23.02.2008
LU DANS LA PRESSE
LU DANS LA PRESSE
Libération, 20 février, p. 37. Le commentateur multicarte, pisse copie, institutionnel et installé ALAIN DUHAMEL critique la notion de « monarchie élective ». Mais il critique aussi Nicolas Sarkozy. Il se tient dans un commode entre-deux : du blanc plus du noir, ça fait du gris. Cette teinte lui sied fort bien. Il met en exergue cette conclusion de sa chronique vaine : « Plutôt que de mimer l’apocalypse démocratique, ne serait-il pas plus productif de débattre des améliorations institutionnelles concrètes, des véritables contrepoids à l’autorité présidentielle ? ».
Libération, 21 février, p. 29. Cela ne va pas se passer comme ça, scrogneugneu. LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN, répond à ALAIN DUHAMEL. Si Joffrin ne revendique pas la paternité de l’expression « monarchie élective », il déclare qu’il a été « l’un des premiers » à l’employer, et n’a aucun mal à expliquer sa validité : « Remplaçant le Premier ministre, court-circuitant les ministres, marginalisant le Parlement, intervenant dans le fonctionnement des médias, le Président s’est attribué, à la limite de la Constitution, un rôle hors du commun, entraînant le pays dans un tourbillon d’initiatives disparates et personnelles qui finissent par donner le vertige à sa propre majorité. »
Commentaire. Beaucoup d’eau tiède, entre gens de bonne compagnie, nous parlons entre égaux, et le débat ne risque pas de transpirer à l’extérieur. Je pense à cette autre expression des mêmes partenaires de la table de jeu, qui a fait florès pendant la campagne présidentielle : « démocratie d’opinion ». Vous savez ce que ça veut dire, démocratie d’opinion ? Et « monarchie élective » ? Cela veut dire que les élites confisquent le débat à leur seul usage, pour qu’il reste entre gens bien élevés. Le grand CHRISTOPHER LASCH (Le Moi assiégé, Editions Climats, 2008, p. 20) dénonce cette mutation : « La technologie en vient ainsi à faire office d’instrument efficace de contrôle social – dans le cas des mass-médias, elle court-circuite le processus électoral par le biais de SONDAGES (c’est moi qui surligne) servant plus à façonner l’opinion qu’à l’exprimer, en réservant aux médias eux-mêmes le droit de sélectionner les leaders et « porte-parole » politiques, et en présentant le choix de leaders et de partis comme un choix de biens de consommation. ». Autrement dit, le « tous pourris » n’est même plus d’actualité : c’est le SUPERMARCHE. Le sondage lui-même est une marchandise, même s’il est en même temps un instrument politique (voir PATRICK CHAMPAGNE, Faire l’opinion, Editions de Minuit, 1990). Et dans ce supermarché, ce sont les spécialistes autoproclamés qui mettent en rayon. Car l’essentiel, c’est que le spectateur reste un spectateur : vous vous rendez compte, si on les laisse devenir acteurs de leur propre vie ? Attention à nos places, à nos sinécures. Restons entre gens bien élevés, et laissons la populace venir se faire humilier sur les plateaux de télévision par des animateurs (Les Animatueurs, comme dit MICHEL MALAUSSENA, dans le livre portant ce titre et paru en 2008, Jean-Claude Gawzevitch éditeur) pleins aux as et arrogants, et arrogants parce que pleins aux as.
J’ai décidé de BOYCOTTER le supermarché politico-médiatique. Comment ? Je parle des journaux, ce qui contredit la phrase précédente ? Mais non, voyons ! Vous devez savoir que l’ennemi, il faut s’efforcer de le connaître le mieux possible. Oui : L’ENNEMI.
10:00 Publié dans Réactions à chaud | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Journalisme, Journaux, Presse écrite, Humeur, Libération, Laurent Joffrin
02.02.2008
ETRON D'UBIQUITE (SUITE)
Si le lecteur est le CLIENT, le journaliste est le VENDEUR, le journal un COMMERCE, et l’information une simple MARCHANDISE. C’est ça le circuit, non ? Et pour vendre, il faut une marchandise de qualité, qui attire le client. Le problème, c’est qu’il faut que le client aime la qualité. Or la qualité, ça se paie. Ou alors, il faut casser les prix. Cela veut dire vendre de la merde. Le journaliste n’est même plus un vendeur, mais un prestataire de services. C’est toujours de la vente, mais il s’efforce d’adapter son offre au plus près des desiderata du client, et cela au moyen de l’interactivité, trouvaille géniale. Le client, quand tu lui as demandé son avis, tu crois qu’il va râler ? Ce serait se contester soi-même. Vous trouvez que c’est de la merde ? Mais c’est vous qui l’avez élue, la merde, il faudrait savoir ce que vous voulez ! Du coup, c’est le client qui se fait engueuler : « Vous ne croyez pas qu’on peut avoir du pouvoir d’achat quand les caisses sont vides, quand même ! » Et le client de la « République Française » rougit jusqu’aux oreilles, et il ferme sa gueule.
Ce journaliste-là, il pourrait presque mettre déjà le poisson dans son papier journal, avant de le vendre. Il n’apporte plus au lecteur des nouvelles du monde, des lumières sur le monde, non, il va demander au lecteur ce qu’il a envie d’entendre, à quelle température il faut lui servir l’information, et puis il se met en quatre pour satisfaire « monsieur le client » qui, de toute façon, fait la fine bouche. Alors le journaliste, qui était déjà souple des reins à force de disposer sa colonne vertébrale parallèlement au sol, commence à se vautrer. La mode actuelle, et il me semble que c’est Le Monde qui a commencé, est au DVD à prix cassé : Libération, Télérama (normal, c’est le groupe du Monde), Le Nouvel Observateur se sont tous mis au DVD. Il s’agit d’appâter le client. Le Monde fait même très fort dans ce domaine : vous avez le journal, bon, ça, c’est bien le moins, quand même. Mais, chère petite madame, que voyez-vous de vos yeux émerveillés ? Un DVD de la série « les grands films », dans un emboîtage minimal, il est vrai. Et, chère petite madame, ce n’est pas fini : j’ajoute un beau livre sur le cinéaste. Attention, pas du petit fascicule : un livre lourd (340 grammes, si, si), richement illustré, bien écrit au demeurant, par un connaisseur. Et vous avez tout ça pour un prix, allez, dites un prix, pour voir : le journal, c’est 1,30 euros. Le DVD ? 5 euros (c’étaient les premières séries). Le livre ? Il est en vente en librairie au prix de 7 euros. Total : 13,30 euros. Allez ma petite dame, je vous fais le tout à 9,90. C’est pas cadeau, mais presque. Pour ce prix-là, vous n’avez même plus besoin de lire les nouvelles. – Mais je n’y comptais pas, de toute façon, monsieur.
Elle a bien raison la dame : c’est le journal qui devient « en plus ». Quel est le poids du journalisme dans l’objet du samedi ? De plus en plus négligeable.
C’est qui le patron ? Il s’appelle LAGARDERE, BOUYGUES, DASSAULT, ROTSCHILD. Cela veut dire FINANCE, INDUSTRIE, COMMERCE. On se demande d’ailleurs l’intérêt (financier, cela va de soi), que des CHEFS D’ENTREPRISE peuvent trouver à s’emparer de moyens d’information. Bon, c’est vrai, je fais le naïf : quand on a quelque chose à vendre, il faut bien convaincre quelqu’un d’acheter, le papier journal peut servir à ça. Mais si le journal tout seul arrive déjà à l’équilibre financier, ce n’est pas si mal : ce n’est pas là qu’il y a du blé à se faire. La puissance ? Peut-être. Mais je pense à un truc : la presse écrite a commencé un vrai bouillon de culture au 18ème, et tout ça a abouti à la Révolution de 1789. Peut-être qu’après tout, ces gens-là ont surtout peur que se répandent dans la population les « mauvaises » idées. C’est pour ça qu’ils prennent des « employés » à leur service : les journalistes. Vous vous rendez compte qu’au journal LE MONDE, cette vénérable sentinelle du vrai journalisme, ERIC FOTTORINO, vrai journaliste, vient d’être admis à la tête du groupe, mais avec une clause qui a dû en faire tiquer plus d’un : que JEAN-MICHEL DUMAY, vrai journaliste, quitte « à terme » ( ?) son poste à la tête de la Société des Rédacteurs. Or, récemment, celui-ci demandait publiquement le départ de Monsieur ALAIN MINC du Conseil de Surveillance. Ce dernier répliquait quelques jours plus tard en acceptant de partir, à condition que DUMAY fasse de même. ALAIN MINC, c’est le copain des milliardaires ci-dessus. On voit bien où sont les intérêts.
Aux dernières nouvelles, la rubrique « Médiatiques » de DANIEL SCHNEIDERMANN (vrai journaliste) qui paraît tous les vendredi dans Libération, a été purement et simplement sucrée par LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN, au prétexte qu’elle portait atteinte à la confraternité en une période où le bateau de la presse écrite tangue dangereusement. Et si vous allez voir la chronique censurée, sur le site ci-dessus, vous vous rendez compte que Schneidermann se paie, en passant, Fottorino, peut-être pas si "vrai journaliste" que ça, en définitive.
A suivre …
08:00 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Journalisme, Journaux, Presse écrite, Humeur, Dumay, Alain Minc, Le Monde
30.11.2007
EPOUVANTAIL 12 - TERRORISME DE LA MOYENNE
PHILIPPE VAL, vendredi 23 novembre, sur France-Inter, a repris sa démonstration par l’absurde de l’absurdité de toute MOYENNE : vous avez les pieds dans le congélateur et la tête dans le four, vous faites la moyenne des deux températures : c’est la température IDEALE, sauf que vous êtes mort. C’est aussi bête que ça.
J’ai déjà parlé de la moyenne, dans « Mes épouvantails 8 – Eloge du Grand Statistiqueur », article paru sur le blog le 7 novembre. Mais plus ça va, plus j’ai l’impression que, sous des dehors neutres, objectifs, bienveillants et finalement invisibles, indifférents ou pas intéressants, il y a là une grosse illusion, une énorme imposture contre laquelle il faut encore s’élever. C’est pour ça que j’y reviens. Je me rappelle avoir lu, il y a assez longtemps, dans le journal Le Monde, un article intitulé « Le Trou noir des statistiques ». Ce titre énonce une grande vérité.
Les habits de la statistique sont rutilants, ils ont l’évidence de ce qui est naturel, ils sont une figure du VRAI, de l’incontestable, car il s’agit de données. Ah tu comprends, ce sont des données, donc on ne peut pas les remettre en question. La statistique est une figure actuelle incontournable de la MYTHOLOGIE DU VRAI, voire de la Religion du Vrai, autrement dit de l’Illusion du vrai. Un petit coup de pied de DOUTE dans cette fourmilière de la prétention serait le bienvenu.
Je redonne le mot de Churchill : « JE NE CROIS QU’AUX STATISTIQUES QUE J’AI MOI-MÊME FALSIFIEES ». L’intérêt de cette citation, c’est de faire apparaître la statistique comme un OBJET DE CROYANCE, un peu comme une religion, si vous voulez, comme une idole à honorer, à prier. Rappelez-vous Sarkozy : « Je veux 3 % de croissance » : avec ce « 3 % de croissance », il est alors en plein dans la croyance au pouvoir magique des chiffres de la statistique. « Mon dieu, donnez-moi 3 % de croissance et je serai sauvé ». Pauvre homme finalement, Nicolas Sarkozy, avec ses efforts désespérés pour s’assurer une emprise sur le réel, ou pour faire croire qu’il en est capable. Et d’abord, pourquoi seulement 3%, pourquoi pas 3,1416 ? Je pose la question.
Une moyenne est le résultat de calculs, et ces calculs, il faut bien qu’ils soient faits par quelqu’un. Par qui ? On ne sait pas, c’est anonyme, c’est quelqu’un qui est dans la chaîne qui établit un pouvoir, mais dont le nom doit rester inconnu, ou plutôt non : dont le nom est sans aucune importance. Ensuite, à partir de quoi ? On est bien obligé de collecter les chiffres (du chômage, de l’espérance de vie, du nombre de lecteurs MP3 vendus dans l’année ou d’appels surtaxés passés depuis un téléphone portable, enfin bon, aucun domaine de la vie humaine n’échappe aux griffes de la statistique). Qui va collecter les chiffres ? Dans quelle brouette sont-ils versés et par qui ? Qui les a livrés ?
Le dernier mensonge de l’INSEE : dormez en paix, Françaises-Français, votre pouvoir d’achat, eh bien, vous voulez savoir ce qu’il a fait ? Voilà : VOTRE POUVOIR D’ACHAT A AUGMENTE. Et grâce à NICOLAS SARKOZY, vous allez voir ce que vous allez voir ! Quelques journalistes tentent bien de donner la parole à des pousseurs de caddie qui affirment que la même somme qu’auparavant ne suffit plus à le remplir autant ? Vos fins de mois se situent au 22 du mois alors que jusque-là, vous pouviez aller jusqu’au 25 ? Ce sont des IMPRESSIONS, on vous dit, et bien sûr, des impressions FAUSSES. Le passage à l’euro ? Tranquille, Mimile. La vie quotidienne ? A l’aise, Blaise. Manger beaucoup de fruits et légumes ? Cool, Raoul. L’INSEE, avec l’établissement « scientifique » de toute sorte de MOYENNES, donne des outils parfaits à tous ceux dont le fonds de commerce est le mensonge politique, autrement dit, le discours politique.
Il reste que le nombre des PAUVRES a explosé : on parle de 7.000.000. Voilà la vérité. Quand à la radio, le journaliste annonce, tout neutre, les bons chiffres de l'INSEE puis, juste après, toujours très neutre, le nombre des pauvres, pourquoi serait-il moins neutre de commenter la CONTRADICTION ?
A Suivre ...
10:00 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Moyenne, Politique, Sarkozy, UMP, Littérature, Humeur
31.10.2007
3 - CHIEN DES CHAMPS ET CHIEN DES VILLES
MES EPOUVANTAILS - 3 – LE CHIEN DES VILLES ET LE CHIEN DES CHAMPS
Ceci n’est pas une fable.
Qu’on se le dise : j’aime les chiens. Plus que les chats, même, c’est vous dire. Le premier que j’eus dans mon voisinage était un Setter Gordon. C’était chez mes grands-parents. Fool, il s’appelait. On lui adjoignit un peu plus tard Korrigane, une femelle Gordon également. Les Gordon sont des chiens de chasse, résistants et courageux, paraît-il, mais Fool devait avoir subi un traumatisme car, lorsque mon père l’emmena avec lui pour la première fois, il n’eut pas tiré le premier coup de fusil que le chien détala comme un dératé, pas pour rapporter le gibier, mais pour mettre entre lui et l’arme le maximum de distance et le plus vite possible. Nous l’avons récupéré à plusieurs kilomètres. C’est sûr, le Setter Gordon est très bon pour le galop et l’endurance. Il est noir sur la majeure partie du corps et « feu » au museau, au poitrail et aux pattes, avec une petite tache de 2 cm2 au-dessus des yeux.
Après une balade dans les champs ou les chemins, c’était la plaie : il fallait inspecter les oreilles attentivement, un vrai râteau à saletés diverses. La nuit aussi, c’était pénible, il n’aimait pas être enfermé dans l’enclos de sa niche, mais il finissait par se fatiguer d’aboyer. En dehors de ça, une crème de chien, adorable et charmant. Il y eut d’autres Setters Gordon (Souska), mais aussi des Cockers (Olaf, sale caractère), un Basset (Whisky), un Braque Allemand (Scud). Mon grand-oncle chassait également, mais en montagne, du côté de Champagny, et il me rapportait régulièrement le quatuor des plumes caudales caractéristiques du petit tétras. Il partait avec ses trois chiens et, au retour, s’arrêtait avec eux chez son frère. Il fallait anticiper : la cohabitation était difficile, et il y eut des coups de dents de part et d’autre. Il y avait Zoom, un magnifique et ombrageux Setter Irlandais, dont j’hésitais à m’approcher, tant il veillait jalousement sur la sécurité de son maître. Celui, entre tous, que j’ai préféré était un Griffon Korthals du nom de Brack. Le point commun de tous ces animaux était le vaste jardin de mes grands-parents, où ils pouvaient s’ébattre et courir à leur gré (et au nôtre), fourrer leur nez dans tous les buissons à la recherche de lézards, et leurs griffes dans les taupinières. J’ajoute un Golden Retriever, du nom de Théo, joueur et mélancolique, qui se met à revivre quand on le « cherche », et cet Epagneul Français dont j’ai oublié le nom, qui n’a pas de loi et que j’ai eu vite fait de « recadrer » discrètement et fermement : le chien comprend très bien cette attitude, surtout cette race, qui mémorise fort bien. J’arrête là, on a compris ma phrase du début.
Et l’on a compris où je veux en venir. J’habite en ville. Là, le chien est un fléau, une catastrophe. D’abord pour lui : dans mon quartier, un homme jeune et à l’air équilibré possède un genre de Dogue Allemand (je n’ai pas identifié précisément la race). Je ne connais pas l’appartement du monsieur, mais « il n’est pas fait pour vivre en appartement », ce n’est pas moi qui le dis, mais l’auteur du Guide des chiens. Il ne s’agit pas de dénoncer la possession de chiens « dangereux » (genre Rottweiler, Pittbull ou Staffordshire Terrier, dont Nicolas Sarkozy veut punir de 10 ans les propriétaires coupables des violences de leur animal), mais des chiens NORMAUX, disons, depuis le Pékinois jusqu’au Braque (beau chien) et au Pointer (un seigneur, l’élite, mais ces deux chiens ne peuvent pas être heureux dans l’espace confiné d’un appartement) : au-delà, c’est du sadisme. Le propriétaire de chien, en ville, de deux choses l’une, est soit une personne seule qui a besoin chez elle de la présence d’un être vivant (besoin de compagnie), et dans ce cas, ce sont ces chiens qui tiennent le minimum de place (allons jusqu’au Caniche), soit une personne égoïste qui n’a aucune idée des besoins propres de la bête et ne pense qu’à sa propre satisfaction.
Je ne veux pas savoir combien de propriétaires sont vraiment maîtres de leur chien, ce que je sais, c’est que passer dans la rue et assister au spectacle du chien qui baisse le cul (vers le trottoir ou vers le caniveau, les deux se valent) pour en laisser échapper un cylindre tour à tour tirant sur le brun plus ou moins foncé, tour à tour compact ou mollasson, tour à tour abondant ou constipé, tour à tour énorme ou lilliputien, suivant la taille de la bête, est devenu un aspect rédhibitoire de la vie en ville. C’est comme la fumée des fumeurs pour les non-fumeurs (et même pour eux-mêmes, paraît-il). Quelques possesseurs d’un chien se munissent d’un sachet qui permettra de faire disparaître l’objet merdique dans une poubelle : l’attitude est éminemment louable. Quelques autres se plantent arrogamment au milieu du trottoir pendant que l’animal défèque, et défient les passants de leur regard d’exprimer la moindre marque de dégoût. Entre ces deux extrêmes, il faut bien dire qu’une écrasante majorité, sans doute pressée par le temps (le matin c’est le bus à prendre, le soir, c’est le J.T. à ne pas manquer), agit avec ce qu’on est bien obligé de qualifier de légèreté, et peut-être de désinvolture.
Il reste, quoi qu’il en soit, au passant innocent à regarder où il met les pieds, en se bouchant le nez les jours de chaleur. Il faut le dire, LE CACA DE CHIEN EST UN ETRON, UNE MERDE. Avez-vous remarqué qu’on peut suivre à la trace certains passants, au nombre de pas qu’ils ont fait avec, collée à la chaussure, la crotte plus ou moins gluante d’un chien anonyme ? Quand obligera-t-on le propriétaire à tirer la chasse d’eau là où son chien a déposé sa merde ?
10:00 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Chiens, Animaux, Sarkozy, Humeur, Cécilia, Amis des Animaux, Littérature


