04.01.2008

LA MAIN VENGERESSE

LA MAIN VENGERESSE

R.D. PARPIN est un sinistre individu, même pas recommandable pour de sinistres besognes, parce qu’il va vous les saloper. Je ne veux même pas savoir qui se cache derrière ce pseudonyme idiot : Parpin ! A-t-on idée, je vous le demande ? Et R.D. ? Cela ressemble à ce qu’on dit dans les entreprises, vous savez : R&D = Recherche et Développement, ce service de prétentieux qu’une improbable autorité économique a envoyés caracoler en « tête de gondole ». A quelles lâchetés innommables ne pourrait se livrer cet avarié quidam qui, pétant de la trouille la plus frénétique, répand dans ses braies malodorantes des liquides brunâtres et nauséabonds, à la seule idée qu’une personne normale, un lecteur par exemple, pourrait l’identifier ? Il est, par-dessus le marché, parvenu à un si haut degré d’hypocrisie, que je le vois en bifide infernal, en démoniaque et bicéphale incube, en double valet pernicieux de quelque Méphistophélès, attendant que dégringolent dans sa marmite bouillonnante les âmes égarées des damnés, obéissant serviteur prêt à touiller la chair humaine comme on remue n’importe quelle cuillère en bois dans n’importe quel potage.

Ce lamentable récit reprend par le menu les événements qui ont conduit des professeurs à faire sauter, rendez-vous compte, leur LYCEE, à la renommée pourtant éminente, tout au moins jusqu’à l’arrivée du dernier proviseur en date, nous voulons parler d’Esseulesse. Il paraît même que l’auteur a poussé le vice jusqu’à en faire un ROMAN A CLES dans lequel, sous des pseudonymes plus ou moins transparents, apparaissent, mais ô combien caricaturées, déformées, torturées, les personnes réellement existantes qui, si elles apprenaient sous quels traits et dans quelles circonstances elles sont longuement dépeintes, feraient à coup sûr un sort peu enviable à cet odieux suppôt (zitoire, of course).

Je ne vous dévoilerai donc pas l’identité du « sous-commandeur », on se situe dans les dernières pages :

« Vous n’allez pas oser porter sur moi la main,

Professeurs de mes deux, valets puants, faquins ! 

Il n’aurait pas dû dire ça : le sang d’Hervitte (prénom Jean-Philippe, comprenne qui voudra) ne fait qu’un tour, la queue de caniche se raidit comme un gourdin. D’un bond, Loïc les a rejoints en brandissant le landau vide que la mère lui a obligeamment prêté pour le remercier de son aide. Le longiligne Claudius et la rondelette Claudia se précipitent aussi, tout chignon et cravate en avant. Mylène-Marlène se saisit d’un talon aiguille et Nina de son beau clito. La perfidie de l’iguane atteint sa puissance maximale. Toutes les caméras attendent, haletantes, tous les micros retiennent leur souffle. Ripolina Nunuchia, pas folle, s’est jetée sur les coussins de la limousine. Gontran et le Comte (les deux narrateurs), armés de leur pouvoir de narrateurs, s’approchent, menaçants. « Qu’est-ce qu’on en fait, de ce larbin de merde, caractériel de surcroît ? » demande le Comte : « Ne pourrait-on pas en faire le héros d’un grotesque almanach ? Lui découdre la gidouille d’un terrible coup de stylo ? réplique Gontran. – Le métamorphoser en peuplier ? renchérit le Comte. – Lui réserver un bel autodafé durant lequel on le fesserait en cadence pendant qu’on chanterait ? – Lui arracher brutalement le poil avec un grand seau d’eau bouillante ? – L’abandonner sur l’île du docteur Moreau ? – Lui distiller la syphilis en l’enculant, avant de lui coudre le trou du cul et le trou de la bite avec un fil de fer barbelé ? – Le donner en pâture à Gilles de Rais ? » (On aura peut-être reconnu de subtiles allusions à Alfred Jarry, Ovide, Le Roman de Renart, H.G. Wells, D.A.F. de Sade).

J’ai recopié ce passage pour que le lecteur avisé se rende compte par lui-même à quelle bassesse humaine en général, littéraire en particulier, et morale en dernier ressort, est descendu l’auteur, qui ne mérite même pas l’honneur que je lui fais de citer son nom, de mentionner son livre. Je ne vois qu’une explication à la commission d’une œuvre si basse : l’alcool. J’ouvre à l’instant une enquête sur le débit de boissons où s’est très probablement commis ce forfait littéraire, dont il reste peut-être encore quelque témoin oculaire et auriculaire, allez savoir, et quand je l’aurai trouvé, je le cuisinerai, faites-moi confiance, il crachera le morceau, de deux choses l’une : ou bien les noms, ou bien ses dents. Je vous tiens au courant.

NB : La "main vengeresse", vous pensez bien que l'auteur est bien incapable d'inventer par lui-même un telle expression, même aussi banale. La preuve, c'est qu'on la trouve déjà dans la Bible, et plus près de nous, dans Thérèse Raquin, où la main de Madame Raquin échoue à dénoncer les deux meurtriers, au cours d'une scène intense  : "Comme une main vengeresse qui allait parler"; "ils contemplaient la main vengeresse avec des yeux fixes et troubles". Même GEORGES BRASSENS s'y est mis, dans "La Fessée" : "Paf ! j'abattis sur elle une main vengeresse !" ; "Et ma main vengeresse est retombée vaincue".

CONCLUSION : Un livre hilarant, délirant, burlesque, désopilant, le défoulement libérateur de "gens du sérail" sur le monde clos, protégé, de l'Education Nationale. Même si (et surtout si) vous ne reconnaissez personne, une lecture à recommander chaudement.

R.D. PARPIN, La Main vengeresse, Editions « Le Manuscrit », www.manuscrit.com.

 

30.12.2007

TUEURS D'ECOLE 7 - ELOGE DE LILIANE LURCAT

TUEURS D’ECOLE – 7

 

L’imposture démasquée des « sciences » de l’éducation : le travail de LILIANE LURCAT.

 

On ne dira pas qu’on ne savait pas : on a identifié depuis belle lurette les auteurs de La Destruction de l’enseignement élémentaire (et ses penseurs) (Editions François Xavier de Guibert, 1998). Sur Liliane Lurçat, en quatrième de couverture : « Enseignante et chercheur au CNRS, Liliane Lurçat est docteur en psychologie et docteur ès Lettres. Elle a mené des recherches dans des écoles maternelles et primaires de Paris et de la banlieue, durant toute sa carrière ». Austère, non ? Ben oui, austère, mais le sujet ne se prête pas à la franche rigolade.

 

Qu’est-ce qu’elle lui reproche, à l’école, Liliane Lurçat ? En gros, elle le dit dès la page 9 : « Fatalité scolaire trop souvent due aux lourdeurs institutionnelles, parfois aussi à l’indifférence, mais aussi, et de plus en plus, à l’esprit de système qui envahit la pratique pédagogique, engendrant une bureaucratisation de l’école ». Et encore : « L’étalement des apprentissages sur de longues années, l’absence de rigueur dans la transmission des automatismes de base, mettent un nombre de plus en plus grand d’enfants en situation d’échec. L’échec se généralise, au point que dans les Centres Médico-Psycho-Pédagogiques, on se plaint de devoir rééduquer des enfants intelligents, que l’école casse par des méthodes aberrantes ».

 

Je retiens l’expression « automatismes de base », qu’employait déjà il y a des lustres mon professeur d’allemand au Lycée A., M. Z. Expression aujourd’hui inacceptable aux yeux des pontes du ministère et de l’INRP. Trop simple, trop direct. Pas assez conceptuel, pas assez pensé, pas assez filtré dans le tamis de la théorie et de la phraséologie. On a toujours dit que lorsqu’il y a une nouvelle « chose », on a besoin d’un nouveau « mot ». Là, c’est l’inverse : on invente de nouveaux mots et expressions, on renouvelle à tout va le langage, et tout ça, pour faire croire que les choses sont nouvelles. GROS MENSONGE. Voyez ma note « Tueurs d’école – 3 ». Aujourd’hui, on parle des « fondamentaux » (sous entendu, du moins j’espère, lire, écrire, compter). On rigole ou quoi ? En quoi ces « fondamentaux » diffèrent-ils des « automatismes de base » de l’ancien temps ?

 

XAVIER DARCOS, ministre de la défunte « Education Nationale », vient d’annoncer qu’on allait dorénavant, à l’école primaire, enseigner l’histoire de l’art, tout ça parce que son pote ROSENBERG, ancien président du Louvre, lui a dit : « C’est quand même aberrant : on apprend à lire aux enfants, on ne leur apprend pas à voir ». D’abord, espèce de plouc, on ne parle pas de ce qu’on ne connaît pas : c’est tout simplement FAUX. Ensuite, est-ce que ça fait partie des « fondamentaux » ? En primaire, il me semble, les gamins souffrent surtout de l’éclatement de l’enseignement, d’une foule d’interventions extérieures où l’action de l’instituteur (pardon, du professeur des écoles, voyez, encore une trouvaille) se dilue et devient fantomatique. L’attention des enfants se disperse, car c’est à l’école, à présent, qu’il apprend à ZAPPER : même plus besoin de la télévision pour ne rien apprendre sérieusement. L’école actuelle, contrairement à celle d’autrefois, « comporte beaucoup plus d’activités non spécifiquement scolaires, comme le sport, les sorties culturelles, les visites de musée, les classes de nature. L’exigence scolaire se dilue dans la diversité des activités, la distinction entre ce qui est important de ce qui l’est moins n’est plus aussi évidente. Le divertissement est entré dans l’école avec le tiers-temps pédagogique ».

 

Je retiens aussi la formule : « L’échec se généralise ». Ben oui, c’est mécanique, mon frère : quand tu veux faire tenir un œuf sur la pointe, forcément, il roule, à moins de t’appeler Christophe Colomb.  

 

Ce que LILIANE LURCAT pointe d’emblée, c’est que les TUEURS D’ECOLE ont un pouvoir de nuisance, tout simplement parce qu’ils ont LE POUVOIR, c’est eux qui sont au pouvoir, juste en amont des décisions qui seront prises. Elle leur reproche de NIER le « rôle de la transmission des connaissances dans l’apprentissage des enfants ». De limiter « le temps consacré aux apprentissages de base ». « On a réduit de manière significative le temps consacré autrefois aux exercices permettant, par leur répétition, d’installer les automatismes de base ». Vous entendez déjà fulminer le tueur d’école : « Elle va pas arrêter de nous les briser menu, avec ses automatismes » ? ». Le mot qui l’a fâché ? « Répétition ». Aujourd’hui, place à la fluidité, à l’avancée permanente. Il faut se changer les idées.

 

Elle reproche encore aux tueurs d’école de formater celle-ci selon des stéréotypes d’ordre IDEOLOGIQUE, qui permettent à l’école de se défausser de toute responsabilité dans l’échec, faisant porter celle-ci sur les individus eux-mêmes, autrement dit des raisons d’ordre sociologique et médical. Elle leur reproche le concept de « recherche-action », c’est-à-dire la mise en place effective, avant toute évaluation et toute comparaison, d’une réforme, à titre expérimental, dans la réalité, sans penser que, si la réforme se révèle mauvaise et qu’on l’abandonne, les dégâts qu’elle aura commis seront, eux, bien réels.

 

Bref, je ne vais pas recopier ce livre indispensable et effrayant, dans lequel LILIANE LURCAT démonte calmement et méthodiquement la façon dont l’aberration est devenue toute-puissante au sein de ce que les optimistes appellent encore le « système éducatif » à la française, vous savez, celui que le monde entier nous envie. Il peut y avoir des savants fous (voir, entre autres, Le Professeur Nimbus, et surtout le SAVANT COSINUS (l’immortel inventeur de l’anémélectroreculpédalicoupeventombrosoparaclou-cycle imaginé par CHRISTOPHE). Mais ces gens-là sont totalement inoffensifs, aussi longtemps qu’ils ne détiennent aucune parcelle de pouvoir. Cet heureux temps n’est plus. Voici venu le temps des DOCTEUR FOLAMOUR de l’éducation et de la culture. Ce sont de vulgaires criminels de l’esprit. J’ai la haine, mon frère.

 

Liliane Lurçat aggrave son cas avec Vers une Ecole totalitaire ? L'enfance massifiée à l'école et dans la société. Editions François-Xavier de Guibert, 1998.

26.12.2007

NEFERTITI

NEFERTITI

 

La Salle aux professeurs bruit de maints racontars :

C’est la récréation de dix heures moins quart.

On se retrouve, on se salue, et l’on s’évite,

On joue des coudes dans la foule, et l’on s’invite

A consommer quelque breuvage à la machine

A café, dont la fente avide emmagasine,

Obole après obole, un magot conséquent.

Quand « monsieur Zanussi » lui ouvre l’abdoman,

Chacun piaffe alentour, chacun râle, il est tard,

Presque temps de retourner causer aux braillards.

« Tu boiras ton potage une autre fois, Roland.

– Penses -tu ! S’il le faut, je le prendrai, mon temps.

Tu n’imagines pas que je vais me gêner ! »

Ainsi va l’existence au sein de ce clapier.

Lapinette d’anglais, Lapino d’italien,

Lapino mécanique, Lapinette espingouin,

Le peuple lapinesque ronge sa férule,

Enguirlande sa cage, adorne sa cellule,

Divorce et se marie, arrive en nulle part

Quand il est jeune, ou bien attend son grand départ.

Dans ce grand verre d’eau, y a bien quelques tempêtes,

Mais un pet de lapin ? Autant vaut la trompette.

Pourtant, dans ce troupeau voué à s’avilir,

Quelque rongeur s’obstine à crier, à rugir,

A croire qu’on pourra changer le cours des choses,

Défendre un métier moribond, une cause

Sacrée, dévotement drapé dans son drapeau

Rouge bien sûr, l’étoffe, et rouge le propos :

Cette lapine a du muscle dans le discours,

Elle est « en lutte », ou presque, au moins deux fois par jour,

Quelques braves instants, quelques fortes minutes,

Elle retrouve alors le goût de la dispute,

Dominée par sa voix à l’accent du sud-ouest.

Y croit-elle ? Jamais elle n’a tourné veste,

Il faut lui reconnaître enfin sa cohérence

Et sa constance, même si quelques engeances,

Aux mobiles obscurs, font mine de pointer,

Au nez de la rongeuse, un peu d’absurdité :

« Comment peux-tu souffler le vent de la révolte,

Toi qui, pour domicile, a choisi, désinvolte,

De t’implanter au cœur de ce quartier bourgeois ? »

NEFERTITI, car c’est son nom, persiste, et croit

Que sont bonnes en soi, toujours, les intentions.

Peut lui chaut de passer, dans ses déclarations,

Donc, d’un avis certain à son exact contraire,

De la jubilation d’avoir terrassé, hier,

Le chef du syndicat, qui régnait en tyran,

A la supplication à deux genoux rampants,

Pour qu’il revienne, oh oui, à cette même place.

Mais ce qui, chez une autre, passerait pour putasse,

Prend chez elle des airs de sanctification,

Tant sa sincérité ne souffre pas soupçon,

Même si, dans son dos, Nostra Dama, parfois,

Laisse parfois comprendre, autant que Regina,

Ses « meilleurs amies », que sa tête brouillée

Donne parfois des signes d’instabilité.

Laissons donc aux méchants le soin de cancaner,

Et gardons, quant à nous, au nom des Pyrénées,

Notre estime sans faille, et sans charivari,

Notre reconnaissance à la NEFERTITI.

22.12.2007

FIGURE 2 - GONTRAN

FIGURE 2 – GONTRAN (1)

La salle aux professeurs est morte et constellée

 De hâves silhouettes bientôt effacées.

Il est trop tôt pour être là, et cependant,

Les « Matinaux », ces preux, en chevaliers bouillants,

Font déjà, dans les lieux, leur métier ordinaire.

L’homme en bleu, tête basse, essaiera comme hier

D’ôter de la moquette un milliard de poussières.

Un scientifique éteint, le bouc en bandoulière,

Introduit sa monnaie pour extraire un café

De la machine. Un angliciste est occupé

A se photocopier quelque formule obscure.

Il a trouvé sa place, mais aussi sa posture :

Guichetier vigilant, il sait qui entre et sort,

Esseulesse saura qui soigne son confort :

Ses petits yeux ne perdent rien des mouvements,

Sauront les rapporter minuti-eusement.

Quelques âmes en peine errent de droite à gauche,

Et puis de gauche à droite, le regard en ébauche.

En un mot, le Lycée sort mal de son « ci-gît »,

Ebrouant un à un ses membres engourdis.

C’est alors que, de son pas lent, de son pas lourd,

Paraît Gontran, l’œil et la dent façon vautour.

Descendu de son autobus, il récrimine,

Il regrette l’absence de la chevrotine,

Qui, si le monde était comme Bloy l’envisage,

Aurait tôt fait de supprimer tous ces visages

Inutiles, mal faits, malodorants, stupides,

Tous ces corps mal conçus, inconscients et livides,

Cette engeance repue qui ne sait que subir,

Résignée à sa vie minuscule, à blettir.

« Y aura bientôt cent ans d’malheur, ô vieux Léon,

Que t’as quitté ces lieux mités. On se morfond.

O grand Léon, toi, tu saurais, de ta diatribe,

Leur mettre le nez dans leurs étrons, dans leurs bribes. »

Ainsi pense Gontran quand il arrive là,

Plein d’un monde meilleur que celui-ci qu’il voit.

Mais il y a cette heure avecques les Seconde :

 Va bien falloir tenir, à grands coups de faconde.

En deux temps trois mouv’ments, voilà l’heure employée.

En Première, ce beau poème de Musset

Fera l’affaire : il y parle du « Misanthrope ».

Quant aux « post-bac », banals pithécanthropes,

Il dresse le portrait de leurs laids géniteurs

Pour bien faire sentir le poids de leur lourdeur.

Ce monde est trop mal fait, décidément, il faut

Le purger d’un seul coup de tous ces anormaux.

 

A suivre…

20.12.2007

FIGURE 1 - MONSIEUR DE LAVALLIERE

FIGURE 1 – JUDAS DE LA VALLIERE

La grande salle aux professeurs bruit de cent sons,

 Les voix d’elle et de lui qui se chamaillent font

A peine frémir la vieille moquette rouge.

« Salutation, bonjour », on s’affaire, on se bouge,

C’est, à n’en plus finir, de longs salamalecs.

A la photocopie, c’est pire, mais on fait avec.

Sur les quatre machines, oui, trois sont en panne,

Or : « Il n’est rien de plus urgent qu’Aristophane »,

Clame un vieil helléniste. « Mes triangles d’abord »,

Vocifère un matheux, les deux yeux en dehors.

« Ma carte est importante », hurle la proserpine,

Infernale mégère à la triste trombine.

Enfin, c’est anarchie, désordre, cafouillage,

Mêlée, salade russe et savant pataugeage,

Quand, soudain, tout se tait, et l’infâme cohorte,

Dans le cadre incertain que dessine la porte,

Voit alors apparaître, hautain, droit, surhumain,

Le Comte dans sa cape, la canne dans la main,

Le Stetson sur la tête. Avec sa lavallière,

Son gilet de soie grège et sa pupille altière,

Il domine un tumulte où il ne descend pas.

Il passe noblement, traversant de son pas

Imperturbable l’agitation populaire.

Daignant faire un salut à « la belle Isabelle »,

Saluant très courtois toute une ribambelle,

Mais ignorant, narquois, le veule Gélatine.

Philinte rayonnant, moderne Lamartine,

Il coordonne en maître une armada d’obscurs

Tâcherons malvoyants, insoucieux des futurs,

Professeurs de français à leurs heures perdues,

Leur procurant sans barguigner ses grandes vues.

De sa lippe inspirée, légèrement tombante,

Sort parfois un oracle en forme indifférente,

Car il se donne un air de tout prendre de loin,

Avec un ton léger, mais je sais que son groin,

Fameux pour débusquer la truffe éléphantine,

Est sensible aux fragrances venues des latrines.

Son maître-mot, son droit canon est : diplomate,

Sois toujours onctueux, mondain, aristocrate,

Fais toujours à autrui le don de tes bontés,

Même si, dans son for, on l’entend bien pester.

Il a, sur les humains, un avis pessimiste,

Il a, sur ses talents, un avis trop modeste.

Il aime, à l’occasion, s’imbiber de gin’to’,

Collectionner toutes les sortes de pourceaux,

Ecrire en vers mirlitonnants maintes tirades,

Qu’il prête à Cécilia d’avant son algarade.

Il aime à corriger, dans son enthousiasme,

L’ineptie lycéenne, en poussant des sarcasmes,

Avec son grand sérieux de penseur concentré,

Sourd aux divagations, dans un complet retrait.

Enfin, c’est le seigneur des hôtes du lycée,

Ramage de stentor usé par la fumée,

Plumage d’héritier de la vieille noblesse,

Il trône fièrement au sein des petitesses,

Qui ne sauraient l’atteindre, lui qui s’est juré,

Jusqu’au bout du chemin, c’est sûr, de ricaner.

18.12.2007

TUEURS D'ECOLE - 5

TUEURS D’ECOLE (5)

 

Cette fois, je m’offre l’OCDE. Oui, rien que ça. Remarquez, je ne fais que reprendre un flambeau allumé par d’illustres prédécesseurs, entre autres R. et D. PARPIN dans leur fameux best-seller (140.000.000 d'exemplaires vendus, planète Mars comprise) dont je conseille la salutaire lecture à tout un chacun : La Main vengeresse, où les deux auteurs parlent cependant non de l’OCDE mais de l’OCEDEHIE, par allusion à cette plaque tournante de l’information et de la communication que constitue, dans tout lycée, le CDI : Centre de Documentation et d’Information. Notez que, lorsque la documentaliste met au rebut les références obsolètes ou carrément archaïques, cela s’appelle un « désherbage » (selon mon collègue Philippe, c’est authentique).

 

Chacun des chapitres de La Main vengeresse (Editions Le Manuscrit) se termine de façon jubilatoire sur toute sorte de baffes bien senties qui s’abattent d’on ne sait où sur la pauvre et insupportable Isabeau Guignolat, dont le plus fidèle compagnon n’est pas son premier mari, mais un miroir un peu semblable à celui dans lequel la marâtre du conte apprend, furieuse, l’existence de Blanche-Neige. La grande différence avec celui du conte, c’est que le miroir d’Isabeau Guignolat est invisible et portable. En effet, elle le porte tout autour d’elle dès qu’elle met le pied au-dehors, dans la société, sous le regard des autres, comme une sorte de bulle protectrice, qui lui permet de remplacer le regard des autres, dont il faut toujours se méfier, par le reflet du sien, beaucoup plus indulgent, beaucoup plus amoureux. En réalité, son miroir, Isabeau Guignolat le porte à l'intérieur. Ainsi marchant et évoluant dans l’univers feutré et délicat de la contemplation amoureuse de son incommensurable beauté, elle voit, actrice et spectatrice d'elle-même, sa vie quotidienne comme un défilé de mode auquel elle ne cesse d’applaudir intimement, sincèrement enivrée de sa propre splendeur. Vous êtes, bien sûr, cordialement invités à vous rendre sur les blogs respectifs de D. « Fondetiroir » et de R. « Solko » Parpin. Le livre raconte, en gros, la traversée du Chaos en personne par le navire en folie d’un Lycée en proie au DELIRIUM TREMENS. J'y reviendrai.

 

Revenons à l’OCDE, dont j’ai failli me laisser distraire, mais pas tant que ça, finalement. Et d’abord, qu’est-ce que c’est ? Organisation de Coopération et de Développement Economiques (notez le s). On fête le 14 décembre 2007 le 47ème anniversaire de sa création. Sa finalité est de coordonner les politiques économiques et sociales des 29 pays membres « en vue de promouvoir leur bien-être économique et de contribuer au bon fonctionnement de l’économie mondiale » (source : Quid 2001, p. 904). En clair : c’est un PACTE DES RICHES, mais des riches qui peuvent mettre à l’occasion la main sur le cœur et la bouche en cul de poule quand il s’agit des bons sentiments exprimés « pour la galerie ». Pour l’essentiel, c’est l’incarnation, portrait d’une vérité criante, de l’épouvantail connu sous le nom d’ULTRALIBERALISME. L’idéologie se résume à ce principe simple : tant que la puissance PUBLIQUE se mêle d’affaires qui pourraient rapporter des fortunes à des gens compétents et méritants, il faut PRIVATISER.

 

Toute cette entrée en matière pour parler d’un petit (119 pages) et terrible livre, que j’ai acheté – pur hasard évidemment – le jour même où la bibliothèque universitaire a brûlé, avec 350.000 volumes. C’était un 12 juin de l’an de grâce 1999. Le livre date de 1998. GERARD DE SELYS et NICO HIRTT se sont associés pour écrire Tableau noir. Pour résister à la privatisation de l’enseignement (Editions EPO). Ils se sont collé la « littérature » de l’OCDE, et attention, ce n’est pas rien : elle publie 130 titres par an. Ils en ont tiré la certitude (justifiée) que le projet ultra libéral est dans les tuyaux et que la PRIVATISATION de l’école, de toute l’école, est en marche, et qu’elle doit être mise AU SERVICE DES RICHES. Voici quelques citations originales pêchées par les auteurs. « L’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique » (p.37). « L’université ouverte est une entreprise industrielle et l’enseignement supérieur à distance est une industrie nouvelle. Cette entreprise doit vendre ses produits sur le marché de l’enseignement continu que régissent les lois de l’offre et de la demande » (p. 31). « Les étudiants deviennent des clients et les établissements des concurrents luttant pour obtenir une part de marché » (p. 48). C’est donc écrit noir sur blanc : les riches n’ont plus besoin de l’école publique, maintenant que ce sont les pauvres de partout dans le monde qui fabriquent les objets dont le profit va dans leur poche. Les riches n’ont plus besoin des pauvres bien de chez nous, ils peuvent crever.

 

Les auteurs mettent en cause la Commission européenne, qui a publié en 1994 un rapport qu’elle intitule L’Europe et la société de l’information. Ce rapport a été pondu par un « groupe de hautes personnalités », au nombre de 20, dont 5 font partie de l’ERT. C’est quoi, ça, l’ERT, me direz-vous ? Je vous le donne Emile : la Table Ronde Européenne (European Round Table). Parfaitement : ce sont les modernes chevaliers de la Table Ronde. C’est visible qu’ils se sont un jour mis en quête du GRAAL, je veux parler de l’ARGENT, pour lequel ils sont prêts à passer l’humanité entière à la moulinette.

 

L’un des aspects intéressants de leur « projet » (le mot est choquant, mais la chose est réelle), est la « formation tout au long de la vie ». Je me rappelle un article du Monde diplomatique, qui parlait de l’industrie pharmaceutique : « Pour vendre des médicaments, inventons des maladies ». Tout individu est un malade qui s'ignore, donc un CLIENT POTENTIEL. C’est Knock devenu réalité : tous les habitants sont désormais des patients, donc des CLIENTS. Elle est là, la solution, pour l’école. C’est vrai, quoi, c’est bête : de six à vingt ans, cela ne fait qu’un quart de la vie. Si vous instaurez la « formation tout au long de la vie », d’un seul coup, vous avez 100 % de la population dans vos filets. Tout être vivant devient dès lors un CLIENT POTENTIEL, et en tant que tel, il faut le PRESSURER. Ce qui se passe dans la santé, est en train de se passer pour l'éducation et pour l'école en général : tout individu possédant quelques ressources est vivement invité à en consacrer une partie à enrichir d'une part les trusts pharmaceutique, et d'autre part les NOUVELLES INDUSTRIES DE L'EDUCATION. Cela s'appelle « formation tout au long de la vie ». Et je me souviens très bien d'avoir entendu en son temps LIONEL JOSPIN défendre ce slogan. C’est vrai qu’on ne peut plus compter sur le Parti Socialiste depuis fort longtemps, vous savez, 1983, le « tournant de la rigueur », et tout ça. Après "L'HUMANITE-MACHINE" (voir une de mes notes précédentes, 10 décembre), voici devant devant vos yeux éblouis, "L'HUMANITE PRIVATISEE".

17.12.2007

TUEURS D'ECOLE - 4

TUEURS D’ECOLE - 4

 

Après les anciens CANCRES, enfin tous ceux qui se vantent d’en avoir été des spécimens particulièrement gratinés, parce que ça fait bien dans le CV de quelqu’un qui a réussi grâce à l’école, de faire croire qu’il a réussi malgré l’école, ça renforce ses mérites propres, il y a donc les pédagogues, enfin je devrais dire les PEDAGOGISTES, de même qu’on distingue le musulman de l’islamiste et le scientifique du scientiste : le PEDAGOGISTE est le fanatique de la pédagogie, qui en fait, non plus l’art d’une relation entre un maître et un élève, mais une pseudo-science (ou science auto-proclamée) qui autorise à découper la mission du maître comme l’activité de l’élève en autant de morceaux qu’il faudra pour qu’on puisse observer tout à loisir, en prenant son temps, le CADAVRE DE L’ENSEIGNEMENT. Car c’est de cela qu’il s’agit : plus la pédagogie devient « scientifique », plus le pédagogue se CADAVERISE.

J’ai rencontré quelques exemplaires de ces sinistres individus qui se comportent en maîtres avec les maîtres, et en valets face aux pouvoirs. Ils vous disent : « Comment ? Vous n’avez pas pensé votre pratique ? Attendez, nous allons remédier à ce funeste oubli ». « Penser sa pratique », pour faire court, c’est s’être donné des OBJECTIFS (ah, la pédagogie par objectifs ! Que c’est beau de loin dans le brouillard, dans l’abstrait, ou sur un tableau noir, mais de près, qu’est-ce que c’est BETE). Je me rappelle le tableau des « compétences » qui figurait au dos des « cahiers d’évaluation », quand je ne sais plus quel ministre, sur la suggestion d’un bureaucrate du ministère, lui-même inspiré par un « penseur » de l’INRP, avait dépensé un partie du budget à élaborer et imprimer des tests à faire passer aux élèves entrant en seconde. Je ne perdrai pas une seconde à critiquer par le menu cette farce qui, au demeurant, a été assez rapidement passée par profits et pertes.

En revanche, le tableau, dont je n’ai malheureusement pas gardé trace pour en faire profiter mes lecteurs, mériterait un commentaire. Deux aspects retenaient l’attention : d’une part, son aspect férocement BINAIRE où chaque colonne située à droite de la précédente était le découpage de celle-ci en DEUX sous-catégories. Certains se souviendront peut-être que la dialectique, selon MAO TSE TOUNG, obéissait à cette règle immuable : « Un se divise en deux ». Voilà donc la clé de l’énigme : le pédagogiste fanatique est un maoïste infiltré dans les rouages du ministère de l’Education Nationale ! D’autre part, je me souviens distinctement que la case située tout en haut de la colonne située tout à droite (la colonne, donc, dressant la liste des « objectifs de compétence » à acquérir) spécifiait un objectif minutieusement et précisément défini. Il y était dit, en effet, que l’élève devait maîtriser l’orthographe. Farpaitement, dit Obélix dans Astérix chez les Helvètes. Sans dire quoi que ce soit des mécanismes et difficultés d’apprentissage de l’orthographe, j’espère qu’on se rend compte qu’on ne peut réduire le problème à une compétence particulière, puisqu’il s’agit de la langue en général. Voilà pourquoi je disais que, vu de près, QU’EST-CE QUE C’EST BETE !

La plus grande et peut-être la seule BETISE PREMIERE est de considérer que l’élève va à l’école pour acquérir des compétences. Non monsieur, il y va pour apprendre, et ce n’est pas du tout la même chose. Il y va pour emmagasiner des connaissances et pour former son esprit. La PERVERSION est là, dans la façon de nommer la chose. Vous comprenez, une compétence, cela a l’immense avantage de se mesurer sans problème, cela se met en chiffres bien propres sans se faire prier, cela se met en boîtes, se range sur les rayons du service de comptabilité. La COMPETENCE, finalement, est une notion COMPTABLE. Alors que, si vous essayez de mesurer l’ensemble des connaissances, de calculer par des méthodes simples comment l’esprit s’est finalement formé, cela devient très, très compliqué. Ce n’est plus de la « compétence » du gestionnaire qu’est devenu le système éducatif. C’est de la compétence de l’HUMANISTE, et ça, c’est une autre paire de manches. Non, chers élèves, vous ne venez pas à l’école pour « acquérir des compétences ». Vous venez apprendre, vous venez pour former votre esprit. C’est moins scientifique, mais ça aide beaucoup plus à VIVRE.

 

15.12.2007

TUEURS D'ECOLE - 3

TUEURS D’ECOLE - 3

 

PEDAGOGUES ET DIDACTICIENS

 

Le sigle INRP ne dit sans doute pas grand-chose à qui que ce soit. C’est l’INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE PEDAGOGIQUE. En gros, c’est l’usine à produire la vaseline qui doit aider le suppositoire de la connaissance à entrer sans douleur dans le fondement de la jeunesse. Vous savez, c’est le slogan « apprendre à apprendre », celui de tous les gens qui, en amont de la salle de classe, s’ingénient à PENSER pour les gens qui y sont présents, dans la classe, ceux qu’on appelait du beau nom de PROFESSEUR (pour Yves : « Quel beau métier, professeur ! ») et de l’admirable INSTITUTEUR (celui qui fonde, qui forme, qui instruit), que le système actuel a mis à la poubelle au seul profit administratif de « professeur des écoles ».

 

Qu’il y ait des PEDAGOGUES, je veux bien : l’enseignant qui ne cherche pas à faire aimer la discipline qu’il enseigne est bien misérable, et montre seulement aux élèves combien il s’ennuie dans son métier. Mais que l’on puisse élaborer un système, que l’on puisse inventer un institut chargé de penser et de chercher, que l’on puisse confier la future pédagogie à des déçus de la classe réfugiés dans des bureaux pour inventer la novlangue qui s’imposera ensuite à tous les praticiens, voilà qui signale, selon moi, une assez belle forme de la BETISE. Et une bêtise dangereuse, dans la mesure où ces gens, bien introduits dans les lieux où se prennent les décisions, orientent le métier dans la direction qu’ils ont imaginée.

 

La tendance la plus lourde de tout ce « travail » bureaucratique de réécriture du métier, c’est que la mission prioritaire de l’école est désormais d’ACCUEILLIR. Ah bon ? Moi, je croyais qu’elle était d’INSTRUIRE, voire, éventuellement, d’EDUQUER. Non, on vous dit. Il faut que les chérubins soient au chaud, dans la chaleur maternelle et maternante de l’école. En passant, je vous signale que le mot « mère », qui désigne, vous le savez peut-être, la génitrice de chaque individu, est en passe d’être détrôné par le mot « maman », celui que chaque individu réservait, en des temps plus normaux, à la femme particulière qui l’avait mis au monde. Il faudra donc dire "Fête des Mamans" : exit la "fête des mères". Désolé, l’enseignant n’est pas là pour « aimer », il n’est pas là non plus pour « se faire aimer ». Son seul boulot, c’est de faire son boulot.

 

Autre tendance lourde : l’euphémisme. Cela nous vient de l’Amérique (d’où voudriez-vous ?) et du « politiquement correct ». Vous n’avez pas le droit de dire à un nain qu’il est nain, mais un « individu contrarié dans sa croissance verticale », à un noir qu’il est noir, mais un « africain-américain ». Les interdits de chacune des minorités s’imposent comme des lois à la population entière. La liste potentielle en est infinie. Et la France a emboîté le pas : on ne doit plus dire « un cancre », mais « un élève à apprentissage différé », non, même pas « élèves », mais « apprenants ». Tout le monde a entendu parler du « référentiel bondissant ». Non ? Je vous le dis : c’est du ballon qu’il s’agit. Alors, comment on dit « jouer au ballon prisonnier » ? C’est une refonte totale du lexique. Et le jour où l’inspecteur vient voir si l’enseignant fait correctement son métier (« quel beau métier, professeur »), celui-ci a intérêt à avoir bien appris sa leçon. Et pour que son année de stage finisse par être validée, le stagiaire de l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) a intérêt à s’être intimement imprégné de cette NOVLANGUE (voir 1984, de George Orwell).

 

Cette tendance à interdire d’APPELER UN CHAT UN CHAT s’applique également à l’intérieur de la classe. L’élève rend un travail écrit obéissant à des consignes. L’enseignant lit le travail et évalue la qualité du travail en fonction des critères qu’il a établis. Cette qualité se traduit par une note. Mais ATTENTION, ça veut dire quoi, évaluer ? Vous voulez traumatiser la jeunesse ? Etes-vous dans « l’évaluation sommative » ou dans « l’évaluation formative » ? Il fallait y penser. Rassurez-vous, on y a pensé : c’est un bureaucrate.

 

16 décembre : je découvre qu'en plus de la "sommative" et de la "formative", les Diafoirus et Trissotin des bureaux du ministère de l'Education et de l'INRP ont imaginé encore les évaluations "critériée", "diagnostique", "bilan" et "autoévaluation" (source : Petit vocabulaire de la déroute scolaire, de Guy Morel et Daniel Tual-Loizeau, Ramsay, 2000).