16.03.2008
LES ACTUALITES
LE TONNEAU DES DANAÏDES
Proverbe chinois : « La figure de Sarkozy, comme la queue du lézard, c’est repoussant ».
Libération du 12 mars
Page 9 : qu’est-ce que la tolérance ? Les élus des Pays Bas, confrontés de plus en plus à une poussée des islamistes dans la vie quotidienne, finissent par se mettre d’accord sur la notion de RESPECT DE LA NORME DU PAYS D’ACCUEIL. Pas trop tôt. Amsterdam a demandé à ses travailleurs sociaux, même musulmans, de serrer la main des femmes dans la rue. Six piscines municipales ont interdit le « burqini », maillot de bain « islamique », qui couvre l’intégralité du corps des femmes. A l’inverse, une agence gouvernementale appelle les Néerlandais à « s’adapter à l’islam ». La banque Fortis offrait une tirelire en forme de cochon pour toute ouverture d’un compte pour enfant. Elle offre maintenant une encyclopédie. Il y a visiblement une poussée des fondamentalistes. Cela vient après l’évêque anglican qui réclame que les tribunaux britanniques jugent les musulmans selon la « charia ». La civilisation européenne est-elle à ce point essoufflée, exténuée, en bout de course qu’elle ne puisse plus affirmer ses principes universalistes ? Et qu’on n’aille pas me prêcher ici le gnan-gnan tolérantiste, le visqueux de la générosité et le puant de l’altruisme à tout crin. Il faut regarder en face les cinglés qui viennent en face.
Vatican : Monseigneur GIANFRANCO GIROTTI, chef (on dit « régent ») de la « Pénitencerie apostolique », sorte de tribunal, propose d’ajouter aux antiques paresse, orgueil, gourmandise, luxure, avarice, colère et envie (rappelez-vous le film Seven et la chanson des "Travelling Wilburies" : the seven deadly sins), la pollution, les manipulations génétiques, les inégalités, le trafic de drogue, la pédophilie. Il oublie l’avortement et l’acte sexuel protégé. Mon catéchisme immémorial aux SEPT PECHES CAPITAUX ne s’en remettrait pas. Mon dieu ! Mon dieu ! Si vous voulez, on pourra reparler des Travelling Wilburies.
Au moment où les Chinois répriment au Tibet, les Etats-Unis retirent la Chine des pays où sont violés les droits de l’homme. Vous avez dit « droits de l’homme » ? Je vous prie d’être poli, monsieur.
En Chine, toujours, il est interdit de parler de Tang Wei, de diffuser les images de Tang Wei, les pubs de Tang Wei pour cosmétiques et les scènes érotiques du premier film où elle apparaît ont été sévèrement amputées (Lust, Caution, ce qui veut dire : « désir sexuel, danger », si j’ai bien compris). Je propose de délocaliser le Vatican à Pékin.
Les adolescents sont plus grands qu’avant et pubères plus tôt : c’est normal, on met dans les muscles et le système hormonal ce qu’on enlève au cerveau.
Pourquoi « tonneau des Danaïdes » ? La question est excellente et je vous remercie de l’avoir peueueusée, cher lecteur, chère lectrice. C’est tout simple : l’actualité étant, tout comme le temps qui s’écoule, inépuisable par définition, aucun autre récipient que ce tonneau sans fond ne serait capable d’en recueillir toute la substance. Je rappelle que les Danaïdes sont les 50 filles de Danaos qui, par peur des fils d’Egyptos son frère (eux aussi au nombre de 50), s’établit à Argos. Les 50 neveux de Danaos finissent par épouser les 50 filles. Sur ordre de papa, les fifilles tuent leur nouveau mari, sauf Hypermnestre, parce que Lyncée l’a laissée intacte. Un jour, Lyncée vengera ses frères en tuant le père et ses filles, qui eurent pour châtiment de remplir un vase percé. Je résume. Y a pas à dire : un peu de culture, si ça fait pas de bien, ça peut pas faire de mal, pas vrai ?
Le Monde, 13 mars.
Tout chronique hebdomadaire dans un grand quotidien de référence et du soir est sujette à des variations en hauteur, en intensité, en timbre, en durée, en harmoniques. Celle de FRANCIS MARMANDE, le jeudi, n’échappe pas à la règle. Aujourd’hui, tout sur la blonde d’Aquitaine, au salon de l’agriculture, mais lui, il le visite la nuit, au moment où les éleveurs et les vétérinaires s’occupent des bestiaux. On fait un détour (savoureux, il faut le dire vite) par le « Baron rouge », bistro parisien, dans les toilettes à la turque duquel on lit tout un dialogue en graffitis.
Je vous le restitue : deux carrés, avec la mention « les couilles à Picasso ». Le « à » est rayé au profit d’un « de », commenté d’un « Imbécile, t’as rien compris », lui-même suivi d’un « Et la bitte à Picasso ? ». La réponse fuse : « Elle ne prend qu’un thé ». Très joli !
Après, retour au salon. On apprend que les vétérinaires pratiquent le vêlage clandestin sous le périphérique, puis sècheront le nouveau-né au sèche-cheveux. Mais que faut-il penser de ce vétérinaire qui déclare : « Lors d’un examen au Salon, j’ai entendu des chœurs basques à travers la cage thoracique d’une blonde d’Aquitaine » ? Aujourd’hui, Francis Marmande était dans un bon jour.
En Irak, le contingent britannique a été diminué de 20 % en un an, et les dépenses dues à la guerre ont presque doublé dans le même temps. Les parlementaires s’en sont inquiétés.
La vogue des agrocarburants est en passe de devenir une malédiction planétaire (à commencer par l’indexation du prix des céréales sur celui du baril de pétrole, dont le prix lui-même est « en passe de devenir irrationnel » (titre de Libération il y a quelques jours)).
Rififi chez les moines : le père Cardonnel, 87 ans, au retour d’un voyage, avait retrouvé sa cellule, dans son couvent de dominicains, vidée de toutes ses affaires sur ordre du prieur. Le tribunal a condamné ce dernier à 1000 euros d’amende, pour « violation de domicile ».
La tuberculose, en France, touche 5000 personnes par an.
Beau spectacle d’ERRI DE LUCA à Grenoble. L’ex-brigadiste, écrivain, alpiniste joue lui-même dans Quichotte et les Invincibles. Vagabondage poétique et musical, d’après Raphaëlle Rérolle. « La chaise libre est pour le Quichotte qui se trouve peut-être ce soir dans la salle. Tous les soirs, dans toutes les salles, il y en a au moins un », déclare l’auteur au début. « Les invincibles, ce sont ceux qui, même continuellement battus, ne se laissent pas décourager. Quichotte est leur saint patron ! ». Le spectacle tourne en France. L’idée est belle.
Bientôt, la gastronomie française au patrimoine mondial de l’UNESCO ? Il paraît que c’est très sérieux. Vous y croyez, vous ?
Les filles réussissent mieux à l’école que les garçons. Normal, elles sont plus dociles. La preuve : leur écriture est (en général) plus lisible (j’en parle par expérience). Et les garçons se la jouent plus « façon rebelle ». Les sociologues appellent ça la « recherche de la reconnaissance par les pairs ». Traduction en clair : ils font les malins. On n’en a pas fini de payer les pots cassés de la mixité obligatoire.
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14.03.2008
A LA PECHE
POT-POURRI
Proverbe africain : « Laisse s’attendrir la chair du missionnaire avant d’y porter la dent ».
« Le chinois est l’une des langues les plus faciles à étudier », c’est Yang Jiechi lui-même qui le dit. « Sinon, comment expliquer qu’elle est parlée par 1.300.000.000 de personnes dans le monde ? » Il est chef de la diplomatie chinoise. (Le Progrès, 13 mars)
Plus un homme est grand, moins il est jaloux. Ce n’est pas moi qui le dis : c’est une étude publiée dans Evolution and Human behaviour. Chez les femmes, ce sont celles de taille moyenne qui le sont le moins, « parce qu’elles ont l’avantage en ce qui concerne la santé, la fertilité et la popularité auprès des hommes ». On se rassure comme on peut. (Le Progrès)
Pour rendre hommage à LAZARE PONTICELLI, je conseille le site http://dersdesders.free.fr/
Le site ne se limite pas à ce nom, mais tente d’ouvrir sur toute sorte de questions touchant à la guerre de 1914-1918, cette catastrophe qui a tué la civilisation européenne et, en même temps, l’idée même d’universalité. On y trouve par exemple les chiffres suivants : en 1995, en France, il y avait plus de 4.000 poilus survivants. Six ans plus tard (en 2.001), ils ne sont plus que 189. Tout de même, lisez la biographie de LAZARE PONTICELLI (s’il vous plaît, ne prononcez pas –tch-), si vous voulez voir une vie d’homme.
Joli titre, dans Libération du 11 mars : « Bayrou, le coup par coup permanent ». Bien trouvé, non ?
Ibidem : « Le goût de l’argent facile a corrompu la guérilla des Farc ». César Restrepo, universitaire colombien, diagnostique un mal profond chez ces ex-révolutionnaires. La drogue, qui était un moyen pour eux de se procurer des armes, pour prendre le pouvoir, pour instaurer enfin la dictature du prolétariat, la drogue est devenue une fin en soi. Les primes offertes par le gouvernement colombien pour la capture des chefs ont fait le reste. Ivan Rios a été tué par son « chef de sécurité », qui lui a coupé la main droite comme preuve, avant de se rendre à l’armée officielle.
Ibidem : l’homme qui fait du ménage dans la maison soulage sa femme, ce qui la rend toute « gaie, détendue, disponible, légère, souriante, libidineuse, tendre…heureuse quoi ! ». Et alors, le plaisir au lit s’en trouve multiplié. C’était dans la rubrique « L’étude ». Les sujets qui font l’objet d’ « études » sont pour moi un sujet perpétuel d’étonnement.
Allez, ce sera tout pour l’instant.
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12.03.2008
LU DANS LA PRESSE
REFLETS DU MONDE
Libération du 7 mars. DANIEL SCHNEIDERMANN parle de SOPHIE MARCEAU (une fois n’est pas coutume), qui a quitté le siège de TF1 sans faire l’émission prévue, quand elle a appris que l’invité qui la précédait s’appelait LE PEN JEAN-MARIE. Il y a donc encore des gens à qui ce nom donne des boutons. Ce n’est pas antipathique, mais ça va commencer à devenir ringard et dépassé. Le Front National est rincé, lessivé. Oh, je sais : il a joué son rôle, et ses idées sont passées dans la société et dans les partis « traditionnels ». Mais aujourd’hui, exit Le Pen. Cet épouvantail retourne dans la boue d’où FRANCOIS MITTERRAND l’avait fait sortir (rappelez-moi, la proportionnelle, c’est en quelle année ?).
Paris, exposition du peintre GEORG BASELITZ à la galerie Thaddeus-Ropac jusqu’au 29 mars. C’est à Paris. Ben oui, qu’est-ce que vous croyez ? Si je vais à Paris avant, je ne loupe pas cet artiste qui possède une vraie force.
Page « tentations » de STEPHANIE PLATAT sur le soutien-gorge (« objet de technologie et de progrès »), envoyée spéciale à (ça ne s’invente pas) à Saint-Just Malmont (Haute-Loire), où se fabriquent les nouveautés de l’été 2009 (je ne plaisante pas). Excusez ce moment d’attendrissement. Ce n’est pas pour le paradoxe de la séduction féminine, sujet inépuisable du « dévoiler-tout-en cachant », « du laisser-dissimulé-laisser-deviner », mais pour l’ingéniosité marketing d’industriels de la lingerie pour donner aux femmes des idées de « paraître », à propos d’un objet qui n’est pas (du moins a priori) fait pour être montré ailleurs que dans l’intimité, je veux parler de ce moment toujours trop rapide où elles l’enlèvent. Après, il ne reste que les seins. J’aime bien la définition que ROLAND BARTHES donne quelque part de l’érotisme : « L’érotisme, c’est là où le vêtement bâille ».
Tiens, puisqu’on en parle : paraît très prochainement Enquête sur la sexualité en France, de Nathalie Bajos (Inserm) et Michel Bozon (Ined), aux éditions La Découverte. Attention, c’est du lourd : 610 pages. Un médecin et un sociologue. Ben mon colon. Une dizaine de chercheurs ont interrogé 12.364 personnes de 18 à 64 ans. Vous rendez compte ? Tout ça pour dire, dans le surtitre : « une vaste étude montre un rapprochement des comportements ». C’est bien joli, tout ça, sexualité, sexualité. Mais où en est-on de l’amour, dans ce monde ? Je pose la question.
A Boulogne (92), l’aménagement de l’île Seguin pose problème. Quand vous faisiez Lyon-Paris par les canaux (je vous parle d’il y a longtemps, je ne vous dirai pas combien), il y avait 250 écluses à ouvrir-fermer (aval), ouvrir (vanne amont, puis porte amont), je vous dis pas le travail que c’était. C’était le yacht d’un riche commerçant parisien du nom d’Altman (chaîne de magasins Soldécor) qui n’avait pas le temps de remonter par l’eau. Quinze jours (l’huile du moteur était pourrie, et ça chauffait). Nevers, Montereau. A Montereau, c’est la Seine, des péniches à vide qui foncent comme des dingues. Puis c’est la traversée de Paris. Vous croisez des transports de gravier (c’était un nom double, mais lequel ?). Enfin, vous passez devant l’île Seguin, une espèce de mur presque aveugle, le pont d’arrivée des ouvriers, et une rangée de bateaux prévus pour le transport des automobiles. Maintenant ils se battent pour y placer, pour y placer quoi, au fait ?
Libération du lundi 10 mars : Pékin : d’ici le mois d’août et les JO, 60.000.000 de fleurs auront été plantées et une forêt de 530.000 arbres aura surgi de nulle part. En même temps, une sécheresse alarmante sévit. Pour compenser le manque, nouveau détournement du Fleuve Jaune vers Pékin (156.000.000 de mètres cubes). Et tant pis pour les provinces pauvres.
En 2007, les entreprises du CAC 40 (la BD de Martin Veyron, c’est Caca rente, je trouve ça joli) ont engrangé un bénéfice de cent un milliards d’euros (101.000.000.000).
GERARD COLLOMB terrasse ALAIN JUPPE. Non, je te rassure : c’était du football, hier soir. 4-2 (buts de Bodmer, Bodmer, Benzema, Keita). Benzema meilleur buteur du championnat : 17 buts.
Article de BRIGITTE OLLIER sur la rétrospective LOUISE BOURGEOIS au Centre Pompidou (jusqu’au 2 juin). Promis, je fais le voyage.
Le site « note2be » est deux fois recalé. Vous entendez ce que ce nom veut dire ? « To be or not to be ? ». « Ne pas être ». Cela se veut un jeu de mot. C’est un jeu de mort.
"Le mensonge plus la crédulité = l'opinion" (Paul Valéry).
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11.03.2008
QUOI DE NEUF ?
INFOS CHAPARDEES
Libération du 6 mars : inventaire des PARADIS FISCAUX en Europe. Un bel exemple de l’hypocrisie, et de l’absence totale de confiance qu’il faut avoir dans la parole des politiques. On montre du doigt le LIECHTENSTEIN, mais pour moi, ce petit pays de 35.000 habitants, dont 11.000 résidents étrangers, c’est d’abord VADUZ, qui en est, d’une part, la capitale pourrie, mais aussi, d’autre part, le centre du monde : je souhaite à tout le monde d’avoir vu au moins une fois dans sa vie le poète BERNARD HEIDSIECK vociférer, déclamer son immense poème dédié à cette ville : « Autour, tout autour de Vaduz … ». Un moment intense, extraordinaire. Je pense aussi à SERGE PEY, un jour de poésie sur la place Saint-Sulpice. Des moments rares, qui permettent de tenir à distance ce qu’il est convenu d’appeler la « réalité ».
Le Monde du 7 mars : le journal vend le jeudi, en plus du journal, un livre. 9,90 euros. Vous savez ce que c’est, à chaque fois ? Un philosophe. Et vous savez d’où vient le texte ? Pour Platon, en tout cas, le premier de la série, c’est la collection de poche « Garnier Flammarion », sauf que c’est relié, sous emboîtage, et que ça fera très distingué, tous ces dos gris, très chic sur le rayon du salon. Il faut dire que la maquette (le design) est assez réussie esthétiquement.
Même numéro : en page trois, hommage à LOUISE BOURGEOIS, à qui le centre Pompidou consacre une grande exposition. La photo date de 1996, elle avait donc 85 ans : SUPERBE. La photo est de Michel Comte. Grande artiste, dont l’œuvre est une invitation à l’intranquillité. Je m’aperçois que ce mot rappelle un titre du Portugais FERNANDO PESSOA, à qui MICHELE REVERDY, en 1991, a rendu hommage dans un beau quatuor à cordes. J’aime ces rencontres fraternelles.
OBAMA-CLINTON : je me fiche de savoir qui sera le candidat démocrate en novembre. J’observe seulement qu’un « colored » et une « female » n’arrivent toujours pas à se départager. MAC CAIN, qui est, qu’on le veuille ou non, plus proche des stéréotypes WASP (White Anglo Saxon Protestant), a plus de chances de l’emporter, de toute façon, qu’un candidat d’une « minorité » (par la peau et par le sexe). Le parti démocrate commence d’ailleurs à s’inquiéter de l’hostilité que les deux semblent déployer envers l’autre.
Place Tian An Men, une femme qui déployait un dazibao a été immédiatement embarquée par la police. Pour une fois un photographe était là, l’image est dans Le Monde. Pour les Jeux Olympiques, même si la moitié de la Chine est en prison, il restera encore dix fois trop de spectateurs, alors un de plus, un de moins !
Pour Solko et Fondetiroir (La Main vengeresse, l’Océdéhie). Titre de la page 7 : « l’OCDE sonne l’alarme sur l’état de la planète à l’horizon 2030 ». Alors donc, ce grand diable d’OCDE se convertit à la raison ? Qu’Esseulesse nous patafiole ! En l’état actuel des choses, il est financièrement impossible d’organiser le sauvetage de la planète, d’investir dans la recherche technologique et d’évoluer vers une économie « verte ». Car : qui paiera la facture ? Au programme, donc : diminution de l’espérance de vie, épuisement des ressources et tout le tremblement. Les défenestrés des Twin Towers auront seulement l’amertume d’avoir eu raison trop tôt. Raison de quoi ? Mais, raison de sauter, voyons.
Le taux de chômage au plus bas ? Je me souviens du Sâr Rabindranath Duval, sketch immortel des immortels Pierre Dac et Francis Blanche : « Parfois, Monsieur prend sa vessie pour une lanterne. – Et alors ? – Et alors, y s’brûle ! ». Moralité : faut pas prendre les enfants pour des canards. Comment, c’est n’importe quoi ?
Titre : « Gordon Brown se met à la finance charia-compatible ». C’est bien un évêque anglican qui a proposé que les tribunaux britanniques jugent différemment musulmans et non-musulmans, non ? « Ils sont fous, ces Anglais ! ». Non, Obélix, tu as peut-être tort.
Décès : à 87 ans : GIUSEPPE DI STEFANO. Ciao, maestro ! Le nageur ALAIN GOTTVALLES, à l’âge de 65 ans (cancer des os). A 41 ans, JEFF HEALEY, styliste aveugle, guitariste de blues, qui jouait avec l’instrument sur les genoux. Ecoutez sa version de « while my guitar gently weeps » (cancer de la rétine, je ne savais même pas que ça existait).
Dans la rubrique "quelle époque de merde !" En dernière page, REGIS DEBRAY, déplore sur un ton ironique, amer, désabusé, la dernière offensive en date contre le livre. Il cite le projet de la « commission » (parfaitement !) « Réformer la lecture, Moderniser le livre » : il s’agit de « rendre sa dynamique et sa compétitivité à une branche industrielle passablement nécrosée (NECROSEE !) qu’il convient de raccorder aux forces vivifiantes de la modernité ». Ce qui rassure et inquiète, c'est que figurent dans cette commission sarkoziste Marc Levy, Paul-Loup Sulitzer et Michel-Edouard Leclerc. Rassure : ce sont des entreprises, des marchands, des produits. Inquiète : c'est eux que l'on fait mine de considérer comme des forces de proposition culturelle. Vous ne trouvez pas que ça sent le vomi ?
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10.03.2008
LA BASSE COUR
JE PICORE, TU PICORES
Portrait de BRICE HORTEFEUX (dans le rôle du méchant) dans Le Monde du 9 mars (c’est aujourd’hui). L’article essaie de nous vendre, sous l’écorce de la fonction antipathique (immigration et ADN), un individu sympathique. Je me fiche de savoir si le kapo du camp est sympathique ou non : ici, la fonction prime. Mais le journal nous l’assure : dans la vraie vie, il est vrai bien.
Succès du film « les ch’tis ». Content pour eux que la planche à billets fonctionne. Le film doit être un bon produit.
Analyse bête et inutile de Gérard Courtois, intitulée bêtement et inutilement « SARKOZY ou la mue présidentielle ».
En Iraq, l’armée américaine voit le bout du tunnel : en février, seulement 633 civils ont été tués. En attendant, idéologues d’Al Qaida et du Jihad se cherchent des crottes de nez dans la tonsure islamique. Et pendant ce temps, « l’état de l’armée inquiète les militaires américains » (c’est pour résumer, hein).
Vous y croyez, vous, à la déclaration de guerre entre le MEDEF et l’ UIMM ? Tout ça me paraît bien suce-pet, pour ne pas dire lèche-cul. Je n’y croirai que le jour où Parisot aura étendu sur le pré Denis Gautier Sauvagnac, comme GASTON DEFFERRE l’avait fait du député RIVIERE (non : en 1967, dernier duel de la république, le duel avait juste duré jusqu’au « premier sang », mais Defferre savait manier l’épée, et Rivière, venant de se marier, protégeait ses roubignolles, que son adversaire visait spécialement, sans doute par gourmandise).
Slogan universel et imbécile de ces municipales : rassemblez-vous autour de moi, contre les autres, car « ensemble, tout devient possible ». La connerie, c’est comme l’amour : il n’y a que des preuves. Le con qui la ferme, au moins, il laisse planer un doute (comme disait DESPROGES).
« Les vendeurs à la criée sont de retour dans les gares ». A l’époque où il y avait un « Café de la Paix » et juste à côté, une « Maison de la Presse », et un cinéma place Le Viste, je me souviens du crieur de journaux, qui commençait sa tournée autour de 17 heures : « Le Progrès Soir, la bourse, les courses », et qui la finissait un peu plus tard : « lemrogrèsnoir, lamourse, lesbourses », complètement bourré. Il allait se finir à « La Brioche », qui ne s’appelait pas encore « Brasserie Paulaner ».
Chronique économique d’Eric Le Boucher : cet insurgé viscéral s’insurge viscéralement, dans un texte intitulé de façon tranchante : « Pile je gagne, face tu perds », qu’accompagne un encadré « l’appétit des riches ». A quand la Révolution ? Il serait temps pour la statue du journaliste « modéré » et « impartial » de prendre conscience de quelques réalités bassement matérielles.
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02.03.2008
LU DANS LA PRESSE (9)
BOUQUET D’INFOS
Chaque semaine, Libération demande à des personnalités diverses de tenir leur journal pendant 7 jours. Ce journal est publié le samedi. Le 1er mars, c’est ABDELWAHAB MEDDEB qui s’y colle. Pour le samedi précédent, sous le titre « Le souci de soi », il parle de CARLA BRUNI : son ami architecte, Fernando Mendoza, lui a envoyé en courriel des photos de la « belle », un diaporama qui circule en Espagne, dans des tenues déshabillées ou carrément nues. Il y voit « l’entrée du nu en politique ». Bien sûr, quand ces photos ont été prises, « elle ne prévoyait pas son nouveau destin, mais, en la circonstance, l’éphémère se fait indélébile. Des deux côtés, féminin, masculin, l’adolescence s’installe à l’Elysée ». Je trouve ça très bien vu.
GREGOIRE BISEAU commente le livre de GUILLAUME DUVAL : Sommes-nous des paresseux ?. Il s’agit d’un « manifeste contre la doxa libérale et plus généralement la pensée dominante (pour ne pas dire unique) ». L’auteur cherche à « déconstruire nombre de clichés de l’économie française ». Par exemple, en termes de « productivité du travail », sait-on que les Français sont les meilleurs du monde (j’ajoute ça signifie que, là où il y avait deux bonshommes, maintenant, il n’y en a plus qu’un, pour le même travail évidemment) ? Qu’en France, le temps partiel (mais est-ce subi ou voulu ?) dans l’emploi total est parmi les plus basses d’Europe ? Qu’en 2006, « le fonctionnement de l’Etat, des collectivités locales et des administrations de sécurité sociale, le paiement des salaires ainsi que les achats publics ont représenté 23,4 % du PIB ». Le Danemark et la Suède (des modèles, paraît-il) font moins bien (25,6 et 26,9 %). Je n’achèterai sans doute pas le livre, mais ça fait quand même du bien.
La rubrique « entre nous » est souvent pathétique. Ce sont des petites annonces. En particulier, « Transport amoureux ». Exemple du 1er mars : « Train Angoulême-Paris, jeudi 7. Sourires. Tu me fais tourner la tête. Je veux vous revoir ». Suit l’adresse e-mail. Je trouve ça pathétique. Cela en dit long sur la paralysie du désir dans notre monde, et sur son expression directe. Impression que le désir attend d’être dans la sécurité de la solitude pour commencer à s’exprimer. C’est vrai que dire son désir, c’est prendre le risque de le voir rembarré par la personne. Internet et les petites annonces de Libé : je ne sais plus. Est-ce que c’est l’espoir horrifié d’être pris au mot ? Est-ce que c’est vraiment une bouteille à la mer ? En tout cas, il y a de la misère là-dedans.
Les pages « mode », celles de Libé comme celles du Monde, me donnent une seule envie : me torcher avec, si je ne craignais pas, au lieu de me nettoyer le fondement, de le salir (vous vous souvenez : « touche-moi pas, toi, tu me salis – alors casse-toi, pauvre con »). Je saute aussi la page « Bourse » et la page « Sports », comme le cahier central « Russie » (ça me fait penser au « comité central », de sinistre mémoire).
Si : un peu de sport dans le sport. L’Union Cycliste Internationale, qu’un certain Hein Verbruggen, de sinistre mémoire (affaires, dopage, …), a longtemps présidée, va peut-être passer l’arme à gauche, sous les coups de boutoir d’Amaury Sport Organisation. Mais le match UCI-ASO est loin d’être terminé. Pour résumer, c’est une affaire de pouvoir et de fric. Chez les ALBATROS hurleurs, le taux de divorce est de 0 %. BERTRAND DELANOE : « Je ne suis ni angoissé ni euphorique ». On est bien content. Au MALI, la moitié de la population a moins de quinze ans. Au Danemark, un homme de 70 ans a braqué une caissière de banque avec un pistolet à eau. Il est en garde à vue. Il voulait renflouer son compte à découvert depuis son achat de peinture et rideaux pour son appartement de jeune retraité.
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29.02.2008
LU DANS LA PRESSE (7)
PIQUE DANS LA PRESSE
Le Canard enchaîné, 27 février.
La société Vinci, numéro un mondial des BTP, a deux activités principales : le BTP (85 % du chiffres d’affaires), et les concessions publiques accordées par l’Etat ou les municipalités, autoroutes et parkings de centre-ville (15 % du chiffre d’affaires). Or, quelle n’est pas la surprise émerveillée de l’actionnaire de Vinci, quand on lui apprend que le bénéfice respectif de ces deux activités est inversement proportionnel : la rentabilité (le profit, le résultat net) du BTP se traîne de 4 à 5% par an, alors que celle des parkings et autoroutes fait tomber dans sa poche un taux de profit de 38,3 % par an. Et qui accepte de se faire ainsi pressurer sans protester, je vous le demande ? L’imbécile d’usager qui emprunte les autoroutes et utilise sa voiture en ville.
Rue des petites perles (trouvées dans divers journaux, y compris, parfois, le « Canard ») : « Tous sexes confondus, le cancer de la prostate est le plus fréquent. » (Ouest-France) ; « A Séverac le Château, une jeune fille de 123 ans a fait l’objet d’une tentative d’enlèvement. » (Midi Libre) ; « Les chiens continuent à être tués vivants pour la consommation de leur viande » (France Soir, à propos de la Chine).
Bernard Thomas, dans sa chronique théâtrale, assassine proprement la dernière pièce d’un petit faiseur de théâtre qui se prend au moins pour Beaumarchais, si ce n’est pas SHAKESPEARE : ERIC-EMMANUEL SCHMITT. Inutile donc d’aller voir La Tectonique des sentiments (ce genre de titre a l’air pompé sur AMELIE NOTHOMB, autre figure intéressante de l’actuelle imposture littéraire française). Vous me direz que des foules s’agglutinent devant le journal de JEAN-PIERRE PERNAUT et de PATRICK POIVRE (son vrai nom). Mais puisqu’on te dit qu’ils ont du … succès ! T’as rien compris.
Dessin de Pétillon : Sarko dit à Rachident : « L’important, ce n’est pas la réponse, l’important c’est que j’aie posé la question ». Pétillon a bien compris.
Déclaration de Rachident (en campagne dans le chic VII ° arrondissement de Paris : « Je suis exactement la définition même de la République ».
Autre dessin de Pétillon, sur RAMA YADE et son « dérapage » (mais là, c’est moi qui reformule, mais j’ajoute à peine) : « Si on me reproche d’accuser le PS de racisme, c’est parce que je suis noire ». Subtil. La phrase d’origine était, approximativement : « Le PS me critique parce que je suis noire ».
Libération, 27 février.
Procès de l’hormone de croissance. On a appris que pour avoir de l’hormone de croissance, il fallait extraire l’hypophyse du cerveau des cadavres, après avoir ouvert le crâne. Théoriquement, ça devait se passer lors d’une autopsie, sous l’autorité d’un médecin. En réalité, les médecins ne se mêlaient pas de cette charcuterie. A Caen, « c’était toujours l’agent d’amphithéâtre qui le pratiquait ». A Créteil, « lorsqu’il n’y avait pas d’autopsie, le prélèvement était fait par la bouche avec un instrument bricolé par les gens de l’amphithéâtre ». Un expert : « On ne peut qu’insister sur le caractère clandestin d’une telle pratique ». Les garçons de salle recevaient des « pourboires », de 5 à 35 francs selon les hôpitaux et les années. Eric Favereau, qui signe l’article, s’indigne de la façon dont le procès est conduit par le président et par l’avocat général. Il pose la question gravissime (il y a quand même eu 122 morts) : « La justice va-t-elle passer à côté du plus grand procès de santé publique qui n’ait (sic) jamais eu lieu en France ? ».
Areva (Nucléaire, Anne Lauvergeon) a dégagé en 2007 un bénéfice net en hausse de 14,5 % sur l’année précédente.
Si vous n’avez jamais vu de près le retable d’Issenheim au musée Unterlinden de Colmar, vous êtes impardonnable. Je peux vous assurer que ça fait un choc. Mais ça risque d’être trop tard pour aller voir au musée l’exposition « Grünewald et le retable d’Issenheim ». Cela durait jusqu’au 2 mars. Comment ça ? On est le 29 février ? Cela risque quand même d’être un peu juste. Mais Libé n’a qu’à en rendre compte avant que l’expo disparaisse.
En pages Rebonds, François Doutriaux, juriste, enseignant en droit, juge que le Conseil Constitutionnel s’est discrédité en rendant une décision mi-chèvre, mi-chou, en n’introduisant pas la rétroactivité des lois dans le droit français, tout en considérant que la « rétention » n’est pas une « peine ». Il considère (je passe sur les observations purement juridiques) que le C.C. a trahi la constitution sur laquelle il a charge de veiller comme instance suprême, et qu’il a cédé aux pressions du ministère. Si le C.C. a censuré la loi, ce n’est que très partiellement, et Sarkozy considère que le Conseil n’est pas allé assez loin dans la violation de la Constitution. Le Canard cité ci-dessus aborde également le problème : il souligne que Jean-Louis Debré, qui voudrait bien sauvegarder son autorité comme président du C.C. pendant les 8 ans qui lui restent à faire, n’a pas voulu d’un affrontement politique avec Sarko. Si le nabot peut ainsi humilier la plus haute instance politico-juridique de la République Française, c’est qu’il ne reste déjà plus grand-chose de la République Française. Ça fout la nausée, non ?
21:24 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : presse, journaux, canard enchaîné, libération, btp, vinci, areva
27.02.2008
LU DANS LA PRESSE (5)
Libération, mardi 26 février
Page 4 : Article rigolo de Catherine Coroller intitulé Le retour du religieux réveille la laïcité, sous-titré « Les catholiques, eux, restent sceptiques sur la sincérité du chef de l’Etat ». Première étape : en France, le clivage entre non-croyants et croyants s’accentue. La preuve ? Les succès de librairie respectifs de Michel Onfray (Traité d’athéologie) et de Jean-Claude Guillebaud (Comment je suis redevenu chrétien), bien que les chiffres de vente ne soient pas donnés. Deuxième étape : effondrement des pratiques religieuses, et en face des records de fréquentation des sanctuaires et « foules impressionnantes » chez les catholiques charismatiques. Troisième étape : NICOLAS SARKOZY (oui, on y vient, quelle impatience !), et ses différentes envolées « chrétiennes » : la hiérarchie catholique a admis une fois pour toutes la loi de 1905, et « la base catholique droitière » « le lâche » (l’auteur cite Jérôme Pourquet, marchand de sondages (IFOP)), à cause de la médiatisation de sa vie privée, de ses conquêtes amoureuses, et de ses positions sur l’avortement, l’euthanasie, la bioéthique. Le problème de Nicolas Sarkozy en matière religieuse, c’est que bien des gens doutent de l’authenticité de ses opinions religieuses. Le sociologue Marc Andrault déclare (dans Sarkozy et Dieu) : « Je ne crois pas qu’il ait la foi. Il attend des religions qu’elles servent à la pacification des esprits, qu’elles amènent l’opinion publique à accepter l’ordre établi. Quand on dit que la religion c’est l’opium du peuple, il y a de ça chez Sarkozy. ». C’est très bien vu : son arrière-pensée est de se servir de la religion comme d’un instrument de CONTROLE SOCIAL. On s’en doutait déjà un peu.
Autre thème, problème identique. En page 7, dans le « contrejournal », un « libénaute » a une jolie formule : le chef de l’Etat joue « ave c les institutions de la République comme avec du TNT ». Oui, il instrumentalise, sans se soucier des dommages « collatéraux ».
Page 15 : Le site de notation des profs passe son examen au tribunal. Tout le monde, à présent, a entendu parler de « note2be ». Levée de boucliers chez les profs, évidemment. L’un des webmasters a fini par se retirer d’une liste UMP pour les municipales à Paris. Une chose bizarre, quand même : dans le surtitre, on apprend que le site est « très prisé des élèves ». Or, je suis allé le visiter, et je tombe des nues : la plupart des notes attribuées le sont à partir d’un seul vote, plusieurs à partir de deux, plus rarement davantage. Vous ne trouvez pas ça étonnant ? Combien d’élèves y a-t-il au total dans une classe ? Entre trente et trente-cinq, je crois. Et magie-magie, on arrive à faire une moyenne avec un seul et unique vote ? Sans entrer dans le débat (les élèves doivent-ils noter leurs profs ?), je peux déjà dire qu’il y a là une IMPOSTURE MANIFESTE (Ubu aurait répliqué : une posture magnifique). Les marchands de sondages s’ingénient eux-mêmes à élaborer « scientifiquement » leurs « échantillons représentatifs » et interrogent à chaque fois autour de 1000 personnes. Et les sondages sont déjà de l’ordre de l’imposture. Qui peut donc gober ce qui reste une grosse « vanne » de mauvais goût ? P.S. : légende de la photo qui illustre l’article : « Not2be (sic) a dépassé les 100.000 connexions par jour. 50.000 enseignants ont ainsi été évalués par leurs élèves ». Non mais je rêve ! Comment un journal sérieux peut-il écrire « par leurs élèves » ? Ceux qui votent représentent entre 3 et 10 % des effectifs des classes ! Restons zen.
Page 30 : Au Japon, s’ouvre un festival « Extreme Love ». Il s’agit de montrer des films érotiques et des films X dans une version non expurgée. Il faut savoir que « les séquences de nu dans les films sont systématiquement floutées au Japon ».
Page 32, dessin de WILLEM : la reine d’Angleterre accueille le couple présidentiel français, Carla Bruni tenant sa guitare, et Sarkozy salue la souveraine en ces termes : « Ça va, pauvre conne ? ».
Ce sera tout pour aujourd’hui.
10:14 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : journaux, presse, information, sarkozy, willem, note2be, laïcité
26.02.2008
LU DANS LA PRESSE (4)
VIENT DE PAR AITRE
Le Monde, 26 février 2008
P. 29 : M. FRANK PUELO, traiteur, est récemment allé en mission en Chine pour « mettre en place le dispositif de nutrition des athlètes américains lors des JO » de Pékin. Le Comité olympique américain a préféré ne prendre aucun risque : au retour d’une compétition au Brésil, « l’équipe de judo a été frappée par de violentes crises de turista ». Quelle n’a pas été la surprise de Frank Puelo, dans un supermarché pékinois, quand il a compris que le morceau de viande blanche mesurant 36 centimètres était un blanc de poulet. « Il y en avait suffisamment pour nourrir une famille de huit personnes ». « Nous l’avons fait analyser, et il y avait une telle teneur en stéroïdes que tous nos athlètes auraient été contrôlés positifs, si nous les avions nourris avec ce type de poulet ». Les athlètes pourront donc se goinfrer de poissons japonais, de fruits et légumes australiens, de céréales Kellog’s, et de bœuf, poulet et porc de Tyson Foods. C’est un défi : 10 tonnes de protéines à acheminer avant l’ouverture des jeux. Connaissant les effets des stéroïdes anabolisants (masse musculaire), on peut imaginer sur quelle pente est engagée la population chinoise. Je vous demande un peu : un FILET DE POULET DE 36 CENTIMETRES.
P. 29 toujours : jolie photo de l’Ukrainien Klitschko qui flanque son poing dans la tempe du Russe Ibragimov. Cela devait être assez violent, puisqu’on voit distinctement la projection de gouttes de sueur et la déformation de la tête de la victime. Je vous rassure : celle-ci était consentante. Il s’agit d’un combat de boxe.
P. 29 encore : Les équipementiers sportifs Arena et Speedo se disputent les nageurs français. Ce dernier a déjà dégainé sa nouvelle combinaison moulée qui permet de se sentir « comme une fusée » (Michael Phelps). Faute de doper les athlètes (ah bon ?), on est bien obligé de doper le matériel, non ?
Qui a dit que c’est pas beau, le sport ?
P. 26 : Les Glaneurs, du Moyen Age à Internet. Sous-titre : l’habitude de récupérer fruits et légumes lors de la fermeture des marchés perdure et se modernise. Qu’on se le dise : le droit de glane existe. Chacun est autorisé, légalement, une fois la récolte faite, à récupérer tout ce qui reste, dans le champ, le verger, la vigne (je pense au joli film d’AGNES VARDA Les Glaneurs et la glaneuse). La loi considère les déchets, les fruits et légumes abandonnés comme « res nullius » : choses n’appartenant à personne. Les glaneurs urbains des marchés sont d’abord des fauchés (jeune étudiante, femmes âgées) qui attendent la « remballe » pour remplir leur sac à dos ou leur cabas. Les vendeurs, eux, sont obligés d’empiler leurs déchets. Beaucoup séparent cagettes et cartons, d’une part, et restes alimentaires, d’autre part : ils connaissent la musique, même s’il y a parfois une « vraie guéguerre autour de l’empilement des cagettes ». Un mouvement est né aux Etats-Unis (un de plus) : le « dumpster diving », ou « plongée en poubelle ». C’est une forme militante de glane, pour dénoncer le gaspillage et l’hyperhygiénisme. Les « freegan » (c’est comme ça qu’on les appelle, formé sur vegan, un courant végétarien) attendent l’heure où les supérettes sortent leurs poubelles sur le trottoir pour y plonger.
Même page, même thème : sous le titre L’art de la récupération, on apprend que Dorothy’s Gallery, à Paris, présente jusqu’au 2 mars une exposition intitulée « Couper, percer » réunissant des artistes travaillant sur la récupération et le détournement. Luminaires, mobiles, suspensions, objets en fer zingué et Inox, compositions en tôle coupée et percée, assemblages de fragments de métal donnent une seconde vie aux déchets.
Page 20 : FLORENCE JANY-CATRICE, une sociologue de Lille, apporte un bel éclairage sur le triomphalisme gouvernemental à propos des 300.000 emplois créés, paraît-il, en France en 2007. Elle montre que sur les 188.900 emplois créés en 2006, 116.000 (60% du total) concernent les services à la personne. Cela donne en moyenne horaire annuelle 450 heures par salarié pour l’ensemble du secteur, cela donne un équivalent de 32.000 (trente-deux mille, soit dix fois moins que le triomphalisme le claironne) emplois à temps plein. Car 450 heures par an, ça fait entre 11 et 12 heures par semaine, et 300 euros par mois, ces activités « étant rémunérées aux alentours du smic ». On appelle ça des emplois « de gré à gré ». On peut aussi appeler ça « L’IMPOSTURE ET LE MENSONGE AU POUVOIR ». A côté, les caissières du Carrefour de Marseille, qui ont fait grève pendant deux semaines, passeraient presque pour des privilégiées, avec leurs 20 à 26 heures par semaine et leurs 700 à 800 euros par mois.
Nouveau et intéressant, page 13 : un écolier de 9 ans, le 22 février, a été interpellé par trois policiers à son école et gardé à vue pendant 4 heures, pour avoir frappé une camarade.
Page 8 : L’interdiction de fumer dans les lieux publics a entraîné une diminution du nombre d’infarctus, évaluée à 15%. En fait, il s’agit, non pas du nombre des morts, mais du nombre des « admissions hospitalières pour infarctus du myocarde ». La remarque vaut pour les AVC (accidents vasculaires cérébraux).
C’est tout pour aujourd’hui.
10:25 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : presse, journal, faits, société, littérature, sport, scandales
23.02.2008
LES PETITS FAITS
En couvrant, en voiture et en marche arrière, 660,8 kilomètres sur un circuit automobile, un Autrichien, Mathias Theissi, a battu le record mondial de cette spécialité.
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Mme Maureen Weston, habitant à Londres, a l’intention de se balancer pendant 19 jours, sans interruption, sur son rocking-chair. Si elle réussit, elle battra de 72 heures le record du monde de cette spécialité.
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En exportant vers les pays arabes des petites boussoles à fixer sur les tapis de prière pour indiquer la direction de La Mecque, une entreprise française a réalisé de beaux bénéfices.
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Avant de prendre sa retraite, Horace Whittel, ouvrier métallurgiste à Gillingham, a célébré sa dernière journée de travail en apportant à l’usine le réveil qui l’avait tiré du lit tous les matins à 6 heures pendant quarante-sept ans. Il l’a glissé sous une presse de 80 tonnes.
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