08.10.2007

72 - LE POILU EN BAS-RELIEF

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J’admettrai peut-être, contrairement à ce que j’ai dit précédemment (voir ma note 62), qu’un monument où rien de guerrier n’est représenté peut être qualifié de pacifiste. Après tout, est-il très normal que le 11 novembre soit une journée de défilé MILITAIRE ? Est-il normal qu’une poignée d’abrutis fassent les fiers derrière le cordon de CRS pour empêcher des amoureux de la PAIX d’aller se recueillir sur ce qu’il reste des hommes de Verdun, à Douaumont, pour leur rendre hommage (voir ma note précédente) ? Bon, je sais, la « nation en arme », la « patrie en danger », ça a une couleur de Révolution Française, de sursaut national : tout citoyen doit se lever à l’appel de la Nation pour la défendre. On appelait cela la conscription, il n’y a pas si longtemps, autrement dit le « service militaire ». Et dans bien des villes et villages qui ont gardé l’habitude de « fêter les classes », les gens continuent à se qualifier de « conscrits » alors même que le mot, dans la réalité, a perdu toute  signification militaire. Peut-on même soutenir aujourd’hui qu’il reste des « nations » ? Certes, il y a le sport, et les supporters français ont bien entonné la Marseillaise dans les rues de Cardiff après la victoire de leurs rugbymen sur ceux de Nouvelle-Zélande. Mais est-ce pour autant suffisant ? Ou alors je ne sais plus ce que veut dire le terme.

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La professionnalisation des armées coupe automatiquement celles-ci du peuple. Celui-ci, d’un côté, est débarrassé d’une belle corvée (pour moi, ça a duré douze mois, passés à glander et à faire semblant de se préparer à servir le pays). Mais d’un autre, on lui a enlevé un droit, et la fin de la conscription n’est qu’une officialisation de ce qui était une réalité depuis belle lurette : la mort de l’idée de nation. Le peuple libre et souverain n’est plus en mesure de se défendre en cas d’attaque. Alors je me pose la question : qu’est-ce que le peuple aujourd’hui ? Sans même parler de « libre et souverain ». C’est pourquoi il me semble particulièrement incompréhensible, de nos jours, que le 11 novembre soit d’abord une fête militaire. Selon moi, il y a une sorte de confiscation. Je le maintiens : les combattants de 1914-1918 étaient des CIVILS à qui on a fait porter l’uniforme. C’est donc à toute la population CIVILE que revient de commémorer leur disparition en masse. Militariser la cérémonie, c’est en exclure les civils. Pardon si je choque certains visiteurs. Le 11 novembre devrait être l’occasion de chanter un « hymne à la paix ».

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8d92b37d9d42507d45197fbfba85c0df.jpg9bee5298e96aa0983ba20b34bfe1cbdb.jpgTous ces poilus que l’après-guerre a statufiés étaient avant tout des paysans, des ouvriers (voir ma note 68), des intellectuels, qui avaient tous leur vie, grise ou rose, quelque part, leur métier, une vie quotidienne, des problèmes de couple, et tout, et tout. Ce qui m’ennuie terriblement dans ces cérémonies du « souvenir », c’est qu’elles me semblent totalement dévitalisées et abstraites, des cérémonies pour la forme, parce que « c’est comme ça », des mécaniques bien huilées mais qui fonctionnent à vide. Pourtant, il faudrait peu de choses pour y mettre du vivant. Par exemple, j’ai déjà suggéré à Monsieur le Maire de lire à haute et intelligible voix chaque prénom et nom qui a été gravé sur le monument. Monsieur le Maire et non des enfants, qui seraient bien sages, mais qui ne feraient que réciter une leçon. C’est aux adultes de faire vivre un souvenir, que diable ! Dans le film de BERTRAND TAVERNIER, La Vie et rien d’autre, on peut se faire une vague idée de ce que veut dire concrètement « faire vivre un souvenir ». Je parlerai évidemment de ce film incontournable, dans lequel le sculpteur Mercadot déclare sans ambages au commandant Dellaplane qu’il est en train de vivre un nouvel âge d’or dans son art : « Vous vous rendez compte : 35.000 communes et 300 sculpteurs ! ».

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912233698dcd72da08b0283479561afc.jpge116a8e817312b43eee6af7c433a2e25.jpgDès qu’une commune choisit de représenter le principal acteur de cette guerre, le sculpteur, qui est sous contrat ou non avec une grande entreprise (marbrerie ou fonderie), se met au travail. Nous avons vu diverses réalisations qu’on qualifie de « ronde-bosse ». Je voudrais montrer aujourd’hui le poilu tel qu’il apparaît dans des « bas-reliefs », ces sculptures exécutées de façon à ce que le sujet se détache sur le fond tout en restant pris dans la matière. Le poilu apparaît de face, de profil, de trois quarts, debout ou alors couché, vivant ou plus rarement mort : l’artiste a la même liberté de création (sauf qu’il s’agit d’une commande), seuls changent le budget alloué à l’œuvre et, bien entendu, son habileté. Le savoir-faire de l’auteur du monument d’EAUBONNE est magistral, celui d’ALBENS est plus empreint de gaucherie. La pierre de celui d’ETABLES-SUR-MER a été à peine entamée pour laisser apparaître en partie la silhouette. On ne sait si le poilu d’HOMBLIERES crie victoire ou manifeste sa joie de rentrer au foyer (la Marianne qui le surplombe me fait pencher pour la première solution). Celui de MESSEI monte la garde par une froide nuit d’hiver. C’est visiblement le même artiste qui a réalisé les monuments de PALINGES et de SAINT-DESERT (Saône-et-Loire).

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07.10.2007

71 - LE POILU A L'AFFUT

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Dans ma note précédente, j’ai peut-être donné l’impression d’en vouloir à quelqu’un. C’est certain, on en veut toujours à quelqu’un. Gamin, j’en voulais à mort à Napoléon de n’avoir pas vu le rôle crucial de cette ferme dont les Anglais allaient se servir comme d’un bastion inexpugnable, à WATERLOO. Mais 14-18 ? Comment en vouloir à quelqu’un en particulier ? C’est une société dans son ensemble qui se SABORDE, qui se SUICIDE, aveuglée par une rivalité quasiment « ethnique » (vous savez : « qu’un sang impur abreuve nos sillons ». Au fait, il faut faire la liaison entre « sang » et « impur », ça donne « un sanguimpur » ou « un sanquimpur », vérifiez). Tous les membres de cette société sont complices, tous. Je reviens à ROMAIN ROLLAND : toute la presse entretient, pendant toute la durée de la guerre, la HAINE envers ceux qui osent émettre, fût-ce avec modération, des avis qui n’exaltent pas la haine du « boche », toute la presse entretient un climat de HAINE et d’appel au meurtre de qui n’accompagne pas, non : ne précède pas ce mouvement d’ivresse patriotique. Il y a une compétition, une surenchère permanente dans le délire. Romain Rolland en donne maints exemples dans son Journal de Guerre 1914-1919 : c’est proprement ahurissant, incroyable et scandaleux. On dénonce, à propos de la 2ème Guerre Mondiale, les excès racistes et antisémites de Céline, Drieu la Rochelle, Rebatet. Mais relisez la presse parisienne de 14-18 : ce sont les mêmes ordures racistes jetées à pleines poubelles sur des gens qu’aujourd’hui nous aimons et avec qui nous nous mélangeons.

 

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J’étais présent, pendant l’été 1976, à la MARCHE METZ-VERDUN : il y avait THEODORE MONOD, l'humaniste au visage grave, qui portait un petit sac à dos et tenait souvent à la main un charmant chapeau vaguement vert et complètement informe, il y avait le dessinateur CABU (il y avait sa femme, j’ai oublié son prénom (Catherine ? qui écrivit plus tard dans Combat non violent, si je ne me trompe), et son fils qui, à quinze ans, s’exerçait à faire le cracheur de feu), il y avait MARCO PANELLA, ce turbulent député italien du « partito radicale », il y avait Mouna Dupont, autrement dit, AGUIGUI MOUNA, qui publiait une revue, Le Mouna Frère, pour les besoins duquel il m’a pris quelques photos. J’ai encore celle où il fait la bise au fils de Jacques et Danielle, les copains de Besançon : on a fait la marche en poussant et tirant à tour de rôle une carriole où dormaient et jouaient les deux petits, et sur laquelle on avait inscrit ce slogan définitif : « Des biberons, pas de canons ». Tout ceci pour dire que 14-18, dans ma vie, ce n’est pas d’hier. Je crois que je suis né avec 14-18 dans la mémoire. J’ai dû ingérer la gélule avant de téter le téton. Soyons sérieux : une des scènes les plus belles dont je me souviens est celle de notre cortège sur la petite route avant DOUAUMONT : ce SILENCE, mes amis, ce recueillement, ce respect, cette tristesse paisible et néanmoins concentrée ! Impossible d’exprimer : j’ai pris une photo de tous ces dos qui avançaient vers des tombes, vers des milliers de croix blanches soigneusement rangées, vers le cimetière d’une bataille aussi absurde que toutes les autres, simplement plus meurtrière. Il ne faisait pas très beau : toutes ces épaules un peu voûtées. Nous étions, à nous tous, un MONUMENT AUX MORTS. Je vais vous dire : cette marche en silence, sur cette route traversant les bois, on entendait seulement les pas des centaines de gens, cette marche reste dans ma mémoire comme l’une des rares PRIÈRES que j’ai faites dans toute ma vie. Pour l’anecdote : nous n’avons pas pu accéder à l’ossuaire, car outre les CRS (était-ce des gendarmes mobiles ?), il y avait quelques « gros bras », qui arboraient sur leur crâne le béret rouge des anciens paras. Visiblement, nous ne pensions pas à la même guerre. Suis-je seulement pacifiste ? Bien sûr, la paix est le plus grand des biens. L’injustice reste injuste, quoi qu’on pense. Pourquoi la Prusse et l’Autriche-Hongrie ont-elles attaqué la France ? On sait tous les détails, mais la vraie raison, je n’ai toujours pas compris. Il faut se défendre. Et pour ça, il faut se préparer et être fort. Mais c’est au cours de cette marche, je crois que c’était à Etain, que nous avons rencontré une femme, une « ordinaire », « du peuple », qui haïssait encore les « boches » ? Mais bon, il y a eu entre-temps 40-45, ça aide peut-être à comprendre.

 

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Le poilu guetteur, c’est cet être humain qui a la charge de veiller à la sécurité de tous. On lui a ordonné d’être là, de rester là. Il n’a pas choisi, mais la survie en dépend. Un boulot à faire, quoi ! Ceux qui aiment la BD pensent à La Cage, de HERMANN (dans Abominable). Mais un boulot auquel il ne faut pas se dérober, on ne peut pas avoir envie d’y échapper. Le monument aux morts lui rend hommage très parcimonieusement, à cet homme qui veille à la frontière. Plus de symbole qui vaille : le contexte est dessiné, la tranchée est visible, la casemate est suggérée. Mais les yeux de l’homme sont le rempart, et ce rempart mérite notre respect, c’est-à-dire, tout aussi bien, notre silence et notre parole.

06.10.2007

70 - LE POILU AU REPOS

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Cette note se propose de reprendre et de développer ma note n° 4, « La Sentinelle ». « POILU AU REPOS » est l’intitulé de l’œuvre que le sculpteur ETIENNE CAMUS a réalisée pour le compte des « Etablissements Artistiques Edmond Guichard », à Castelnaudary, et la « Fonderie de Tusey » près Vaucouleurs (Meuse). J’ai glané ces renseignements sur le site de M. Alain Choubard : voir ma rubrique « Blogs à visiter ». De cette sculpture, il cite le nombre de 400 exemplaires recensés sur l’ensemble du territoire. S’il est exact, et je n’ai aucune raison de douter, ce nombre, d’une part, est effarant, d’autre part, il confirme ce que je disais dans ma note précédente : le monument aux morts, entre les années 1919 et 1930 (c’est approximatif), est avant tout un MARCHÉ JUTEUX. J’avoue que je m’interroge à présent sur le sens de l’opération. Vous le verrez à votre tour sur les clichés : chaque statue est peinturlurée de façon différente, chacune est dans un cadre différent, chaque fois, le socle, l’enclos est différent, mais voir toujours la même figure, ça fait quand même un drôle d’effet. De deux choses l’une : soit on reconnaît un souci d’unité nationale derrière la diffusion à une vaste échelle d’un seul et unique modèle, une sorte d’égalité de traitement entre tous les particularismes locaux, soit on y voit le résultat d’une énorme entreprise de marketing, de démarchage à domicile des personnels politiques municipaux.

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Il faudrait savoir très concrètement les raisons administratives et/ou financières qui ont permis, favorisé ou déclenché ce mouvement de construction hors du commun. Je n’ai pas le temps de faire la recherche, mais la réponse se trouve peut-être dans ce que dit ROMAIN ROLLAND dans son Journal de Guerre 1914-1919 : il est en relation avec des gens de tout bord, de tout pays, non pas de toute opinion, puisqu’il reste sur une position résolument pacifiste, et que s’il était revenu en France, il y a des chances qu’il aurait alors été assassiné. Il recueille toute sorte de témoignages, venus d’Allemagne, d’Angleterre, de France, à partir de 1916, qui montrent qu’au sein des troupes (principalement des paysans et des ouvriers), le sentiment est au mécontentement, voire à la révolte contre, d’une part, les chefs, d’autre part les puissants. La « chair à canon » est dotée d’un cerveau. Le poilu comprend que des gens qui sont bien à l’abri, envoient se faire tuer des gens qui n’ont pas voulu ça. C’est pour ça que je m’intéresse par ailleurs aux fraternisations qui ont eu lieu entre Français et Allemands, sur le front. Pensez donc : si, une fois la guerre finie, les hommes qui ont vu le feu et risqué leur vie reviennent avec l’intention de se venger des décideurs, l’ordre public a du mouron à se faire. Un bourgeois comme Romain Rolland entrevoit même une possible Révolution, dont on a vu une ébauche, d’ailleurs, en Allemagne, férocement réprimée, si je me souviens bien, par la République de Weimar. C’est toute la bourgeoisie qui tremble, au lendemain de la guerre. Alors, le monument aux morts ne peut-il être considéré comme une sorte de réponse aux éventuelles velléités populaires de s’en prendre à des responsables ? Cette floraison ne joue-t-elle pas, finalement, le rôle d’un « canal de dérivation » ? Le raisonnement est le suivant : donnons une signification patriotique à cette catastrophe humaine pour éviter que tout ce sang ne nous retombe dessus ou bien, pire, n’appelle le versement du nôtre. Imposons une lecture idéologique qui nous arrange des événements de ces quatre ans, et nous serons tranquilles. Romain Rolland reçoit bien des lettres de combattants qui ont lu son recueil Au-dessus de la Mêlée, et qui le remercient de son pacifisme, car eux, ils sont plongés jusqu’au cou dans le chaudron de l’enfer. Mais une fois retourné chez soi, comment faire partager l’expérience de l’indicible ? N’a-t-il pas été somme toute facile, après la « victoire », de faire gober à l’opinion publique le mythe de la France victorieuse, victoire obtenue grâce au sacrifice de millions obscurs de héros nationaux ? La sentinelle, ce « poilu au repos », est une force tranquille qui, par son impavidité, a sauvé le sol sacré de la Patrie d’une honteuse profanation, et qui l’a rétablie dans sa totale souveraineté.  J'ai collecté plus de 650 photos sur ce thème, dont une bonne centaine de ce "modèle unique". Voilà comment s'écrit l'Histoire.

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24.09.2007

60 - LA FEMME SOUTIENT LE POILU BLESSE

60 – LA FEMME SECOURT LE POILU BLESSÉ

 

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Tout poilu, ou presque, a dans son portefeuille la photo de sa fiancée, de sa femme, de sa mère ou de la mère de ses enfants peut-être, photo que, au moment de mourir, il confie, en même temps que la dernière lettre à ses parents qu’il n’a pas eu le temps d’envoyer, à son pote de tranchée, avec mission pour celui-ci de transmettre ce courrier moral. Le camarade fera tout pour remplir sa mission, et se rendra coûte que coûte à BEISSAT, dans la Creuse, dans la maison des parents d’EUGENE VESSET, pour raconter en termes dignes et forts les derniers moments de leur fils, mort le 20 octobre 1918, vous vous rendez compte, à si peu de jours de la fin des hostilités ? Le lieutenant ne voulait pas faire sortir ses hommes de la tranchée, il devinait, mais le commandant, sur ordre du général, est resté inflexible, il fallait faire honneur à la nation, et le capitaine n’a pu que s’incliner. Le lieutenant aussi y est resté. Les vingt grammes de métal blindé ne savaient pas qu’on attendait Eugène à Beissat avant de l’effondrer. Il s’est senti mourir. Il a eu le temps d’appeler son copain NOEL VILA pour lui passer le maigre fourbi. Il ne savait pas que, six jours plus tard, Noël subirait le même sort. Ce dernier a sa plaque émaillée sur le monument de CASEFABRE, dans les Pyrénées-Orientales. Eugène ne connaissait pas Casefabre, si éloigné de Beissat, dont Noël ignorait l’existence.

 

 

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Alors que reste-t-il ? LES FEMMES. En 1918, c’est certain, il reste les femmes. Leur faiblesse supposée révèle, favorise et détermine leur force, au final. Le monument aux morts de la « Grande Guerre » ne serait pas grand-chose sans les femmes. J’ai collecté quelques exemplaires de la commémoration de 1870-1871 : rien à voir, soit la femme est absente, soit le monument est abstrait. Sauf une grossière erreur de jugement de ma part, le monument aux morts de 1914-1918 amène la femme sur le devant de la scène et montre, de façon directe ou indirecte, l’irruption de la femme dans le concert des acteurs à part entière de la société. Soit elle est la femme symbolique dont j’ai déjà parlé (la République), soit elle traduit, par sa présence physique et affective, l’importance de son rôle dans les représentations que le monde industrialisé commence à répandre. La guerre de 1914-1918, peut-être (et selon moi), inscrit en lettres majuscules dans l’histoire humaine l’échec de la virilité dans la conduite des affaires. Il est temps que la femme prenne les choses en main, semble-t-il. Le masculin, ivre de l’illusion de sa puissance, mène le monde à sa destruction. La guerre européenne qui a duré d’août 1914 à novembre 1918 proclame et provoque avec un éclat définitif la DÉFAITE DU MASCULIN comme autorité morale et politique. Le PRINCIPE VIRIL sort à jamais VAINCU de cette conflagration. Lecteur bénévole, médite bien cette forte parole !

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Le symptôme de cette substitution apparaît dans les monuments aux morts, sous la forme d’une femme qui se porte au secours de l’homme blessé. « Ayez pitié de l’homme qui a peur », chante le groupe canadien BEAU DOMMAGE. Cette femme des monuments aux morts vient aider, consoler l’homme vaincu. Très souvent c’est l’ange patriotique qui désigne le ciel national comme la destinée de l’âme des sacrifiés. Ou bien, c’est la Marianne, guerrière ou non, qui donne du sens à la mort des morts. Quand elle a un casque, une épée, des ailes, la femme est désincarnée, même si le sculpteur a rétabli un minimum de chair vivante dans le symbole abstrait. Il arrive cependant que cette « auxiliatrice » revête la chair et les os, les formes et les lignes d’une femme directement inspirée du réel sensible, s’il n’est pas sensuel. Les traits, le port de tête, l’attitude du corps, la force déployée pour empêcher le blessé de s’effondrer par terre, tout montre en dessous une vie vibrante. MAO TSE TOUNG dira plus tard que « les femmes portent la moitié du ciel ». Ce grand « poète » n’a fait qu’avaliser les conclusions auxquelles conduit la simple réalité. La loi, à reculons, consacre avec une continuité non démentie les avancées. S’il s’agit d’une autre guerre, on sait d’ores et déjà qui vaincra : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». (NB : la belle sculpture en photo bien contrastée ci-dessus est sise à NOGARO dans le GERS).

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Ce qui est certain, c’est que ce thème de « la femme soutenant le poilu blessé » a donné lieu à quelques fort belles réalisations, que le souci photographique et le savoir-faire de quelques amateurs avisés a pu restituer dans des images de belle facture, et qu’il n’a inspiré aucune entreprise de production en série plus ou moins industrielle et commerciale. Je n’ai pas collecté deux exemplaires identiques. C’est plutôt bon signe.

18.09.2007

54 - LE POILU BLESSE

54 – LE POILU BLESSÉ

 

Voici le poilu blessé de CHAUDENAY (71).

 

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Appuyé sur son bras droit, il presse sa main gauche sur son cœur, peut-être sa blessure. Il garde la main droite sur la crosse de son fusil et regarde au loin, dans le vague. Son uniforme reste bien en ordre, sauf la capote qui laisse voir la jambe droite repliée. Le monument fait trôner le coq national au sommet de l’obélisque (voir ma note 42), une couronne de lauriers de métal est fixée sur le socle. Le cliché ne me permet pas de déchiffrer l’inscription.

 

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Va-t-il mourir ? J’espère que non, comme tous les spectateurs, j’imagine, et c’est d’ailleurs bien là l’effet recherché dans cette thématique : serrer le cœur de celui qui regarde. Il y a encore de la vie, de l’espoir, et pourtant l’homme est allé au sacrifice sans discuter, sans barguigner. S’il s’en sort, il aura quoi qu’il arrive prouvé qu’il a « fait son devoir ». Peut-être sa poitrine portera-t-elle une croix qui en fera foi.

 

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Si la thématique est extrêmement répandue sur le territoire français, cette sculpture se rencontre en de nombreuses localités : sans avoir fait un dénombrement exhaustif, j’en ai trouvé trente-cinq, ce qui n’est assurément pas rien. Dans la majorité des lieux, le poilu blessé est seul, soit offert sur le piédestal, soit dominé par un obélisque nu.

 

e155cdfbeec538d6bbbe52ca1b0ddecd.jpgc817b65bed29d745b28224dc5817a5e0.jpgdd7fe0a1d687de33c4a950c6beda2d9f.jpg

 

Quelquefois, l’artiste le fait accompagner de symboles peu nombreux : une Marianne enveloppée d’un drapé savant, un camarade brandissant la couronne de lauriers, une urne, un coq, une croix de guerre, un calvaire, un ange, deux femmes agenouillées. A une exception près (LES EPESSES), il reste au centre de l’attention. Quelques communes lui ont restitué le « bleu horizon » réglementaire,

 

9f4fc4da21558eeca044c38194369421.jpgpartout ailleurs, on l’a recouvert d’une teinte qui semble le minéraliser, l’éterniser.

 

9016c33fc2821b750c6735b123b536f4.jpg3786c05f5dd67cf99959ef64c34ae397.jpg5e89fca7765f88566e45da692f5f2d55.jpgb093f4581387036d1a723de389f5535f.jpg

16.08.2007

25- LE BUSTE DU POILU

MONUMORTS 25 : LE BUSTE77e87a46fbac15cb1adb07df03c581dd.jpg

Lorsque le Romain de l’Antiquité, disons le patricien, le noble, au moins un chef des grandes familles, conduisait la fête des dieux Lares et des dieux Pénates, il se chargeait des bustes des ancêtres et accomplissait le tour de sa maison, pour que ceux-ci constatassent qu’il perpétuait sans faillir ni défaillir la tradition de la « gens ». c539ad134fb314e131616fc791db63d4.jpgLe buste, à cet égard, est la partie la plus haute et la plus véridique de la personne, puisqu’il en porte le visage, l’identité. C’est un portrait, sauf qu’il n’est pas instantané. Le buste figure la présence du mort chez les vivants en tant que personne humaine, en tant qu’individu. Il fut une personne et il le reste. e50fef49cd8c147add4575cf35e83417.jpg

Sur le monument aux morts, le buste est plus conventionnel et, partant, plus abstrait et impersonnel, plus général et intemporel. a4f3b2c84d69e80bddda88850bae77a7.jpgIl en existe des modèles stéréotypés qu’on retrouve ici et là, preuve de sa déchéance en objet et marchandise.  Ailleurs, peut-être le sculpteur a-t-il rendu les traits de son voisin, bien vivant, quant à lui : il faut le comprendre, il l’avait sous la main, c’était donc plus facile et plus évident. 328b71e41fa749b2f1b5d5932a7dcded.jpgMais ce buste-là, on ne le promène dans le village, on ne le juche pas sur un plateau pour la procession rituelle. 28f86c82708f763bc1c766717a74dfd9.jpg

Ce serait d’ailleurs une idée : plutôt que de rassembler en date et lieu fixes, autour de l’immuable monument, quelques anciens combattants, forcément toujours plus vieux, coiffés d’un béret militaire (toujours cette manie de confisquer la vie de morts qui étaient avant tout des civils), quelques officiels, dont un sous-préfet ou un conseiller général représenté par son secrétaire, et un maire qui sacrifie à un rite obligatoire plus qu’il ne fait VIVRE 9f66c41a8f3c5c9334efbc062991a4ec.jpgle souvenir de ceux dont les noms sont gravés, plutôt que ce spectacle morne auquel la population dans sa majorité est indifférente, pourquoi en effet ne pas parcourir les rues de la localité avec une FIGURE de ces arrière-grands-oncles ? a9297199d4d48b60597353887b6dae64.jpg

Voyez, dans l’ordre de leur apparition, les bustes qu’on peut voir à CORPS-NUDS (35), CURIERES (12), DELETTES (62), ESSEY LES PONTS (52), FAYENCE (83), IGON (64), JOSSE (40), LES GOUGINS (50), MAISNIL LES RUITZ (62)d1ad57d4cf618d80a7cebd116dada0c5.jpg, MERCK (62)42ec473f90cca32acfd6f0a4b36bd085.jpg, PARDIES (64)321ae16fa1d17e9805eb88d7c7b0bf3d.jpg, PARS LES ROMILLY (10)dc173245f402cc406092f5b10fe4eeb5.jpg, ROMAGNE (86)352e4f7192c5032640af479d44f7c30f.jpg, SAINTE RADEGONDE (33)5609d0ff994b157c955939f064a81d51.gif, SEVELINGES (42)07a3349902dd80a56139d16772d1cf59.jpg, VILLAINVILLE (76)b9a17b1f4e0622c3acd84c8c80f65665.jpg, et enfin SOUMOULOU (64)84cc3dea70babbd46c2c7bc8bd35ce6d.jpg, cliché particulièrement saisissant et remarquable.

14.08.2007

23 : A BERLIN !

MONUMORTS 23 : « A BERLIN ! »

Ils sont partis, nous dit-on, la fleur au fusil, en criant « A Berlin ! ». e300d1da5468baa5cef070ceebdcfce8.jpgEn 1940, pendant la « drôle de guerre », Ray Ventura et ses Collégiens chantaient : « On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried. » Même illusion. Nous, nous savons, nous sommes des malins, nous laissons le temps s’écouler, nous lui donnons le temps d’établir, une fois pour toutes, les faits et la vérité historiques, nous sommes sûrs ainsi de ne pas nous tromper. Nous sommes très forts.

Quand on est dans le feu de l’action, en pleine bataille, comme Fabrice del Dongo à Waterloo, au début de La Chartreuse de Parme, perdu dans les mouvements de troupes auxquels il ne comprend rien, on ne sait pas qui va gagner, qui va perdre. L’enthousiasme est ici permis.21d5528670f0d661c23b3b7192436d1b.jpg En 1914, oui, l’enthousiasme peut s’expliquer, tant la presse et les gouvernements ont préparé, façonné l’opinion en vue de la « Revanche ». Après la Marne, la « course à la mer », le front se stabilise, mais beaucoup croient encore en une guerre courte. 8a3a255abbd1d5a7314737343aec6a4f.jpg

Bientôt cent ans après, on sait ce qu’en vaut l’aune. Mais en 1920, on le sait aussi, on le sait déjà. C’est là que ça devient incompréhensible : comment des municipalités – en nombre non négligeable – ont-elles pu opter pour une représentation enthousiaste de la guerre pour rendre hommage aux innombrables morts que celle-ci a entraînés ? dfaa91fd794485a30069868c1f2888a2.jpgIl y a quelque chose de choquant dans ce choix. La population est meurtrie, les blessés, mutilés et autres « gueules cassées » se comptent par millions, et des hurluberlus posent sur le piédestal de la commune un soldat guilleret ! volontaire ! optimiste ! 1608b776707aed75565e7c282bdaddbc.jpgVoyez l’élan de son corps tendu vers l’avant, l’énergie du bras droit.

On constatera en passant qu’il s’agit à chaque fois du même modèle de poilu, d0d9015b2971f8838af2912d4bccff55.jpget que quelques étourdis l’ont vêtu de la tenue bleu horizon, quand on sait qu’en 1914, il part avec le fameux « pantalon garance », face aux uniformes « feldgrau » des allemands, censés mieux se fondre dans le paysage. 16a9c5043bc8562f77d2c0f6065df28a.jpg

Nous observons, dans l’ordre, AYETTE (62), BRIE COMTE ROBERT (77), DONZENAC (19), LACHAPELLE SOUS ROUGEMONT (90), LEFOREST (62), LE MAY SUR EVRE (49), LUSIGNY SUR BARSE (10), SAINT NIZIER DE FORNAS (42), SAINT LEGER (62)ae940b18dac72b8224d9ae7b498c093d.jpg, SEURRE (21)5bac327197ee30ed72f438dff725f36d.jpg.

09.08.2007

18 - LE POILU MORT

CADAVRE DU POILU

Il n’y a pas de guerre sans mort : oui, la guerre tue, contrairement à ce que voudrait aujourd’hui, par exemple, la population américaine. Mais foin des comparaisons risquées. En 1914-1918, à commencer par les chefs, on sait qu’il y aura des morts. On suppute même le contingent des vivants qui sera nécessaire pour atteindre tel objectif. En retrait de la ligne d’attaque, les chefs disposent plusieurs lignes de vivants, autant qu’il en faudra … avant le recul qui suivra. Le commandement possède là une réserve de vie, qu’il peut lancer, à son gré ou presque, dans la bataille, jusqu’à effacement ou presque. Militairement, la guerre de 14-18 est une démonstration de la vanité, de l’aveuglement, de la bêtise du haut encadrement militaire, de son absence criminelle d’imagination stratégique.

La « Grande Guerre » signe la fin de la « pensée militaire », si cette expression a une signification. Tel général français, quand il apprend que la troupe renâcle devant l’offensive, ordonne à l’artillerie (française) de régler les tirs sur la première ligne des tranchées pour obliger les poilus à en sortir. Combien de colonels Battisti (est-ce le vrai nom ?) étaient prêts à installer leur pliant et à fumer un cigare au-dessus de la tranchée, sous les tirs ennemis ou pendant l’offensive ? Et combien de Français sont morts sous des obus français envoyés sciemment par un général français ? Il paraît que les Allemands ont subi la même traîtrise. Il y a là du CRIME. Là-dessus, les monuments aux morts sont muets. Evidemment, cela s’explique. 855d51f77438980819dd4b0171ffb344.jpg28d081bcb7a7c47b5b9843b8f75e4231.jpg

Mais il arrive au monument aux morts de rendre hommage à la réalité mortelle du poilu en représentant  celui-ci dans la position digne du mort étendu de tout son long. Parfois même, la pierre sculptée donne l’image d’un poilu qui semble dormir, couché sur le côté, les bras croisés sur la poitrine (HAUTE-ISLE dans le Val d’Oise, 1° photo). C’est très curieux. Sur ce thème, je vous propose CHERENG (59), ESSE (16), FRIVILLE ESCARBOTIN (80), MORMANT (77), PIERREPONT (80), PONTFAVERGER (51), PROVENCHERES SUR FAVES (88), RICHEBOURG (62), VICIERS LES MONTAGNES (81).

 

 

a469a6ef9859c95abe4c48579a5ab007.jpge1165a7e0ffbc475640e8149cbd66b2a.jpg90e30e2ac14bf814086a60704689e5ea.jpg282e28a71970346579c6e61441d4f0d0.jpg0c028661f5c528258b9661b94e931bb0.jpg5967948d869e79437ca60c8cb5b58a40.jpg0d72b7df42b4d55979b77febd24407cb.jpgb0c547ba1ec72f374f23c98ebc74a12a.jpg

 

08.08.2007

17 - DANS LES TRANCHEES

L’illustration la plus vraie, permanente et saisissante du front, pendant toute la guerre de 1914-1918, c’est, tout le monde en conviendra, la TRANCHEE. C’est là que le poilu souffre, patauge, se bat contre les poux, la mort et la peur. C’est là que les tympans se brisent au fracas des bombardements. On mange dans la boue, on attend le fourrier, la bouffe, le vin, des nouvelles. On attend la relève. Pour tuer le temps, certains façonnent et ornent le métal des douilles d’obus. On s’occupe donc, on rêve, on se souvient, on ne pense à rien.  

 

On récite, avec Apollinaire : « Feu d’artifice en acier / Qu’il est charmant cet éclairage etc… », qui mourut le 9 novembre 1918, mais … de la grippe espagnole (authentique), après avoir vraiment combattu dans les tranchées.

 

La tranchée, c’est un boyau de terre, vaguement étayé, avec de loin en loin un abri : des rondins couverts de terre. Il paraît qu’il faut être jaloux des tranchées allemandes, en béton celles-là. Mais, en dehors, entre autres, du versant allemand des Vosges, où existent des fortifications, les Allemands sont logés à la même enseigne. Seule la durée d’un front, en toute logique, autorise le renforcement de la défense. Combien de tranchées sont sans cesse passées d’un côté à l’autre, au gré des offensives et contre-offensives ?

 

Impossible aujourd’hui de se rendre compte de ce que fut, au quotidien, la vie dans les tranchées. Des témoignages nous y aident (Le Feu, Les Croix de Bois, Orages d’acier, A l’Ouest rien de nouveau), mais ce sont des mots, lus en un lieu tranquille, fort éloigné dans le temps et l’espace de cet enfer.

 

Un certain nombre de monuments aux morts s’efforcent d’évoquer ce qui fut pour tant d’hommes sacrifiés, disons-le, un « lieu de vie ». Le plus remarquable, à ma connaissance, est celui de Ville-en-Tardenois42d81754c404f11c9870edf673fdaef2.jpg dans la Marne : le plus remarquable, entre autres, parce qu’il se veut une reconstitution, forcément aseptisée, certes, mais fidèle à ce qu’ont vu les hommes militaires.

 

J'en propose quelques autres, qui donnent de cette "vie" des aperçus variés : Ancenis (44)6366b8fbc41e95f9c868017baef5a619.jpg,

Arry (80)090ce9aea7c80047674a28670fb69f9f.jpg, Canchy (80)ae4122b7fd673a5172bde5c2d915921b.jpg, Dammarie sur Loing (45), 5e9422b086b34e20e4eae5cd79fb38a8.jpgLa Frette (95)bb221019d114378f3161744c7c3e7f94.jpg, La Garde Freinet (83)d79ba15d01508d7ebb05bab296b790b4.jpg, Lens (62)97c189ac6e6ef4fa59c02ea1dda83506.jpg, Mirebeau sur Bèze (21)dcc2ad90ae7656ff0765ac43864eacbf.jpg, Pontevès (83)50ab561cfdd59e3983b3a42d70008c39.jpg, Sombacour (25)dc09f25a0ecbd70858f260a8eabc090b.jpg.

26.07.2007

7 - MONUMENTS AUX MORTS : LE POILU

LE POILU

Dès avant la guerre de 1914-1918, le mot « poilu » appartient à l’argot militaire, désignant l’homme courageux, qui n’a pas froid aux yeux. Dans la guerre, le mot finit par s’étendre à tout combattant. Cela en dit déjà long.

Le monument aux morts, du moins celui érigé entre 1919 et 1925, (au nombre de 25.000 ou 30.000, certains disent 36.000, pour coller au nombre officiel de communes administratives en France, mais il est certain que c’est exagéré) sur budget municipal, avec souscription auprès des citoyens et/ou don de mécènes, rend largement hommage au POILU. Parfois, il n’en reste plus que le casque caractéristique, de profil, en haut-relief sur la pierre. Parfois, on voit le profil en médaillon. Souvent, est mis en valeur le buste du poilu, toujours fier : j’en ai personnellement relevé 226, la plupart du temps au sommet de l’obélisque. 90a783eb2b3b59698eaf36089090aca2.jpg 

Je voudrais évoquer aujourd’hui le poilu, lorsqu’il est figuré en entier, debout, 6ec0444e4b3cec80a1356987e75c6070.jpgassis ou couché, vivant ou mort, qu’il quitte sa famille, c84562e523fdfadc8166a5fc3a9b5653.jpgqu’il marche en vociférant : « A Berlin », f0a89a0ad378634145d0ebda19a80633.jpgqu’il veille dans la tranchée, qu’il revienne couvert de gloire ou que, sûr de mourir, il attende d’être emporté au paradis patriotique. 10d60ef50ce99d7f7d230cc5a5dacd79.jpg1c6c3c062728e20e4cec5869c1d86477.jpg                                     Le dernier présenté, cliché splendide, est le poilu chantant de Le May sur Evre, dans le Maine et Loire (49). Les autres sont : "buste" Essey les Ponts (Haute-Marne, 52), "Adieu" Houilles (Yvelines, 78), "Soldat mourant" Guéthary (Pyrénées-Atlantiques, 64), + deux autres qu'il faudrait que je recherche. A suivre. Allez, j'ajoute Begrolles en Mauges (49).89bcb6becbf2f6b8ef3c44f52b6db5fb.jpg