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29.02.2008
LU DANS LA PRESSE (7)
PIQUE DANS LA PRESSE
Le Canard enchaîné, 27 février.
La société Vinci, numéro un mondial des BTP, a deux activités principales : le BTP (85 % du chiffres d’affaires), et les concessions publiques accordées par l’Etat ou les municipalités, autoroutes et parkings de centre-ville (15 % du chiffre d’affaires). Or, quelle n’est pas la surprise émerveillée de l’actionnaire de Vinci, quand on lui apprend que le bénéfice respectif de ces deux activités est inversement proportionnel : la rentabilité (le profit, le résultat net) du BTP se traîne de 4 à 5% par an, alors que celle des parkings et autoroutes fait tomber dans sa poche un taux de profit de 38,3 % par an. Et qui accepte de se faire ainsi pressurer sans protester, je vous le demande ? L’imbécile d’usager qui emprunte les autoroutes et utilise sa voiture en ville.
Rue des petites perles (trouvées dans divers journaux, y compris, parfois, le « Canard ») : « Tous sexes confondus, le cancer de la prostate est le plus fréquent. » (Ouest-France) ; « A Séverac le Château, une jeune fille de 123 ans a fait l’objet d’une tentative d’enlèvement. » (Midi Libre) ; « Les chiens continuent à être tués vivants pour la consommation de leur viande » (France Soir, à propos de la Chine).
Bernard Thomas, dans sa chronique théâtrale, assassine proprement la dernière pièce d’un petit faiseur de théâtre qui se prend au moins pour Beaumarchais, si ce n’est pas SHAKESPEARE : ERIC-EMMANUEL SCHMITT. Inutile donc d’aller voir La Tectonique des sentiments (ce genre de titre a l’air pompé sur AMELIE NOTHOMB, autre figure intéressante de l’actuelle imposture littéraire française). Vous me direz que des foules s’agglutinent devant le journal de JEAN-PIERRE PERNAUT et de PATRICK POIVRE (son vrai nom). Mais puisqu’on te dit qu’ils ont du … succès ! T’as rien compris.
Dessin de Pétillon : Sarko dit à Rachident : « L’important, ce n’est pas la réponse, l’important c’est que j’aie posé la question ». Pétillon a bien compris.
Déclaration de Rachident (en campagne dans le chic VII ° arrondissement de Paris : « Je suis exactement la définition même de la République ».
Autre dessin de Pétillon, sur RAMA YADE et son « dérapage » (mais là, c’est moi qui reformule, mais j’ajoute à peine) : « Si on me reproche d’accuser le PS de racisme, c’est parce que je suis noire ». Subtil. La phrase d’origine était, approximativement : « Le PS me critique parce que je suis noire ».
Libération, 27 février.
Procès de l’hormone de croissance. On a appris que pour avoir de l’hormone de croissance, il fallait extraire l’hypophyse du cerveau des cadavres, après avoir ouvert le crâne. Théoriquement, ça devait se passer lors d’une autopsie, sous l’autorité d’un médecin. En réalité, les médecins ne se mêlaient pas de cette charcuterie. A Caen, « c’était toujours l’agent d’amphithéâtre qui le pratiquait ». A Créteil, « lorsqu’il n’y avait pas d’autopsie, le prélèvement était fait par la bouche avec un instrument bricolé par les gens de l’amphithéâtre ». Un expert : « On ne peut qu’insister sur le caractère clandestin d’une telle pratique ». Les garçons de salle recevaient des « pourboires », de 5 à 35 francs selon les hôpitaux et les années. Eric Favereau, qui signe l’article, s’indigne de la façon dont le procès est conduit par le président et par l’avocat général. Il pose la question gravissime (il y a quand même eu 122 morts) : « La justice va-t-elle passer à côté du plus grand procès de santé publique qui n’ait (sic) jamais eu lieu en France ? ».
Areva (Nucléaire, Anne Lauvergeon) a dégagé en 2007 un bénéfice net en hausse de 14,5 % sur l’année précédente.
Si vous n’avez jamais vu de près le retable d’Issenheim au musée Unterlinden de Colmar, vous êtes impardonnable. Je peux vous assurer que ça fait un choc. Mais ça risque d’être trop tard pour aller voir au musée l’exposition « Grünewald et le retable d’Issenheim ». Cela durait jusqu’au 2 mars. Comment ça ? On est le 29 février ? Cela risque quand même d’être un peu juste. Mais Libé n’a qu’à en rendre compte avant que l’expo disparaisse.
En pages Rebonds, François Doutriaux, juriste, enseignant en droit, juge que le Conseil Constitutionnel s’est discrédité en rendant une décision mi-chèvre, mi-chou, en n’introduisant pas la rétroactivité des lois dans le droit français, tout en considérant que la « rétention » n’est pas une « peine ». Il considère (je passe sur les observations purement juridiques) que le C.C. a trahi la constitution sur laquelle il a charge de veiller comme instance suprême, et qu’il a cédé aux pressions du ministère. Si le C.C. a censuré la loi, ce n’est que très partiellement, et Sarkozy considère que le Conseil n’est pas allé assez loin dans la violation de la Constitution. Le Canard cité ci-dessus aborde également le problème : il souligne que Jean-Louis Debré, qui voudrait bien sauvegarder son autorité comme président du C.C. pendant les 8 ans qui lui restent à faire, n’a pas voulu d’un affrontement politique avec Sarko. Si le nabot peut ainsi humilier la plus haute instance politico-juridique de la République Française, c’est qu’il ne reste déjà plus grand-chose de la République Française. Ça fout la nausée, non ?
21:24 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : presse, journaux, canard enchaîné, libération, btp, vinci, areva



Commentaires
Enlèvement de la jeune fille de 123 ans : comme quoi, il ne faut jamais désespérer, j'ai encore quelques petites chances qu'on m'enlève, bien que n'étant ni fille, ni jeune.
Quant à la Nothombe mangeuse de bananes pourries ( Dixit she : métaphore ou réalité ?), nous attendons, cher maître, une diatribe en règle, du style "l'ai-je bien descendue ?" Merci d'avance.
Ecrit par : Porky | 01.03.2008
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