14.03.2008
A LA PECHE
POT-POURRI
Proverbe africain : « Laisse s’attendrir la chair du missionnaire avant d’y porter la dent ».
« Le chinois est l’une des langues les plus faciles à étudier », c’est Yang Jiechi lui-même qui le dit. « Sinon, comment expliquer qu’elle est parlée par 1.300.000.000 de personnes dans le monde ? » Il est chef de la diplomatie chinoise. (Le Progrès, 13 mars)
Plus un homme est grand, moins il est jaloux. Ce n’est pas moi qui le dis : c’est une étude publiée dans Evolution and Human behaviour. Chez les femmes, ce sont celles de taille moyenne qui le sont le moins, « parce qu’elles ont l’avantage en ce qui concerne la santé, la fertilité et la popularité auprès des hommes ». On se rassure comme on peut. (Le Progrès)
Pour rendre hommage à LAZARE PONTICELLI, je conseille le site http://dersdesders.free.fr/
Le site ne se limite pas à ce nom, mais tente d’ouvrir sur toute sorte de questions touchant à la guerre de 1914-1918, cette catastrophe qui a tué la civilisation européenne et, en même temps, l’idée même d’universalité. On y trouve par exemple les chiffres suivants : en 1995, en France, il y avait plus de 4.000 poilus survivants. Six ans plus tard (en 2.001), ils ne sont plus que 189. Tout de même, lisez la biographie de LAZARE PONTICELLI (s’il vous plaît, ne prononcez pas –tch-), si vous voulez voir une vie d’homme.
Joli titre, dans Libération du 11 mars : « Bayrou, le coup par coup permanent ». Bien trouvé, non ?
Ibidem : « Le goût de l’argent facile a corrompu la guérilla des Farc ». César Restrepo, universitaire colombien, diagnostique un mal profond chez ces ex-révolutionnaires. La drogue, qui était un moyen pour eux de se procurer des armes, pour prendre le pouvoir, pour instaurer enfin la dictature du prolétariat, la drogue est devenue une fin en soi. Les primes offertes par le gouvernement colombien pour la capture des chefs ont fait le reste. Ivan Rios a été tué par son « chef de sécurité », qui lui a coupé la main droite comme preuve, avant de se rendre à l’armée officielle.
Ibidem : l’homme qui fait du ménage dans la maison soulage sa femme, ce qui la rend toute « gaie, détendue, disponible, légère, souriante, libidineuse, tendre…heureuse quoi ! ». Et alors, le plaisir au lit s’en trouve multiplié. C’était dans la rubrique « L’étude ». Les sujets qui font l’objet d’ « études » sont pour moi un sujet perpétuel d’étonnement.
Allez, ce sera tout pour l’instant.
08:28 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ponticelli, guerre 14-18, littérature, presse, journalisme
09.03.2008
PIECES ET MORCEAUX
PRESSE PICOREE
Rue des petites perles : « NICOLAS SARKOZY souhaitait le parrainage d’un enfant juif exterminé par un écolier ». Il manque une virgule : ami lecteur, sauras-tu la replacer ? (trouvé dans Ouest France par Le Canard enchaîné (5 mars).
36.842 communes en France. Allemagne : 14.000. Espagne et Italie : 8.000. Autriche : 2.300. Cherchez l’erreur. En Allemagne, le « Burgmeister » est un professionnel à plein temps et, de par sa compétence, il peut faire sa carrière de la plus petite à la plus importante. Il gère même une « caisse d’épargne » (Sparkasse). Mais il paraît qu’en France, il ne faut pas toucher à cette organisation, au département, et globalement à l’invraisemblable étagement des compétences. Sans compter que les « communautés de communes » et les « communautés urbaines » ne sont pas élues au suffrage universel direct. Et l’on s’étonne que les gens se désintéressent de la prise en charge et de la participation aux affaires publiques. (Tous les journaux depuis des semaines)
Attaque d’une école talmudique à Jérusalem : 8 morts. A chaque fois, je me demande par quelle main est indéfiniment sculpté ce bloc noir en pierre de haine, qui devient chaque jour plus indestructible et plus gigantesque. Cette main n’est à coup sûr pas religieuse (à moins de convenir que les religions ont toujours été dans l’histoire des appels à la violence, position qui n’est pas complètement indéfendable). Cette main est, beaucoup plus certainement, territoriale (colonisations forcées par des juifs fanatiques, destruction des champs d’oliviers des Palestiniens, …) et politique (conquête du pouvoir). JEAN-PIERRE ANDREVON, dans un vieux recueil de nouvelles de Science-Fiction, imaginait la présence au Proche-Orient d’un foyer de guerre éternelle. Il voyait peut-être juste. (Libération du 8 mars)
Procès des hormones de croissance (pour Solko). Ah ben, si un prix Nobel de médecine (STANLEY PRUSINER) vient dédouaner l’ex-directeur du labo Uria de l’Institut Pasteur, FERNAND DRAY, que voulez-vous que fasse le tribunal correctionnel ? Il paraît que même lui ne faisait pas, à l’époque, le lien entre le prélèvement d’hypophyse sur les morts, d’une part, et d’autre part la maladie de Creutzfeldt-Jakob. IL N’EMPÊCHE QUE : 58 % des gens morts de cette maladie se situent en France, et que, dans tous les autres pays, des précautions minimales étaient prises : pas de prélèvement de l’hypophyse sur des cadavres morts d’Alzheimer ou ayant eu des problèmes d’hépatite ou de maladies nerveuses. J’espère que les avocats des familles des 114 morts seront plus efficaces que le redoutable Henri Lefèvre (ou Lefebvre ?). (Libération du 8 mars)
Le Lyonnais THIERRY RENARD a les honneurs de la revue hebdomadaire « monjournal » de Libé du 8 mars. Je suis allé une fois à « l’espace Pandora », à Vénissieux, un lieu assez peu probable dans du béton récent, auquel on accède par un itinéraire peu vraisemblable, mais qui figure finalement assez bien la place et le statut que l’époque actuelle réserve à la poésie. Certains diront : c’est mieux que rien.
Amérique du Sud. Trois présidents jouent à « RETENEZ-MOI OU JE FAIS UN MALHEUR », puis à « AMIS UN JOUR, AMIS TOUJOURS ». Ou : comment montrer ses muscles en espérant ne pas avoir à s’en servir. Bande de farceurs sinistres. (Les journaux)
L’inflation au ZIMBABWE (« président » MUGABE) atteint le délicieux taux de 100.000 % (cent mille pour cent) par an. Le Monde du 8 mars montre en photo un gamin chargé de liasses de gros billets (coupures de 200.000 dollars zimbabwéens). Dans les années 1920, en Allemagne, un cabas de billets permettait d’acheter au moins un steak.
Même journal, même numéro : Christie’s vend un imposant tricératops aux enchères. Ce gamin de 60.000.000 d’années, qui mesure ses 7,5 mètres et pèse ses 2 tonnes, est estimé à 500.000 euros. Il fut un temps où ce genre d’ « objet » était exposé dans l’espace PUBLIC et GRATUIT que l’on appelait MUSEUM.
Même journal, même numéro : l’ « effet SARKOZY » a fait vendre 110.000.000 (cent dix millions) d’exemplaires de magazines en plus. Comme on ne peut décemment pas soutenir que la France comporte cent dix millions de cons pour 63.000.000 d'habitants, on est obligé d’admettre que, même en admettant que certains cumulent les tares, il en reste encore pas mal dans ce qu’on appellera par bonté « la population normale ».
Tout le monde a suivi les « Lamentations de Jérémie » rituelles du 8 mars sur l’inégalité salariale entre hommes et femmes, inégalités qu’on ne peut au demeurant pas contester, MAIS à moins de préciser que ceci n’est vrai que dans le privé. Pourquoi tous les pseudo-journalistes qui évoquent la question oublient-ils ( ?) systématiquement de citer un secteur entier des activités où la plus stricte égalité salariale est de règle ? Vous me demanderez : mais quel est ce secteur, cet îlot ? Je répondrai : eh patate : LA FONCTION PUBLIQUE.
Deux pages du Monde sur les circuits touristiques en LIBYE. Non, vraiment, Le Monde n’est plus ce qu’il était.
10:10 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journaux, sarkozy, journalisme, le monde, libération, canard
24.02.2008
CANARD ENCHAINE
LU DANS LA PRESSE (2)
Le Canard enchaîné, 20 février 2008 :
JEAN-CLAUDE GAUDIN, qui a confié sa promotion publicitaire à l’agence Leaders et Opinion, a fait placarder des affiches avec une grande diversité de trombines de Marseillais. Sauf … sauf que ces Marseillais sont tous américains : l’agence, pour ne pas avoir de droits à payer, est allée pêcher les dizaines de photos sur un site étazunien de l’internet. Encore bravo ! On rappellera Bernard Stasi payant des acteurs pour remplir sa salle lors d’une réunion électorale.
Dessin de CABU, p. 2 : Sous le titre « les contre-feux de Sarkozy », sur fond de manif pour le « pouvoir d’achat », Nicolas Sarkozy allume les uns après les autres des pots fumigènes sur lesquels on peut lire « Vie privée », « Dieu », « Mémoire ». La légende pose la question : « Quel sera le prochain rideau de fumée ? ». Sur cette dernière expression, je me permets de renvoyer à ma note Sarko la diversion, du 15 février dernier, où j’emploie la formule « écran de fumée » avec une signification identique. Oui, ça fait du bien de ne pas se sentir tout seul.
En p. 3, à propos de la « Loi sur la rétention de sûreté », un article fait référence à une loi identique, promulguée le 24 novembre 1933, paraphée par un certain ADOLF HITLER et portant l’intitulé suivant : Loi contre les récidivistes dangereux, et sur les mesures disciplinaires pour améliorer la sécurisation. Le journal ne parle pas de « rétention ». De là à affirmer que Sarko est facho, il y a un grand pas que je ne franchirai pas : ALAIN PEYREFITTE ne fut-il pas le père d’une loi « Sécurité et Liberté » qui avait soulevé un tollé chez les amoureux de cette dernière.
En p. 4 : « La Cour des Comptes remonte les bretelles des autoroutes », avec un sous-titre qui explicite le contenu : « Leur privatisation en 2006 ressemblait bien à une grande braderie. Et aujourd’hui les péages vont de 1 à 10 pour la même distance. ». Merci VILLEPIN, qui savait exactement à quoi s’en tenir.
08:40 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Sondages, Médias, Journalistes, Journalisme, Littérature, Mitterrand
23.02.2008
LU DANS LA PRESSE
LU DANS LA PRESSE
Libération, 20 février, p. 37. Le commentateur multicarte, pisse copie, institutionnel et installé ALAIN DUHAMEL critique la notion de « monarchie élective ». Mais il critique aussi Nicolas Sarkozy. Il se tient dans un commode entre-deux : du blanc plus du noir, ça fait du gris. Cette teinte lui sied fort bien. Il met en exergue cette conclusion de sa chronique vaine : « Plutôt que de mimer l’apocalypse démocratique, ne serait-il pas plus productif de débattre des améliorations institutionnelles concrètes, des véritables contrepoids à l’autorité présidentielle ? ».
Libération, 21 février, p. 29. Cela ne va pas se passer comme ça, scrogneugneu. LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN, répond à ALAIN DUHAMEL. Si Joffrin ne revendique pas la paternité de l’expression « monarchie élective », il déclare qu’il a été « l’un des premiers » à l’employer, et n’a aucun mal à expliquer sa validité : « Remplaçant le Premier ministre, court-circuitant les ministres, marginalisant le Parlement, intervenant dans le fonctionnement des médias, le Président s’est attribué, à la limite de la Constitution, un rôle hors du commun, entraînant le pays dans un tourbillon d’initiatives disparates et personnelles qui finissent par donner le vertige à sa propre majorité. »
Commentaire. Beaucoup d’eau tiède, entre gens de bonne compagnie, nous parlons entre égaux, et le débat ne risque pas de transpirer à l’extérieur. Je pense à cette autre expression des mêmes partenaires de la table de jeu, qui a fait florès pendant la campagne présidentielle : « démocratie d’opinion ». Vous savez ce que ça veut dire, démocratie d’opinion ? Et « monarchie élective » ? Cela veut dire que les élites confisquent le débat à leur seul usage, pour qu’il reste entre gens bien élevés. Le grand CHRISTOPHER LASCH (Le Moi assiégé, Editions Climats, 2008, p. 20) dénonce cette mutation : « La technologie en vient ainsi à faire office d’instrument efficace de contrôle social – dans le cas des mass-médias, elle court-circuite le processus électoral par le biais de SONDAGES (c’est moi qui surligne) servant plus à façonner l’opinion qu’à l’exprimer, en réservant aux médias eux-mêmes le droit de sélectionner les leaders et « porte-parole » politiques, et en présentant le choix de leaders et de partis comme un choix de biens de consommation. ». Autrement dit, le « tous pourris » n’est même plus d’actualité : c’est le SUPERMARCHE. Le sondage lui-même est une marchandise, même s’il est en même temps un instrument politique (voir PATRICK CHAMPAGNE, Faire l’opinion, Editions de Minuit, 1990). Et dans ce supermarché, ce sont les spécialistes autoproclamés qui mettent en rayon. Car l’essentiel, c’est que le spectateur reste un spectateur : vous vous rendez compte, si on les laisse devenir acteurs de leur propre vie ? Attention à nos places, à nos sinécures. Restons entre gens bien élevés, et laissons la populace venir se faire humilier sur les plateaux de télévision par des animateurs (Les Animatueurs, comme dit MICHEL MALAUSSENA, dans le livre portant ce titre et paru en 2008, Jean-Claude Gawzevitch éditeur) pleins aux as et arrogants, et arrogants parce que pleins aux as.
J’ai décidé de BOYCOTTER le supermarché politico-médiatique. Comment ? Je parle des journaux, ce qui contredit la phrase précédente ? Mais non, voyons ! Vous devez savoir que l’ennemi, il faut s’efforcer de le connaître le mieux possible. Oui : L’ENNEMI.
10:00 Publié dans Réactions à chaud | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Journalisme, Journaux, Presse écrite, Humeur, Libération, Laurent Joffrin
LES PETITS FAITS
En couvrant, en voiture et en marche arrière, 660,8 kilomètres sur un circuit automobile, un Autrichien, Mathias Theissi, a battu le record mondial de cette spécialité.
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Mme Maureen Weston, habitant à Londres, a l’intention de se balancer pendant 19 jours, sans interruption, sur son rocking-chair. Si elle réussit, elle battra de 72 heures le record du monde de cette spécialité.
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En exportant vers les pays arabes des petites boussoles à fixer sur les tapis de prière pour indiquer la direction de La Mecque, une entreprise française a réalisé de beaux bénéfices.
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Avant de prendre sa retraite, Horace Whittel, ouvrier métallurgiste à Gillingham, a célébré sa dernière journée de travail en apportant à l’usine le réveil qui l’avait tiré du lit tous les matins à 6 heures pendant quarante-sept ans. Il l’a glissé sous une presse de 80 tonnes.
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21.02.2008
PETITS FAITS
DROLES DE BREVES (2)
Un homme de 61 ans a été condamné par le tribunal de St-Q à un mois de prison ferme pour avoir pendu et battu à mort son chien. Les faits s’étaient produits en juin dernier et M. Georges S-B, artisan menuisier, avait été vu par des témoins qui ont rapporté l’affaire aux gendarmes. Condamné par défaut à deux mois fermes, il avait fait appel et, mercredi, lorsqu’il s’est présenté devant le tribunal, il a affirmé : « J’ai assassiné mon chien d’un seul coup de poing et sans témoin ».
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Un pied humain a été découvert dans un arbre, mercredi soir dans le centre de Pau. Le membre sectionné pendait, suspendu à une branche par un tendeur de bicyclette.
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Le « Golden Gate », le fameux pont de San Francisco, a été choisi par 594 personnes pour se suicider, depuis son inauguration. On parle de l’équiper afin d’éviter de telles tentatives.
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Le mécanicien d’un garage d’Algésiras qui réparait la voiture de M. José-Maria Jimenez avait été surpris de voir plusieurs paquets de hachisch tomber d’une cachette aménagée dans le bloc moteur. M. Jimenez a pu prouver son innocence : trois ans auparavant, il avait acheté aux enchères à la douane, cette voiture qui appartenait à un pourvoyeur de drogue, arrêté entre-temps à Cadix.
A suivre plus tard.
08:00 Publié dans Faits divers mémorables | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Faits divers, Presse, Journalisme, Journaux, Nouvelles, Infos
20.02.2008
DES PETITES REMARQUABLES
DROLES DE BREVES (1)
Pour payer une tournée de bière qu’il avait offerte à des amis, dans un café d’Athènes, Gueorghios Kalpaktis avait donné deux billets de loterie au garçon de café. Ces billets ont rapporté à leur nouveau bénéficiaire la somme de 8500 euros.
Madame Marie Lambert doit avoir bien du chagrin. A 77 ans elle vivait à Grancey-les-Châteaux entourée de ses 52 chats. Par malheur, l’un d’eux étant atteint de la rage, le docteur D, vétérinaire à Is-sur-Tille, a dû les abattre après avoir consulté la direction départementale des services vétérinaires. Quant à Mme Lambert, elle a été vaccinée.
Un garçon de onze ans, en état d’ébriété, a été relevé indemne après être passé sous l’autorail assurant la liaison Cornimont-Epinal. Peu avant l’arrivée en gare, le conducteur aperçut un jeune garçon qui semblait dormir allongé sur la voie. Tous freins serrés, il ne put cependant immobiliser sa machine que plusieurs mètres après l’endroit où dormait l’enfant, celui-ci était indemne, et n’avait même pas une égratignure. Allongé dans le sens des rails, l’enfant a probablement été sauvé par son immobilité, et grâce à l’espace existant entre le ballast et les parties basses de l’autorail.
Un hélicoptère espagnol a été attaqué par un vautour de deux mètres d’envergure. Le pilote, légèrement blessé, a été contraint de poser son appareil dont la cabine était sérieusement endommagée.
Ce sera tout pour aujourd’hui.
12:15 Publié dans Faits divers mémorables | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Nouvelles brèves, Journaux, Presse écrite, Journalisme, Littérature, Humour
15.02.2008
SARKO LA DIVERSION
LA DIVERSION AU POUVOIR
NICOLAS SARKOZY ? Le magicien, sur la scène, a trente-six chapeaux, et dans chacun, il y a trente-six lapins. Les « journalistes » n’ont pas le temps de souffler (je mets maintenant des guillemets à « journalistes », si vous y tenez, je vous expliquerai pourquoi, mais vous devez déjà vous en douter). Il a piqué l’idée à FRANÇOIS MITTERRAND. Rappelez-vous MAZARINE, oui, la MAZARINE PINGEOT en personne, sa propre fille. Il la gardait sous le coude, tous les « journalistes » étaient au courant, mais aucun n’avait le ventre de publier l’histoire de la « seconde famille » du président. JEAN-EDERN HALLIER, qui en avait formé le projet, avait organisé une manif spectaculaire, « en chemise et la corde au cou », pour brûler son manuscrit. Mais pourquoi ce tabou ? Eh bien, elle a servi, Mazarine, oui, instrumentalisée par son propre père : son existence a été brusquement dévoilée au moment où la continuité de l’amitié présidentielle avec RENE BOUSQUET (à côté, MAURICE PAPON, pourtant de sinistre mémoire, fut un ange, sous Vichy) a été connue et a fait scandale. Mitterrand a utilisé Mazarine comme on faisait des écrans de fumée sur la mer lors des batailles navales du 20ème siècle : pour mettre au premier plan autre chose que Bousquet, cette épine compromettante dans sa chaussure. Et ça a assez bien marché.
NICOLAS SARKOZY semble avoir bien étudié le cas, mais là, il est passé au stade industriel de la production de fumée. Une grande grève menace ? Je sors mon divorce avec Cécilia. Un problème surgit ? Je fais parler de moi. C’est vrai, quoi : comme le disait mon pote Solko, pas un jour de journal sans la photo de SARKOZY, sans les faits et gestes de SARKOZY, sans les déclarations de SARKOZY. Il y a de l’asphyxie dans l’air. On étouffe. Aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe ? Il se passe qu’à quelques semaines des ELECTIONS MUNICIPALES, le président a le moral dans les chaussettes et les chaussettes en berne : les sondages (voir colonne de gauche « Sondons les sondages »), les fidèles reflets de sa dévorante faim de pouvoir, les sacro-saints sondages sont en chute abyssale (dixit Libération) : il n’y a qu’à voir l’effet de cette catastrophe (purement virtuelle au demeurant, et je ne parle même pas de MARTINON et de NEUILLY) sur la tête (d’enterrement) qu’il tirait en Guyane. Alors, on a eu GUY MÔQUET, on a eu le discours du LATRAN puis de RYAD (vous savez : la morale de l’instituteur ne dépassera jamais celle du prêtre), on a eu les vacances à WOLFBORO, on a eu le yacht puis l’avion de BOLLORE, on a eu CARLA BRUNI, puis CARLA BRUNI enceinte, puis CARLA BRUNI mariée au président, et c’est pas fini.
La dernière trouvaille, ce sont les 11.000 enfants français morts dans la SHOAH, dont chacun devra être « parrainé » par un enfant de CM2. Je n’entre pas dans le débat, parce qu’il n’y a pas de débat : quand on jette un sucre au chien, il le bouffe. Les « journalistes » semblent avoir besoin de beaucoup de sucre. L’idée est éminemment saugrenue, oui : c’est très sot, et très grenu. Mais le problème n’est même pas là. Il est dans la DIVERSION que s’ingénie à faire en permanence NICOLAS SARKOZY. C’est même peut-être ça, LE problème. A croire que 63.000.000 de grenouilles, hypnotisées par la couleuvre, attendent que celle-ci les ait dégluties pour reprendre leur respiration. Sauf que là, les grenouilles finiront peut-être un jour par comprendre le jeu de la couleuvre, et se lasser d’assister à un spectacle finalement répétitif, où les ficelles de l’acteur-metteur-en-scène commencent à ressembler à des cordes. J’imagine fort bien comment ça se passe : NICOLAS SARKOZY a mis en place un atelier, voire une usine.
Une USINE A PRODUIRE DE LA DIVERSION. Le soir, compte-rendu au chef des cogitations de la journée. HENRI GUAINO, le petit doigt sur la couture du pantalon (« Chef ! Oui ! Chef ! ») : ben voilà ce qu’on a trouvé. Alors, par ordre d’entrée en scène : vous commencez par une citation de JEAN JAURES, vous poursuivez sur un éloge de LEON BLUM, vous assaisonnez le tout d’une pincée de GUY MÔQUET, recette d’autant plus infaillible pour obtenir un belle levée de boucliers, que vous êtes de droite, et que vous piquez les symboles de la gauche. Et les chiens se battent, aboient, mordent : c’est à celui qui fera le plus de bruit pour attraper cet os. Et les chiens sont bien tombés dans le panneau. C’est une stratégie : faire parler de moi, quels que soient les propos tenus ; faire croire à la France et au monde que je pose les bonnes questions ; se débrouiller, TOUJOURS, pour être l’aiguillon d’un nouveau « débat ». Etre au centre, TOUJOURS. Faire croire que c’est moi qui suis à la source des EVENEMENTS. Comment ça, je confonds action et discours ? Tu m’énerves, Guaino, t’as rien compris au gibier d’eau douce, même quand elle est trouble. La France est une espèce de mare où, dès que tu jettes un hameçon, les poissons se disputent pour se faire embrocher, et en plus, l’asticot pourra resservir.
Le mieux serait de garder le silence sur les faits, les gestes, la personne et les déclarations de NICOLAS SARKOZY. Ben, coco, c’est pas vraiment ce que tu viens de faire, là. Je sais, je sais, mais comment faire autrement ?
10:05 Publié dans Réactions à chaud | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Sondages, Médias, Journalistes, Journalisme, Littérature, Mitterrand
02.02.2008
ETRON D'UBIQUITE (SUITE)
Si le lecteur est le CLIENT, le journaliste est le VENDEUR, le journal un COMMERCE, et l’information une simple MARCHANDISE. C’est ça le circuit, non ? Et pour vendre, il faut une marchandise de qualité, qui attire le client. Le problème, c’est qu’il faut que le client aime la qualité. Or la qualité, ça se paie. Ou alors, il faut casser les prix. Cela veut dire vendre de la merde. Le journaliste n’est même plus un vendeur, mais un prestataire de services. C’est toujours de la vente, mais il s’efforce d’adapter son offre au plus près des desiderata du client, et cela au moyen de l’interactivité, trouvaille géniale. Le client, quand tu lui as demandé son avis, tu crois qu’il va râler ? Ce serait se contester soi-même. Vous trouvez que c’est de la merde ? Mais c’est vous qui l’avez élue, la merde, il faudrait savoir ce que vous voulez ! Du coup, c’est le client qui se fait engueuler : « Vous ne croyez pas qu’on peut avoir du pouvoir d’achat quand les caisses sont vides, quand même ! » Et le client de la « République Française » rougit jusqu’aux oreilles, et il ferme sa gueule.
Ce journaliste-là, il pourrait presque mettre déjà le poisson dans son papier journal, avant de le vendre. Il n’apporte plus au lecteur des nouvelles du monde, des lumières sur le monde, non, il va demander au lecteur ce qu’il a envie d’entendre, à quelle température il faut lui servir l’information, et puis il se met en quatre pour satisfaire « monsieur le client » qui, de toute façon, fait la fine bouche. Alors le journaliste, qui était déjà souple des reins à force de disposer sa colonne vertébrale parallèlement au sol, commence à se vautrer. La mode actuelle, et il me semble que c’est Le Monde qui a commencé, est au DVD à prix cassé : Libération, Télérama (normal, c’est le groupe du Monde), Le Nouvel Observateur se sont tous mis au DVD. Il s’agit d’appâter le client. Le Monde fait même très fort dans ce domaine : vous avez le journal, bon, ça, c’est bien le moins, quand même. Mais, chère petite madame, que voyez-vous de vos yeux émerveillés ? Un DVD de la série « les grands films », dans un emboîtage minimal, il est vrai. Et, chère petite madame, ce n’est pas fini : j’ajoute un beau livre sur le cinéaste. Attention, pas du petit fascicule : un livre lourd (340 grammes, si, si), richement illustré, bien écrit au demeurant, par un connaisseur. Et vous avez tout ça pour un prix, allez, dites un prix, pour voir : le journal, c’est 1,30 euros. Le DVD ? 5 euros (c’étaient les premières séries). Le livre ? Il est en vente en librairie au prix de 7 euros. Total : 13,30 euros. Allez ma petite dame, je vous fais le tout à 9,90. C’est pas cadeau, mais presque. Pour ce prix-là, vous n’avez même plus besoin de lire les nouvelles. – Mais je n’y comptais pas, de toute façon, monsieur.
Elle a bien raison la dame : c’est le journal qui devient « en plus ». Quel est le poids du journalisme dans l’objet du samedi ? De plus en plus négligeable.
C’est qui le patron ? Il s’appelle LAGARDERE, BOUYGUES, DASSAULT, ROTSCHILD. Cela veut dire FINANCE, INDUSTRIE, COMMERCE. On se demande d’ailleurs l’intérêt (financier, cela va de soi), que des CHEFS D’ENTREPRISE peuvent trouver à s’emparer de moyens d’information. Bon, c’est vrai, je fais le naïf : quand on a quelque chose à vendre, il faut bien convaincre quelqu’un d’acheter, le papier journal peut servir à ça. Mais si le journal tout seul arrive déjà à l’équilibre financier, ce n’est pas si mal : ce n’est pas là qu’il y a du blé à se faire. La puissance ? Peut-être. Mais je pense à un truc : la presse écrite a commencé un vrai bouillon de culture au 18ème, et tout ça a abouti à la Révolution de 1789. Peut-être qu’après tout, ces gens-là ont surtout peur que se répandent dans la population les « mauvaises » idées. C’est pour ça qu’ils prennent des « employés » à leur service : les journalistes. Vous vous rendez compte qu’au journal LE MONDE, cette vénérable sentinelle du vrai journalisme, ERIC FOTTORINO, vrai journaliste, vient d’être admis à la tête du groupe, mais avec une clause qui a dû en faire tiquer plus d’un : que JEAN-MICHEL DUMAY, vrai journaliste, quitte « à terme » ( ?) son poste à la tête de la Société des Rédacteurs. Or, récemment, celui-ci demandait publiquement le départ de Monsieur ALAIN MINC du Conseil de Surveillance. Ce dernier répliquait quelques jours plus tard en acceptant de partir, à condition que DUMAY fasse de même. ALAIN MINC, c’est le copain des milliardaires ci-dessus. On voit bien où sont les intérêts.
Aux dernières nouvelles, la rubrique « Médiatiques » de DANIEL SCHNEIDERMANN (vrai journaliste) qui paraît tous les vendredi dans Libération, a été purement et simplement sucrée par LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN, au prétexte qu’elle portait atteinte à la confraternité en une période où le bateau de la presse écrite tangue dangereusement. Et si vous allez voir la chronique censurée, sur le site ci-dessus, vous vous rendez compte que Schneidermann se paie, en passant, Fottorino, peut-être pas si "vrai journaliste" que ça, en définitive.
A suivre …
08:00 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Journalisme, Journaux, Presse écrite, Humeur, Dumay, Alain Minc, Le Monde
31.01.2008
ETRON D'UBIQUITE
Le Canard enchaîné a inventé une formule géniale : PAROLES VERBALES. Quand un responsable politique fait une déclaration alors qu’il n’a rien à dire, il prononce des PAROLES VERBALES. Je ne saurais vous dire à quand cette invention remonte. Cela me fait penser à un « génie » de la linguistique qui a écrit l’alluminé How to do things with words, JOHN LANGSHAW AUSTIN. « Comment faire des choses avec des mots ? » C’est tout simple, regardez faire Monsieur SARKOZY, dites « JE VEUX », allez ailleurs, recommencez, sans vous arrêter. Encore, « paroles verbales » est-elle une formule directement inspirée de « Les paroles s’envolent, les écrits restent ». Disons-le tout net : c’est totalement dépassé. Aujourd’hui, par la magie du verbe d’un charismatique SAINT NICOLAS, de même que les trois petits enfants sortent indemnes du tonneau de sel du méchant boucher, le monde et la réalité sont domestiqués, ils obéissent à la baguette (les mauvais esprits diront qu’ils obéissent à la braguette, je l’attendais, évidemment, c’est minable) : le chef ne va pas tarder à marcher sur les eaux, il a parlé, et le réel devient docile, que dis-je : il se plie, non : il OBEIT. Le réel se soumet. « Je veux 3 % de croissance, et s’il le faut, le 1 % qui manque, j’irai le chercher avec les dents. » Aussitôt, tu le vois, le réel, il se met en ordre de marche, il dit « Chef oui chef, bien chef ! », et il s’engloutit dans le triangle des Bermudes. C’est ça, la magie : LE REEL A DISPARU. C’est Le Crime parfait (Baudrillard). Tout est dans l’image. TOUT. Et cela, d’autant plus aisément que le grand troupeau des JOURNALISTES, savamment conduit vers son destin – sa disparition en tant qu’espèce autonome –, est friand d’images.
Qu’est-ce que c’est, un JOURNALISTE ? Est-ce cet obscur travailleur qui va sur le terrain s’enquérir de ce qui s’est passé dans la vie des hommes, la vie réelle, s’entend ? Est-ce l’honnête travailleur, qui s’efforce de drainer vers des moyens de diffusion une réalité qu’il lui semble important d’acheminer vers une population avide de savoir comment tourne la planète ? Ce qu’on appelle des « événements », vous savez, ces petits ou gros accidents qui se produisent dans le tissu continu de la vie humaine ? Est-ce cet observateur neutre qui s’efforce de comprendre ces événements, c’est-à-dire d’entrevoir son origine ainsi que l’inflexion qu’ils vont donner à la trame de l’existence des hommes ? Est-ce cet observateur neutre qui s’efforce de proposer à ses lecteurs une explication, une analyse de ces événements ?
La réponse est catégorique : c’est NON !
De même qu’il n’y a plus de socialistes au « Parti socialiste », il n’y a plus beaucoup de journalistes dignes de ce nom au pays de cette profession sinistrée, sinistre et désespérée. Personne ne souhaite la disparition de la presse écrite. Moi non plus. Si cette catastrophe se produit, il y aura certes des raisons externes (finances, lecteurs, etc.) mais les journalistes eux-mêmes auront beaucoup œuvré au naufrage. Je n’exonère pas les lecteurs de leur culpabilité : à l’époque du premier « LOFT » de TF1, tout le monde s’accordait à juger cette émission idiote et dégradante, mais tout le monde la regardait. Voilà le nœud du problème : le lecteur n’est plus un citoyen qui se tient informé, mais un CLIENT, pour qui la lecture de la presse permet de ne pas trop s’ennuyer dans les transports en commun, tout en satisfaisant son VOYEURISME. Les tirages de la « PRESSE PEOPLE » ont quelque chose de désespérant. Il est DEPLORABLE, l’état intellectuel et moral d’une population entière, ou du moins assez majoritaire pour avoir désigné pour le deuxième tour de la présidentielle deux icônes, deux ectoplasmes politiques seulement gavés de l’écho que leur image rencontre dans la population, et qui sont capables de dépenser 30.000 (Nicolas) à 50.000 (Ségolène) euros de maquillage pour gagner. Il n’y a plus de peuple, seulement une population avide de spectacle. Comme le dit un titre de BD de MARTIN VEYRON : Ce n’est plus le peuple qui gronde c’est le public qui réagit, Dargaud, et ça remonte à 1982, quand même. Il savait déjà que c’est le spectacle qui régit nos vies, le spectacle qui nous engloutit, le spectacle qui devient ce que nous appelions notre « âme » autrefois.
A suivre…
08:21 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Journalistes, Journalisme, Information, Voyeurisme, Journaux, Loft, Sarkozy


