04.03.2008

LU DANS LA PRESSE (10)

LES MISCELLANEES DU JOUR

Le Monde, samedi 1er mars. C’est pour ceux qui détestent le football. J’ai entendu ce matin sur France Inter quelque chose sur le même sujet. Titre : « Ces combats entre supporters, loin des stades ». Sous-titre : « La recrudescence des « fights » entre bandes rivales inquiète les autorités ». En passant, j’apprends un nouveau mot, gravez-le : supportérisme. C’est Dominique Bodin, attention, maître de conférence à l’université Rennes-2, qui semble en être le papa. Et attention à la phrase qui suit, particulièrement révélatrice, comme un aveu : les « fights » « mettent aux prises d’authentiques supporteurs (sic) viscéralement attachés aux couleurs de leur club, qui utilisent la violence pour s’exprimer ». Si je lis correctement, l’authentique supporteur (sic) utilise la violence pour s’exprimer. Depuis le début du championnat, une quinzaine de confrontations ont été répertoriées (suivent quelques exemples (Lyon, Nice, Nancy, Lille, etc.). Les autorités, sportives comme publiques, ne font pas grand-chose. Le sociologue rêve d’une grande table ronde (toujours l’éternel retour des Chevaliers) pour « mieux insérer ces supporteurs « déviants » dans un public moins communautaire ». Ah bon ? Ils étaient « authentiques », les voilà « déviants » ? Il faudrait savoir.

Le groupe Vikings, qui exploite sept casinos en France, installe dans chacun un « défibrillateur » pour apporter les premiers secours aux clients victimes d’un malaise cardiaque, « au cas où ». C’est comme un airbag dans une voiture, ça ne sert à rien si on ne roule pas en voiture. Hi Hi Hi !

Après vous avoir redonné le sourire, voici le réchauffement climatique. Attention, c’est du sérieux, c’est même du grave : la déforestation s’aggrave en Amazonie brésilienne. 7000 km2 entre août et décembre 2007. En trente ans, 17 % de la végétation originale (originelle ?) ont disparu, soit 700.000 km2. L’équivalent de l’Allemagne a disparu en 20 ans. Allez-y, continuez, il en reste : l’Amazonie brésilienne, c’est 5.000.000 de km2, alors….

Modérément triste : la baisse des ventes provoque le départ du patron de l’ Equipe. La baisse est en effet de 7,8 % en 2007, et « l’ambiance dans la rédaction est extrêmement morose. C’est dur.

Où est situé le plus grand chantier routier de France ? Réponse : sur la route des Tamarins (rappelez-vous : « Pendant que le parfum des verts tamariniers Qui circule dans l’air et m’enfle la narine, Se mêle dans mon âme au chant des mariniers »), c’est-à-dire à la Réunion où Vinci, Bouygues et Eiffage se partagent le marché. La concurrence fait sûrement baisser les prix, non ? Qui a dit non ?

Explosion de gaz au 117 cours Lafayette à Lyon, non loin de chez Porky, qui sortait précisément de chez lui, et qui n’a pas pu y rentrer ce soir-là (zone de sécurité oblige, tu parles !), obligé de dormir chez sa maman. Carnavala Rusticana en a aussi frémi, ainsi qu'Eclampsie. L’économie allemande licencie et crée des emplois. « La situation sur le marché du travail reste excellente », déclare Holger Schäfer, d’un institut IW proche du patronat. « On ne peut pas avoir une marge de rentabilité de 20 % » et détruire tant d’emplois, pensent beaucoup d’Allemands. La population voit là « une nouvelle preuve de la déliquescence morale des dirigeants d’entreprise ».

Protection des espèces animales en France : seulement 20 % sont en « situation favorable ». 20 % d’animaux, 20 % de rentabilité : ça fait 20 / 20, non ? Ah non ?

Polaroid, après avoir cessé en 2007 de produire ses appareils instantanés, a maintenant cessé de produire les films qui vont avec. Les stocks de ceux-ci encore disponibles devraient être épuisés fin 2009.

Dernière page : c’est la publicité pleine page où Bouygues annonce son bilan annuel. Cela rassure, je vous jure. Le chiffre d’affaires passe de 26.408 (en millions d’euros) à 29.613, soit 12 % d’augmentation. Le bénéfice (alias résultat net) : de 1.038 à 1.376 millions d’euros, soit une hausse de 32 %. Le dividende par action, maintenant (en euros), passe de 1,20 à 1,50, soit une embellie de 25 %. Elle est pas belle, la vie ? A noter que, si le chiffre d’affaires depuis 2003 a augmenté de 36 %, les bénéfices et les dividendes, sur la même période, ont été multipliés par 3. Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ?

29.02.2008

LU DANS LA PRESSE (7)

PIQUE DANS LA PRESSE

Le Canard enchaîné, 27 février.

La société Vinci, numéro un mondial des BTP, a deux activités principales : le BTP (85 % du chiffres d’affaires), et les concessions publiques accordées par l’Etat ou les municipalités, autoroutes et parkings de centre-ville (15 % du chiffre d’affaires). Or, quelle n’est pas la surprise émerveillée de l’actionnaire de Vinci, quand on lui apprend que le bénéfice respectif de ces deux activités est inversement proportionnel : la rentabilité (le profit, le résultat net) du BTP se traîne de 4 à 5% par an, alors que celle des parkings et autoroutes fait tomber dans sa poche un taux de profit de 38,3 % par an. Et qui accepte de se faire ainsi pressurer sans protester, je vous le demande ? L’imbécile d’usager qui emprunte les autoroutes et utilise sa voiture en ville.

Rue des petites perles (trouvées dans divers journaux, y compris, parfois, le « Canard ») : « Tous sexes confondus, le cancer de la prostate est le plus fréquent. » (Ouest-France) ; « A Séverac le Château, une jeune fille de 123 ans a fait l’objet d’une tentative d’enlèvement. » (Midi Libre) ; « Les chiens continuent à être tués vivants pour la consommation de leur viande » (France Soir, à propos de la Chine).

Bernard Thomas, dans sa chronique théâtrale, assassine proprement la dernière pièce d’un petit faiseur de théâtre qui se prend au moins pour Beaumarchais, si ce n’est pas SHAKESPEARE : ERIC-EMMANUEL  SCHMITT. Inutile donc d’aller voir La Tectonique des sentiments (ce genre de titre a l’air pompé sur AMELIE NOTHOMB, autre figure intéressante de l’actuelle imposture littéraire française). Vous me direz que des foules s’agglutinent devant le journal de JEAN-PIERRE PERNAUT et de PATRICK POIVRE (son vrai nom). Mais puisqu’on te dit qu’ils ont du … succès ! T’as rien compris.

Dessin de Pétillon : Sarko dit à Rachident : « L’important, ce n’est pas la réponse, l’important c’est que j’aie posé la question ». Pétillon a bien compris.

Déclaration de Rachident (en campagne dans le chic VII ° arrondissement de Paris : « Je suis exactement la définition même de la République ».

Autre dessin de Pétillon, sur RAMA YADE et son « dérapage » (mais là, c’est moi qui reformule, mais j’ajoute à peine) : « Si on me reproche d’accuser le PS de racisme, c’est parce que je suis noire ». Subtil. La phrase d’origine était, approximativement : « Le PS me critique parce que je suis noire ».

Libération, 27 février.

Procès de l’hormone de croissance. On a appris que pour avoir de l’hormone de croissance, il fallait extraire l’hypophyse du cerveau des cadavres, après avoir ouvert le crâne. Théoriquement, ça devait se passer lors d’une autopsie, sous l’autorité d’un médecin. En réalité, les médecins ne se mêlaient pas de cette charcuterie. A Caen, « c’était toujours l’agent d’amphithéâtre qui le pratiquait ». A Créteil, « lorsqu’il n’y avait pas d’autopsie, le prélèvement était fait par la bouche avec un instrument bricolé par les gens de l’amphithéâtre ». Un expert : « On ne peut qu’insister sur le caractère clandestin d’une telle pratique ». Les garçons de salle recevaient des « pourboires », de 5 à 35 francs selon les hôpitaux et les années. Eric Favereau, qui signe l’article, s’indigne de la façon dont le procès est conduit par le président et par l’avocat général. Il pose la question gravissime (il y a quand même eu 122 morts) : « La justice va-t-elle passer à côté du plus grand procès de santé publique qui n’ait (sic) jamais eu lieu en France ? ».

Areva (Nucléaire, Anne Lauvergeon) a dégagé en 2007 un bénéfice net en hausse de 14,5 % sur l’année précédente.

Si vous n’avez jamais vu de près le retable d’Issenheim au musée Unterlinden de Colmar, vous êtes impardonnable. Je peux vous assurer que ça fait un choc. Mais ça risque d’être trop tard pour aller voir au musée l’exposition « Grünewald et le retable d’Issenheim ». Cela durait jusqu’au 2 mars. Comment ça ? On est le 29 février ? Cela risque quand même d’être un peu juste. Mais Libé n’a qu’à en rendre compte avant que l’expo disparaisse.

En pages Rebonds, François Doutriaux, juriste, enseignant en droit, juge que le Conseil Constitutionnel s’est discrédité en rendant une décision mi-chèvre, mi-chou, en n’introduisant pas la rétroactivité des lois dans le droit français, tout en considérant que la « rétention » n’est pas une « peine ». Il considère (je passe sur les observations purement juridiques) que le C.C. a trahi la constitution sur laquelle il a charge de veiller comme instance suprême, et qu’il a cédé aux pressions du ministère. Si le C.C. a censuré la loi, ce n’est que très partiellement, et Sarkozy considère que le Conseil n’est pas allé assez loin dans la violation de la Constitution. Le Canard cité ci-dessus aborde également le problème : il souligne que Jean-Louis Debré, qui voudrait bien sauvegarder son autorité comme président du C.C. pendant les 8 ans qui lui restent à faire, n’a pas voulu d’un affrontement politique avec Sarko. Si le nabot peut ainsi humilier la plus haute instance politico-juridique de la République Française, c’est qu’il ne reste déjà plus grand-chose de la République Française. Ça fout la nausée, non ?