15.03.2008

JOURNAUX

CHARIVARI

Proverbe bantou : « Quand la foudre tombe, il est trop tard pour laver son linge ».

Le Monde du 11 mars : dessin de PANCHO en page 2 : Sarkozy, le pouce sur le zappette, se retourne en colère et clame à la cantonade : « Qui a mangé mon pain blanc ? ».

A Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, sans étiquette soutenu par l’UMP aux municipales contre l’UMP exclu Arnaud Teullé qui ne le digère pas, et on le comprend, se fait traiter de « fasciste » (je ne rigole pas) quand il monte le grand escalier de l’hôtel de ville. Deux hommes, près du buffet, s’envoient des coupes de champagne et des amabilités à la figure : « Extrémiste ! – Porc mal élevé ! », répond un ancien officier qui propose : « Je le prends quand il veut, au sabre, à l’épée ou au pistolet ! » La classe quoi ! Pensez, pour la première fois dans l’histoire de la commune, on a un deuxième tour, et ça saigne, droite contre droite. Tu grattes le consensus, c’est le chaos. Tout à fait le portrait de la bourgeoisie.

MUNICIPALES. GERARD COLLOMB sera de nouveau maire de Lyon. Agrégé de Lettres Classiques (1971, me semble-t-il), il a fait ses études à l’université de Lyon (qui ne s’appelait pas encore « Lyon II », mais « Faculté des Lettres et Sciences humaines », avouez que ça avait une autre gueule). J’ai commencé, quant à moi mes études, dans cette même université, en 1967. Vous avez compris ? C’est juste avant mai 1968. Je vous raconte pas en détail. Mais nous nous sommes côtoyés quelque temps, lui déjà très politisé, façon partis politiques, brandissant déjà, à l’époque de la loi d’orientation d’Edgar Faure, la notion d’unité de valeur, introduite à cette époque. Je me souviens, et je crois que Gérard Collomb s’en souvient aussi, puisqu’il en a parlé dans Lyon Mag quand il a été élu maire de Lyon en 2001, qu’un groupe s’était formé, plus par affinités personnelles que par convictions politiques, la meilleure preuve, c’est qu’on n’avait pas trouvé de meilleur nom que « GROUPE DE LA SALLE 3 », petite salle au bout de la galerie de l’amphi Laprade, pas loin de la « Salle des Actes », salle 3 dont nous avions kidnappé la clé (réservée aux initiés) et que nous avions meublée d’une table et de bancs. Il y avait Frank et Sylviane, Christian, Michel, plusieurs autres, et … oui : GERARD COLLOMB. Mais quand il se mettait à parler politique et à engueuler tout le monde (pour l’absence de « ligne »), il devenait pas drôle de chez pas drôle. L’est-il resté ? Ce n’est pas impossible.

La dialectique hypocrite + la casuistique jésuite font des miracles : Galilée est devenu acceptable au Vatican. Ils ont mis quelques siècles pour mettre au point l’argumentaire permettant cet authentique MIRACLE : édifier la statue du savant dans les jardins du pape. Cela veut bien dire que Galilée fait partie des lieux communs, voire des stéréotypes. On récupère ce qu’on peut.

Les Alsaciens sont cordialement invités à aller voir L’Etoile d’Emmanuel Chabrier au Théâtre de la Sinne à Mulhouse les 28 et 30 mars. Si la production est à la hauteur, ça vaut vraiment le coup.

Le Monde du 12 mars : il y a des titres que je ne comprends vraiment pas : « L’emploi au milieu du gué », l’auteur : Frédéric Lemaître. Je pouffe. Et même : je me gausse. En face, c’est Laetitia van Eeckhout : « Comment assécher les filières de l’exil ». Drôle, mais pas drôle.

Ça barde au Tibet, mais ces nom de dieu de « Jeux Olympiques » auront tout de même lieu. Même que ça écorche la bouche de KOUCHNER de parler de boycott. Quel sens de la dignité et de la civilisation !

Page 8, petit article intéressant et surprenant sur les conséquences GEOPOLITIQUES du RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE.

Page 10, dessin de PANCHO : quatre costumes rayés à lunettes noires, (SARKOZY et FILLON, HOLLANDE et STRAUSS-KAHN) invitent de façon pressante BAYROU à monter : « Voyons, FRANÇOIS, tu ne vas pas refuser une petite promenade… ».

Tu avais raison, SOLKO : pas grand-chose, ce jour-là, dans Le Monde.

30.11.2007

EPOUVANTAIL 12 - TERRORISME DE LA MOYENNE

PHILIPPE VAL, vendredi 23 novembre, sur France-Inter, a repris sa démonstration par l’absurde de l’absurdité de toute MOYENNE : vous avez les pieds dans le congélateur et la tête dans le four, vous faites la moyenne des deux températures : c’est la température IDEALE, sauf que vous êtes mort. C’est aussi bête que ça.

 

J’ai déjà parlé de la moyenne, dans « Mes épouvantails 8 – Eloge du Grand Statistiqueur », article paru sur le blog le 7 novembre. Mais plus ça va, plus j’ai l’impression que, sous des dehors neutres, objectifs, bienveillants et finalement invisibles, indifférents ou pas intéressants, il y a là une grosse illusion, une énorme imposture contre laquelle il faut encore s’élever. C’est pour ça que j’y reviens. Je me rappelle avoir lu, il y a assez longtemps, dans le journal Le Monde, un article intitulé « Le Trou noir des statistiques ». Ce titre énonce une grande vérité.

 

Les habits de la statistique sont rutilants, ils ont l’évidence de ce qui est naturel, ils sont une figure du VRAI, de l’incontestable, car il s’agit de données. Ah tu comprends, ce sont des données, donc on ne peut pas les remettre en question. La statistique est une figure actuelle incontournable de la MYTHOLOGIE DU VRAI, voire de la Religion du Vrai, autrement dit de l’Illusion du vrai. Un petit coup de pied de DOUTE dans cette fourmilière de la prétention serait le bienvenu.

Je redonne le mot de Churchill : « JE NE CROIS QU’AUX STATISTIQUES QUE J’AI MOI-MÊME FALSIFIEES ». L’intérêt de cette citation, c’est de faire apparaître la statistique comme un OBJET DE CROYANCE, un peu comme une religion, si vous voulez, comme une idole à honorer, à prier. Rappelez-vous Sarkozy : « Je veux 3 % de croissance » : avec ce « 3 % de croissance », il est alors en plein dans la croyance au pouvoir magique des chiffres de la statistique. « Mon dieu, donnez-moi 3 % de croissance et je serai sauvé ». Pauvre homme finalement, Nicolas Sarkozy, avec ses efforts désespérés pour s’assurer une emprise sur le réel, ou pour faire croire qu’il en est capable. Et d’abord, pourquoi seulement 3%, pourquoi pas 3,1416 ? Je pose la question.

Une moyenne est le résultat de calculs, et ces calculs, il faut bien qu’ils soient faits par quelqu’un. Par qui ? On ne sait pas, c’est anonyme, c’est quelqu’un qui est dans la chaîne qui établit un pouvoir, mais dont le nom doit rester inconnu, ou plutôt non : dont le nom est sans aucune importance. Ensuite, à partir de quoi ? On est bien obligé de collecter les chiffres (du chômage, de l’espérance de vie, du nombre de lecteurs MP3 vendus dans l’année ou d’appels surtaxés passés depuis un téléphone portable, enfin bon, aucun domaine de la vie humaine n’échappe aux griffes de la statistique). Qui va collecter les chiffres ? Dans quelle brouette sont-ils versés et par qui ? Qui les a livrés ?

 

Le dernier mensonge de l’INSEE : dormez en paix, Françaises-Français, votre pouvoir d’achat, eh bien, vous voulez savoir ce qu’il a fait ? Voilà : VOTRE POUVOIR D’ACHAT A AUGMENTE. Et grâce à NICOLAS SARKOZY, vous allez voir ce que vous allez voir ! Quelques journalistes tentent bien de donner la parole à des pousseurs de caddie qui affirment que la même somme qu’auparavant ne suffit plus à le remplir autant ? Vos fins de mois se situent au 22 du mois alors que jusque-là, vous pouviez aller jusqu’au 25 ? Ce sont des IMPRESSIONS, on vous dit, et bien sûr, des impressions FAUSSES. Le passage à l’euro ? Tranquille, Mimile. La vie quotidienne ? A l’aise, Blaise. Manger beaucoup de fruits et légumes ? Cool, Raoul. L’INSEE, avec l’établissement « scientifique » de toute sorte de MOYENNES, donne des outils parfaits à tous ceux dont le fonds de commerce est le mensonge politique, autrement dit, le discours politique.

 

Il reste que le nombre des PAUVRES a explosé : on parle de 7.000.000. Voilà la vérité. Quand à la radio, le journaliste annonce, tout neutre, les bons chiffres de l'INSEE puis, juste après, toujours très neutre, le nombre des pauvres, pourquoi serait-il moins neutre de commenter la CONTRADICTION ?

 

A Suivre ...