.
Les personnages sont affublés des délicieux noms suivants : Couillanus, roi de Foutange, Messaline, fille de Couillanus, quelques princes (et amants de ladite) : Vitus, Pinez de Villeprune, Matricius, Nombrilis. Viennent ensuite Conine, suivante de Messaline, ainsi que plusieurs gardes. L’histoire ? Vous allez me dire : encore une histoire de femme insatisfaite ! Il se trouve que Vitus a du mal à faire face dignement à la neuvième reprise :
Il n’est pas étonnant, j’en fais ici l’aveu,
Qu’après neuf coups de suite un vit débande un peu.
Réaction immédiate de Conine :
Mais, vengez-vous, seigneur, et faites choix d’une autre ;
Elle change de vit et méprise le vôtre :
Changez aussi de con, et méprisez le sien.
On remarquera en passant la facture noble de ces alexandrins classiques, qui donnent à la situation dramaturgique toute la hauteur de vue requise en pareil cas (il y aurait d’ailleurs à dire sur ce dernier petit mot, mais je m’en voudrais d’alourdir). Conine poursuit, audacieusement :
Si vous y consentez, je vous offre le mien.
Peut-être il s’en faut bien qu’il ait autant de charmes,
Un guerrier tel que vous veut de plus nobles armes,
Mais songez, en voyant s’il est grand ou petit,
Que de changer de con augmente l’appétit.
Vitus dédaigne l’offre pourtant toute simple et directe de Conine, qui décide in petto de se faire fouetter (euh, non ! ce n’est pas ce mot-là) par le « chat à neuf queues » de Vitus qui, hélas, se rend compte qu’il est amoureux de Messaline.
Car j’aime Messaline, et je vais m’efforcer,
En la rassasiant, de la décourroucer.
Celle-ci, pendant ce temps, pour « combler » le « vide » laissé par l’absence de Vitus, met en compétition trois « prétendants » : Matricius, Nombrilis et Pinez, se faisant cueillir quelques poils bien placés pour définir « un ordre de passage ». Mais, peine perdue, on pourrait même dire : pénis perdu : les trois défaillent devant l’épreuve, et Messaline :
Ah ! c’est trop en un jour essuyer de refus.
Bande-à-l’aise fuyez, ôtez-vous de ma vue !
Vos vits ne bandent pas quand je suis toute nue ?
Et c’est alors un morceau de bravoure qui plaira à un certain de mes lecteurs que je ne veux pas nommer, par pure discrétion déontologique :
O rage ! ô désespoir ! ô Vénus ennemie !
Etais-je réservée à cette ignominie ?
N’ai-je donc encensé ton temple et tes autels
Que pour être l’objet du faible des mortels ?
Tu peux voir aujourd’hui rater ces quatre infâmes
Et n’entreprendre pas la vengeance des femmes ?
N’est-ce donc pas pour toi le plus sanglant affront
Qu’on m’ait enfin réduite à me branler le con ?
Venge-toi, venge-moi ! saisis-toi de la foudre,
Et que leurs vits mollets soient tous réduits en poudre !
(…)
Que de sales morpions leur corps soit tout couvert,
Qu’ils déchargent toujours un foutre jaune et vert,
Et qu’un chancre brûlant, en tourmentant leur âme,
Leur apprenne sans cesse à rater une femme !
Je sais, la parodie de Corneille est moins aboutie et constante que dans La Comtesse d’Olonne (voir la note qui lui est consacrée), mais il y a dans les images, dans les rythmes, dans le choix des euphémismes et périphrases délicats, je ne sais quelle poésie retenue et allusive, une sorte de subtilité majestueuse. Mais ce n’est pas tout ça : après une brève apparition de Couillanus, le père de Messaline, Conine, la rusée, transmet à Vitus une fausse déclaration de flamme de Messaline, et Vitus se laisse aussitôt allumer :
O bonté sans exemple ! Adorable princesse !
Quoi ! pour mon vit encor votre con s’intéresse !
Et toi, mon vit, et toi !...
Conine
Juste ciel ! qu’il est beau !
O con trois fois heureux qui tiendra ce moineau !
Le stratagème de Conine pour s’emparer du moineau échoue piteusement. En attendant, Messaline, perdant tout sens de la pudeur, va faire un tour dans le corps de garde pour que tous les gardes s’occupent de son corps, c’en est au point qu’elle reste collée sur la couche :
Le foutre, qui s’était répandu sur la planche
S’était si fort collé, tant aux reins qu’à la hanche,
Qu’elle ne pouvait plus tourner d’aucun côté.
Après avoir été décollée, après avoir fait quelques ablutions, Messaline décide de s’enfermer chez les Carmes, à cause de leur réputation d’infatigabilité.
Je remplis un dessein digne de mon courage :
J’ai tâté jusqu’ici du marquis et du page,
Du suisse, du soldat et du grand amiral,
Pour eux enfin mon con s’était rendu banal ;
Il faut faire une fin : je veux tâter du moine ;
Je laisse là le foin pour courir à l’avoine.
Autrement dit, Messaline en a soupé des merles, elle veut tâter de la grive. Du coup, Vitus se rabat (enfin ! est-on tenté de dire avec elle) sur Conine :
Vitus : Je vous offre mon vit ; si vous le voulez prendre,
Madame, il est à vous.
Conine : Je ne puis le haïr,
Et lorsque vous parlez, c’est à moi d’obéir.
Vitus : Oublions Messaline, et sans aller plus outre,
Que l’on nous laisse ici… Venez.
Conine : Où, seigneur ?
Vitus : Foutre !
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22.01.2008
Livre traduit de l'en-deçà - 7/15
on a fourni le chaud.
C'est l'appétit de bruits.
On vient pour consommer
le courant dur,
l'hiver de la personne.
Avec jamais,
le retourné de l'essayage,
autour du trou.
Est-ce qu’on a vu le vent,
tiré l’escroc de soi,
escorté la limite ?
Le corps d’escorte ?
Qui sera le fils,
s’il nage en vrai
dans le trou d'os ?
Il erre entre les morts nés.
A court de vie,
il se désigne, il se nomme.
Mais il s'est trompé de foule.
Il a tenu dans son gel
le lourd avec les ailes.
Il est devenu, sans avoir,
le vent d'à-peu-près.
Voyage après le désert d'eau,
il nage en corps
dans le trou d'os,
la tanière occipitale
avec ivresse opératoire.
C’est le couvert de vie
qui reste en devenu.
Avec la soif dans le sourire.
Il imprévoit d’être plus loin.
Il court au fond d’ici.
Il s’amuse.
Travail en bord,
suspendu aux marges.
On attend d'être invité.
Silhouette en suie,
avec trous dans les contours.
Format de vie,
mais celle qu'on cache.
Travail en tige,
avec temps d'incubation.
Vrillé dans le courant dur.
La pierre à souche,
et la formule à faire,
ça fait beaucoup d’écriture.
C’est arrivé en bord,
le pur de langue,
le dur mort en délivré.
On a tenu à devenir.
Travail dedans la nuit,
dans la couleur du corps,
on est le visité de son vivant.
Dans le damier organique,
il déduit le trop-perçu.
Avec le caractère qui finit,
c'est le pourquoi du rien
qui se souligne au fond d'ici.
Dans l’après du parcours,
qui va compter ?
Travail en suie,
avec vie déclarée.
On perpétue la précédente.
Le prédateur voit bien,
la silhouette est vernie,
ça brille avec surface.
Dans le travail en proie,
la personne a fait forme.
Avec le corps complet,
le toit de tuile,
on se reçoit dans le trou d'os.
La joie d'ici est suspendue.
Le bras s'oriente,
l'effort déplace,
ça devient du visage,
tout un travail d'écorce.
Ce n'est plus vague,
ça veut dire.
Au fort des lignes,
on a du mal.
Il y a du construit,
avec des traces.
Le devenu fait son ailleurs.
Le soir convient.
As-tu cette ombre ?
On fait le choix des choses,
Avec idée entre les traces,
On n'est pas né à condition.
C'est tout de suite autrement,
le défi dans les apparences.
On entre avec muscle.
On comprendra.
Muni du semblant,
on se bascule en soi,
on met la forme,
avec travail.
La voûte est ronde.
Les couleurs sont confondues.
Avec la vie, la correctrice.
Imaginons la peur,
en corps coulé,
corps copulé,
ciseau des tectrices.
C'est un ciel.
Le dos du lent
retourne à son portique.
Il a du froid dans l’effort.
Il fait avec son moi,
monument d’imparité,
le nageur dans l'eau drôle.
La force est contenue
dans le trou d'os.
On ne savait pas qu'il faisait.
La courbe d’huile est en retard.
Au fond de la citerne en quoi,
si ce n'est pas le sec de l’énergie...
Je ne dis pas ce qui devient.
Je m'éclos. C’est mon aventure.
J'entends la forficule.
Tour du sommeil
en quarante-cinq lampes.
Le corps se vide.
A bout de traces,
le bord en boule.
Derrière le trop d'hiver,
on a des jours.
Il a mouru, le corps des traces.
Il a raison, l'effort sans masse.
Il a pris le dépôt en marche.
Il s'habitue, il se déplace.
Avec le vide en laisse,
dans son hiver avec la coque.
En vide, il est le souvenu.
Il est d'ici, le désert dur.
La cour du vrai
dépose en alphabet
le respiré de la frontière.
Entre deux vagues de lignes,
j'ai le ciel creux,
avec sa dune en place.
L'effort de corps
se voudrait vague.
Le mal déplie les habitudes,
on confond l'horizon avec plus tard.
On monte à bord des formes.
A travers, ça dérive.
Au bout du corps sans masse,
le désert d'eau,
le mort sans trace.
Au bord du construit,
on dérive, on répare.
Dans la pendule,
ça fait du cœur
au fond d'ici.
A bord des traces,
on se déplace avec effort.
L'hiver du vent,
au bout du temps d’ici,
résonne en suie
dans le courant de la personne.
Ai-je un noyé ?
C'est non, dit le regard en torse.
On est venu,
la dune en marche,
sans laisser le corps
dans son désert d'écorce.
Corps dans sa coque.
Il nage avec son jour,
dans son désert d'hiver.
Corps pris dans sa cosse.
Il faut monter à bord
pour marcher dans les traces.
Corps dans sa suie,
avec progrès, pour la musique.
Le dévolu, avec sa place,
inscrit son vide.
Il reste un son sans masse,
un doigt de plaisir sans voix.
Dans l'autre cas,
on creuse en vif
dans les contours.
Avec le vif, on fait du songe.
Il faut du fort.
La forme en douce,
un corps de fort,
projet défait,
dessin libéré de quoi ?
Je dors en frousse,
le cœur court après moi,
j'existe en douce.
A force d'ombre,
en vision crise,
je compte en clair,
à la chaux vive.
J'ai du final
dans les nageoires.
Trouver le trou dans l'origine,
ça ne délivre pas du grave.
Il y a du gel.
On ne sait pas ce qui se nomme.
Le caractère est trou,
à travers du pénible.
Un os de forme.
On se répare.
Il faut du beau.
Comme un loup de visage,
dans le choix des choses,
on se doit un ailleurs,
le temps a trouvé son ombre.
Autour de l'os de forme,
voir comment ça danse.
On voit, à fleur de son,
le capturé, le tu, le coi.
La flore occipitale
vient de source chaude.
Les poissons courts,
en trébuché de soi,
font de l'ivresse.
Ils jouent avec la conscience.
On est au confin.
S'il y avait du déplaisir,
on sait que ça bascule.
Autour de l'os de forme,
on s'entraîne à consentir.
On est le devenu, le divisé,
le possesseur de quoi,
le trébuché du tour à tour.
Dans la cour du vrai,
le soi du sexe, avec désir,
et le trouvé, avec son doute,
incite au corps.
De l'effondré aux habitudes,
il y a du construit.
Qu'est-ce qui se répare ?
Rendez-vous en fin de ruine.
Il faut du beau,
la ruine est un caractère.
On fait le choix des choses
avec un corps qui se devient.
On fait du repentir
avec le dos dur,
mais le visage apprenti.
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