16.03.2008

QUOI DE NEUF AU TIBET ?

QUOI DE NEUF AU TIBET ?

Libération du 14 mars.

On a vu la dictature militaire birmane mettre au pas les robes safran sorties de leurs temples dans les rues de Rangoun à coups de fusil, de bâton ou de poing. On est en train de voir qu’un pays comptant 1.300.000.000 d’individus ne sera jamais une démocratie. Le Tibet, pour la Chine, c’est exactement ce qu’est la Tchétchénie pour Poutine : l’horreur du mauvais exemple. Mécaniquement, le pouvoir ne peut pas tolérer qu’un maillon de la chaîne commence à s’ouvrir. Alors, monsieur, vous proposez donc de ne rien faire ? – Dis donc, mon gars, tu me prends pour dieu le père ? Moi, je suis le nez dans mon journal, je tapote sur un clavier d’ordinateur à destination d’un blog que quelques dizaines de personnes viennent visiter. Adresse-toi plutôt à ceux qui détiennent les leviers du vrai pouvoir, George Walker Bush, par exemple. Mais il a les mains liées : la Chine lui achète sans trop faire la difficile les bons du Trésor qui lui apportent les liquidités dont son économie a besoin, paraît-il (avec quelle efficacité aujourd’hui ?).

MAIS ON PEUT DIRE NON !!!!! les gouvernements des « grands pays » ont un vrai pouvoir : « On vous a confié l’organisation des JEUX OLYMPIQUES. Montrez une fois pour toutes que vous en êtes dignes, sinon nous serons contraints de ne pas y aller ». Avouez que ça, ça aurait de la gueule. Mais il faudrait pour ça que les « grands pays » aient des couilles. Il faudrait que les populations des « grands pays » décident de laisser le téléviseur éteint. Il faudrait… Il faudrait … Voilà, mon gars, tu as compris ? Je crains fort que les JEUX OLYMPIQUES aient lieu coûte que coûte et à tout prix. Trop d’intérêts en jeu, sans doute, d’énormes intérêts. Les Tibétains qui manifestent savent ce qui les attend s’ils y vont, et ils y vont quand même. C’est un appel. Les oreilles qui entendent sont sourdes. La seule solution, à propos des JEUX OLYMPIQUES, comme ne le dit pas, mais comme le suggère la publicité actuelle publiée dans la presse par REPORTERS SANS FRONTIERES, c’est de crier : N’Y ALLEZ PAS. LAISSEZ TOMBER. Y compris le spectacle pour les amateurs de spectacle de sport télévisé. La pub, vous l’avez peut-être vue : l’homme photographié porte un tee-shirt figurant, au-dessus de « PEKIN 2008 », en guise d’anneaux olympiques, deux paires et demie de MENOTTES, métaphore pour LA PLUS GRANDE PRISON DU MONDE. http://www.rsf.org/ ou mieux http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25233

Proverbe du jour : « Quand le ventre parle, la raison se tait ». Je sais, ça n’a aucun rapport.

 

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