25.08.2007
32 - GRENADIER
32 – GRENADIER
BRISCOUS (PYRENEES-ATLANTIQUES, 64)

Parmi les instruments confiés aux paysans, aux ouvriers et aux « intellectuels » (ne les oublions pas), pour occire les « ennemis », nous avons vu (voir note 13) le fusil, et encore, dans une position bien précise : celle qui fait barrage.
BLENOD-LES-PONT-A-MOUSSON (MEURTHE-ET-MOSELLE, 54)

Nous sommes en devoir, puisque les monuments aux morts eux-mêmes nous y invitent, d’examiner à présent la grenade ainsi que celui qui la projette : le « GRENADIER ».
CLEGUEREC (MORBIHAN, 56)

Nous ne nous demanderons pas quelle fut l’intention (suspecte aujourd’hui, avec le recul) des "responsables" qui ont opté pour une telle représentation du souvenir des morts. Il faut, de toute évidence, avoir conservé de la rancune, de l’agressivité, disons-le tout net : de la haine pour celui qui fut présenté comme l’adversaire à abattre et à éliminer. Au reste, la fin des hostilités ne marqua pas le fin de la volonté de détruire, puisqu’on retrouvera celle-ci vingt ans plus tard.
LAMBERSART (NORD, 59)

Je pense à cette apparition du poète Antonin Artaud dans, me semble-t-il, le film tiré du livre de Roland Dorgelès, Les Croix de Bois. Roulant des yeux exorbités, le poilu rendu fou par la guerre veut se précipiter au-dehors mais, retenu par ses camarades, il ne peut que hurler : « On vous emmerde, tas de vaches ! ».
MOREUIL (SOMME, 80)
Voit-on des grenades offensives, ou bien défensives, les plus terribles, les « quadrillées », celles qu’on destine à faire les plus gros dégâts ? En toute logique, je dirais que ce sont des grenades offensives, de celles qui assourdissent ou immobilisent, le temps pour les attaquants d’atteindre la tranchée adverse.
SAINT-JEAN-SAINT-NICOLAS (HAUTES-ALPES, 05)

En tout cas, le geste du lanceur varie d’un monument à l’autre : le plus souvent, le bras part de très loin en arrière, parfois il se plie avant de lâcher le projectile. Le Grenadier de HERM (LANDES, 40)

est représenté dans une posture particulièrement expressive, voire violente. Il faut penser que ce soldat portait une « musette » fort lourde, pleine de ce genre d’œufs. Et avec ça, il faut courir, puis s’arrêter pour lancer, ou mieux : lancer en courant. Pas évident quand les « autres » canardent. Combien sont morts en action ?
SURY-LE-COMTAL (LOIRE, 42)

Ces hommes n’y sont pour rien. Ils ont obéi. Ce n’est pas le cas du comité ou de l’individu qui a décidé de figurer une action de guerre (en temps de paix). Mais cela a-t-il encore aujourd’hui une parcelle de signification ? Je crois que oui : le monument aux morts est cette œuvre que des vivants ont décidé de laisser derrière eux, pour la postérité. J’avoue que ce message a, pour moi, du mal à passer. Dommage.
TEMPLEMARS (NORD, 59)
10:00 Publié dans Monuments aux morts | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Guerre, 1914, Commémoration, Tranchée, France, Histoire, Action


