30.03.2008
PAS LA CHARITE
RESTOS DU CŒUR
On célèbre ? On fête ? Ils ont la vie dure ? On crie bravo ? Non : on dit MERDE !!
J’entends à l’instant (7 h 30, heure d’été) la brave journaliste qui fait consciencieusement son boulot de journalisse (c’est LOUIS-FERDINAND CELINE qui disait, la langue sifflante : « Communisses ! ». C’était une injure). Le sujet, c’est le « marronnier » du jour : fin de la 23ème « campagne » des RESTOS DU CŒUR. Et de déplorer, évidemment, et de donner la parole à un responsable de l’association qui déplore l’augmentation du prix du lait, et des prix de l’alimentaire en général. Vous croyez pas que la nénette, elle pourrait abandonner sa voix atone, la sacro-sainte neutralité ?
COLUCHE déclarait, au moment même de la fondation : « On aura gagné quand les RESTOS DU CŒUR DISPARAÎTRONT ». Or, le nombre des gens secourus augmente inexorablement. Autrement dit, un enviable taux de croissance est promis à l’enfant de COLUCHE (euh non ! Il y a erreur : les enfants de Coluche ont vendu la photo de leur papa à la boîte d’intérim ADECCO. On espère que tout va bien pour eux, financièrement s’entend).
Vous croyez pas que la journalisse, elle pourrait au moins (AU MOINS) poser la question (et, accessoirement, SE poser la question) ? POURQUOI ? Comment ça se fait ? Qu’est-ce qui se passe pour qu’une association créée un jour pour disparaître soit vouée à s’éterniser, à s’installer dans la durée, à devenir une institution ?
Eh bien moi, je propose, tout simplement, la DISSOLUTION IMMEDIATE ET DEFINITIVE des RESTOS DU CŒUR. En même temps, bien sûr, NOTRE-DAME DES SANS-ABRI, LES CHIFFONNIERS D’EMMAÜS, ATD QUART-MONDE, et toutes les organisations de CHARITÉ.
Dissolution immédiate de tous ces outils d’aveuglement, de tous ces pansements sur la jambe de bois, de tous les milliers de mètres cube de bons sentiments engloutis dans le TONNEAU DES DANAÏDES.
Réfléchis deux secondes, cher lecteur : pendant que ces millions de fourmis de bons sentiments s’activent dans la fourmilière de la charité, pendant qu’au ras du trottoir, les millions de fourmis d’encore « vrais citoyens » s’égosillent, agissent, colmatent les brèches, ressoudent la fracture, passent la pommade sur le cancer, au prétexte qu’ « il faut bien faire quelque chose », « on ne peut pas les laisser comme ça », pendant ce temps, qui est du TEMPS PERDU, le gras accumule du gras, le gros grossit, le puissant puise encore plus de puissance, et RACHIDA DATI, habillée en DIOR, gaspille le budget de la JUSTICE en petits fours.
Le gras, le gros, le puissant et RACHIDA DATI, regardent, amusés, rassurés, réconfortés, le spectacle des fourmis qui fourmillent. C’est en effet le métier des fourmis de fourmiller. « Continuez votre travail admirable », chantent-ils en chœur. « Quant à la JUSTICE, n’y touchez pas, elle est administrée, il y a des spécialistes pour ça ».
Tu comprends, cher lecteur, pourquoi la CHARITÉ me semble aujourd’hui le mal absolu ? Il faut crier :
LA JUSTICE,
PAS LA CHARITÉ
Que faudra-t-il, combien de temps faudra-t-il attendre, combien de gens dans la misère, combien de progrès social effacé, combien de chômeurs, combien de mendiants, pour qu’enfin retentisse, aux oreilles de tous les nantis, une vraie colère en cri ; dans la gueule du riche, la vraie colère en poing ? Quand donc entendra-t-on crier de colère cette femme que j’ai vue dans un café, l’œil fixé sur l’écran du « rapido », pour voir si les quelques sous qu’elle venait de jouer allaient lui en rapporter quelques autres ?
Ou alors, est-ce vraiment fini, l’espoir ?
08:25 Publié dans Réactions à chaud | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : restos du coeur, sarkozy, rachida dati, coluche, justice, littérature
29.03.2008
PARLEZ-VOUS YONNAIS ?
LEÇON DE YONNAIS
Aujourd’hui, nous évoquerons la BUGNE (la seule, la vraie, celle de LYON, donc).
Ma grand-mère les faisait fines et craquantes, rectangles étalés au rouleau sur la table de la cuisine sur une mince couche de farine, découpées puis fendues avec la « roulette coupe-pâte » en buis, vous savez, avec la roulette en zig-zag, même qu’on se disputait ce privilège. Une fente pour les bugnes étroites, deux pour les plus larges. Ensuite, c’étaient les « nœuds » : il fallait passer un bout de la bugne dans la fente, avant de la plonger dans la friture, à la sortie, c’était la surprise, à qui ferait la forme la plus étrange, la plus tordue, où nous reconnaissions profils de sorcières et autres joyeusetés. Vous laissez égoutter, vous posez sur papier absorbant pour pas que ce soit trop gras, vous saupoudrez de sucre glace. C’est prêt. Un régal.
GILBERT-LUCIEN SALMON (Dictionnaire du français régional du Lyonnais) la définit : « Variété de beignet confectionné pour Mardi-Gras, découpé dans la pâte avec une roulette ou éperon. ».
Je préfère NIZIER DU PUITSPELU et son Littré de la Grand-Côte, qui sont comme le Pape et la Bible, autrement dit, l’infaillibilité et la vérité absolue. Il dit : « 1. Sorte de pâtisserie en forme de couronne, frite dans l’huile. » Et de la bugne à l’éperon : « Sorte de beignet de pâte craquante, saupoudré de sucre. L’épithète à l’éperon vient de ce que pour découper la pâte, aplatie en feuille sur la planche à pâtés, les cuisinières se servent d’un instrument assez semblable à l’éperon du cavalier. » Voilà.
Retenez bien le mot « craquante », parce que de grands caquenanos ont inventé la « bugne épaisse », qui finit infâme et pâteuse sous la dent. L’inventeur de cette hérésie a dû aller au ciel droit comme une bugne (autrement dit, en faisant le « paradis buissonnier »). Il n’a d’ailleurs que ce qu’il mérite. Il a même dû se faire traiter de grande bugne (benêt, caquenano), comme cestui-ci qui, se récriant, se vit répondre par celui qui l’avait ainsi traité : « Mais c’est pas pour te fâcher ! Je t’ai dit grande bugne comme je t’aurais dit grande bête ! – Oh, alors !… ».
Si par hasard, passant par notre belle ville, vous demandez votre chemin à un Yonnais facétieux qui vous répond : « Vous pouvez pas vous tromper : vous y arriverez droit comme une bugne », méfiez-vous, vous êtes prévenu. J’en connais un qui, place Bellecour, à un couple d’Américains bardés de l’uniforme du touriste américain qui lui demandait comment accéder à la cathédrale Saint-Jean, leur fit prendre le métro et descendre au terminus « Gare de Vénissieux ». Ils sont arrivés à la cathédrale droit comme une bugne. Ceux qui connaissent saisissent la « facétie » (Vénissieux, c’est au diable vauvert). Je ne sais pas pourquoi, mais il n’aime pas les Américains, le copain.
Je mentionne par acquis de conscience le chapeau haut-de-forme qu’on appelle bugne, parce que ce n’est pas du tout le même mot. La preuve : il vient de Neufchâtel.
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24.03.2008
SUIVRE SES PENTES
LITTRÉ DE LA GRAND-CÔTE
Connaissez-vous l’expression « vieux comme un banc » ? On la trouve dans une phrase du genre : « Madame la baronne de Pouillevaisse a dû être fort belle. C’est dommage qu’elle soye vieille comme un banc ». Nizier du Puitspelu, celui du dictionnaire, vous savez, Le Littré de la Grand’Côte, dit n’avoir jamais compris cette métaphore. Ah mais, vous ne connaissez pas non plus la Grand’Côte. Il fut un temps où ma fenêtre donnait juste au-dessus. Les soirs d’été, tous les Arabes du coin, et il y en avait pas mal à l’époque, se donnaient rendez-vous là jusqu’à des heures pas possibles. J’étais au deuxième. Au 24, rue des Pierres-Plantées. Au premier, c’était la brave Madame Tupinon, qui ne se déplaçait déjà plus guère, sauf pour allez prendre le frais dans son petit jardin, protégé de la rue Jean-Baptiste Say par un haut mur. Deux trois arbres. Un banc. Une table en fer. L’été faisait bon en ce temps-là.
La montée de la Grand’Côte, c’étaient des maisons pas très hautes, construites sur la pente raide. HENRI BÉRAUD, dans Qu’as-tu fait de ta jeunesse ?, la raconte comme un mur qu’il fallait grimper pour rejoindre le galetas de Lintier ou d’Albert Londres, je ne me rappelle plus. Dis-moi, Solko. Un mur : il exagère. Mais c’est vrai que c’était raide. Et mal famé, surtout dans le haut, rapport aux Arabes, attirés par les loyers bas. Il faut dire que, dans les maisons, les normes d’hygiène et de sécurité, ce n’était pas encore le règne de la Commission Européenne. Il y avait quelques étudiants (ou étudiantes), à qui je rendais visite en serpentant entre les volets roses ou vert cru, entre les fenêtres ouvertes. Cette chienlit était insupportable aux « édiles ». C’était la fin du règne de « Zizi » Pradel, le bétonneur. C’était l’époque de la revue Les Equevilles, fabriquée par un certain Jacques Glénat-Guttin qui en laissait quelques exemplaires sous le péristyle de l’Opéra, où je l’achetais dans cette librairie qui a disparu, tout comme le magasin d’articles de danse, la piperie Nicolas, et de l’autre côté (rue Joseph-Serlin) le marchand de timbres.
C’était bien, ces échoppes. JEAN NOUVEL n’en a fait qu’une bouchée, sous prétexte de « rénover ». Ce pauvre niais snobinard, Raymond Barre l’a laissé vider les murs de leurs tripes à l’italienne pour en faire un lieu lisse et mort, tout noir et tout mort. L’acoustique est excellente, ça sauve un peu. Mais je m’égare, je me laisse aller, je me bambane, je me lanticane, je me lantibardane : je me promène, quoi, je flâne sans but. Qu’est-ce que je voulais dire, déjà ? Ah oui ! Pradel le bétonneur ne supportait pas la Grand’Côte, le haut, surtout. Il a fini par avoir gain de cause : la Grand’Côte est morte, « et mon luth constellé porte le soleil noir de la mélancolie » (Nerval). Rasée, la Grand’Côte. L’autorité aime les choses simples, pas les vieilles histoires ou les vieilles pierres. Ah ça ! Pour la vue dégagée, les touristes sont ravis ! Et il y en a des touristes ! Depuis le classement UNESCO. Patrimoine mondial. Attendez, je n’ai pas fini sur Jacques Glénat-Guttin (c’était son nom à l’époque). Maintenant, la maison d’éditions GLENAT, sise à Grenoble, a acquis une renommée grande et justifiée dans le domaine de la BANDE DESSINEE. Il publiait une merveilleuse revue intitulée Circus.
Je reviens, je reviens à la Grand’Côte. Fini, donc, la Grand’Côte : en haut, une esplanade où le soleil d’été reflété sur la pierre claire vous brûle les yeux et la gorge. Ça tombe bien, c’est là, la terrasse de café. Une rambarde en pierre, un escalier qui passe en dessous, et puis un jardin. Je n’ai rien contre les jardins, mais celui-là est laid, mais laid de chez la laideur, fait pour les mamans à poussettes, avec ses chemins en pente et en zigzag faits pour que les roues roulent. Bref, un certain monde est fini, et la ville se tire au cordeau. On accède même à la rue Pouteau par un large escalier, c’est vous dire. Moi, la rue Pouteau, c’est d’abord le 16. C’était là le local de réunion des scouts, la 44ème, Guy de Larigaudie. Le local est toujours là, mais terne et triste, comme un ventre ouvert, les tripes froides à ciel ouvert. Avant la destruction, c’était une cour bien fermée, donc vivante. On accédait par un escalier d’une quarantaine de marches. Il y avait le local des « jeunes des Terreaux », avec lesquels on n’aimait pas trop frayer, rapport au vulgaire, n’hésitant pas à peloter les filles qui s’aventuraient jusque-là, mais les filles gloussaient à qui mieux-mieux, alors...
Nous, on n’en était pas là : nous n’étions encore que des sales gosses qui allaient jeter des graviers aux vitres des concierges et poser des pétards dans les traboules. Il y avait « mémé-balai », place Croix-Paquet, il y avait « mémé-courante », rue des Capucins. Il fallait se méfier : malgré son âge, elle était leste et rapide. Ça doit être ça, le bon temps, les pentes de la Croix-Rousse, le cinéma Marly, à l’angle de la rue René Laynaud (du nom d’un poète héros de la Résistance). Place Croix-Paquet, au retour des réunions, j’apportais des clopes, piquées à droite et à gauche, à P’tit Jo, le clochard. Lui, il me montrait les « trésors » qu’il trouvait de temps en temps dans les poubelles, des montres de gousset, c’est vous dire. La rue Pouteau, c’est la rue en escaliers. Sorokine, il habitait un gourbi au rez-de-chaussée d’un immeuble, en dessous de l’escalier. Il avait une seule dent, en haut, et ça chuintait quand il disait « comprenez-vous ? ». Il survivait. Le cinéma Marly lui commandait des pancartes pour annoncer les films nouveaux. Ben oui : il était peintre. Un Lituanien qui avait quitté son pays à la rame (m’avait-il raconté) pour échapper aux Soviets en 44. Mais la rue Pouteau, je laisse mon ami Fonddetiroir la raconter, s'il lui plaît un jour, car il la connaît bien mieux que moi. Je devrais dire : l’a connue. Les « Pentes » ne sont plus ce qu’elles étaient, allez, mon bon monsieur. Du coup, j’ai délaissé mon sujet de départ. En quelque sorte, j’ai suivi mes « pentes ». Vous ne m’en voudrez pas, j’espère.
08:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : lyon, croix-rousse, pradel, littérature, poésie, littré grand'côte
22.03.2008
POUBELLE D'HISTOIRE
DECHETS D’ACTUALITE
Après la Semaine de la Poésie, voici la Semaine du Monde (du 16 au 21 mars)
DIMANCHE-LUNDI. L’armée chinoise tire sur les manifestants. Qui s’intéressera encore aux JEUX OLYMPIQUES à Pékin, quand il aura bien présent à l’esprit que le monde du sport tout entier est une carpette pour une dictature ? – Aux Municipales, gestion de droite et gestion de gauche dans les villes, c’est « kif-kif bourricot ». Ben bien sûr, mon pote, puisqu’il ne s’agit que de GERER. – Page suivante, aux cantonales c’est l’inverse. Titre : « Les cantonales mesurent mieux le rapport droite-gauche. » Alors même qu’il s’agit encore de GERER. Où est-ce que vous avez vu de la POLITIQUE, vous ? – Il semblerait que le commissaire de la police financière soit corrompu. – Note2bib succède à note2be, interdit plus ou moins. Après les professeurs (ne dites plus les « profs ») notés par leurs élèves, les médecins notés par leurs patients. Au galop la démago. – Selon l’inénarrable ERIC LE BOUCHER, un triple choc ébranle les économies mondiales. 1) Le basculement du monde de l’Ouest vers l’Est. 2) La voracité chinoise dans toutes les matières premières. 3) La crise financière. Ça sent la dissertation de Science-Po, coco : en trois parties, toujours en trois parties. Et tant pis pour le reste : c’est la réalité qui a tort, comme le dit SARKOZY.
MARDI. Passons sur les Municipales, malgré l’éditorial du maître des lieux. Ralbol. – Beaucoup de chrétiens chaldéens de Mésopotamie se sont réfugiés en Suède. Tu m’étonnes, Yvonne : Un de leurs archevêques vient de se faire trouer la peau en Irak. – Polémique sur l’importance du satanisme en France. Je me désopile, je glousse, je me gausse, et si l’on me pousse un peu, je hennis. – En 1886, la proportion de bacheliers dans une génération atteint 1 %, en 1931, 2,5 %, en 1951, 5,3 %, en 1961, 11,2 %, en 1967, 15,4 % : c’était déjà la déchéance du diplôme, puisque c’est cette année-là que je l’ai eu. Le bac techno est créé en 1968, et la dégringolade continue : 20,1 % en 1970, 29,4 % en 1985 (création du bac pro), 62,7 % en 1995, pour atteindre de nos jours 63,6 %. Leçon : pour accroître la proportion de bacheliers dans une génération, inventez de nouveaux baccalauréats. Par exemple : bac de caisse de supermarché, bac de tri des ordures, bac de balayage de rues, etc… On finira bien par arriver à 100 %. - Le dollar s’effondre sur fond de panique bancaire. Qu’est-ce tu veux que j’y fasse ? – Les pharmaciens sont hostiles au libre accès à l’automédication. Tu parles, Charles : tu voudrais qu’ils lâchent le morceau ?
MERCREDI. Une curieuse, très curieuse photo grand format en p. 3 : un crabe a adopté le rouge vif d’un panier à linge en plastique pour se camoufler. Cela se passe dans l’océan Pacifique, envahi par les déchets en plastique. Le très sérieux illuminé CHARLES MOORE leur fait la chasse et collectionne indifféremment poignées de parapluie, brosses à dents, bidons, ballons, casques de chantier. L’invasion devient inquiétante. L’illuminé, qui vit depuis toujours devant et avec l’océan, l’a vu se détériorer. 245 millions de tonnes de plastique ont été produites dans le monde en 2006. Une partie difficile à quantifier aboutit donc à l’océan. L’HUMANITE A CESSE DE MERITER LA PLANETE QU’ELLE OCCUPE. – Au Pérou, mastiquer la feuille de coca est une activité sacrée. C’est le tollé dans le peuple, à la publication d’un rapport de l’OICS (ce sont des gens sérieux, on fait donc confiance) en recommandant l’interdiction. Le ministre des relations extérieures déclare : « Nous continuerons de respecter les usages traditionnels de la feuille de coca ». Non mais, des fois ! – Angles-sur-l’Anglin, ça a l’air génial. C’est dans la Vienne. On va ouvrir au public une grotte qui sera le fac-similé de l’originale, celle du Roc-aux-Sorciers. Particularités : ça aura coûté 2,7 millions d’euros. L’originale date de 15.000 ans. Vingt mètres de bouquetins, bisons, chevaux, félins, bassins et jambes de femmes, figures humaines de profil. Tout cela témoigne de la maîtrise des artistes du Magdalénien. – Hommage national à LAZARE PONTICELLI, le brave. – Une évacuation de l’armée américaine hors d’Irak prendrait au moins un an, si l’on en croit les « experts ». – Pour « nettoyer » ton corps, pour retrouver santé et énergie, va donc dans cette clinique Buchinger à Uberlingen en Allemagne. Tout commence par deux jours de préparation au jeûne, visite et examens médicaux, un lavement intestinal qui évacue les « résidus ». Au troisième jour, le corps a enregistré le message et va vivre sur ses réserves. Deux mille personnes par an. Il n’en coûte, en chambre standard, que la bagatelle de 2.765 euros.
JEUDI. La presse aime le débat. Le Monde raffolait du verbe RELANCER, qui apparaissait à propos des OGM, de l’in vitro, des mères porteuses et tutti quanti. Ici, p. 4, c’est à propos du port d’armes à feu aux USA. Mais il ne dédaigne pas à l’occasion RAVIVE (Chantal Sébire et l’euthanasie). – H5N1 poursuit sa progression au Laos. – « Avec la crise financière, l’Allemagne OUVRE le débat sur le rôle de l’Etat. – La grande CHRISTA LUDWIG fête ses 80 ans. Bonjour et respect, Madame Ludwig. – Pollution des rivières en France : c’est très moche. Je vous laisse lire la page 19, qui lui est entièrement consacrée (au passage, on a bien les trois sources de pollution (agricole, domestique, industrielle) avec les proportions par produit, mais on n’a pas la proportion de chaque source dans l’ensemble). Point de détail intéressant : Que deviennent les résidus des pilules de contraceptifs, d’antibiotiques ou d’antidépresseurs ? Les effets sont encore peu connus, mais on a déjà noté des changements de sexe chez des poissons. – Connaissez-vous le STÉNOPÉ ? C’est la forme primitive de l’appareil photographique. Vous prenez, je ne sais pas, mettons un caravane. Vous en désossez l’intérieur intégralement, vous pratiquez d’un côté un trou de 1,407 mm, de l’autre, vous disposez sur la paroi un support photosensible. Vous cachez le trou. Vous calculez le temps de pose. Vous ouvrez, vous refermez. Attention, ça peut durer des heures. « La photo n’est plus un instant, c’est un moment ». Tout objet peut devenir un appareil (seau, poubelle, valise…). Vous percez la boîte de gâteaux ronde de six trous : vous avez une image à 360 degrés. La communauté des sténopistes s’agrandit chaque année grâce à l’Internet. Voici quelques sites : http://foto-grafik.blogspot.com/ ; http://foto-grafik.blogspot.com/2007/07/construction-1.ht... ; http://stenopik.canalblog.com/
VENDREDI. Un dossier de 5 pages sur la crise financière. Voilà du vrai journalisme, nom de dieu ! Ça, c’est Le Monde. – Le robot Dextre, dont les bras peuvent déplacer des charges de 600 kg avec une précision de 2 à 6 mm, évitera aux astronautes de périlleuses sorties. – Après la RELANCE du débat, Sarkozy RELANCE l’idée d’un Grand Paris. – La mort de Chantal Sébire LAISSE OUVERT le débat sur l’euthanasie. Quand je vous disais. Chacun ses tics. – En dernière page, un papier de REGIS DEBRAY.
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21.03.2008
FRIVILLE-ESCARBOTIN
AUJOURD’HUI
FRIVILLE-ESCARBOTIN, vous savez, c’est dans la Somme (département 80). Aux municipales, c’est là, paraît-il, que le plus jeune maire de France a été élu, 23 ou 24 ans suivant les sources. Mais FRIVILLE-ESCARBOTIN, c’est d’abord un nom génial, par sa gaieté, presque son manque de sérieux. Je me demande comment on appelle les habitants, tiens. D’après le QUID 2001, il y a 4.646 habitants (7.184 avec l’agglomération). Les spécialités indiquées sont la robinetterie, la serrurerie, les métaux, la verrerie. Et il y a des musées des Industries (tiens, pourquoi le pluriel, au fait ?). Vous voyez que des tas de questions cruciales se posent et viennent à l’esprit, quand on évoque FRIVILLE-ESCARBOTIN. C’est une sorte de centre du monde, dans le fond. Au lieu de jeter son dévolu sur VADUZ, BERNARD HEIDSIECK aurait tout aussi bien pu poser son doigt de poète sur ce haut lieu. Pour montrer que vous êtes en train de visiter un blog qui ne prend pas ses visiteurs pour des buses, il faut préciser que le Petit Larousse 2005 va jusqu’à donner le code postal de FRIVILLE-ESCARBOTIN (80130), signaler qu’il s’agit d’un ch.-l. de cant. de la Somme, compter 4.826 hab., et même répondre à la question que je posais dans ma deuxième phrase, puisqu’il nomme les Frivillois. La même source parle, quant à elle, d’un « Musée des Industries du Vimeu ». Et comme je déteste faire les choses à moitié, vous ne croyez tout de même pas que je vais vous faire grâce de la notice du Petit Robert des noms propres (édition de 1994 revue, corrigée et mise à jour en 1995), quand même, car il y a du nouveau, comme vous allez voir, ce qui change la perspective du tout au tout. En effet, si FRIVILLE-ESCARBOTIN est doté d’un code postal identique (80130), ce qui rend toutes les démarches postales d’une praticité indéniable, qu’il reste ch.-l. de cant., il est précisé : « de la Somme » et, comble du luxe, que nous sommes dans l’ « arr. d’Abbeville », « dans le Vimeu ». Moi, vous me connaissez (comme aurait dit le commissaire San Antonio), je vois « Vimeu », je saute immédiatement en parachute sur la notice du même nom, et qu’est-ce que je trouve, sous mes yeux émerveillés ? Que le VIMEU est une région de Picardie, située entre la Somme et la Bresle. Que son sol argileux, son climat froid et humide (je vous jure que c’est dans le dictionnaire et que je n’invente rien) conviennent aux prairies et aux vergers de pommiers à cidre. Qu’on y trouve de l’élevage de bovins et de chevaux, ainsi que de la serrurerie et de la robinetterie. Quand je vous disais que la moindre des précautions, quand on veut des informations sûres, c’est le recoupement des sources. C’est ainsi qu’on s’aperçoit de certaines divergences inadmissibles, qui jettent un doute sérieux sur le sérieux de certains praticiens de l’information dans la collecte. En effet, il est insupportable de constater que personne n’est d’accord sur le nombre des habitants de FRIVILLE-ESCARBOTIN. Le dernier dictionnaire cité (le Petit Robert, alias Robertino), avant de convenir, lui aussi, que cette illustre commune dispose d’un « Musée des Industries du Vimeu », ce qui est bien le moins, et des fonderies, lance le chiffre de 4.737 (aggl. 7.037). Il faut mettre fin à ce scandale et que tout ce beau monde se mette d’accord une bonne fois pour toutes. Organisons une table ronde, non : il faut réunir au moins une GRENELLE DE FRIVILLE-ESCARBOTIN pour fixer une fois pour toutes, et graver définitivement dans le marbre LE NOMBRE DES HABITANTS DE FRIVILLE-ESCARBOTIN. Il faut mettre fin à l’approximation. Tout esprit sérieux et rationnel est en droit d’exiger ce minimum de rigueur intellectuelle. FRIVILLE-ESCARBOTIN, après avoir subi durant de longs siècle, un mépris aussi lourd qu’injustifié d’historiens peu soucieux de la vérité, mérite d’être enfin rétabli dans son droit, et de savoir sur combien d’habitants il peut compter. Plus jamais ça ! Il ne faut plus que des chercheurs plus ou moins fantaisistes ou primesautiers manipulent les chiffres à leur guise. Il faut établir POUR L’ETERNITE le nombre des habitants de FRIVILLE-ESCARBOTIN.
* *
Au fait, il faut que je vous le dise : je comptais simplement évoquer le monument aux morts de FRIVILLE-ESCARBOTIN, qui me semble d’une grande dignité. Il se présente comme un caveau, où repose un enfant du pays, dans son uniforme de poilu. Au fond, un soleil levant darde ses rayons. A gauche, se tient, dans une attitude de recueillement, un homme en tenue d’ouvrier ou de paysan. A droite, une femme en long voile se lamente. Avec le bas-relief sculpté, nous sommes,
d’un côté, dans l’atelier du forgeron (enclume, masse, roue dentée), et de l’autre, dans un champ cultivé (charrue). Une gerbe de fleurs (en pierre) est déposée sur le sol. L’inscription au fronton est sobre : entre deux croix de guerre « La commune de FRIVILLE ESCARBOTIN BELLOY à ses enfants morts pour la France ».
07:57 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : friville-escarbotin, monuments aux morts, littérature, poésie, humour
19.03.2008
LA SEMAINE DE LIBE
DECHETS D’ACTUALITE
Après La Semaine de Suzette, voici La Semaine de Libération (du 17 au 20 mars).
LUNDI, je passe rapidement : c’est « MUNICIPALES » de la une à la page 15. - Page 16, Laurent MOUCHARD alias JOFFRIN (qui est en train de faire la revue de presse sur France Inter) se penche sur « les progrès de Libération ». Il paraît que ça va mieux. - Page 17, page entière de publicité pour un appareil photo, montrant un chat qui vient de sauter et de faire éclater une énorme bulle de savon. Rigolo. - Page 18, le Tibet. Ceux qui s’opposent au boycott des JEUX OLYMPIQUES seraient allés à Berlin en 1936 pour serrer la main d’Adolf et faire le salut à Hitler. - Page 19, les tribulations d’un frère et d’une sœur en Allemagne. Lui, qui a été confié tout petit à un foyer, puis adopté par un couple de Potsdam, décide à 24 ans d’en savoir plus sur sa famille d’origine (père alcoolique, mère dépassée). Quand le frère et la sœur se voient, c’est le COUP DE FOUDRE immédiat. Ils auront rapidement quatre enfants. Pour lui, c’est la prison. Elle, légèrement débile, se remet avec lui dès qu’il en sort. On en est là. Mais la justice en veut encore. - Ne parlons plus de Chantal Sébire (p. 20). - Sautons le cahier de résultats d’élection. - La boîte d’intérim Adecco utilise la photo de COLUCHE pour son actuelle campagne. « La famille de Coluche, Véronique et ses deux fils, avec qui l’agence CLM-BBDO a négocié les droits, a exigé qu’aucun amalgame ne puisse être fait entre cette campagne et celles de Restos du cœur ». « Le montant de la transaction pas plus que son usage n’ont été dévoilés ». - Page 30 : Annonces : Jour de fête : « Prends un petit poisson, glisse-le entre mes jambes ». Ma foi, si elle les aime petits, celle qui signe miss D. - Page 34, article sur le Wargame GUY DEBORD, vous vous rendez compte. C’est comme COLUCHE chez Adecco. - Page 37, dessin de WILLEM : JEUX OLYMPIQUES à Pékin. Des athlètes courent, enthousiastes, sur des cadavres et dans des flaques de sang. J’ai comme l’impression qu’il est favorable au boycott. Rien d’autre.
MARDI. La page événement sur la crise financière mondiale. Mais qu’est-ce qui est en train de se préparer à nous tomber à tous sur la gueule ? – Encore les municipales. – Page 11, LAZARE PONTICELLI, le brave. – Puis c’est le TIBET : « Massacre à huis clos ». Le plus dingue, c’est qu’affirmer qu’il y a des massacres est une infraction à la règle du recoupement et de la vérification des sources. Et que le dalaï-lama appelle au dialogue avec les autorités chinoises. Le vieux racorni du bulbe est définitivement hors-course. D’ailleurs, il semblerait que les jeunes tibétains ont cessé d’écouter « sa sainteté » sénile. – Ensuite, c’est « le malaise des profs ». Ils ne peuvent pas écrire « professeurs » ? Pourtant « quel beau métier, professeur » ! C’est une contrepèterie, vous êtes prévenus. – Page 19, « les pères mutent ». Ils se flinguent le cerveau à trouver ça, ma parole. Et tout ça pour dire que les cadres sup s’impliquent plus dans leur foyer. – Sous un avis de décès, « Si les morts mouraient, que deviendrait-on ? », citation de B. Chapuis. – Barcelone, qui n’a plus d’eau potable, projette d’en faire venir de Marseille par bateau. – Si vous êtes une belle avocate recontrée dans un avion et que vous téléphonez au 0603990322, vous avez une chance. – Page 25, du nouveau sur le thème « sexualité et nanotechnologies ». –Double page de la fin : les « livres d’or ». Celui de la BNF, lors de l’exposition « L’Enfer de la Bibliothèque, Eros au secret » contient quelques jolies phrases. « CYRIELLE P., J’AIME TON ANUS SAVOUREUX » (écrit en capitales), non signé. « Martine, j’ai pensé à ton cul pendant toute l’expo », signé Laurent. Il y a aussi 32 bites en érection et 3 vulves (proportion inverse, nous dit-on, à ce qui est exposé).
MERCREDI. Cela commence mal : « Les athlètes refusent de se sacrifier pour une décision politique qui a été prise par le CIO ». Il s’agit bien sûr des JEUX OLYMPIQUES de Pékin. Et si je si que les athlètes sont des cons. - C’est suivi d’une page entière de publicité pour le sucre. Y en a qui ne manquent pas d’air. – Sarkozy manie, se remanie, c’est une manie. – Perpignan et ses élections à tiroirs secrets, à chaussettes bourrées de bulletins électoraux, à ses listes électorales où figurent même des gens nés, tenez-vous bien, en JUIN 2008. Et maintenant, de plus en plus fort, l’urne va faire devant vous le double saut périlleux. – Le scandale (et le procès) de l’hormone de croissance : avril-mai 1985, les deux mois où tout a basculé. C’est là que ça devient impardonnable. – Il y a 62.586 personnes incarcérées pour 51.500 places dans les prisons françaises. – Des femmes maghrébines viennent parler de sexualité dans un « planning familial ». Témoignages variés, préjugés tenaces, pratiques diverses. – Pour Newsweek, José Bové est désormais tout à fait marginalisé. C’est aussi mon avis. – Un film : Le dernier repas, coréen. Titre : « Corée graphique ». Incorrigibles, ils sont. – Willem dessine : Faut-il boycotter les JEUX OLYMPIQUES ? Deux douaniers regardent l’un dans le pantalon, l’autre dans le tee shirt d’un « athlète » : « Rien à déclarer ? – Pas de droits de l’homme ? ». – ALAIN DUHAMEL vaticine vainement sur la politique intérieure française, admoneste l’un, morigène l’autre, modérantise tout. Tournez la page.
JEUDI. J’adore ce surtitre en page 2 : « NICOLAS SARKOZY met en scène avec son épouse son changement de style ». Très vachard et très juste. Après un éditorial inutile de LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN. – Lettre d’excuse d’AIRY ROUTIER à NICOLAS SARKOZY, à propos du SMS scandaleux : « … je regrette de n’avoir pas mesuré alors à quel point cette publication avait pu vous blesser ». Bande de farceurs, va ! – La jeunesse tibétaine n’écoute plus la modération totalement incompréhensible du dalaï lama. Au moment où la Chine masse des effectifs militaires et policiers dans ses provinces les plus à l’ouest (TIBET, entre autres), tremblement de terre et deux fortes répliques dans ces mêmes provinces. – Les magistrats inscrits au Syndicat de la Magistrature ont lancé un mot d’ordre de grève pour jeudi 20 mars. RACHIDA DATI n’aime vraiment pas ça, et fait dire à ces magistrats qu’ils n’ont pas le droit de manifester une quelconque hostilité « au principe ou à la forme de gouvernement ». C’est une menace. – Le grand LILI BONICHE est mort à 86 ans. Il jouait « de la musique arabe, un point, c’est tout ! ».
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18.03.2008
QUOI DE NOUVEAU ?
QUOI DE NEUF ?
Libération du 14 mars.
En page 4, photo de CHANTAL SEBIRE, vous savez, cette femme de 52 ans atteinte d’un « esthesioneuroblastome » qui rend son visage monstrueux. La photo la montre de face, adossée à un mur, et portant une photo d’elle-même à l’époque de son visage lisse et normal. Elle demande à la loi, aux autorités le droit de mourir. Son cas est absolument terrible, une exception insupportable. Mais il me semble que tout le monde a le droit de mourir selon son choix. Comme le dit FRANZ KAFKA, l’une des plus grandes libertés de l’homme est celle de disparaître (pas forcément en mourant). J’avoue que je ne comprends pas que la mort se fasse militante.
A Naples, TOUT VA BIEN. Un gamin, dont le nom n’est évidemment pas cité, vit depuis sept mois sous protection policière, pour rester en vie jusqu’au procès. Ayant assisté au meurtre de NUNZIO CANGIANO, il a déclaré aux policiers qu’il avait reconnu TOPOLINO (ce qui veut dire « Mickey »), alias MARIO BUONO, homme de main de la famille DI LAURO, dont il a donné une description précise.
En Iran, TOUT VA BIEN : il n’y aura que des candidats « conservateurs » aux élections législatives, 2.000 candidats « réformistes » ayant été éliminés des listes par le Conseil des Gardiens de la Constitution. Mais il paraît que, dans les rues, certaines femmes portent sur la tête un voile particulièrement léger. Que savons-nous de la « société réelle », celle des « gens normaux » qui continuent à vivre ?
TOUT VA BIEN. Le plus jeune maire de France a 24 ans. Il s’appelle, je vous le donne Emile, BENJAMIN SAINT-HUILE, et ce membre du PS vit chez ses parents, ce que son adversaire UMP a tenté d’instrumentaliser, en vain. Il est né deux ans jour pour jour après la victoire de FRANCOIS MITTERRAND, un certain 10 mai, jour d’espoir et de joie, qui me semble aujourd’hui à des années-lumière.
TOUT VA BIEN. Après avoir classé sans suite une plainte contre BERNARD LAPORTE, et l’examen lundi 17 mars d’une seconde contre le même, la justice « ne donne pas suite à une accusation de corruption lors de la fusion SUEZ-GDF. L’article est intitulé « Dans le sillage des troublantes amitiés patronales de Sarkozy ». Le copain de Sarkozy en question est ALBERT FRERE, « homme d’affaires » belge. La plainte a été déposée le 24 décembre 2007, et classée le 15 janvier. Qui a dit que la justice française était lente ?
Libération du 15 mars.
La société civile turque n’est peut-être pas encore morte : le président de la Cour de cassation demande à la Cour constitutionnelle d’interdire l’AKP, le parti « issu de la mouvance islamiste », qui est au pouvoir, pour « activités allant à l’encontre de la laïcité ». En voilà un qui ne se démonte pas, au moins, il n’est pas frileux de la carrière et il en a où vous pensez. Comparer avec la justice française ci-dessus.
Bon papier de MATHIEU LINDON en page 27, à propos du traitement infligé depuis quelques semaines, et surtout depuis le premier tour des municipales, au MODEM de FRANCOIS BAYROU. Il s’étonne (enfin, il fait mine de…) qu’on reproche à Bayrou de faire exactement ce qu’il avait dit qu’il ferait : « François Bayrou n’est pas tant partisan du ni droite ni gauche, que du gauche et droite », et de s’allier ici avec Juppé, là avec Collomb, et même avec le PC je ne sais plus où. Argument de bon sens face à l’endoctrinement médiatique.
Dernière page : portrait de JACQUES BELGHITI, chirurgien spécialiste des greffes de foie, qui renonce à cette pratique suite à un décès. ERIC FAVEREAU, un bon journaliste pourtant, trouve le moyen d’intituler son article : « Il a suffi d’un foie ». Félicitations.
08:00 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chantal sebire, mafia, iran, sarkozy, justice, littérature
17.03.2008
JOURNAL LE MONDE
Page 1 : Très belle photo d’ERIC ORSENNA (toujours ajouter : de l’Acadéfraise), PUBLICITE pour son dernier livre. Avec cette phrase de JEROME GARCIN (le masque servile et la plume basse) : « C’est vraiment notre nouveau Giraudoux. D’un tombeau, il fait une goélette. Et d’un regret, une promesse. ». T’as même plus besoin de lire le bouquin, parce que, franchement, Giraudoux… . Je plaisante. Page 3 : Magnifique PUBLICITE pour un garage parisien qui vend des voitures « d’occasion de faible kilométrage ». Page 4 : Extraordinaire profil d’Hillary Clinton en couverture d’un livre qui vient de paraître sur elle. Avec une phrase définitive de l’éditeur lui-même, en bas de l’encadré de la PUBLICITE : la grande biographie de Carl Bernstein, figure légendaire du journalisme américain depuis l’affaire du Watergate. Prix Pulitzer 1973. S’il dit lui-même que c’est légendaire, c’est que ça a tous les caractères de la légende, non ? Page 5, en face d’un tout petit rectangle PUBLICITAIRE pour France Info, un beau quart de page de PUBLICITE pour les chaussures machin, avec des tas de belles chaussures avec des pieds dedans. Page 6, petit rectangle de PUBLICITE pour une lotion (un proliférateur cellulaire) contre la chute des cheveux. Moi ça me fait peur, parce que les cellules qui prolifèrent, ça porte un nom. Juste en face, une PUBLICITE pour une marbrerie funéraire. Page 7, beau pavé de PUBLICITE pour une marque de chaussures et sacs. Pages 8 et 9, tout en bas, dans les extérieurs, deux splendides quarts de page de PUBLICITE dans le rouge et brun pour des chaussures anglaises. Page 10, un bandeau de bas de page de PUBLICITE (ça doit porter un nom, en héraldique, ça s’appelle une champagne), pour une radio. Page 11 : toute la moitié de la page en bas pour une PUBLICITE pour un modèle de bagnole (français). Page 13 : admirable énorme tiers de page de PUBLICITE pour une marque de grande distribution, avec une admirable surface en rouge. Page 14 : quart de page noir et blanc de PUBLICITE pour le prochain « Monde 2 » : c’est le patron qui régale. Page 16-17, deux quarts de page centraux de PUBLICITE pour une marque de voitures prestigieuses. Page 20 : une page entière de PUBLICITE pour Le Monde en personne : 1er quotidien des CSP+ (catégories socio-professionnelles supérieures, cela va de soââ). Et ça se voit. Page 22 : un bon tiers de page de PUBLICITE pour le « Monde 2 ». Page 24 : un pavé modeste de PUBLICITE pour je ne sais quel salon international. Page 25 : bandeau du bas : PUBLICITE pour un DVD. C’est culturel. Page 26 : PUBLICITE pour un film (quart de page), + petit pavé de PUBLICITE pour un théâtre + un joli pavé de PUBLICITE pour des concerts. En face (page 27), PUBLICITES pour différents spectacles (tout le bas). Page 28 : quart de page de PUBLICITE pour un spectacle généreux, et en face une PUBLICITE pour un bon hebdomadaire. Page 29 : petite PUBLICITE autour de la présence du Monde au salon du livre. En face, un quart de page de PUBLICITE pour une co-édition musicale à laquelle participe Le Monde. Dernière page (32) : un bon tiers de page en superbes couleurs (orange) de PUBLICITE pour une quelconque marque de vêtements, chaussures, articles de maroquinerie (Versace. Zut, ça m’a échappé). La prochaine fois, je me paie Le Nouvel Obs. Mais ça va me prendre douze pages, au moins.
Merci, LE MONDE. Soyons juste : il reste quand même un peu de place pour des articles écrits par des journalistes.15:00 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal le monde, publicité
CHEZ LES FOLLICULAIRES
DES NOUVELLES
Proverbe du jour : « Si tu marches dedans du pied droit, espère quand même ».Le Monde du 15 mars.
Maître MARTIAL SOLAL fête ses 80 ans au Théâtre du Châtelet. Le dernier concert où je l’ai vu et entendu, c’était il y a des années, à l’opéra. Je me souviens que la salle était pleine des bons clients de la « Lyonnaise de banque », qui les avait invités sans se demander s’ils aimaient ou non le jazz. Or, s’il y a un jazz savant et cultivé, c’est bien celui de MARTIAL SOLAL, dont les impro sont bourrées de références et de citations jazzistiques, que le néophyte n’est bien entendu pas en mesure de repérer simplement comme ça en passant. Même JOHNNY GRIFFIN, qui jouait ce soir-là en tandem, Solal s’amusait avec lui en préludant (à la manière de ERROL GARNER) de manière à le plonger dans la perplexité, avant de le surprendre en annonçant enfin le thème sur lequel il démarrait le morceau. Griffin faisait des grimaces marrantes. Et de temps en temps, MARTIAL SOLAL daignait venir au micro pour « désannoncer » ce qu’ils venaient de jouer : « En cours de route, vous avez peut-être reconnu …. », et il énumérait des titres qui passaient très loin au-dessus de l’assistance, comme me le confirma à la sortie ma copine Françoise, vêtue de son Marc de mari, qui n’avaient évidemment rien entravé et, partant, rien apprécié. En première partie, j’ai éprouvé une sorte de haine pour DANIEL HUMAIR, sorte de m’as-tu-vu de première, qui étouffait le piano subtil de RENE URTREGER, ne parlons même pas de la basse de PIERRE MICHELOT. « Quel gros tas, avec ses décibels ! », je me disais. Lisez le bon papier de FRANCIS MARMANDE en page 26.
La Chine se dote d’un ministère de l’environnement. Mais, promis, les gusses morts au Tibet pendant les manifs contre l’occupation chinoise, c’est seulement des commerçants chinois, dans l’incendie de leurs magasins allumé par les émeutiers. La police et l’armée n’ont jamais tiré sur la foule. De toute façon, ils peuvent y aller : l’occident tout entier se ruera quoi qu’il arrive aux…aux…aux… oui vous avez gagné : aux JEUX OLYMPIQUES.
Après la « pureté raciale » que nul n’a oubliée, après la « purification ethnique » en Yougoslavie à partir de 1991 (ça avait commencé à Vukovar, souvenez-vous, mais il y a eu aussi le Rwanda, puis le Kenya, puis Timor oriental,…), voici la « purification religieuse ». Cela se passe en Irak, contre les chrétiens chaldéens qui, de 800.000, sont passés à 400.000, peut-être moins. Je ne suis pas chrétien, mais j’ai mal quand même.
CHARLES TAYLOR, le chef cinglé qui a sévi en Sierra Leone et au Libéria, poussait ses hommes à pratiquer le cannibalisme. « Nous pouvions manger les Blancs des Nations Unies, il disait que nous pouvions les utiliser comme des porcs, et les manger. Les ennemis étaient promis au même sort ». Je continue à citer, j’espère que vous êtes assis : « Et comment prépare-t-on un être humain ? – Nous coupons la gorge, ensuite, nous jetons la tête et les intestins. Après, nous mettons la chair dans une casserole, et nous faisons cuire. Charles Taylor le sait. Il nous a dit que nous pouvions les manger. Mais je ne pouvais pas les manger cru, nous avons fait un barbecue, avec du sel et du poivre ». Allez, y a pas de raison que je garde ça pour moi : « Quand une personne est exécutée, vous utilisez l’intestin comme une corde. Vous prenez la tête, vous la mettez sur un bâton au poste de contrôle, la face vers le terrain de bataille. L’intestin est long. Parfois, vous utilisez deux intestins. Vous retirez la merde et vous les liez ensemble pour les attacher au milieu de la route ». « Comment tue-t-on les bébés ? – Ce n’est pas difficile. Vous les cognez contre le mur et après, vous les jetez dans un trou ou à la rivière ». « Etes-vous sadique ? – Je servais mon chef, Charles Taylor ». C’est un témoignage de JOSEPH MARZAH, dit « Zigzag ». Ce sera tout sur ce sujet.
« A défaut de virage politique, M. SARKOZY change de style », selon le titre en page 8. Mais ça m’étonnerait quand même, ni pour la première partie de la phrase, ni pour la deuxième. Le virage politique a déjà été pris (reculades diverses) et l’épaule est toujours agitée de soubresauts.
La Société Générale, avec ses 5 milliards d’euros de perte, fait pâle figure auprès de Carlyle Capital Corporation, qui vient d’en annoncer 17 milliards (de dollars).
La société d’homéopathie BOIRON a doublé ses bénéfices en 2007.
L’économie n’est pas une science exacte, ça, on le savait déjà, n’est-ce pas JEAN-MARC SYLVESTRE ? Mais désormais, une majorité d’économistes estiment que les Etats-Unis sont entrés en récession. Une telle annonce me laisse rêveur : cela veut-il dire que les économistes sont recensés dans un annuaire, et qu’une instance d’autorité les convoque (à la façon des 27 ou du G8), pour qu’ils se mettent d’accord ? Et la réunion se termine par un vote à bulletins secrets ? Ceux qui sont pour la récession, mettez une croix. Ceux qui sont contre, un rond. Là, cette fois, c’est les pour qui ont été élus. Est-ce un signe pour les municipales françaises ? Si oui, dans quel sens ?
08:00 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, martial solal, chine, tibet, littérature
16.03.2008
QUOI DE NEUF AU TIBET ?
QUOI DE NEUF AU TIBET ?
Libération du 14 mars.
On a vu la dictature militaire birmane mettre au pas les robes safran sorties de leurs temples dans les rues de Rangoun à coups de fusil, de bâton ou de poing. On est en train de voir qu’un pays comptant 1.300.000.000 d’individus ne sera jamais une démocratie. Le Tibet, pour la Chine, c’est exactement ce qu’est la Tchétchénie pour Poutine : l’horreur du mauvais exemple. Mécaniquement, le pouvoir ne peut pas tolérer qu’un maillon de la chaîne commence à s’ouvrir. Alors, monsieur, vous proposez donc de ne rien faire ? – Dis donc, mon gars, tu me prends pour dieu le père ? Moi, je suis le nez dans mon journal, je tapote sur un clavier d’ordinateur à destination d’un blog que quelques dizaines de personnes viennent visiter. Adresse-toi plutôt à ceux qui détiennent les leviers du vrai pouvoir, George Walker Bush, par exemple. Mais il a les mains liées : la Chine lui achète sans trop faire la difficile les bons du Trésor qui lui apportent les liquidités dont son économie a besoin, paraît-il (avec quelle efficacité aujourd’hui ?).
MAIS ON PEUT DIRE NON !!!!! les gouvernements des « grands pays » ont un vrai pouvoir : « On vous a confié l’organisation des JEUX OLYMPIQUES. Montrez une fois pour toutes que vous en êtes dignes, sinon nous serons contraints de ne pas y aller ». Avouez que ça, ça aurait de la gueule. Mais il faudrait pour ça que les « grands pays » aient des couilles. Il faudrait que les populations des « grands pays » décident de laisser le téléviseur éteint. Il faudrait… Il faudrait … Voilà, mon gars, tu as compris ? Je crains fort que les JEUX OLYMPIQUES aient lieu coûte que coûte et à tout prix. Trop d’intérêts en jeu, sans doute, d’énormes intérêts. Les Tibétains qui manifestent savent ce qui les attend s’ils y vont, et ils y vont quand même. C’est un appel. Les oreilles qui entendent sont sourdes. La seule solution, à propos des JEUX OLYMPIQUES, comme ne le dit pas, mais comme le suggère la publicité actuelle publiée dans la presse par REPORTERS SANS FRONTIERES, c’est de crier : N’Y ALLEZ PAS. LAISSEZ TOMBER. Y compris le spectacle pour les amateurs de spectacle de sport télévisé. La pub, vous l’avez peut-être vue : l’homme photographié porte un tee-shirt figurant, au-dessus de « PEKIN 2008 », en guise d’anneaux olympiques, deux paires et demie de MENOTTES, métaphore pour LA PLUS GRANDE PRISON DU MONDE. http://www.rsf.org/ ou mieux http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25233
Proverbe du jour : « Quand le ventre parle, la raison se tait ». Je sais, ça n’a aucun rapport.
18:00 Publié dans Réactions à chaud | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tibet, chine, jeux olympiques, littérature


