30.03.2008

PAS LA CHARITE

RESTOS DU CŒUR

On célèbre ? On fête ? Ils ont la vie dure ? On crie bravo ? Non : on dit MERDE !!

J’entends à l’instant (7 h 30, heure d’été) la brave journaliste qui fait consciencieusement son boulot de journalisse (c’est LOUIS-FERDINAND CELINE qui disait, la langue sifflante : « Communisses ! ». C’était une injure). Le sujet, c’est le « marronnier » du jour : fin de la 23ème « campagne » des RESTOS DU CŒUR. Et de déplorer, évidemment, et de donner la parole à un responsable de l’association qui déplore l’augmentation du prix du lait, et des prix de l’alimentaire en général. Vous croyez pas que la nénette, elle pourrait abandonner sa voix atone, la sacro-sainte neutralité ?

COLUCHE déclarait, au moment même de la fondation : « On aura gagné quand les RESTOS DU CŒUR DISPARAÎTRONT ». Or, le nombre des gens secourus augmente inexorablement. Autrement dit, un enviable taux de croissance est promis à l’enfant de COLUCHE (euh non ! Il y a erreur : les enfants de Coluche ont vendu la photo de leur papa à la boîte d’intérim ADECCO. On espère que tout va bien pour eux, financièrement s’entend).

Vous croyez pas que la journalisse, elle pourrait au moins (AU MOINS) poser la question (et, accessoirement, SE poser la question) ? POURQUOI ? Comment ça se fait ? Qu’est-ce qui se passe pour qu’une association créée un jour pour disparaître soit vouée à s’éterniser, à s’installer dans la durée, à devenir une institution ?

Eh bien moi, je propose, tout simplement, la DISSOLUTION IMMEDIATE ET DEFINITIVE des RESTOS DU CŒUR. En même temps, bien sûr, NOTRE-DAME DES SANS-ABRI, LES CHIFFONNIERS D’EMMAÜS, ATD QUART-MONDE, et toutes les organisations de CHARITÉ.

Dissolution immédiate de tous ces outils d’aveuglement, de tous ces pansements sur la jambe de bois, de tous les milliers de mètres cube de bons sentiments engloutis dans le TONNEAU DES DANAÏDES.

Réfléchis deux secondes, cher lecteur : pendant que ces millions de fourmis de bons sentiments s’activent dans la fourmilière de la charité, pendant qu’au ras du trottoir, les millions de fourmis d’encore « vrais citoyens » s’égosillent, agissent, colmatent les brèches, ressoudent la fracture, passent la pommade sur le cancer, au prétexte qu’ « il faut bien faire quelque chose », « on ne peut pas les laisser comme ça », pendant ce temps, qui est du TEMPS PERDU, le gras accumule du gras, le gros grossit, le puissant puise encore plus de puissance, et RACHIDA DATI, habillée en DIOR, gaspille le budget de la JUSTICE en petits fours.

Le gras, le gros, le puissant et RACHIDA DATI, regardent, amusés, rassurés, réconfortés, le spectacle des fourmis qui fourmillent. C’est en effet le métier des fourmis de fourmiller. « Continuez votre travail admirable », chantent-ils en chœur. « Quant à la JUSTICE, n’y touchez pas, elle est administrée, il y a des spécialistes pour ça ».

Tu comprends, cher lecteur, pourquoi la CHARITÉ me semble aujourd’hui le mal absolu ? Il faut crier :

LA JUSTICE,

 PAS LA CHARITÉ

Que faudra-t-il, combien de temps faudra-t-il attendre, combien de gens dans la misère, combien de progrès social effacé, combien de chômeurs, combien de mendiants, pour qu’enfin retentisse, aux oreilles de tous les nantis, une vraie colère en cri ; dans la gueule du riche, la vraie colère en poing ? Quand donc entendra-t-on crier de colère cette femme que j’ai vue dans un café, l’œil fixé sur l’écran du « rapido », pour voir si les quelques sous qu’elle venait de jouer allaient lui en rapporter quelques autres ?

Ou alors, est-ce vraiment fini, l’espoir ?

 

16.03.2008

QUOI DE NEUF AU TIBET ?

QUOI DE NEUF AU TIBET ?

Libération du 14 mars.

On a vu la dictature militaire birmane mettre au pas les robes safran sorties de leurs temples dans les rues de Rangoun à coups de fusil, de bâton ou de poing. On est en train de voir qu’un pays comptant 1.300.000.000 d’individus ne sera jamais une démocratie. Le Tibet, pour la Chine, c’est exactement ce qu’est la Tchétchénie pour Poutine : l’horreur du mauvais exemple. Mécaniquement, le pouvoir ne peut pas tolérer qu’un maillon de la chaîne commence à s’ouvrir. Alors, monsieur, vous proposez donc de ne rien faire ? – Dis donc, mon gars, tu me prends pour dieu le père ? Moi, je suis le nez dans mon journal, je tapote sur un clavier d’ordinateur à destination d’un blog que quelques dizaines de personnes viennent visiter. Adresse-toi plutôt à ceux qui détiennent les leviers du vrai pouvoir, George Walker Bush, par exemple. Mais il a les mains liées : la Chine lui achète sans trop faire la difficile les bons du Trésor qui lui apportent les liquidités dont son économie a besoin, paraît-il (avec quelle efficacité aujourd’hui ?).

MAIS ON PEUT DIRE NON !!!!! les gouvernements des « grands pays » ont un vrai pouvoir : « On vous a confié l’organisation des JEUX OLYMPIQUES. Montrez une fois pour toutes que vous en êtes dignes, sinon nous serons contraints de ne pas y aller ». Avouez que ça, ça aurait de la gueule. Mais il faudrait pour ça que les « grands pays » aient des couilles. Il faudrait que les populations des « grands pays » décident de laisser le téléviseur éteint. Il faudrait… Il faudrait … Voilà, mon gars, tu as compris ? Je crains fort que les JEUX OLYMPIQUES aient lieu coûte que coûte et à tout prix. Trop d’intérêts en jeu, sans doute, d’énormes intérêts. Les Tibétains qui manifestent savent ce qui les attend s’ils y vont, et ils y vont quand même. C’est un appel. Les oreilles qui entendent sont sourdes. La seule solution, à propos des JEUX OLYMPIQUES, comme ne le dit pas, mais comme le suggère la publicité actuelle publiée dans la presse par REPORTERS SANS FRONTIERES, c’est de crier : N’Y ALLEZ PAS. LAISSEZ TOMBER. Y compris le spectacle pour les amateurs de spectacle de sport télévisé. La pub, vous l’avez peut-être vue : l’homme photographié porte un tee-shirt figurant, au-dessus de « PEKIN 2008 », en guise d’anneaux olympiques, deux paires et demie de MENOTTES, métaphore pour LA PLUS GRANDE PRISON DU MONDE. http://www.rsf.org/ ou mieux http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25233

Proverbe du jour : « Quand le ventre parle, la raison se tait ». Je sais, ça n’a aucun rapport.

 

23.02.2008

LU DANS LA PRESSE

LU DANS LA PRESSE

Libération, 20 février, p. 37. Le commentateur multicarte, pisse copie, institutionnel et installé ALAIN DUHAMEL critique la notion de « monarchie élective ». Mais il critique aussi Nicolas Sarkozy. Il se tient dans un commode entre-deux : du blanc plus du noir, ça fait du gris. Cette teinte lui sied fort bien. Il met en exergue cette conclusion de sa chronique vaine : « Plutôt que de mimer l’apocalypse démocratique, ne serait-il pas plus productif de débattre des améliorations institutionnelles concrètes, des véritables contrepoids à l’autorité présidentielle ? ».

Libération, 21 février, p. 29. Cela ne va pas se passer comme ça, scrogneugneu. LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN, répond à ALAIN DUHAMEL. Si Joffrin ne revendique pas la paternité de l’expression « monarchie élective », il déclare qu’il a été « l’un des premiers » à l’employer, et n’a aucun mal à expliquer sa validité : « Remplaçant le Premier ministre, court-circuitant les ministres, marginalisant le Parlement, intervenant dans le fonctionnement des médias, le Président s’est attribué, à la limite de la Constitution, un rôle hors du commun, entraînant le pays dans un tourbillon d’initiatives disparates et personnelles qui finissent par donner le vertige à sa propre majorité. »

Commentaire. Beaucoup d’eau tiède, entre gens de bonne compagnie, nous parlons entre égaux, et le débat ne risque pas de transpirer à l’extérieur. Je pense à cette autre expression des mêmes partenaires de la table de jeu, qui a fait florès pendant la campagne présidentielle : « démocratie d’opinion ». Vous savez ce que ça veut dire, démocratie d’opinion ? Et « monarchie élective » ? Cela veut dire que les élites confisquent le débat à leur seul usage, pour qu’il reste entre gens bien élevés. Le grand CHRISTOPHER LASCH (Le Moi assiégé, Editions Climats, 2008, p. 20) dénonce cette mutation : « La technologie en vient ainsi à faire office d’instrument efficace de contrôle social – dans le cas des mass-médias, elle court-circuite le processus électoral par le biais de SONDAGES (c’est moi qui surligne) servant plus à façonner l’opinion qu’à l’exprimer, en réservant aux médias eux-mêmes le droit de sélectionner les leaders et « porte-parole » politiques, et en présentant le choix de leaders et de partis comme un choix de biens de consommation. ». Autrement dit, le « tous pourris » n’est même plus d’actualité : c’est le SUPERMARCHE. Le sondage lui-même est une marchandise, même s’il est en même temps un instrument politique (voir PATRICK CHAMPAGNE, Faire l’opinion, Editions de Minuit, 1990). Et dans ce supermarché, ce sont les spécialistes autoproclamés qui mettent en rayon. Car l’essentiel, c’est que le spectateur reste un spectateur : vous vous rendez compte, si on les laisse devenir acteurs de leur propre vie ? Attention à nos places, à nos sinécures. Restons entre gens bien élevés, et laissons la populace venir se faire humilier sur les plateaux de télévision par des animateurs (Les Animatueurs, comme dit MICHEL MALAUSSENA, dans le livre portant ce titre et paru en 2008, Jean-Claude Gawzevitch éditeur) pleins aux as et arrogants, et arrogants parce que pleins aux as.

J’ai décidé de BOYCOTTER le supermarché politico-médiatique. Comment ? Je parle des journaux, ce qui contredit la phrase précédente ? Mais non, voyons ! Vous devez savoir que l’ennemi, il faut s’efforcer de le connaître le mieux possible. Oui : L’ENNEMI.

18.02.2008

ATTILA AU POUVOIR

QUI EST ATTILA ?

ALAIN BADIOU a écrit récemment De Quoi Sarkozy est-il le nom ? (Nouvelles Editions Lignes, 2007). Il n’est pas loin de se considérer comme le dernier des grands philosophes. Mais passons. C’est un drôle de titre, vous ne trouvez pas ? La réponse à la question posée par ce titre est tombée hier matin (samedi 16 février), sur France Inter, entre 8 h 20 et 8 h 30, juste avant l’insupportable « revue de presse » du dénommé IVAN LEVAÏ, par un monsieur estimable qui a pour nom EMMANUEL TODD. J’ai distinctement entendu l’essayiste proférer la proposition suivante : « Quand Attila est au pouvoir ». Bingo, monsieur Todd, et bravo, bravissimo pour la formule.

J’ai parlé, dans ma note précédente, du « rideau de fumée », de la « DIVERSION » comme tactique destinée à détourner l’attention des foules de l’essentiel : la qualité de leur existence (et pas simplement le poids de leur porte-monnaie au 15 du mois). Je crois à présent que c’est bel et bien une METHODE DE GOUVERNEMENT.

D’un côté, ATTILA passe au lance-flamme les « PRIVILEGES » « corporatistes » de la population et le pirate s’empare du butin pour le redistribuer à ses copains milliardaires nécessiteux. Ces « privilèges », soit dit en passant, ne sont rien d’autre que les PROGRES difficilement conquis au cours du 20ème siècle, et qui sont en train de finir de passer à la trappe.

D’un autre côté, et pendant le même temps, NICOLAS SARKOZY colonise le monde des images et des sons, mène une guerre d’occupation des esprits, s’agite devant un décor de carton-pâte pour distraire le PUBLIC, tient le devant de la scène à tout prix, et, en bon camelot, débite son boniment pour faire rire le public, ou bien le faire pleurer (les enfants français de la Shoah), ou l’émouvoir, ou lui faire peur, ou l’attendrir (Carla Bruni), bref : notre président fait tous ses efforts pour détourner l’attention, pour faire DIVERSION.

Le pire, c’est que ça marche. Je te dis pas l’état psychologique et moral de cette population. Quand va-t-elle se réveiller ? Quand va-t-elle regarder les choses comme elles sont ? Pour cela, il faudrait qu’elle supporte le choc que lui ferait subir l’absence de spectacle (Loto, Télé-réalité, …) et qu’elle cesse de croire que tout ce qu’on présente comme PARTICIPATIF (Ségolène Royal, numéros surtaxés de la Starac et autres, etc…) la dispense de se prendre en main. Je ne suis pas sûr qu’on en prenne le chemin.   

 

15.02.2008

SARKO LA DIVERSION

LA DIVERSION AU POUVOIR

NICOLAS SARKOZY ? Le magicien, sur la scène, a trente-six chapeaux, et dans chacun, il y a trente-six lapins. Les « journalistes » n’ont pas le temps de souffler (je mets maintenant des guillemets à « journalistes », si vous y tenez, je vous expliquerai pourquoi, mais vous devez déjà vous en douter). Il a piqué l’idée à FRANÇOIS MITTERRAND. Rappelez-vous MAZARINE, oui, la MAZARINE PINGEOT en personne, sa propre fille. Il la gardait sous le coude, tous les « journalistes » étaient au courant, mais aucun n’avait le ventre de publier l’histoire de la « seconde famille » du président. JEAN-EDERN HALLIER, qui en avait formé le projet, avait organisé une manif spectaculaire, « en chemise et la corde au cou », pour brûler son manuscrit. Mais pourquoi ce tabou ? Eh bien, elle a servi, Mazarine, oui, instrumentalisée par son propre père : son existence a été brusquement dévoilée au moment où la continuité de l’amitié présidentielle avec RENE BOUSQUET (à côté, MAURICE PAPON, pourtant de sinistre mémoire, fut un ange, sous Vichy) a été connue et a fait scandale. Mitterrand a utilisé Mazarine comme on faisait des écrans de fumée sur la mer lors des batailles navales du 20ème siècle : pour mettre au premier plan autre chose que Bousquet, cette épine compromettante dans sa chaussure. Et ça a assez bien marché.

NICOLAS SARKOZY semble avoir bien étudié le cas, mais là, il est passé au stade industriel de la production de fumée. Une grande grève menace ? Je sors mon divorce avec Cécilia. Un problème surgit ? Je fais parler de moi. C’est vrai, quoi : comme le disait mon pote Solko, pas un jour de journal sans la photo de SARKOZY, sans les faits et gestes de SARKOZY, sans les déclarations de SARKOZY. Il y a de l’asphyxie dans l’air. On étouffe. Aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe ? Il se passe qu’à quelques semaines des ELECTIONS MUNICIPALES, le président a le moral dans les chaussettes et les chaussettes en berne : les sondages (voir colonne de gauche « Sondons les sondages »), les fidèles reflets de sa dévorante faim de pouvoir, les sacro-saints sondages sont en chute abyssale (dixit Libération) : il n’y a qu’à voir l’effet de cette catastrophe (purement virtuelle au demeurant, et je ne parle même pas de MARTINON et de NEUILLY) sur la tête (d’enterrement) qu’il tirait en Guyane. Alors, on a eu GUY MÔQUET, on a eu le discours du LATRAN puis de RYAD (vous savez : la morale de l’instituteur ne dépassera jamais celle du prêtre), on a eu les vacances à WOLFBORO, on a eu le yacht puis l’avion de BOLLORE, on a eu CARLA BRUNI, puis CARLA BRUNI enceinte, puis CARLA BRUNI mariée au président, et c’est pas fini.

La dernière trouvaille, ce sont les 11.000 enfants français morts dans la SHOAH, dont chacun devra être « parrainé » par un enfant de CM2. Je n’entre pas dans le débat, parce qu’il n’y a pas de débat : quand on jette un sucre au chien, il le bouffe. Les « journalistes » semblent avoir besoin de beaucoup de sucre. L’idée est éminemment saugrenue, oui : c’est très sot, et très grenu. Mais le problème n’est même pas là. Il est dans la DIVERSION que s’ingénie à faire en permanence NICOLAS SARKOZY. C’est même peut-être ça, LE problème. A croire que 63.000.000 de grenouilles, hypnotisées par la couleuvre, attendent que celle-ci les ait dégluties pour reprendre leur respiration. Sauf que là, les grenouilles finiront peut-être un jour par comprendre le jeu de la couleuvre, et se lasser d’assister à un spectacle finalement répétitif, où les ficelles de l’acteur-metteur-en-scène commencent à ressembler à des cordes. J’imagine fort bien comment ça se passe : NICOLAS SARKOZY a mis en place un atelier, voire une usine.

Une USINE A PRODUIRE DE LA DIVERSION. Le soir, compte-rendu au chef des cogitations de la journée. HENRI GUAINO, le petit doigt sur la couture du pantalon (« Chef ! Oui ! Chef ! ») : ben voilà ce qu’on a trouvé. Alors, par ordre d’entrée en scène : vous commencez par une citation de JEAN JAURES, vous poursuivez sur un éloge de LEON BLUM, vous assaisonnez le tout d’une pincée de GUY MÔQUET, recette d’autant plus infaillible pour obtenir un belle levée de boucliers, que vous êtes de droite, et que vous piquez les symboles de la gauche. Et les chiens se battent, aboient, mordent : c’est à celui qui fera le plus de bruit pour attraper cet os. Et les chiens sont bien tombés dans le panneau. C’est une stratégie : faire parler de moi, quels que soient les propos tenus ; faire croire à la France et au monde que je pose les bonnes questions ; se débrouiller, TOUJOURS, pour être l’aiguillon d’un nouveau « débat ». Etre au centre, TOUJOURS. Faire croire que c’est moi qui suis à la source des EVENEMENTS. Comment ça, je confonds action et discours ? Tu m’énerves, Guaino, t’as rien compris au gibier d’eau douce, même quand elle est trouble. La France est une espèce de mare où, dès que tu jettes un hameçon, les poissons se disputent pour se faire embrocher, et en plus, l’asticot pourra resservir.

Le mieux serait de garder le silence sur les faits, les gestes, la personne et les déclarations de NICOLAS SARKOZY. Ben, coco, c’est pas vraiment ce que tu viens de faire, là. Je sais, je sais, mais comment faire autrement ?

 

13.02.2008

BOUYGUES SE FROTTE LES MAINS

TF 1 SE FROTTE LES MAINS

Grève dans l’audiovisuel de service public. Vous savez déjà pourquoi, sans doute. Parce que MONSIEUR SARKOZY a annoncé la suppression pure et simple de la publicité. Or la publicité, cette pieuvre dont les tentacules se sont depuis belle lurette enroulés autour de la moindre manifestation de la VIE pour en sucer la substance et la remplacer par de la MARCHANDISE, est la ressource financière de l’audiovisuel, public ou privé, du football, disons, quasiment de toute la vie économique. C’est bizarre, cette grève pour défendre la publicité, vous ne trouvez pas ?

Bon, je fais l’âne pour avoir du foin, je sais : le calcul est sans doute d’éliminer un nouveau vestige de ce qui porta un jour le beau nom de SERVICE PUBLIC. Bouygues est, paraît-il, dites-moi si je me trompe, parrain d’un enfant de Sarko. Il s’en lèche d’ores et déjà les babines. Que Sarko-la-flèche veuille la peau de tout ce qui a l’apparence du service public, j’imagine que ça ne surprend personne, ou alors, il ne fallait pas l’élire.  Les gars de l’audiovisuel public, eux, ils se font du mouron – et on les comprend – pour leur boulot. Et les téléspectateurs de France 2 et France 3 en ont des sueurs froides : ils ne pourront plus faire d’arrêt-pipi pendant les films. Avouez que c’est bête, hein !  

Mais moi, je suis choqué. – Dis-moi, pépé, par quoi tu es choqué. – Je vais te le dire, petit : je suis choqué du fait que l’existence de tant d’individus et de tant de métiers ne repose finalement que sur la ressource financière apportée par la publicité, c’est-à-dire qu’elle ne repose que sur du VENT. Le râtelier télévisuel est affriolant et chatoyant, mais il reste ce qu’il est : UN RÂTELIER. Travailler dans ces conditions, c’est concourir, si peu que ce soit, à la domestication intellectuelle et spirituelle des masses, c’est être, soi-même, un valet d’écurie au service de not’maître, c’est exercer une activité sans DIGNITE.

Vous me direz que les masses, eh bien les masses, elle courent, que dis-je, elles se précipitent vers la « lumière » de l’écran allumé, soit chez elles, et c’est déjà ennuyeux, soit même sur le plateau où elles doivent afficher un bonheur (ou un malheur) de commande. Je sais, je sais, comme disait Jean Gabin. Je sais que les masses aussi manquent singulièrement de dignité, et qu’elles se vautrent avec toute la veulerie dont elles sont capables dans l’infecte saleté colorée qu’elles prennent pour le comble de la VIE. Ecoeurant. Et tout ça à cause du MIRAGE PUBLICITAIRE qui engraisse les industriels dont le véritable métier est le CONTRÔLE SOCIAL : tant que tu restes en extase devant les abrutis qui, au fond d’eux-mêmes, se foutent de ta gueule, tu restes un abruti.

Tu me diras : mais, pépé, on est bien obligé de consommer. T’imagines, si tout le monde arrête de consommer, la catastrophe mondiale que ça va être ? – Oui, petit, ce n’est pas faux. Dans la nasse, on est, au fond de la nasse, je te le dis, surtout depuis que les petits Chinois et les petits Indiens se sont mis a imiter ces cons d’occidentaux et à devenir riches à leur tour et à dilapider leur argent de la même manière imbécile. Sais-tu, petit, qu’en 2007, il s’est vendu dans le monde 1.100.000.000 de téléphones portables (un milliard et cent millions), dont 160.000.000 rien qu’en Chine. Ce qui me fait mal, c’est tout ce qu’il a fallu pour en arriver là, tous ces trésors d’humanité, d’intelligence, de culture, toutes ces grandes aventures par lesquelles on est passés, – pour  finir de cette sale manière, comme un pet foireux sur une toile cirée.

Alors tu sais, petit, la grève dans l’audiovisuel public, JE M’EN TAPE.

07.01.2008

SALAUDS DE CHÔMEURS !

SALAUDS DE CHÔMEURS

Vous l’avez entendu, le père Noël, non, le saint Nicolas, enfin saint, sûrement pas, plutôt Sarkozo, Karzizi, je m’embrouille. T’es chômeur, t’as plus le droit de refuser le boulot pourri que te propose l’ANPE. Je connais un professeur d’université cambodgien qui est, en France, magasinier. C’est sans doute ça, « travailler plus et gnagnagna ». Enfin, t’auras plus le droit après deux propositions « valables ». J’attends la définition qui sera donnée de « valable ».

Maintenant, vous savez pourquoi il veut faire passer la mesure ? Tout simplement, parce qu’il y a en France 500.000 emplois non pourvus, en clair : 500.000 offres d’emploi non satisfaites, vous savez, ces boulots, paraît-il, que les Français ne daignent plus faire, peut-être parce qu’ils n’y sont pas assez valorisés, genre technicien de surface ou « ambassadeur du tri » (ça existe, oui monsieur !). Ce n’est pas normal : il y a du boulot, mais les gens n’en veulent pas. Vous allez voir ça : ils vont s’y mettre, et pas plus tard que tout de suite, proclame le nouveau Don Quichotte élu président de la République Française : NICOLAS SARKOZY, qui ferraille contre les nouveaux moulins à vent.

Maintenant, est-ce que vous savez comment on arrive à ces 500.000 ? Le scepticisme vient à la lecture du Libération d’aujourd’hui 5 janvier 2008. « 500.000 emplois non pourvus ? Ça monte encore plus vite que le pétrole » ironise MARC MOREAU, d’Agir Contre le Chômage ! En mélangeant les chiffres des annonces qui n’avaient pas trouvé preneur et ceux sur les difficultés de recrutement des entreprises, l’ANPE avait fourni en 2004 à FRANÇOIS FILLON le chiffre de 300.000 simplement en multipliant par trois le chiffre de 100.000 obtenu, tout simplement parce que l’ANPE traite environ un tiers du total des offres d’emploi dans le pays. Alors là, chapeau, c’est mathématique, rigoureux et scientifique, les gars, là vous vous êtes surpassés. Libération commente sobrement : « Un calcul pour le moins approximatif ».

Attendez, ce n’est pas fini. En 2005, selon la même ANPE, le chiffre tombe à 200.000, et c’est alors que, magie, magie, DOMINIQUE DE VILLEPIN en sort de son chapeau 500.000. Le président SARKOZY lui emboîte donc le pas : il aurait pu y avoir 500.000 emplois non pourvus, il y en aura donc 500.000, parce que je le vaux bien, et surtout parce que je le veux ! (Rappelez-vous le : « Je veux 3% de croissance »). Et tout le monde gobe, les honnêtes gens, les honnêtes travailleurs, les honnêtes retraités, parce que tout le monde (ou pas loin) est imprégné de ce volontarisme que Sarkozy n’a fait que récupérer : « (…) si vraiment les chômeurs voulaient travailler, ils le pourraient » (Libération).

C’est le vieux volontarisme judéo-chrétien : QUAND ON VEUT, ON PEUT. Le pionnier de l’Aéropostale, Guillaumet, a prononcé (ou bien on lui fait dire) cette phrase athlétique : « Là où il y a une volonté, il y a un chemin ». C’est une variante que MITTERRAND affectionnait. Presque aussi chic que « Travailler plus et gnagnagna » du maintenant célèbre Sarkozy, le même qui vient de déclarer (en privé, mais c’est Le Canard enchaîné qui publie le propos, 2 janvier 2008) : « Je vis ma vie et je me fous des commentaires des uns et des autres. Ils ont eu l’habitude d’avoir à l’Elysée, depuis douze ans, Papi et Mamie. Moi, j’ai un nouveau style. Il va falloir que tout le monde s’adapte. Maintenant, les Français ont un vrai mec, à l’Elysée, qui en a et qui s’en sert ». Tout le monde appréciera à sa juste valeur ce « nouveau style ». Qu’en pensent les chômeurs ?