29.02.2008

LU DANS LA PRESSE (7)

PIQUE DANS LA PRESSE

Le Canard enchaîné, 27 février.

La société Vinci, numéro un mondial des BTP, a deux activités principales : le BTP (85 % du chiffres d’affaires), et les concessions publiques accordées par l’Etat ou les municipalités, autoroutes et parkings de centre-ville (15 % du chiffre d’affaires). Or, quelle n’est pas la surprise émerveillée de l’actionnaire de Vinci, quand on lui apprend que le bénéfice respectif de ces deux activités est inversement proportionnel : la rentabilité (le profit, le résultat net) du BTP se traîne de 4 à 5% par an, alors que celle des parkings et autoroutes fait tomber dans sa poche un taux de profit de 38,3 % par an. Et qui accepte de se faire ainsi pressurer sans protester, je vous le demande ? L’imbécile d’usager qui emprunte les autoroutes et utilise sa voiture en ville.

Rue des petites perles (trouvées dans divers journaux, y compris, parfois, le « Canard ») : « Tous sexes confondus, le cancer de la prostate est le plus fréquent. » (Ouest-France) ; « A Séverac le Château, une jeune fille de 123 ans a fait l’objet d’une tentative d’enlèvement. » (Midi Libre) ; « Les chiens continuent à être tués vivants pour la consommation de leur viande » (France Soir, à propos de la Chine).

Bernard Thomas, dans sa chronique théâtrale, assassine proprement la dernière pièce d’un petit faiseur de théâtre qui se prend au moins pour Beaumarchais, si ce n’est pas SHAKESPEARE : ERIC-EMMANUEL  SCHMITT. Inutile donc d’aller voir La Tectonique des sentiments (ce genre de titre a l’air pompé sur AMELIE NOTHOMB, autre figure intéressante de l’actuelle imposture littéraire française). Vous me direz que des foules s’agglutinent devant le journal de JEAN-PIERRE PERNAUT et de PATRICK POIVRE (son vrai nom). Mais puisqu’on te dit qu’ils ont du … succès ! T’as rien compris.

Dessin de Pétillon : Sarko dit à Rachident : « L’important, ce n’est pas la réponse, l’important c’est que j’aie posé la question ». Pétillon a bien compris.

Déclaration de Rachident (en campagne dans le chic VII ° arrondissement de Paris : « Je suis exactement la définition même de la République ».

Autre dessin de Pétillon, sur RAMA YADE et son « dérapage » (mais là, c’est moi qui reformule, mais j’ajoute à peine) : « Si on me reproche d’accuser le PS de racisme, c’est parce que je suis noire ». Subtil. La phrase d’origine était, approximativement : « Le PS me critique parce que je suis noire ».

Libération, 27 février.

Procès de l’hormone de croissance. On a appris que pour avoir de l’hormone de croissance, il fallait extraire l’hypophyse du cerveau des cadavres, après avoir ouvert le crâne. Théoriquement, ça devait se passer lors d’une autopsie, sous l’autorité d’un médecin. En réalité, les médecins ne se mêlaient pas de cette charcuterie. A Caen, « c’était toujours l’agent d’amphithéâtre qui le pratiquait ». A Créteil, « lorsqu’il n’y avait pas d’autopsie, le prélèvement était fait par la bouche avec un instrument bricolé par les gens de l’amphithéâtre ». Un expert : « On ne peut qu’insister sur le caractère clandestin d’une telle pratique ». Les garçons de salle recevaient des « pourboires », de 5 à 35 francs selon les hôpitaux et les années. Eric Favereau, qui signe l’article, s’indigne de la façon dont le procès est conduit par le président et par l’avocat général. Il pose la question gravissime (il y a quand même eu 122 morts) : « La justice va-t-elle passer à côté du plus grand procès de santé publique qui n’ait (sic) jamais eu lieu en France ? ».

Areva (Nucléaire, Anne Lauvergeon) a dégagé en 2007 un bénéfice net en hausse de 14,5 % sur l’année précédente.

Si vous n’avez jamais vu de près le retable d’Issenheim au musée Unterlinden de Colmar, vous êtes impardonnable. Je peux vous assurer que ça fait un choc. Mais ça risque d’être trop tard pour aller voir au musée l’exposition « Grünewald et le retable d’Issenheim ». Cela durait jusqu’au 2 mars. Comment ça ? On est le 29 février ? Cela risque quand même d’être un peu juste. Mais Libé n’a qu’à en rendre compte avant que l’expo disparaisse.

En pages Rebonds, François Doutriaux, juriste, enseignant en droit, juge que le Conseil Constitutionnel s’est discrédité en rendant une décision mi-chèvre, mi-chou, en n’introduisant pas la rétroactivité des lois dans le droit français, tout en considérant que la « rétention » n’est pas une « peine ». Il considère (je passe sur les observations purement juridiques) que le C.C. a trahi la constitution sur laquelle il a charge de veiller comme instance suprême, et qu’il a cédé aux pressions du ministère. Si le C.C. a censuré la loi, ce n’est que très partiellement, et Sarkozy considère que le Conseil n’est pas allé assez loin dans la violation de la Constitution. Le Canard cité ci-dessus aborde également le problème : il souligne que Jean-Louis Debré, qui voudrait bien sauvegarder son autorité comme président du C.C. pendant les 8 ans qui lui restent à faire, n’a pas voulu d’un affrontement politique avec Sarko. Si le nabot peut ainsi humilier la plus haute instance politico-juridique de la République Française, c’est qu’il ne reste déjà plus grand-chose de la République Française. Ça fout la nausée, non ?

28.02.2008

LU DANS LA PRESSE (6)

VIVE LA PRESSE ECRITE !

 

 

Je voudrais qu’on m’explique : Libération du 26 février titre en page 14 : Les militaires s’inquiètent pour leur sort, et Le Monde daté du 27 (c’est-à-dire paru le 26, c’est un « journal du soir ») : La France va accroître son effort militaire en Afghanistan. Ce dernier article, signé par Nathalie Nougayrède, commence par : « Nicolas Sarkozy élabore avec ses conseillers une nouvelle politique française sur l’Afghanistan ». Il veut envoyer des troupes au sol, ainsi que des commandos des forces spéciales. Ça veut dire une augmentation du budget consacré à ces opérations. Dans Libération, au contraire, Jean-Dominique Merchet montre un corps militaire inquiet du flou des perspectives indiquées par Sarkozy, de la lenteur d’élaboration du « livre blanc » et de la nouvelle loi de programmation militaire (2009-2014). Un officier confie : « Nicolas Sarkozy ne s’intéresse pas aux militaires, il ne les connaît pas, ne semble pas les aimer ». Le journaliste ajoute : « Le général Bruno Cuche, à la tête de l’armée de terre, se plaint déjà de la paupérisation de ses troupes ». Un général, en privé, déclare : « Ce que les comptables préparent est une catastrophe. Lorsque Nicolas Sarkozy s’en rendra compte, il sera trop tard ». Sans entrer dans le débat pro- ou anti-militaire, voilà le grand mot lâché : LES COMPTABLES. Dans l’EDUCATION NATIONALE, on supprime à la prochaine rentrée 17.000 postes d’enseignants (départs à la retraite des « baby-boomers » non remplacés). A l’HOPITAL, « on » supprime des lits en pagaille et « on » projette de transférer toute l’activité hospitalière rentable vers les cliniques privées, qui connaissent d’ailleurs en ce moment un grand mouvement de concentration financière dans les mains des fonds d’investissement (que font ceux-ci avant que le taux de profit des entreprises rachetées n’atteigne plus les 15 à 20% ? Ils vendent. Bonjour l’avenir des soins). Bref, c’est le comptable qui commande, qui règne (tiens, ça me rappelle un cantique quand j’allais encore à l’église : « Parle, commande, règne, nous sommes tout à Toi, Jésus étend son règne : de l’univers sois Roi », voyez si ça marque). Celui-ci est détrôné au profit du COMPTABLE : allez, tout le monde à genoux, et reprenez après moi cette prière au COMPTABLE tout-puissant (et anonyme) : parle, commande, règne … Il ne s’agit plus de donner à un pays, à un peuple de citoyens, un espoir dans une société future un peu meilleure et un peu moins injuste. Il s’agit à présent de GERER son stock de population, de DIMINUER LES COUTS de l’entreprise France, de lui faire cracher le maximum de BENEFICES. On appelle ça « ajustement structurel », « restructuration », « plan social », pour ne pas dire : « Mes cocos, vous allez en baver, et c’est pas fini ». Non, je crois que ça ne fait que commencer.

 

27.02.2008

LU DANS LA PRESSE (5)

L’ENCRE EST ENCORE FRAICHE

Libération, mardi 26 février

Page 4 : Article rigolo de Catherine Coroller intitulé Le retour du religieux réveille la laïcité, sous-titré « Les catholiques, eux, restent sceptiques sur la sincérité du chef de l’Etat ». Première étape : en France, le clivage entre non-croyants et croyants s’accentue. La preuve ? Les succès de librairie respectifs de Michel Onfray (Traité d’athéologie) et de Jean-Claude Guillebaud (Comment je suis redevenu chrétien), bien que les chiffres de vente ne soient pas donnés. Deuxième étape : effondrement des pratiques religieuses, et en face des records de fréquentation des sanctuaires et « foules impressionnantes » chez les catholiques charismatiques. Troisième étape : NICOLAS SARKOZY (oui, on y vient, quelle impatience !), et ses différentes envolées « chrétiennes » : la hiérarchie catholique a admis une fois pour toutes la loi de 1905, et « la base catholique droitière » « le lâche » (l’auteur cite Jérôme Pourquet, marchand de sondages (IFOP)), à cause de la médiatisation de sa vie privée, de ses conquêtes amoureuses, et de ses positions sur l’avortement, l’euthanasie, la bioéthique. Le problème de Nicolas Sarkozy en matière religieuse, c’est que bien des gens doutent de l’authenticité de ses opinions religieuses. Le sociologue Marc Andrault déclare (dans Sarkozy et Dieu) : « Je ne crois pas qu’il ait la foi. Il attend des religions qu’elles servent à la pacification des esprits, qu’elles amènent l’opinion publique à accepter l’ordre établi. Quand on dit que la religion c’est l’opium du peuple, il y a de ça chez Sarkozy. ». C’est très bien vu : son arrière-pensée est de se servir de la religion comme d’un instrument de CONTROLE SOCIAL. On s’en doutait déjà un peu.

Autre thème, problème identique. En page 7, dans le « contrejournal », un « libénaute » a une jolie formule : le chef de l’Etat joue « ave c les institutions de la République comme avec du TNT ». Oui, il instrumentalise, sans se soucier des dommages « collatéraux ».

Page 15 : Le site de notation des profs passe son examen au tribunal. Tout le monde, à présent, a entendu parler de « note2be ». Levée de boucliers chez les profs, évidemment. L’un des webmasters a fini par se retirer d’une liste UMP pour les municipales à Paris. Une chose bizarre, quand même : dans le surtitre, on apprend que le site est « très prisé des élèves ». Or, je suis allé le visiter, et je tombe des nues : la plupart des notes attribuées le sont à partir d’un seul vote, plusieurs à partir de deux, plus rarement davantage. Vous ne trouvez pas ça étonnant ? Combien d’élèves y a-t-il au total dans une classe ? Entre trente et trente-cinq, je crois. Et magie-magie, on arrive à faire une moyenne avec un seul et unique vote ? Sans entrer dans le débat (les élèves doivent-ils noter leurs profs ?), je peux déjà dire qu’il y a là une IMPOSTURE MANIFESTE (Ubu aurait répliqué : une posture magnifique). Les marchands de sondages s’ingénient eux-mêmes à élaborer « scientifiquement » leurs « échantillons représentatifs » et interrogent à chaque fois autour de 1000 personnes. Et les sondages sont déjà de l’ordre de l’imposture. Qui peut donc gober ce qui reste une grosse « vanne » de mauvais goût ? P.S. : légende de la photo qui illustre l’article : « Not2be (sic) a dépassé les 100.000 connexions par jour. 50.000 enseignants ont ainsi été évalués par leurs élèves ». Non mais je rêve ! Comment un journal sérieux peut-il écrire « par leurs élèves » ? Ceux qui votent représentent entre 3 et 10 % des effectifs des classes ! Restons zen.

Page 30 : Au Japon, s’ouvre un festival « Extreme Love ». Il s’agit de montrer des films érotiques et des films X dans une version non expurgée. Il faut savoir que « les séquences de nu dans les films sont systématiquement floutées au Japon ».

Page 32, dessin de WILLEM : la reine d’Angleterre accueille le couple présidentiel français, Carla Bruni tenant sa guitare, et Sarkozy salue la souveraine en ces termes : « Ça va, pauvre conne ? ».

Ce sera tout pour aujourd’hui.

26.02.2008

LU DANS LA PRESSE (4)

VIENT DE PAR AITRE

Le Monde, 26 février 2008

P. 29 : M. FRANK PUELO, traiteur, est récemment allé en mission en Chine pour « mettre en place le dispositif de nutrition des athlètes américains lors des JO » de Pékin. Le Comité olympique américain a préféré ne prendre aucun risque : au retour d’une compétition au Brésil, « l’équipe de judo a été frappée par de violentes crises de turista ». Quelle n’a pas été la surprise de Frank Puelo, dans un supermarché pékinois, quand il a compris que le morceau de viande blanche mesurant 36 centimètres était un blanc de poulet. « Il y en avait suffisamment pour nourrir une famille de huit personnes ». « Nous l’avons fait analyser, et il y avait une telle teneur en stéroïdes que tous nos athlètes auraient été contrôlés positifs, si nous les avions nourris avec ce type de poulet ». Les athlètes pourront donc se goinfrer de poissons japonais, de fruits et légumes australiens, de céréales Kellog’s, et de bœuf, poulet et porc de Tyson Foods. C’est un défi : 10 tonnes de protéines à acheminer avant l’ouverture des jeux. Connaissant les effets des stéroïdes anabolisants (masse musculaire), on peut imaginer sur quelle pente est engagée la population chinoise. Je vous demande un peu : un FILET DE POULET DE 36 CENTIMETRES.

P. 29 toujours : jolie photo de l’Ukrainien Klitschko qui flanque son poing dans la tempe du Russe Ibragimov. Cela devait être assez violent, puisqu’on voit distinctement la projection de gouttes de sueur et la déformation de la tête de la victime. Je vous rassure : celle-ci était consentante. Il s’agit d’un combat de boxe.

P. 29 encore : Les équipementiers sportifs Arena et Speedo se disputent les nageurs français. Ce dernier a déjà dégainé sa nouvelle combinaison moulée qui permet de se sentir « comme une fusée » (Michael Phelps). Faute de doper les athlètes (ah bon ?), on est bien obligé de doper le matériel, non ?

Qui a dit que c’est pas beau, le sport ?

P. 26 : Les Glaneurs, du Moyen Age à Internet. Sous-titre : l’habitude de récupérer fruits et légumes lors de la fermeture des marchés perdure et se modernise. Qu’on se le dise : le droit de glane existe. Chacun est autorisé, légalement, une fois la récolte faite, à récupérer tout ce qui reste, dans le champ, le verger, la vigne (je pense au joli film d’AGNES VARDA Les Glaneurs et la glaneuse). La loi considère les déchets, les fruits et légumes abandonnés comme « res nullius » : choses n’appartenant à personne. Les glaneurs urbains des marchés sont d’abord des fauchés (jeune étudiante, femmes âgées) qui attendent la « remballe » pour remplir leur sac à dos ou leur cabas. Les vendeurs, eux, sont obligés d’empiler leurs déchets. Beaucoup séparent cagettes et cartons, d’une part, et restes alimentaires, d’autre part : ils connaissent la musique, même s’il y a parfois une « vraie guéguerre autour de l’empilement des cagettes ». Un mouvement est né aux Etats-Unis (un de plus) : le « dumpster diving », ou « plongée en poubelle ». C’est une forme militante de glane, pour dénoncer le gaspillage et l’hyperhygiénisme. Les « freegan » (c’est comme ça qu’on les appelle, formé sur vegan, un courant végétarien) attendent l’heure où les supérettes sortent leurs poubelles sur le trottoir pour y plonger.

Même page, même thème : sous le titre L’art de la récupération, on apprend que Dorothy’s Gallery, à Paris, présente jusqu’au 2 mars une exposition intitulée « Couper, percer » réunissant des artistes travaillant sur la récupération et le détournement. Luminaires, mobiles, suspensions, objets en fer zingué et Inox, compositions en tôle coupée et percée, assemblages de fragments de métal donnent une seconde vie aux déchets.

Page 20 : FLORENCE JANY-CATRICE, une sociologue de Lille, apporte un bel éclairage sur le triomphalisme gouvernemental à propos des 300.000 emplois créés, paraît-il, en France en 2007. Elle montre que sur les 188.900 emplois créés en 2006, 116.000 (60% du total) concernent les services à la personne. Cela donne en moyenne horaire annuelle 450 heures par salarié pour l’ensemble du secteur, cela donne un équivalent de 32.000 (trente-deux mille, soit dix fois moins que le triomphalisme le claironne) emplois à temps plein. Car 450 heures par an, ça fait entre 11 et 12 heures par semaine, et 300 euros par mois, ces activités « étant rémunérées aux alentours du smic ». On appelle ça des emplois « de gré à gré ». On peut aussi appeler ça « L’IMPOSTURE ET LE MENSONGE AU POUVOIR ». A côté, les caissières du Carrefour de Marseille, qui ont fait grève pendant deux semaines, passeraient presque pour des privilégiées, avec leurs 20 à 26 heures par semaine et leurs 700 à 800 euros par mois.

Nouveau et intéressant, page 13 : un écolier de 9 ans, le 22 février, a été interpellé par trois policiers à son école et gardé à vue pendant 4 heures, pour avoir frappé une camarade.

Page 8 : L’interdiction de fumer dans les lieux publics a entraîné une diminution du nombre d’infarctus, évaluée à 15%. En fait, il s’agit, non pas du nombre des morts, mais du nombre des « admissions hospitalières pour infarctus du myocarde ». La remarque vaut pour les AVC (accidents vasculaires cérébraux).

C’est tout pour aujourd’hui.

25.02.2008

LU DANS LA PRESSE (3)

INFORMATIONS FRAICHES

Courrier international, n° 903, paru le 21 février 2008.

Article publié dans El Païs (Madrid). « La maladie dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle touche un organe vital s’il en est : l’ego. Celui du président est d’évidence atteint d’une hypertrophie probablement incurable. » Vous allez me dire : « Encore Sarkozy ! ». Oui, mais là c’est, en quelque sorte, « vu d’ailleurs ». Allez, une louche : « Le traitement qu’il a infligé en public aux uns et aux autres (ceux de son camp), y compris à certains de ses collaborateurs les plus proches, est digne d’un monarque bilieux et capricieux avec ses laquais ». Encore une cuillerée pour papa : « … comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs ». Et pour la route : « Mais ce triomphe-là a le don de déprimer beaucoup de Français car il rabaisse la République au niveau de la principauté de Monaco ». L’article est écrit par Lluis Bassets. Le titre est : Sarkozy, ce grand malade. La publicité pour ce numéro de C.I. dans le métro parisien a été refusée par la régie publicitaire de la RATP.

« Six mois ont suffi pour que les Français, avec leur rationalisme cartésien, comprennent que l’erratique, tourmenté et imprévisible Nicolas Sarkozy sera certainement un désastre pour la France. » « Mais la perte de prestige de Sarkozy n’est pas bonne pour l’Union européenne, malgré le peu de sympathie qu’on éprouve pour le personnage. » Et qui dit ça ? Pas un journaliste, non, mais un ancien président du Portugal, MARIO SOARES. (tribune parue dans Diàrio de Noticias de Lisbonne, Portugal)

« Car la France est un pays éminemment sérieux. Or les grandes décisions de politique étrangère – l’Afghanistan, l’Iran, les rapports de la France et des Etats-Unis, l’OTAN, Israël, les Palestiniens, ou encore le nom du futur président de l’Union européenne ou celui du prochain maire de Neuilly –sont toutes prises par Sarkozy sur le mode du caprice, sans préalable ni débat public ». Sous le titre L’homme qui ne savait pas être président, cet article a paru dans International Herald Tribune, avec la signature de William Pfaff.

Dans The Observer, Olivier Marre évoque l’embarras que suscite, à Londres, la prochaine visite du couple présidentiel, Carla Bruni ayant manifesté l’intention de chanter devant la reine une chanson, en s’accompagnant à la guitare (« Mon monde est meilleur quand tu es avec moi car tu es ma reine ». C’est d’un goût exquis, non ? Et puis ça renouvellerait le genre. Comment, la reine craint d’être instrumentalisée ? De servir de « décor pour un soap opera » ? Et alors, où est le problème ?

Un petit tour en Italie ? La Stampa : « Chaque jour, Sarkozy invente quelque chose qui agace, sidère et provoque une cascade de réactions. Sa dernière trouvaille – pas une idée, une trouvaille – est de jumeler chaque petit Français de 10-11 ans avec un autre du même âge mort dans les camps nazis ». On notera que l’article doit dater un peu, puisque depuis, il y a eu d’autres « trouvailles. « Comme l’adulte a tendance à résister, il est logique de s’en prendre plutôt aux petits, qui sont sans défense, malléables, fragiles. Au fond, ces derniers ont tout du citoyen idéal, infantilisé, qui est le fantasme de tout homme fort. » Je trouve que « enfant comme citoyen idéal » c’est très bien vu, même si c’est le problème de toute la civilisation occidentale marchande, en général. On dira que la dernière   présidentielle ne nous a pas offert par hasard un gnome sur le trône républicain. Suit un passage d’outrance latine : « Modeler l’être humain est le rêve commun des dictateurs – de ceux qui le sont véritablement et de ceux qui les singent ». Barbara Spinelli, l’auteure de l’article, explique ensuite : « Et il s’agit bien d’une trouvaille : à la différence de l’idée, un « trouvaille » est le plus souvent opportuniste, elle est synonyme de stratagème, d’astuce, d’expédient », puis dénonce « l’ignorance militante » dont fait preuve Nicolas Sarkozy. La formule est jolie.

 

Sur le même sujet, un commentaire paru dans la Frankfuter Allgemeine Zeitung voit dans l’initiative de NS une tentative de concilier la communauté juive, mais l’estime vouée à l’échec : « Après les gestes de Juppé et de Jospin, de Mitterrand et de Chirac, que reste-t-il à Sarkozy ? Rien. ».

24.02.2008

CANARD ENCHAINE

LU DANS LA PRESSE (2)

Le Canard enchaîné, 20 février 2008 :

JEAN-CLAUDE GAUDIN, qui a confié sa promotion publicitaire à l’agence Leaders et Opinion, a fait placarder des affiches avec une grande diversité de trombines de Marseillais. Sauf … sauf que ces Marseillais sont tous américains : l’agence, pour ne pas avoir de droits à payer, est allée pêcher les dizaines de photos sur un site étazunien de l’internet. Encore bravo ! On rappellera Bernard Stasi payant des acteurs pour remplir sa salle lors d’une réunion électorale.

Dessin de CABU, p. 2 : Sous le titre « les contre-feux de Sarkozy », sur fond de manif pour le « pouvoir d’achat », Nicolas Sarkozy allume les uns après les autres des pots fumigènes sur lesquels on peut lire « Vie privée », « Dieu », « Mémoire ». La légende pose la question : « Quel sera le prochain rideau de fumée ? ». Sur cette dernière expression, je me permets de renvoyer à ma note Sarko la diversion, du 15 février dernier, où j’emploie la formule « écran de fumée » avec une signification identique. Oui, ça fait du bien de ne pas se sentir tout seul.

En p. 3, à propos de la « Loi sur la rétention de sûreté », un article fait référence à une loi identique, promulguée le 24 novembre 1933, paraphée par un certain ADOLF HITLER et portant l’intitulé suivant : Loi contre les récidivistes dangereux, et sur les mesures disciplinaires pour améliorer la sécurisation. Le journal ne parle pas de « rétention ». De là à affirmer que Sarko est facho, il y a un grand pas que je ne franchirai pas : ALAIN PEYREFITTE ne fut-il pas le père d’une loi « Sécurité et Liberté » qui avait soulevé un tollé chez les amoureux de cette dernière.

En p. 4 : « La Cour des Comptes remonte les bretelles des autoroutes », avec un sous-titre qui explicite le contenu : « Leur privatisation en 2006 ressemblait bien à une grande braderie. Et aujourd’hui les péages vont de 1 à 10 pour la même distance. ». Merci VILLEPIN, qui savait exactement à quoi s’en tenir.

23.02.2008

LU DANS LA PRESSE

LU DANS LA PRESSE

Libération, 20 février, p. 37. Le commentateur multicarte, pisse copie, institutionnel et installé ALAIN DUHAMEL critique la notion de « monarchie élective ». Mais il critique aussi Nicolas Sarkozy. Il se tient dans un commode entre-deux : du blanc plus du noir, ça fait du gris. Cette teinte lui sied fort bien. Il met en exergue cette conclusion de sa chronique vaine : « Plutôt que de mimer l’apocalypse démocratique, ne serait-il pas plus productif de débattre des améliorations institutionnelles concrètes, des véritables contrepoids à l’autorité présidentielle ? ».

Libération, 21 février, p. 29. Cela ne va pas se passer comme ça, scrogneugneu. LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN, répond à ALAIN DUHAMEL. Si Joffrin ne revendique pas la paternité de l’expression « monarchie élective », il déclare qu’il a été « l’un des premiers » à l’employer, et n’a aucun mal à expliquer sa validité : « Remplaçant le Premier ministre, court-circuitant les ministres, marginalisant le Parlement, intervenant dans le fonctionnement des médias, le Président s’est attribué, à la limite de la Constitution, un rôle hors du commun, entraînant le pays dans un tourbillon d’initiatives disparates et personnelles qui finissent par donner le vertige à sa propre majorité. »

Commentaire. Beaucoup d’eau tiède, entre gens de bonne compagnie, nous parlons entre égaux, et le débat ne risque pas de transpirer à l’extérieur. Je pense à cette autre expression des mêmes partenaires de la table de jeu, qui a fait florès pendant la campagne présidentielle : « démocratie d’opinion ». Vous savez ce que ça veut dire, démocratie d’opinion ? Et « monarchie élective » ? Cela veut dire que les élites confisquent le débat à leur seul usage, pour qu’il reste entre gens bien élevés. Le grand CHRISTOPHER LASCH (Le Moi assiégé, Editions Climats, 2008, p. 20) dénonce cette mutation : « La technologie en vient ainsi à faire office d’instrument efficace de contrôle social – dans le cas des mass-médias, elle court-circuite le processus électoral par le biais de SONDAGES (c’est moi qui surligne) servant plus à façonner l’opinion qu’à l’exprimer, en réservant aux médias eux-mêmes le droit de sélectionner les leaders et « porte-parole » politiques, et en présentant le choix de leaders et de partis comme un choix de biens de consommation. ». Autrement dit, le « tous pourris » n’est même plus d’actualité : c’est le SUPERMARCHE. Le sondage lui-même est une marchandise, même s’il est en même temps un instrument politique (voir PATRICK CHAMPAGNE, Faire l’opinion, Editions de Minuit, 1990). Et dans ce supermarché, ce sont les spécialistes autoproclamés qui mettent en rayon. Car l’essentiel, c’est que le spectateur reste un spectateur : vous vous rendez compte, si on les laisse devenir acteurs de leur propre vie ? Attention à nos places, à nos sinécures. Restons entre gens bien élevés, et laissons la populace venir se faire humilier sur les plateaux de télévision par des animateurs (Les Animatueurs, comme dit MICHEL MALAUSSENA, dans le livre portant ce titre et paru en 2008, Jean-Claude Gawzevitch éditeur) pleins aux as et arrogants, et arrogants parce que pleins aux as.

J’ai décidé de BOYCOTTER le supermarché politico-médiatique. Comment ? Je parle des journaux, ce qui contredit la phrase précédente ? Mais non, voyons ! Vous devez savoir que l’ennemi, il faut s’efforcer de le connaître le mieux possible. Oui : L’ENNEMI.

LES PETITS FAITS

DROLES DE BREVES (3)

En couvrant, en voiture et en marche arrière, 660,8 kilomètres sur un circuit automobile, un Autrichien, Mathias Theissi, a battu le record mondial de cette spécialité.

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Mme Maureen Weston, habitant à Londres, a l’intention de se balancer pendant 19 jours, sans interruption, sur son rocking-chair. Si elle réussit, elle battra de 72 heures le record du monde de cette spécialité.

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En exportant vers les pays arabes des petites boussoles à fixer sur les tapis de prière pour indiquer la direction de La Mecque, une entreprise française a réalisé de beaux bénéfices.

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Avant de prendre sa retraite, Horace Whittel, ouvrier métallurgiste à Gillingham, a célébré sa dernière journée de travail en apportant à l’usine le réveil qui l’avait tiré du lit tous les matins à 6 heures pendant quarante-sept ans. Il l’a glissé sous une presse de 80 tonnes.

21.02.2008

PETITS FAITS

 DROLES DE BREVES (2)

Un homme de 61 ans a été condamné par le tribunal de St-Q à un mois de prison ferme pour avoir pendu et battu à mort son chien. Les faits s’étaient produits en juin dernier et M. Georges S-B, artisan menuisier, avait été vu par des témoins qui ont rapporté l’affaire aux gendarmes. Condamné par défaut à deux mois fermes, il avait fait appel et, mercredi, lorsqu’il s’est présenté devant le tribunal, il a affirmé : « J’ai assassiné mon chien d’un seul coup de poing et sans témoin ».

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Un pied humain a été découvert dans un arbre, mercredi soir dans le centre de Pau. Le membre sectionné pendait, suspendu à une branche par un tendeur de bicyclette.

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Le « Golden Gate », le fameux pont de San Francisco, a été choisi par 594 personnes pour se suicider, depuis son inauguration. On parle de l’équiper afin d’éviter de telles tentatives.

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Le mécanicien d’un garage d’Algésiras qui réparait la voiture de M. José-Maria Jimenez avait été surpris de voir plusieurs paquets de hachisch tomber d’une cachette aménagée dans le bloc moteur. M. Jimenez a pu prouver son innocence : trois ans auparavant, il avait acheté aux enchères à la douane, cette voiture qui appartenait à un pourvoyeur de drogue, arrêté entre-temps à Cadix.

A suivre plus tard.

20.02.2008

DES PETITES REMARQUABLES

DROLES DE BREVES (1)

Pour payer une tournée de bière qu’il avait offerte à des amis, dans un café d’Athènes, Gueorghios Kalpaktis avait donné deux billets de loterie au garçon de café. Ces billets ont rapporté à leur nouveau bénéficiaire la somme de 8500 euros.

Madame Marie Lambert doit avoir bien du chagrin. A 77 ans elle vivait à Grancey-les-Châteaux entourée de ses 52 chats. Par malheur, l’un d’eux étant atteint de la rage, le docteur D, vétérinaire à Is-sur-Tille, a dû les abattre après avoir consulté la direction départementale des services vétérinaires. Quant à Mme Lambert, elle a été vaccinée.

Un garçon de onze ans, en état d’ébriété, a été relevé indemne après être passé sous l’autorail assurant la liaison Cornimont-Epinal. Peu avant l’arrivée en gare, le conducteur aperçut un jeune garçon qui semblait dormir allongé sur la voie. Tous freins serrés, il ne put cependant immobiliser sa machine que plusieurs mètres après l’endroit où dormait l’enfant, celui-ci était indemne, et n’avait même pas une égratignure. Allongé dans le sens des rails, l’enfant a probablement été sauvé par son immobilité, et grâce à l’espace existant entre le ballast et les parties basses de l’autorail.

Un hélicoptère espagnol a été attaqué par un vautour de deux mètres d’envergure. Le pilote, légèrement blessé, a été contraint de poser son appareil dont la cabine était sérieusement endommagée.

 Ce sera tout pour aujourd’hui.

 

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