30.11.2007

EPOUVANTAIL 12 - TERRORISME DE LA MOYENNE

PHILIPPE VAL, vendredi 23 novembre, sur France-Inter, a repris sa démonstration par l’absurde de l’absurdité de toute MOYENNE : vous avez les pieds dans le congélateur et la tête dans le four, vous faites la moyenne des deux températures : c’est la température IDEALE, sauf que vous êtes mort. C’est aussi bête que ça.

 

J’ai déjà parlé de la moyenne, dans « Mes épouvantails 8 – Eloge du Grand Statistiqueur », article paru sur le blog le 7 novembre. Mais plus ça va, plus j’ai l’impression que, sous des dehors neutres, objectifs, bienveillants et finalement invisibles, indifférents ou pas intéressants, il y a là une grosse illusion, une énorme imposture contre laquelle il faut encore s’élever. C’est pour ça que j’y reviens. Je me rappelle avoir lu, il y a assez longtemps, dans le journal Le Monde, un article intitulé « Le Trou noir des statistiques ». Ce titre énonce une grande vérité.

 

Les habits de la statistique sont rutilants, ils ont l’évidence de ce qui est naturel, ils sont une figure du VRAI, de l’incontestable, car il s’agit de données. Ah tu comprends, ce sont des données, donc on ne peut pas les remettre en question. La statistique est une figure actuelle incontournable de la MYTHOLOGIE DU VRAI, voire de la Religion du Vrai, autrement dit de l’Illusion du vrai. Un petit coup de pied de DOUTE dans cette fourmilière de la prétention serait le bienvenu.

Je redonne le mot de Churchill : « JE NE CROIS QU’AUX STATISTIQUES QUE J’AI MOI-MÊME FALSIFIEES ». L’intérêt de cette citation, c’est de faire apparaître la statistique comme un OBJET DE CROYANCE, un peu comme une religion, si vous voulez, comme une idole à honorer, à prier. Rappelez-vous Sarkozy : « Je veux 3 % de croissance » : avec ce « 3 % de croissance », il est alors en plein dans la croyance au pouvoir magique des chiffres de la statistique. « Mon dieu, donnez-moi 3 % de croissance et je serai sauvé ». Pauvre homme finalement, Nicolas Sarkozy, avec ses efforts désespérés pour s’assurer une emprise sur le réel, ou pour faire croire qu’il en est capable. Et d’abord, pourquoi seulement 3%, pourquoi pas 3,1416 ? Je pose la question.

Une moyenne est le résultat de calculs, et ces calculs, il faut bien qu’ils soient faits par quelqu’un. Par qui ? On ne sait pas, c’est anonyme, c’est quelqu’un qui est dans la chaîne qui établit un pouvoir, mais dont le nom doit rester inconnu, ou plutôt non : dont le nom est sans aucune importance. Ensuite, à partir de quoi ? On est bien obligé de collecter les chiffres (du chômage, de l’espérance de vie, du nombre de lecteurs MP3 vendus dans l’année ou d’appels surtaxés passés depuis un téléphone portable, enfin bon, aucun domaine de la vie humaine n’échappe aux griffes de la statistique). Qui va collecter les chiffres ? Dans quelle brouette sont-ils versés et par qui ? Qui les a livrés ?

 

Le dernier mensonge de l’INSEE : dormez en paix, Françaises-Français, votre pouvoir d’achat, eh bien, vous voulez savoir ce qu’il a fait ? Voilà : VOTRE POUVOIR D’ACHAT A AUGMENTE. Et grâce à NICOLAS SARKOZY, vous allez voir ce que vous allez voir ! Quelques journalistes tentent bien de donner la parole à des pousseurs de caddie qui affirment que la même somme qu’auparavant ne suffit plus à le remplir autant ? Vos fins de mois se situent au 22 du mois alors que jusque-là, vous pouviez aller jusqu’au 25 ? Ce sont des IMPRESSIONS, on vous dit, et bien sûr, des impressions FAUSSES. Le passage à l’euro ? Tranquille, Mimile. La vie quotidienne ? A l’aise, Blaise. Manger beaucoup de fruits et légumes ? Cool, Raoul. L’INSEE, avec l’établissement « scientifique » de toute sorte de MOYENNES, donne des outils parfaits à tous ceux dont le fonds de commerce est le mensonge politique, autrement dit, le discours politique.

 

Il reste que le nombre des PAUVRES a explosé : on parle de 7.000.000. Voilà la vérité. Quand à la radio, le journaliste annonce, tout neutre, les bons chiffres de l'INSEE puis, juste après, toujours très neutre, le nombre des pauvres, pourquoi serait-il moins neutre de commenter la CONTRADICTION ?

 

A Suivre ...