19.03.2008
LA SEMAINE DE LIBE
DECHETS D’ACTUALITE
Après La Semaine de Suzette, voici La Semaine de Libération (du 17 au 20 mars).
LUNDI, je passe rapidement : c’est « MUNICIPALES » de la une à la page 15. - Page 16, Laurent MOUCHARD alias JOFFRIN (qui est en train de faire la revue de presse sur France Inter) se penche sur « les progrès de Libération ». Il paraît que ça va mieux. - Page 17, page entière de publicité pour un appareil photo, montrant un chat qui vient de sauter et de faire éclater une énorme bulle de savon. Rigolo. - Page 18, le Tibet. Ceux qui s’opposent au boycott des JEUX OLYMPIQUES seraient allés à Berlin en 1936 pour serrer la main d’Adolf et faire le salut à Hitler. - Page 19, les tribulations d’un frère et d’une sœur en Allemagne. Lui, qui a été confié tout petit à un foyer, puis adopté par un couple de Potsdam, décide à 24 ans d’en savoir plus sur sa famille d’origine (père alcoolique, mère dépassée). Quand le frère et la sœur se voient, c’est le COUP DE FOUDRE immédiat. Ils auront rapidement quatre enfants. Pour lui, c’est la prison. Elle, légèrement débile, se remet avec lui dès qu’il en sort. On en est là. Mais la justice en veut encore. - Ne parlons plus de Chantal Sébire (p. 20). - Sautons le cahier de résultats d’élection. - La boîte d’intérim Adecco utilise la photo de COLUCHE pour son actuelle campagne. « La famille de Coluche, Véronique et ses deux fils, avec qui l’agence CLM-BBDO a négocié les droits, a exigé qu’aucun amalgame ne puisse être fait entre cette campagne et celles de Restos du cœur ». « Le montant de la transaction pas plus que son usage n’ont été dévoilés ». - Page 30 : Annonces : Jour de fête : « Prends un petit poisson, glisse-le entre mes jambes ». Ma foi, si elle les aime petits, celle qui signe miss D. - Page 34, article sur le Wargame GUY DEBORD, vous vous rendez compte. C’est comme COLUCHE chez Adecco. - Page 37, dessin de WILLEM : JEUX OLYMPIQUES à Pékin. Des athlètes courent, enthousiastes, sur des cadavres et dans des flaques de sang. J’ai comme l’impression qu’il est favorable au boycott. Rien d’autre.
MARDI. La page événement sur la crise financière mondiale. Mais qu’est-ce qui est en train de se préparer à nous tomber à tous sur la gueule ? – Encore les municipales. – Page 11, LAZARE PONTICELLI, le brave. – Puis c’est le TIBET : « Massacre à huis clos ». Le plus dingue, c’est qu’affirmer qu’il y a des massacres est une infraction à la règle du recoupement et de la vérification des sources. Et que le dalaï-lama appelle au dialogue avec les autorités chinoises. Le vieux racorni du bulbe est définitivement hors-course. D’ailleurs, il semblerait que les jeunes tibétains ont cessé d’écouter « sa sainteté » sénile. – Ensuite, c’est « le malaise des profs ». Ils ne peuvent pas écrire « professeurs » ? Pourtant « quel beau métier, professeur » ! C’est une contrepèterie, vous êtes prévenus. – Page 19, « les pères mutent ». Ils se flinguent le cerveau à trouver ça, ma parole. Et tout ça pour dire que les cadres sup s’impliquent plus dans leur foyer. – Sous un avis de décès, « Si les morts mouraient, que deviendrait-on ? », citation de B. Chapuis. – Barcelone, qui n’a plus d’eau potable, projette d’en faire venir de Marseille par bateau. – Si vous êtes une belle avocate recontrée dans un avion et que vous téléphonez au 0603990322, vous avez une chance. – Page 25, du nouveau sur le thème « sexualité et nanotechnologies ». –Double page de la fin : les « livres d’or ». Celui de la BNF, lors de l’exposition « L’Enfer de la Bibliothèque, Eros au secret » contient quelques jolies phrases. « CYRIELLE P., J’AIME TON ANUS SAVOUREUX » (écrit en capitales), non signé. « Martine, j’ai pensé à ton cul pendant toute l’expo », signé Laurent. Il y a aussi 32 bites en érection et 3 vulves (proportion inverse, nous dit-on, à ce qui est exposé).
MERCREDI. Cela commence mal : « Les athlètes refusent de se sacrifier pour une décision politique qui a été prise par le CIO ». Il s’agit bien sûr des JEUX OLYMPIQUES de Pékin. Et si je si que les athlètes sont des cons. - C’est suivi d’une page entière de publicité pour le sucre. Y en a qui ne manquent pas d’air. – Sarkozy manie, se remanie, c’est une manie. – Perpignan et ses élections à tiroirs secrets, à chaussettes bourrées de bulletins électoraux, à ses listes électorales où figurent même des gens nés, tenez-vous bien, en JUIN 2008. Et maintenant, de plus en plus fort, l’urne va faire devant vous le double saut périlleux. – Le scandale (et le procès) de l’hormone de croissance : avril-mai 1985, les deux mois où tout a basculé. C’est là que ça devient impardonnable. – Il y a 62.586 personnes incarcérées pour 51.500 places dans les prisons françaises. – Des femmes maghrébines viennent parler de sexualité dans un « planning familial ». Témoignages variés, préjugés tenaces, pratiques diverses. – Pour Newsweek, José Bové est désormais tout à fait marginalisé. C’est aussi mon avis. – Un film : Le dernier repas, coréen. Titre : « Corée graphique ». Incorrigibles, ils sont. – Willem dessine : Faut-il boycotter les JEUX OLYMPIQUES ? Deux douaniers regardent l’un dans le pantalon, l’autre dans le tee shirt d’un « athlète » : « Rien à déclarer ? – Pas de droits de l’homme ? ». – ALAIN DUHAMEL vaticine vainement sur la politique intérieure française, admoneste l’un, morigène l’autre, modérantise tout. Tournez la page.
JEUDI. J’adore ce surtitre en page 2 : « NICOLAS SARKOZY met en scène avec son épouse son changement de style ». Très vachard et très juste. Après un éditorial inutile de LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN. – Lettre d’excuse d’AIRY ROUTIER à NICOLAS SARKOZY, à propos du SMS scandaleux : « … je regrette de n’avoir pas mesuré alors à quel point cette publication avait pu vous blesser ». Bande de farceurs, va ! – La jeunesse tibétaine n’écoute plus la modération totalement incompréhensible du dalaï lama. Au moment où la Chine masse des effectifs militaires et policiers dans ses provinces les plus à l’ouest (TIBET, entre autres), tremblement de terre et deux fortes répliques dans ces mêmes provinces. – Les magistrats inscrits au Syndicat de la Magistrature ont lancé un mot d’ordre de grève pour jeudi 20 mars. RACHIDA DATI n’aime vraiment pas ça, et fait dire à ces magistrats qu’ils n’ont pas le droit de manifester une quelconque hostilité « au principe ou à la forme de gouvernement ». C’est une menace. – Le grand LILI BONICHE est mort à 86 ans. Il jouait « de la musique arabe, un point, c’est tout ! ».
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12.03.2008
LU DANS LA PRESSE
REFLETS DU MONDE
Libération du 7 mars. DANIEL SCHNEIDERMANN parle de SOPHIE MARCEAU (une fois n’est pas coutume), qui a quitté le siège de TF1 sans faire l’émission prévue, quand elle a appris que l’invité qui la précédait s’appelait LE PEN JEAN-MARIE. Il y a donc encore des gens à qui ce nom donne des boutons. Ce n’est pas antipathique, mais ça va commencer à devenir ringard et dépassé. Le Front National est rincé, lessivé. Oh, je sais : il a joué son rôle, et ses idées sont passées dans la société et dans les partis « traditionnels ». Mais aujourd’hui, exit Le Pen. Cet épouvantail retourne dans la boue d’où FRANCOIS MITTERRAND l’avait fait sortir (rappelez-moi, la proportionnelle, c’est en quelle année ?).
Paris, exposition du peintre GEORG BASELITZ à la galerie Thaddeus-Ropac jusqu’au 29 mars. C’est à Paris. Ben oui, qu’est-ce que vous croyez ? Si je vais à Paris avant, je ne loupe pas cet artiste qui possède une vraie force.
Page « tentations » de STEPHANIE PLATAT sur le soutien-gorge (« objet de technologie et de progrès »), envoyée spéciale à (ça ne s’invente pas) à Saint-Just Malmont (Haute-Loire), où se fabriquent les nouveautés de l’été 2009 (je ne plaisante pas). Excusez ce moment d’attendrissement. Ce n’est pas pour le paradoxe de la séduction féminine, sujet inépuisable du « dévoiler-tout-en cachant », « du laisser-dissimulé-laisser-deviner », mais pour l’ingéniosité marketing d’industriels de la lingerie pour donner aux femmes des idées de « paraître », à propos d’un objet qui n’est pas (du moins a priori) fait pour être montré ailleurs que dans l’intimité, je veux parler de ce moment toujours trop rapide où elles l’enlèvent. Après, il ne reste que les seins. J’aime bien la définition que ROLAND BARTHES donne quelque part de l’érotisme : « L’érotisme, c’est là où le vêtement bâille ».
Tiens, puisqu’on en parle : paraît très prochainement Enquête sur la sexualité en France, de Nathalie Bajos (Inserm) et Michel Bozon (Ined), aux éditions La Découverte. Attention, c’est du lourd : 610 pages. Un médecin et un sociologue. Ben mon colon. Une dizaine de chercheurs ont interrogé 12.364 personnes de 18 à 64 ans. Vous rendez compte ? Tout ça pour dire, dans le surtitre : « une vaste étude montre un rapprochement des comportements ». C’est bien joli, tout ça, sexualité, sexualité. Mais où en est-on de l’amour, dans ce monde ? Je pose la question.
A Boulogne (92), l’aménagement de l’île Seguin pose problème. Quand vous faisiez Lyon-Paris par les canaux (je vous parle d’il y a longtemps, je ne vous dirai pas combien), il y avait 250 écluses à ouvrir-fermer (aval), ouvrir (vanne amont, puis porte amont), je vous dis pas le travail que c’était. C’était le yacht d’un riche commerçant parisien du nom d’Altman (chaîne de magasins Soldécor) qui n’avait pas le temps de remonter par l’eau. Quinze jours (l’huile du moteur était pourrie, et ça chauffait). Nevers, Montereau. A Montereau, c’est la Seine, des péniches à vide qui foncent comme des dingues. Puis c’est la traversée de Paris. Vous croisez des transports de gravier (c’était un nom double, mais lequel ?). Enfin, vous passez devant l’île Seguin, une espèce de mur presque aveugle, le pont d’arrivée des ouvriers, et une rangée de bateaux prévus pour le transport des automobiles. Maintenant ils se battent pour y placer, pour y placer quoi, au fait ?
Libération du lundi 10 mars : Pékin : d’ici le mois d’août et les JO, 60.000.000 de fleurs auront été plantées et une forêt de 530.000 arbres aura surgi de nulle part. En même temps, une sécheresse alarmante sévit. Pour compenser le manque, nouveau détournement du Fleuve Jaune vers Pékin (156.000.000 de mètres cubes). Et tant pis pour les provinces pauvres.
En 2007, les entreprises du CAC 40 (la BD de Martin Veyron, c’est Caca rente, je trouve ça joli) ont engrangé un bénéfice de cent un milliards d’euros (101.000.000.000).
GERARD COLLOMB terrasse ALAIN JUPPE. Non, je te rassure : c’était du football, hier soir. 4-2 (buts de Bodmer, Bodmer, Benzema, Keita). Benzema meilleur buteur du championnat : 17 buts.
Article de BRIGITTE OLLIER sur la rétrospective LOUISE BOURGEOIS au Centre Pompidou (jusqu’au 2 juin). Promis, je fais le voyage.
Le site « note2be » est deux fois recalé. Vous entendez ce que ce nom veut dire ? « To be or not to be ? ». « Ne pas être ». Cela se veut un jeu de mot. C’est un jeu de mort.
"Le mensonge plus la crédulité = l'opinion" (Paul Valéry).
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11.03.2008
QUOI DE NEUF ?
INFOS CHAPARDEES
Libération du 6 mars : inventaire des PARADIS FISCAUX en Europe. Un bel exemple de l’hypocrisie, et de l’absence totale de confiance qu’il faut avoir dans la parole des politiques. On montre du doigt le LIECHTENSTEIN, mais pour moi, ce petit pays de 35.000 habitants, dont 11.000 résidents étrangers, c’est d’abord VADUZ, qui en est, d’une part, la capitale pourrie, mais aussi, d’autre part, le centre du monde : je souhaite à tout le monde d’avoir vu au moins une fois dans sa vie le poète BERNARD HEIDSIECK vociférer, déclamer son immense poème dédié à cette ville : « Autour, tout autour de Vaduz … ». Un moment intense, extraordinaire. Je pense aussi à SERGE PEY, un jour de poésie sur la place Saint-Sulpice. Des moments rares, qui permettent de tenir à distance ce qu’il est convenu d’appeler la « réalité ».
Le Monde du 7 mars : le journal vend le jeudi, en plus du journal, un livre. 9,90 euros. Vous savez ce que c’est, à chaque fois ? Un philosophe. Et vous savez d’où vient le texte ? Pour Platon, en tout cas, le premier de la série, c’est la collection de poche « Garnier Flammarion », sauf que c’est relié, sous emboîtage, et que ça fera très distingué, tous ces dos gris, très chic sur le rayon du salon. Il faut dire que la maquette (le design) est assez réussie esthétiquement.
Même numéro : en page trois, hommage à LOUISE BOURGEOIS, à qui le centre Pompidou consacre une grande exposition. La photo date de 1996, elle avait donc 85 ans : SUPERBE. La photo est de Michel Comte. Grande artiste, dont l’œuvre est une invitation à l’intranquillité. Je m’aperçois que ce mot rappelle un titre du Portugais FERNANDO PESSOA, à qui MICHELE REVERDY, en 1991, a rendu hommage dans un beau quatuor à cordes. J’aime ces rencontres fraternelles.
OBAMA-CLINTON : je me fiche de savoir qui sera le candidat démocrate en novembre. J’observe seulement qu’un « colored » et une « female » n’arrivent toujours pas à se départager. MAC CAIN, qui est, qu’on le veuille ou non, plus proche des stéréotypes WASP (White Anglo Saxon Protestant), a plus de chances de l’emporter, de toute façon, qu’un candidat d’une « minorité » (par la peau et par le sexe). Le parti démocrate commence d’ailleurs à s’inquiéter de l’hostilité que les deux semblent déployer envers l’autre.
Place Tian An Men, une femme qui déployait un dazibao a été immédiatement embarquée par la police. Pour une fois un photographe était là, l’image est dans Le Monde. Pour les Jeux Olympiques, même si la moitié de la Chine est en prison, il restera encore dix fois trop de spectateurs, alors un de plus, un de moins !
Pour Solko et Fondetiroir (La Main vengeresse, l’Océdéhie). Titre de la page 7 : « l’OCDE sonne l’alarme sur l’état de la planète à l’horizon 2030 ». Alors donc, ce grand diable d’OCDE se convertit à la raison ? Qu’Esseulesse nous patafiole ! En l’état actuel des choses, il est financièrement impossible d’organiser le sauvetage de la planète, d’investir dans la recherche technologique et d’évoluer vers une économie « verte ». Car : qui paiera la facture ? Au programme, donc : diminution de l’espérance de vie, épuisement des ressources et tout le tremblement. Les défenestrés des Twin Towers auront seulement l’amertume d’avoir eu raison trop tôt. Raison de quoi ? Mais, raison de sauter, voyons.
Le taux de chômage au plus bas ? Je me souviens du Sâr Rabindranath Duval, sketch immortel des immortels Pierre Dac et Francis Blanche : « Parfois, Monsieur prend sa vessie pour une lanterne. – Et alors ? – Et alors, y s’brûle ! ». Moralité : faut pas prendre les enfants pour des canards. Comment, c’est n’importe quoi ?
Titre : « Gordon Brown se met à la finance charia-compatible ». C’est bien un évêque anglican qui a proposé que les tribunaux britanniques jugent différemment musulmans et non-musulmans, non ? « Ils sont fous, ces Anglais ! ». Non, Obélix, tu as peut-être tort.
Décès : à 87 ans : GIUSEPPE DI STEFANO. Ciao, maestro ! Le nageur ALAIN GOTTVALLES, à l’âge de 65 ans (cancer des os). A 41 ans, JEFF HEALEY, styliste aveugle, guitariste de blues, qui jouait avec l’instrument sur les genoux. Ecoutez sa version de « while my guitar gently weeps » (cancer de la rétine, je ne savais même pas que ça existait).
Dans la rubrique "quelle époque de merde !" En dernière page, REGIS DEBRAY, déplore sur un ton ironique, amer, désabusé, la dernière offensive en date contre le livre. Il cite le projet de la « commission » (parfaitement !) « Réformer la lecture, Moderniser le livre » : il s’agit de « rendre sa dynamique et sa compétitivité à une branche industrielle passablement nécrosée (NECROSEE !) qu’il convient de raccorder aux forces vivifiantes de la modernité ». Ce qui rassure et inquiète, c'est que figurent dans cette commission sarkoziste Marc Levy, Paul-Loup Sulitzer et Michel-Edouard Leclerc. Rassure : ce sont des entreprises, des marchands, des produits. Inquiète : c'est eux que l'on fait mine de considérer comme des forces de proposition culturelle. Vous ne trouvez pas que ça sent le vomi ?
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09.03.2008
PIECES ET MORCEAUX
PRESSE PICOREE
Rue des petites perles : « NICOLAS SARKOZY souhaitait le parrainage d’un enfant juif exterminé par un écolier ». Il manque une virgule : ami lecteur, sauras-tu la replacer ? (trouvé dans Ouest France par Le Canard enchaîné (5 mars).
36.842 communes en France. Allemagne : 14.000. Espagne et Italie : 8.000. Autriche : 2.300. Cherchez l’erreur. En Allemagne, le « Burgmeister » est un professionnel à plein temps et, de par sa compétence, il peut faire sa carrière de la plus petite à la plus importante. Il gère même une « caisse d’épargne » (Sparkasse). Mais il paraît qu’en France, il ne faut pas toucher à cette organisation, au département, et globalement à l’invraisemblable étagement des compétences. Sans compter que les « communautés de communes » et les « communautés urbaines » ne sont pas élues au suffrage universel direct. Et l’on s’étonne que les gens se désintéressent de la prise en charge et de la participation aux affaires publiques. (Tous les journaux depuis des semaines)
Attaque d’une école talmudique à Jérusalem : 8 morts. A chaque fois, je me demande par quelle main est indéfiniment sculpté ce bloc noir en pierre de haine, qui devient chaque jour plus indestructible et plus gigantesque. Cette main n’est à coup sûr pas religieuse (à moins de convenir que les religions ont toujours été dans l’histoire des appels à la violence, position qui n’est pas complètement indéfendable). Cette main est, beaucoup plus certainement, territoriale (colonisations forcées par des juifs fanatiques, destruction des champs d’oliviers des Palestiniens, …) et politique (conquête du pouvoir). JEAN-PIERRE ANDREVON, dans un vieux recueil de nouvelles de Science-Fiction, imaginait la présence au Proche-Orient d’un foyer de guerre éternelle. Il voyait peut-être juste. (Libération du 8 mars)
Procès des hormones de croissance (pour Solko). Ah ben, si un prix Nobel de médecine (STANLEY PRUSINER) vient dédouaner l’ex-directeur du labo Uria de l’Institut Pasteur, FERNAND DRAY, que voulez-vous que fasse le tribunal correctionnel ? Il paraît que même lui ne faisait pas, à l’époque, le lien entre le prélèvement d’hypophyse sur les morts, d’une part, et d’autre part la maladie de Creutzfeldt-Jakob. IL N’EMPÊCHE QUE : 58 % des gens morts de cette maladie se situent en France, et que, dans tous les autres pays, des précautions minimales étaient prises : pas de prélèvement de l’hypophyse sur des cadavres morts d’Alzheimer ou ayant eu des problèmes d’hépatite ou de maladies nerveuses. J’espère que les avocats des familles des 114 morts seront plus efficaces que le redoutable Henri Lefèvre (ou Lefebvre ?). (Libération du 8 mars)
Le Lyonnais THIERRY RENARD a les honneurs de la revue hebdomadaire « monjournal » de Libé du 8 mars. Je suis allé une fois à « l’espace Pandora », à Vénissieux, un lieu assez peu probable dans du béton récent, auquel on accède par un itinéraire peu vraisemblable, mais qui figure finalement assez bien la place et le statut que l’époque actuelle réserve à la poésie. Certains diront : c’est mieux que rien.
Amérique du Sud. Trois présidents jouent à « RETENEZ-MOI OU JE FAIS UN MALHEUR », puis à « AMIS UN JOUR, AMIS TOUJOURS ». Ou : comment montrer ses muscles en espérant ne pas avoir à s’en servir. Bande de farceurs sinistres. (Les journaux)
L’inflation au ZIMBABWE (« président » MUGABE) atteint le délicieux taux de 100.000 % (cent mille pour cent) par an. Le Monde du 8 mars montre en photo un gamin chargé de liasses de gros billets (coupures de 200.000 dollars zimbabwéens). Dans les années 1920, en Allemagne, un cabas de billets permettait d’acheter au moins un steak.
Même journal, même numéro : Christie’s vend un imposant tricératops aux enchères. Ce gamin de 60.000.000 d’années, qui mesure ses 7,5 mètres et pèse ses 2 tonnes, est estimé à 500.000 euros. Il fut un temps où ce genre d’ « objet » était exposé dans l’espace PUBLIC et GRATUIT que l’on appelait MUSEUM.
Même journal, même numéro : l’ « effet SARKOZY » a fait vendre 110.000.000 (cent dix millions) d’exemplaires de magazines en plus. Comme on ne peut décemment pas soutenir que la France comporte cent dix millions de cons pour 63.000.000 d'habitants, on est obligé d’admettre que, même en admettant que certains cumulent les tares, il en reste encore pas mal dans ce qu’on appellera par bonté « la population normale ».
Tout le monde a suivi les « Lamentations de Jérémie » rituelles du 8 mars sur l’inégalité salariale entre hommes et femmes, inégalités qu’on ne peut au demeurant pas contester, MAIS à moins de préciser que ceci n’est vrai que dans le privé. Pourquoi tous les pseudo-journalistes qui évoquent la question oublient-ils ( ?) systématiquement de citer un secteur entier des activités où la plus stricte égalité salariale est de règle ? Vous me demanderez : mais quel est ce secteur, cet îlot ? Je répondrai : eh patate : LA FONCTION PUBLIQUE.
Deux pages du Monde sur les circuits touristiques en LIBYE. Non, vraiment, Le Monde n’est plus ce qu’il était.
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02.03.2008
LU DANS LA PRESSE (9)
BOUQUET D’INFOS
Chaque semaine, Libération demande à des personnalités diverses de tenir leur journal pendant 7 jours. Ce journal est publié le samedi. Le 1er mars, c’est ABDELWAHAB MEDDEB qui s’y colle. Pour le samedi précédent, sous le titre « Le souci de soi », il parle de CARLA BRUNI : son ami architecte, Fernando Mendoza, lui a envoyé en courriel des photos de la « belle », un diaporama qui circule en Espagne, dans des tenues déshabillées ou carrément nues. Il y voit « l’entrée du nu en politique ». Bien sûr, quand ces photos ont été prises, « elle ne prévoyait pas son nouveau destin, mais, en la circonstance, l’éphémère se fait indélébile. Des deux côtés, féminin, masculin, l’adolescence s’installe à l’Elysée ». Je trouve ça très bien vu.
GREGOIRE BISEAU commente le livre de GUILLAUME DUVAL : Sommes-nous des paresseux ?. Il s’agit d’un « manifeste contre la doxa libérale et plus généralement la pensée dominante (pour ne pas dire unique) ». L’auteur cherche à « déconstruire nombre de clichés de l’économie française ». Par exemple, en termes de « productivité du travail », sait-on que les Français sont les meilleurs du monde (j’ajoute ça signifie que, là où il y avait deux bonshommes, maintenant, il n’y en a plus qu’un, pour le même travail évidemment) ? Qu’en France, le temps partiel (mais est-ce subi ou voulu ?) dans l’emploi total est parmi les plus basses d’Europe ? Qu’en 2006, « le fonctionnement de l’Etat, des collectivités locales et des administrations de sécurité sociale, le paiement des salaires ainsi que les achats publics ont représenté 23,4 % du PIB ». Le Danemark et la Suède (des modèles, paraît-il) font moins bien (25,6 et 26,9 %). Je n’achèterai sans doute pas le livre, mais ça fait quand même du bien.
La rubrique « entre nous » est souvent pathétique. Ce sont des petites annonces. En particulier, « Transport amoureux ». Exemple du 1er mars : « Train Angoulême-Paris, jeudi 7. Sourires. Tu me fais tourner la tête. Je veux vous revoir ». Suit l’adresse e-mail. Je trouve ça pathétique. Cela en dit long sur la paralysie du désir dans notre monde, et sur son expression directe. Impression que le désir attend d’être dans la sécurité de la solitude pour commencer à s’exprimer. C’est vrai que dire son désir, c’est prendre le risque de le voir rembarré par la personne. Internet et les petites annonces de Libé : je ne sais plus. Est-ce que c’est l’espoir horrifié d’être pris au mot ? Est-ce que c’est vraiment une bouteille à la mer ? En tout cas, il y a de la misère là-dedans.
Les pages « mode », celles de Libé comme celles du Monde, me donnent une seule envie : me torcher avec, si je ne craignais pas, au lieu de me nettoyer le fondement, de le salir (vous vous souvenez : « touche-moi pas, toi, tu me salis – alors casse-toi, pauvre con »). Je saute aussi la page « Bourse » et la page « Sports », comme le cahier central « Russie » (ça me fait penser au « comité central », de sinistre mémoire).
Si : un peu de sport dans le sport. L’Union Cycliste Internationale, qu’un certain Hein Verbruggen, de sinistre mémoire (affaires, dopage, …), a longtemps présidée, va peut-être passer l’arme à gauche, sous les coups de boutoir d’Amaury Sport Organisation. Mais le match UCI-ASO est loin d’être terminé. Pour résumer, c’est une affaire de pouvoir et de fric. Chez les ALBATROS hurleurs, le taux de divorce est de 0 %. BERTRAND DELANOE : « Je ne suis ni angoissé ni euphorique ». On est bien content. Au MALI, la moitié de la population a moins de quinze ans. Au Danemark, un homme de 70 ans a braqué une caissière de banque avec un pistolet à eau. Il est en garde à vue. Il voulait renflouer son compte à découvert depuis son achat de peinture et rideaux pour son appartement de jeune retraité.
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29.02.2008
LU DANS LA PRESSE (7)
PIQUE DANS LA PRESSE
Le Canard enchaîné, 27 février.
La société Vinci, numéro un mondial des BTP, a deux activités principales : le BTP (85 % du chiffres d’affaires), et les concessions publiques accordées par l’Etat ou les municipalités, autoroutes et parkings de centre-ville (15 % du chiffre d’affaires). Or, quelle n’est pas la surprise émerveillée de l’actionnaire de Vinci, quand on lui apprend que le bénéfice respectif de ces deux activités est inversement proportionnel : la rentabilité (le profit, le résultat net) du BTP se traîne de 4 à 5% par an, alors que celle des parkings et autoroutes fait tomber dans sa poche un taux de profit de 38,3 % par an. Et qui accepte de se faire ainsi pressurer sans protester, je vous le demande ? L’imbécile d’usager qui emprunte les autoroutes et utilise sa voiture en ville.
Rue des petites perles (trouvées dans divers journaux, y compris, parfois, le « Canard ») : « Tous sexes confondus, le cancer de la prostate est le plus fréquent. » (Ouest-France) ; « A Séverac le Château, une jeune fille de 123 ans a fait l’objet d’une tentative d’enlèvement. » (Midi Libre) ; « Les chiens continuent à être tués vivants pour la consommation de leur viande » (France Soir, à propos de la Chine).
Bernard Thomas, dans sa chronique théâtrale, assassine proprement la dernière pièce d’un petit faiseur de théâtre qui se prend au moins pour Beaumarchais, si ce n’est pas SHAKESPEARE : ERIC-EMMANUEL SCHMITT. Inutile donc d’aller voir La Tectonique des sentiments (ce genre de titre a l’air pompé sur AMELIE NOTHOMB, autre figure intéressante de l’actuelle imposture littéraire française). Vous me direz que des foules s’agglutinent devant le journal de JEAN-PIERRE PERNAUT et de PATRICK POIVRE (son vrai nom). Mais puisqu’on te dit qu’ils ont du … succès ! T’as rien compris.
Dessin de Pétillon : Sarko dit à Rachident : « L’important, ce n’est pas la réponse, l’important c’est que j’aie posé la question ». Pétillon a bien compris.
Déclaration de Rachident (en campagne dans le chic VII ° arrondissement de Paris : « Je suis exactement la définition même de la République ».
Autre dessin de Pétillon, sur RAMA YADE et son « dérapage » (mais là, c’est moi qui reformule, mais j’ajoute à peine) : « Si on me reproche d’accuser le PS de racisme, c’est parce que je suis noire ». Subtil. La phrase d’origine était, approximativement : « Le PS me critique parce que je suis noire ».
Libération, 27 février.
Procès de l’hormone de croissance. On a appris que pour avoir de l’hormone de croissance, il fallait extraire l’hypophyse du cerveau des cadavres, après avoir ouvert le crâne. Théoriquement, ça devait se passer lors d’une autopsie, sous l’autorité d’un médecin. En réalité, les médecins ne se mêlaient pas de cette charcuterie. A Caen, « c’était toujours l’agent d’amphithéâtre qui le pratiquait ». A Créteil, « lorsqu’il n’y avait pas d’autopsie, le prélèvement était fait par la bouche avec un instrument bricolé par les gens de l’amphithéâtre ». Un expert : « On ne peut qu’insister sur le caractère clandestin d’une telle pratique ». Les garçons de salle recevaient des « pourboires », de 5 à 35 francs selon les hôpitaux et les années. Eric Favereau, qui signe l’article, s’indigne de la façon dont le procès est conduit par le président et par l’avocat général. Il pose la question gravissime (il y a quand même eu 122 morts) : « La justice va-t-elle passer à côté du plus grand procès de santé publique qui n’ait (sic) jamais eu lieu en France ? ».
Areva (Nucléaire, Anne Lauvergeon) a dégagé en 2007 un bénéfice net en hausse de 14,5 % sur l’année précédente.
Si vous n’avez jamais vu de près le retable d’Issenheim au musée Unterlinden de Colmar, vous êtes impardonnable. Je peux vous assurer que ça fait un choc. Mais ça risque d’être trop tard pour aller voir au musée l’exposition « Grünewald et le retable d’Issenheim ». Cela durait jusqu’au 2 mars. Comment ça ? On est le 29 février ? Cela risque quand même d’être un peu juste. Mais Libé n’a qu’à en rendre compte avant que l’expo disparaisse.
En pages Rebonds, François Doutriaux, juriste, enseignant en droit, juge que le Conseil Constitutionnel s’est discrédité en rendant une décision mi-chèvre, mi-chou, en n’introduisant pas la rétroactivité des lois dans le droit français, tout en considérant que la « rétention » n’est pas une « peine ». Il considère (je passe sur les observations purement juridiques) que le C.C. a trahi la constitution sur laquelle il a charge de veiller comme instance suprême, et qu’il a cédé aux pressions du ministère. Si le C.C. a censuré la loi, ce n’est que très partiellement, et Sarkozy considère que le Conseil n’est pas allé assez loin dans la violation de la Constitution. Le Canard cité ci-dessus aborde également le problème : il souligne que Jean-Louis Debré, qui voudrait bien sauvegarder son autorité comme président du C.C. pendant les 8 ans qui lui restent à faire, n’a pas voulu d’un affrontement politique avec Sarko. Si le nabot peut ainsi humilier la plus haute instance politico-juridique de la République Française, c’est qu’il ne reste déjà plus grand-chose de la République Française. Ça fout la nausée, non ?
21:24 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : presse, journaux, canard enchaîné, libération, btp, vinci, areva
23.02.2008
LU DANS LA PRESSE
LU DANS LA PRESSE
Libération, 20 février, p. 37. Le commentateur multicarte, pisse copie, institutionnel et installé ALAIN DUHAMEL critique la notion de « monarchie élective ». Mais il critique aussi Nicolas Sarkozy. Il se tient dans un commode entre-deux : du blanc plus du noir, ça fait du gris. Cette teinte lui sied fort bien. Il met en exergue cette conclusion de sa chronique vaine : « Plutôt que de mimer l’apocalypse démocratique, ne serait-il pas plus productif de débattre des améliorations institutionnelles concrètes, des véritables contrepoids à l’autorité présidentielle ? ».
Libération, 21 février, p. 29. Cela ne va pas se passer comme ça, scrogneugneu. LAURENT MOUCHARD alias JOFFRIN, répond à ALAIN DUHAMEL. Si Joffrin ne revendique pas la paternité de l’expression « monarchie élective », il déclare qu’il a été « l’un des premiers » à l’employer, et n’a aucun mal à expliquer sa validité : « Remplaçant le Premier ministre, court-circuitant les ministres, marginalisant le Parlement, intervenant dans le fonctionnement des médias, le Président s’est attribué, à la limite de la Constitution, un rôle hors du commun, entraînant le pays dans un tourbillon d’initiatives disparates et personnelles qui finissent par donner le vertige à sa propre majorité. »
Commentaire. Beaucoup d’eau tiède, entre gens de bonne compagnie, nous parlons entre égaux, et le débat ne risque pas de transpirer à l’extérieur. Je pense à cette autre expression des mêmes partenaires de la table de jeu, qui a fait florès pendant la campagne présidentielle : « démocratie d’opinion ». Vous savez ce que ça veut dire, démocratie d’opinion ? Et « monarchie élective » ? Cela veut dire que les élites confisquent le débat à leur seul usage, pour qu’il reste entre gens bien élevés. Le grand CHRISTOPHER LASCH (Le Moi assiégé, Editions Climats, 2008, p. 20) dénonce cette mutation : « La technologie en vient ainsi à faire office d’instrument efficace de contrôle social – dans le cas des mass-médias, elle court-circuite le processus électoral par le biais de SONDAGES (c’est moi qui surligne) servant plus à façonner l’opinion qu’à l’exprimer, en réservant aux médias eux-mêmes le droit de sélectionner les leaders et « porte-parole » politiques, et en présentant le choix de leaders et de partis comme un choix de biens de consommation. ». Autrement dit, le « tous pourris » n’est même plus d’actualité : c’est le SUPERMARCHE. Le sondage lui-même est une marchandise, même s’il est en même temps un instrument politique (voir PATRICK CHAMPAGNE, Faire l’opinion, Editions de Minuit, 1990). Et dans ce supermarché, ce sont les spécialistes autoproclamés qui mettent en rayon. Car l’essentiel, c’est que le spectateur reste un spectateur : vous vous rendez compte, si on les laisse devenir acteurs de leur propre vie ? Attention à nos places, à nos sinécures. Restons entre gens bien élevés, et laissons la populace venir se faire humilier sur les plateaux de télévision par des animateurs (Les Animatueurs, comme dit MICHEL MALAUSSENA, dans le livre portant ce titre et paru en 2008, Jean-Claude Gawzevitch éditeur) pleins aux as et arrogants, et arrogants parce que pleins aux as.
J’ai décidé de BOYCOTTER le supermarché politico-médiatique. Comment ? Je parle des journaux, ce qui contredit la phrase précédente ? Mais non, voyons ! Vous devez savoir que l’ennemi, il faut s’efforcer de le connaître le mieux possible. Oui : L’ENNEMI.
10:00 Publié dans Réactions à chaud | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Journalisme, Journaux, Presse écrite, Humeur, Libération, Laurent Joffrin
07.01.2008
SALAUDS DE CHÔMEURS !
Vous l’avez entendu, le père Noël, non, le saint Nicolas, enfin saint, sûrement pas, plutôt Sarkozo, Karzizi, je m’embrouille. T’es chômeur, t’as plus le droit de refuser le boulot pourri que te propose l’ANPE. Je connais un professeur d’université cambodgien qui est, en France, magasinier. C’est sans doute ça, « travailler plus et gnagnagna ». Enfin, t’auras plus le droit après deux propositions « valables ». J’attends la définition qui sera donnée de « valable ».
Maintenant, vous savez pourquoi il veut faire passer la mesure ? Tout simplement, parce qu’il y a en France 500.000 emplois non pourvus, en clair : 500.000 offres d’emploi non satisfaites, vous savez, ces boulots, paraît-il, que les Français ne daignent plus faire, peut-être parce qu’ils n’y sont pas assez valorisés, genre technicien de surface ou « ambassadeur du tri » (ça existe, oui monsieur !). Ce n’est pas normal : il y a du boulot, mais les gens n’en veulent pas. Vous allez voir ça : ils vont s’y mettre, et pas plus tard que tout de suite, proclame le nouveau Don Quichotte élu président de la République Française : NICOLAS SARKOZY, qui ferraille contre les nouveaux moulins à vent.
Maintenant, est-ce que vous savez comment on arrive à ces 500.000 ? Le scepticisme vient à la lecture du Libération d’aujourd’hui 5 janvier 2008. « 500.000 emplois non pourvus ? Ça monte encore plus vite que le pétrole » ironise MARC MOREAU, d’Agir Contre le Chômage ! En mélangeant les chiffres des annonces qui n’avaient pas trouvé preneur et ceux sur les difficultés de recrutement des entreprises, l’ANPE avait fourni en 2004 à FRANÇOIS FILLON le chiffre de 300.000 simplement en multipliant par trois le chiffre de 100.000 obtenu, tout simplement parce que l’ANPE traite environ un tiers du total des offres d’emploi dans le pays. Alors là, chapeau, c’est mathématique, rigoureux et scientifique, les gars, là vous vous êtes surpassés. Libération commente sobrement : « Un calcul pour le moins approximatif ».
Attendez, ce n’est pas fini. En 2005, selon la même ANPE, le chiffre tombe à 200.000, et c’est alors que, magie, magie, DOMINIQUE DE VILLEPIN en sort de son chapeau 500.000. Le président SARKOZY lui emboîte donc le pas : il aurait pu y avoir 500.000 emplois non pourvus, il y en aura donc 500.000, parce que je le vaux bien, et surtout parce que je le veux ! (Rappelez-vous le : « Je veux 3% de croissance »). Et tout le monde gobe, les honnêtes gens, les honnêtes travailleurs, les honnêtes retraités, parce que tout le monde (ou pas loin) est imprégné de ce volontarisme que Sarkozy n’a fait que récupérer : « (…) si vraiment les chômeurs voulaient travailler, ils le pourraient » (Libération).
C’est le vieux volontarisme judéo-chrétien : QUAND ON VEUT, ON PEUT. Le pionnier de l’Aéropostale, Guillaumet, a prononcé (ou bien on lui fait dire) cette phrase athlétique : « Là où il y a une volonté, il y a un chemin ». C’est une variante que MITTERRAND affectionnait. Presque aussi chic que « Travailler plus et gnagnagna » du maintenant célèbre Sarkozy, le même qui vient de déclarer (en privé, mais c’est Le Canard enchaîné qui publie le propos, 2 janvier 2008) : « Je vis ma vie et je me fous des commentaires des uns et des autres. Ils ont eu l’habitude d’avoir à l’Elysée, depuis douze ans, Papi et Mamie. Moi, j’ai un nouveau style. Il va falloir que tout le monde s’adapte. Maintenant, les Français ont un vrai mec, à l’Elysée, qui en a et qui s’en sert ». Tout le monde appréciera à sa juste valeur ce « nouveau style ». Qu’en pensent les chômeurs ?
08:10 Publié dans Réactions à chaud | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Chômeurs, Chômage, Sarkozy, Villepin, Libération, Fillon, Littérature


