12.03.2008
LU DANS LA PRESSE
REFLETS DU MONDE
Libération du 7 mars. DANIEL SCHNEIDERMANN parle de SOPHIE MARCEAU (une fois n’est pas coutume), qui a quitté le siège de TF1 sans faire l’émission prévue, quand elle a appris que l’invité qui la précédait s’appelait LE PEN JEAN-MARIE. Il y a donc encore des gens à qui ce nom donne des boutons. Ce n’est pas antipathique, mais ça va commencer à devenir ringard et dépassé. Le Front National est rincé, lessivé. Oh, je sais : il a joué son rôle, et ses idées sont passées dans la société et dans les partis « traditionnels ». Mais aujourd’hui, exit Le Pen. Cet épouvantail retourne dans la boue d’où FRANCOIS MITTERRAND l’avait fait sortir (rappelez-moi, la proportionnelle, c’est en quelle année ?).
Paris, exposition du peintre GEORG BASELITZ à la galerie Thaddeus-Ropac jusqu’au 29 mars. C’est à Paris. Ben oui, qu’est-ce que vous croyez ? Si je vais à Paris avant, je ne loupe pas cet artiste qui possède une vraie force.
Page « tentations » de STEPHANIE PLATAT sur le soutien-gorge (« objet de technologie et de progrès »), envoyée spéciale à (ça ne s’invente pas) à Saint-Just Malmont (Haute-Loire), où se fabriquent les nouveautés de l’été 2009 (je ne plaisante pas). Excusez ce moment d’attendrissement. Ce n’est pas pour le paradoxe de la séduction féminine, sujet inépuisable du « dévoiler-tout-en cachant », « du laisser-dissimulé-laisser-deviner », mais pour l’ingéniosité marketing d’industriels de la lingerie pour donner aux femmes des idées de « paraître », à propos d’un objet qui n’est pas (du moins a priori) fait pour être montré ailleurs que dans l’intimité, je veux parler de ce moment toujours trop rapide où elles l’enlèvent. Après, il ne reste que les seins. J’aime bien la définition que ROLAND BARTHES donne quelque part de l’érotisme : « L’érotisme, c’est là où le vêtement bâille ».
Tiens, puisqu’on en parle : paraît très prochainement Enquête sur la sexualité en France, de Nathalie Bajos (Inserm) et Michel Bozon (Ined), aux éditions La Découverte. Attention, c’est du lourd : 610 pages. Un médecin et un sociologue. Ben mon colon. Une dizaine de chercheurs ont interrogé 12.364 personnes de 18 à 64 ans. Vous rendez compte ? Tout ça pour dire, dans le surtitre : « une vaste étude montre un rapprochement des comportements ». C’est bien joli, tout ça, sexualité, sexualité. Mais où en est-on de l’amour, dans ce monde ? Je pose la question.
A Boulogne (92), l’aménagement de l’île Seguin pose problème. Quand vous faisiez Lyon-Paris par les canaux (je vous parle d’il y a longtemps, je ne vous dirai pas combien), il y avait 250 écluses à ouvrir-fermer (aval), ouvrir (vanne amont, puis porte amont), je vous dis pas le travail que c’était. C’était le yacht d’un riche commerçant parisien du nom d’Altman (chaîne de magasins Soldécor) qui n’avait pas le temps de remonter par l’eau. Quinze jours (l’huile du moteur était pourrie, et ça chauffait). Nevers, Montereau. A Montereau, c’est la Seine, des péniches à vide qui foncent comme des dingues. Puis c’est la traversée de Paris. Vous croisez des transports de gravier (c’était un nom double, mais lequel ?). Enfin, vous passez devant l’île Seguin, une espèce de mur presque aveugle, le pont d’arrivée des ouvriers, et une rangée de bateaux prévus pour le transport des automobiles. Maintenant ils se battent pour y placer, pour y placer quoi, au fait ?
Libération du lundi 10 mars : Pékin : d’ici le mois d’août et les JO, 60.000.000 de fleurs auront été plantées et une forêt de 530.000 arbres aura surgi de nulle part. En même temps, une sécheresse alarmante sévit. Pour compenser le manque, nouveau détournement du Fleuve Jaune vers Pékin (156.000.000 de mètres cubes). Et tant pis pour les provinces pauvres.
En 2007, les entreprises du CAC 40 (la BD de Martin Veyron, c’est Caca rente, je trouve ça joli) ont engrangé un bénéfice de cent un milliards d’euros (101.000.000.000).
GERARD COLLOMB terrasse ALAIN JUPPE. Non, je te rassure : c’était du football, hier soir. 4-2 (buts de Bodmer, Bodmer, Benzema, Keita). Benzema meilleur buteur du championnat : 17 buts.
Article de BRIGITTE OLLIER sur la rétrospective LOUISE BOURGEOIS au Centre Pompidou (jusqu’au 2 juin). Promis, je fais le voyage.
Le site « note2be » est deux fois recalé. Vous entendez ce que ce nom veut dire ? « To be or not to be ? ». « Ne pas être ». Cela se veut un jeu de mot. C’est un jeu de mort.
"Le mensonge plus la crédulité = l'opinion" (Paul Valéry).
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11.03.2008
QUOI DE NEUF ?
INFOS CHAPARDEES
Libération du 6 mars : inventaire des PARADIS FISCAUX en Europe. Un bel exemple de l’hypocrisie, et de l’absence totale de confiance qu’il faut avoir dans la parole des politiques. On montre du doigt le LIECHTENSTEIN, mais pour moi, ce petit pays de 35.000 habitants, dont 11.000 résidents étrangers, c’est d’abord VADUZ, qui en est, d’une part, la capitale pourrie, mais aussi, d’autre part, le centre du monde : je souhaite à tout le monde d’avoir vu au moins une fois dans sa vie le poète BERNARD HEIDSIECK vociférer, déclamer son immense poème dédié à cette ville : « Autour, tout autour de Vaduz … ». Un moment intense, extraordinaire. Je pense aussi à SERGE PEY, un jour de poésie sur la place Saint-Sulpice. Des moments rares, qui permettent de tenir à distance ce qu’il est convenu d’appeler la « réalité ».
Le Monde du 7 mars : le journal vend le jeudi, en plus du journal, un livre. 9,90 euros. Vous savez ce que c’est, à chaque fois ? Un philosophe. Et vous savez d’où vient le texte ? Pour Platon, en tout cas, le premier de la série, c’est la collection de poche « Garnier Flammarion », sauf que c’est relié, sous emboîtage, et que ça fera très distingué, tous ces dos gris, très chic sur le rayon du salon. Il faut dire que la maquette (le design) est assez réussie esthétiquement.
Même numéro : en page trois, hommage à LOUISE BOURGEOIS, à qui le centre Pompidou consacre une grande exposition. La photo date de 1996, elle avait donc 85 ans : SUPERBE. La photo est de Michel Comte. Grande artiste, dont l’œuvre est une invitation à l’intranquillité. Je m’aperçois que ce mot rappelle un titre du Portugais FERNANDO PESSOA, à qui MICHELE REVERDY, en 1991, a rendu hommage dans un beau quatuor à cordes. J’aime ces rencontres fraternelles.
OBAMA-CLINTON : je me fiche de savoir qui sera le candidat démocrate en novembre. J’observe seulement qu’un « colored » et une « female » n’arrivent toujours pas à se départager. MAC CAIN, qui est, qu’on le veuille ou non, plus proche des stéréotypes WASP (White Anglo Saxon Protestant), a plus de chances de l’emporter, de toute façon, qu’un candidat d’une « minorité » (par la peau et par le sexe). Le parti démocrate commence d’ailleurs à s’inquiéter de l’hostilité que les deux semblent déployer envers l’autre.
Place Tian An Men, une femme qui déployait un dazibao a été immédiatement embarquée par la police. Pour une fois un photographe était là, l’image est dans Le Monde. Pour les Jeux Olympiques, même si la moitié de la Chine est en prison, il restera encore dix fois trop de spectateurs, alors un de plus, un de moins !
Pour Solko et Fondetiroir (La Main vengeresse, l’Océdéhie). Titre de la page 7 : « l’OCDE sonne l’alarme sur l’état de la planète à l’horizon 2030 ». Alors donc, ce grand diable d’OCDE se convertit à la raison ? Qu’Esseulesse nous patafiole ! En l’état actuel des choses, il est financièrement impossible d’organiser le sauvetage de la planète, d’investir dans la recherche technologique et d’évoluer vers une économie « verte ». Car : qui paiera la facture ? Au programme, donc : diminution de l’espérance de vie, épuisement des ressources et tout le tremblement. Les défenestrés des Twin Towers auront seulement l’amertume d’avoir eu raison trop tôt. Raison de quoi ? Mais, raison de sauter, voyons.
Le taux de chômage au plus bas ? Je me souviens du Sâr Rabindranath Duval, sketch immortel des immortels Pierre Dac et Francis Blanche : « Parfois, Monsieur prend sa vessie pour une lanterne. – Et alors ? – Et alors, y s’brûle ! ». Moralité : faut pas prendre les enfants pour des canards. Comment, c’est n’importe quoi ?
Titre : « Gordon Brown se met à la finance charia-compatible ». C’est bien un évêque anglican qui a proposé que les tribunaux britanniques jugent différemment musulmans et non-musulmans, non ? « Ils sont fous, ces Anglais ! ». Non, Obélix, tu as peut-être tort.
Décès : à 87 ans : GIUSEPPE DI STEFANO. Ciao, maestro ! Le nageur ALAIN GOTTVALLES, à l’âge de 65 ans (cancer des os). A 41 ans, JEFF HEALEY, styliste aveugle, guitariste de blues, qui jouait avec l’instrument sur les genoux. Ecoutez sa version de « while my guitar gently weeps » (cancer de la rétine, je ne savais même pas que ça existait).
Dans la rubrique "quelle époque de merde !" En dernière page, REGIS DEBRAY, déplore sur un ton ironique, amer, désabusé, la dernière offensive en date contre le livre. Il cite le projet de la « commission » (parfaitement !) « Réformer la lecture, Moderniser le livre » : il s’agit de « rendre sa dynamique et sa compétitivité à une branche industrielle passablement nécrosée (NECROSEE !) qu’il convient de raccorder aux forces vivifiantes de la modernité ». Ce qui rassure et inquiète, c'est que figurent dans cette commission sarkoziste Marc Levy, Paul-Loup Sulitzer et Michel-Edouard Leclerc. Rassure : ce sont des entreprises, des marchands, des produits. Inquiète : c'est eux que l'on fait mine de considérer comme des forces de proposition culturelle. Vous ne trouvez pas que ça sent le vomi ?
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09.03.2008
PIECES ET MORCEAUX
PRESSE PICOREE
Rue des petites perles : « NICOLAS SARKOZY souhaitait le parrainage d’un enfant juif exterminé par un écolier ». Il manque une virgule : ami lecteur, sauras-tu la replacer ? (trouvé dans Ouest France par Le Canard enchaîné (5 mars).
36.842 communes en France. Allemagne : 14.000. Espagne et Italie : 8.000. Autriche : 2.300. Cherchez l’erreur. En Allemagne, le « Burgmeister » est un professionnel à plein temps et, de par sa compétence, il peut faire sa carrière de la plus petite à la plus importante. Il gère même une « caisse d’épargne » (Sparkasse). Mais il paraît qu’en France, il ne faut pas toucher à cette organisation, au département, et globalement à l’invraisemblable étagement des compétences. Sans compter que les « communautés de communes » et les « communautés urbaines » ne sont pas élues au suffrage universel direct. Et l’on s’étonne que les gens se désintéressent de la prise en charge et de la participation aux affaires publiques. (Tous les journaux depuis des semaines)
Attaque d’une école talmudique à Jérusalem : 8 morts. A chaque fois, je me demande par quelle main est indéfiniment sculpté ce bloc noir en pierre de haine, qui devient chaque jour plus indestructible et plus gigantesque. Cette main n’est à coup sûr pas religieuse (à moins de convenir que les religions ont toujours été dans l’histoire des appels à la violence, position qui n’est pas complètement indéfendable). Cette main est, beaucoup plus certainement, territoriale (colonisations forcées par des juifs fanatiques, destruction des champs d’oliviers des Palestiniens, …) et politique (conquête du pouvoir). JEAN-PIERRE ANDREVON, dans un vieux recueil de nouvelles de Science-Fiction, imaginait la présence au Proche-Orient d’un foyer de guerre éternelle. Il voyait peut-être juste. (Libération du 8 mars)
Procès des hormones de croissance (pour Solko). Ah ben, si un prix Nobel de médecine (STANLEY PRUSINER) vient dédouaner l’ex-directeur du labo Uria de l’Institut Pasteur, FERNAND DRAY, que voulez-vous que fasse le tribunal correctionnel ? Il paraît que même lui ne faisait pas, à l’époque, le lien entre le prélèvement d’hypophyse sur les morts, d’une part, et d’autre part la maladie de Creutzfeldt-Jakob. IL N’EMPÊCHE QUE : 58 % des gens morts de cette maladie se situent en France, et que, dans tous les autres pays, des précautions minimales étaient prises : pas de prélèvement de l’hypophyse sur des cadavres morts d’Alzheimer ou ayant eu des problèmes d’hépatite ou de maladies nerveuses. J’espère que les avocats des familles des 114 morts seront plus efficaces que le redoutable Henri Lefèvre (ou Lefebvre ?). (Libération du 8 mars)
Le Lyonnais THIERRY RENARD a les honneurs de la revue hebdomadaire « monjournal » de Libé du 8 mars. Je suis allé une fois à « l’espace Pandora », à Vénissieux, un lieu assez peu probable dans du béton récent, auquel on accède par un itinéraire peu vraisemblable, mais qui figure finalement assez bien la place et le statut que l’époque actuelle réserve à la poésie. Certains diront : c’est mieux que rien.
Amérique du Sud. Trois présidents jouent à « RETENEZ-MOI OU JE FAIS UN MALHEUR », puis à « AMIS UN JOUR, AMIS TOUJOURS ». Ou : comment montrer ses muscles en espérant ne pas avoir à s’en servir. Bande de farceurs sinistres. (Les journaux)
L’inflation au ZIMBABWE (« président » MUGABE) atteint le délicieux taux de 100.000 % (cent mille pour cent) par an. Le Monde du 8 mars montre en photo un gamin chargé de liasses de gros billets (coupures de 200.000 dollars zimbabwéens). Dans les années 1920, en Allemagne, un cabas de billets permettait d’acheter au moins un steak.
Même journal, même numéro : Christie’s vend un imposant tricératops aux enchères. Ce gamin de 60.000.000 d’années, qui mesure ses 7,5 mètres et pèse ses 2 tonnes, est estimé à 500.000 euros. Il fut un temps où ce genre d’ « objet » était exposé dans l’espace PUBLIC et GRATUIT que l’on appelait MUSEUM.
Même journal, même numéro : l’ « effet SARKOZY » a fait vendre 110.000.000 (cent dix millions) d’exemplaires de magazines en plus. Comme on ne peut décemment pas soutenir que la France comporte cent dix millions de cons pour 63.000.000 d'habitants, on est obligé d’admettre que, même en admettant que certains cumulent les tares, il en reste encore pas mal dans ce qu’on appellera par bonté « la population normale ».
Tout le monde a suivi les « Lamentations de Jérémie » rituelles du 8 mars sur l’inégalité salariale entre hommes et femmes, inégalités qu’on ne peut au demeurant pas contester, MAIS à moins de préciser que ceci n’est vrai que dans le privé. Pourquoi tous les pseudo-journalistes qui évoquent la question oublient-ils ( ?) systématiquement de citer un secteur entier des activités où la plus stricte égalité salariale est de règle ? Vous me demanderez : mais quel est ce secteur, cet îlot ? Je répondrai : eh patate : LA FONCTION PUBLIQUE.
Deux pages du Monde sur les circuits touristiques en LIBYE. Non, vraiment, Le Monde n’est plus ce qu’il était.
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02.02.2008
ETRON D'UBIQUITE (SUITE)
Si le lecteur est le CLIENT, le journaliste est le VENDEUR, le journal un COMMERCE, et l’information une simple MARCHANDISE. C’est ça le circuit, non ? Et pour vendre, il faut une marchandise de qualité, qui attire le client. Le problème, c’est qu’il faut que le client aime la qualité. Or la qualité, ça se paie. Ou alors, il faut casser les prix. Cela veut dire vendre de la merde. Le journaliste n’est même plus un vendeur, mais un prestataire de services. C’est toujours de la vente, mais il s’efforce d’adapter son offre au plus près des desiderata du client, et cela au moyen de l’interactivité, trouvaille géniale. Le client, quand tu lui as demandé son avis, tu crois qu’il va râler ? Ce serait se contester soi-même. Vous trouvez que c’est de la merde ? Mais c’est vous qui l’avez élue, la merde, il faudrait savoir ce que vous voulez ! Du coup, c’est le client qui se fait engueuler : « Vous ne croyez pas qu’on peut avoir du pouvoir d’achat quand les caisses sont vides, quand même ! » Et le client de la « République Française » rougit jusqu’aux oreilles, et il ferme sa gueule.
Ce journaliste-là, il pourrait presque mettre déjà le poisson dans son papier journal, avant de le vendre. Il n’apporte plus au lecteur des nouvelles du monde, des lumières sur le monde, non, il va demander au lecteur ce qu’il a envie d’entendre, à quelle température il faut lui servir l’information, et puis il se met en quatre pour satisfaire « monsieur le client » qui, de toute façon, fait la fine bouche. Alors le journaliste, qui était déjà souple des reins à force de disposer sa colonne vertébrale parallèlement au sol, commence à se vautrer. La mode actuelle, et il me semble que c’est Le Monde qui a commencé, est au DVD à prix cassé : Libération, Télérama (normal, c’est le groupe du Monde), Le Nouvel Observateur se sont tous mis au DVD. Il s’agit d’appâter le client. Le Monde fait même très fort dans ce domaine : vous avez le journal, bon, ça, c’est bien le moins, quand même. Mais, chère petite madame, que voyez-vous de vos yeux émerveillés ? Un DVD de la série « les grands films », dans un emboîtage minimal, il est vrai. Et, chère petite madame, ce n’est pas fini : j’ajoute un beau livre sur le cinéaste. Attention, pas du petit fascicule : un livre lourd (340 grammes, si, si), richement illustré, bien écrit au demeurant, par un connaisseur. Et vous avez tout ça pour un prix, allez, dites un prix, pour voir : le journal, c’est 1,30 euros. Le DVD ? 5 euros (c’étaient les premières séries). Le livre ? Il est en vente en librairie au prix de 7 euros. Total : 13,30 euros. Allez ma petite dame, je vous fais le tout à 9,90. C’est pas cadeau, mais presque. Pour ce prix-là, vous n’avez même plus besoin de lire les nouvelles. – Mais je n’y comptais pas, de toute façon, monsieur.
Elle a bien raison la dame : c’est le journal qui devient « en plus ». Quel est le poids du journalisme dans l’objet du samedi ? De plus en plus négligeable.
C’est qui le patron ? Il s’appelle LAGARDERE, BOUYGUES, DASSAULT, ROTSCHILD. Cela veut dire FINANCE, INDUSTRIE, COMMERCE. On se demande d’ailleurs l’intérêt (financier, cela va de soi), que des CHEFS D’ENTREPRISE peuvent trouver à s’emparer de moyens d’information. Bon, c’est vrai, je fais le naïf : quand on a quelque chose à vendre, il faut bien convaincre quelqu’un d’acheter, le papier journal peut servir à ça. Mais si le journal tout seul arrive déjà à l’équilibre financier, ce n’est pas si mal : ce n’est pas là qu’il y a du blé à se faire. La puissance ? Peut-être. Mais je pense à un truc : la presse écrite a commencé un vrai bouillon de culture au 18ème, et tout ça a abouti à la Révolution de 1789. Peut-être qu’après tout, ces gens-là ont surtout peur que se répandent dans la population les « mauvaises » idées. C’est pour ça qu’ils prennent des « employés » à leur service : les journalistes. Vous vous rendez compte qu’au journal LE MONDE, cette vénérable sentinelle du vrai journalisme, ERIC FOTTORINO, vrai journaliste, vient d’être admis à la tête du groupe, mais avec une clause qui a dû en faire tiquer plus d’un : que JEAN-MICHEL DUMAY, vrai journaliste, quitte « à terme » ( ?) son poste à la tête de la Société des Rédacteurs. Or, récemment, celui-ci demandait publiquement le départ de Monsieur ALAIN MINC du Conseil de Surveillance. Ce dernier répliquait quelques jours plus tard en acceptant de partir, à condition que DUMAY fasse de même. ALAIN MINC, c’est le copain des milliardaires ci-dessus. On voit bien où sont les intérêts.
Aux dernières nouvelles, la rubrique « Médiatiques » de DANIEL SCHNEIDERMANN (vrai journaliste) qui paraît tous les vendredi dans Libération, a été purement et simplement sucrée par LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN, au prétexte qu’elle portait atteinte à la confraternité en une période où le bateau de la presse écrite tangue dangereusement. Et si vous allez voir la chronique censurée, sur le site ci-dessus, vous vous rendez compte que Schneidermann se paie, en passant, Fottorino, peut-être pas si "vrai journaliste" que ça, en définitive.
A suivre …
08:00 Publié dans J'ai la rage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Journalisme, Journaux, Presse écrite, Humeur, Dumay, Alain Minc, Le Monde


