30.03.2008

PAS LA CHARITE

RESTOS DU CŒUR

On célèbre ? On fête ? Ils ont la vie dure ? On crie bravo ? Non : on dit MERDE !!

J’entends à l’instant (7 h 30, heure d’été) la brave journaliste qui fait consciencieusement son boulot de journalisse (c’est LOUIS-FERDINAND CELINE qui disait, la langue sifflante : « Communisses ! ». C’était une injure). Le sujet, c’est le « marronnier » du jour : fin de la 23ème « campagne » des RESTOS DU CŒUR. Et de déplorer, évidemment, et de donner la parole à un responsable de l’association qui déplore l’augmentation du prix du lait, et des prix de l’alimentaire en général. Vous croyez pas que la nénette, elle pourrait abandonner sa voix atone, la sacro-sainte neutralité ?

COLUCHE déclarait, au moment même de la fondation : « On aura gagné quand les RESTOS DU CŒUR DISPARAÎTRONT ». Or, le nombre des gens secourus augmente inexorablement. Autrement dit, un enviable taux de croissance est promis à l’enfant de COLUCHE (euh non ! Il y a erreur : les enfants de Coluche ont vendu la photo de leur papa à la boîte d’intérim ADECCO. On espère que tout va bien pour eux, financièrement s’entend).

Vous croyez pas que la journalisse, elle pourrait au moins (AU MOINS) poser la question (et, accessoirement, SE poser la question) ? POURQUOI ? Comment ça se fait ? Qu’est-ce qui se passe pour qu’une association créée un jour pour disparaître soit vouée à s’éterniser, à s’installer dans la durée, à devenir une institution ?

Eh bien moi, je propose, tout simplement, la DISSOLUTION IMMEDIATE ET DEFINITIVE des RESTOS DU CŒUR. En même temps, bien sûr, NOTRE-DAME DES SANS-ABRI, LES CHIFFONNIERS D’EMMAÜS, ATD QUART-MONDE, et toutes les organisations de CHARITÉ.

Dissolution immédiate de tous ces outils d’aveuglement, de tous ces pansements sur la jambe de bois, de tous les milliers de mètres cube de bons sentiments engloutis dans le TONNEAU DES DANAÏDES.

Réfléchis deux secondes, cher lecteur : pendant que ces millions de fourmis de bons sentiments s’activent dans la fourmilière de la charité, pendant qu’au ras du trottoir, les millions de fourmis d’encore « vrais citoyens » s’égosillent, agissent, colmatent les brèches, ressoudent la fracture, passent la pommade sur le cancer, au prétexte qu’ « il faut bien faire quelque chose », « on ne peut pas les laisser comme ça », pendant ce temps, qui est du TEMPS PERDU, le gras accumule du gras, le gros grossit, le puissant puise encore plus de puissance, et RACHIDA DATI, habillée en DIOR, gaspille le budget de la JUSTICE en petits fours.

Le gras, le gros, le puissant et RACHIDA DATI, regardent, amusés, rassurés, réconfortés, le spectacle des fourmis qui fourmillent. C’est en effet le métier des fourmis de fourmiller. « Continuez votre travail admirable », chantent-ils en chœur. « Quant à la JUSTICE, n’y touchez pas, elle est administrée, il y a des spécialistes pour ça ».

Tu comprends, cher lecteur, pourquoi la CHARITÉ me semble aujourd’hui le mal absolu ? Il faut crier :

LA JUSTICE,

 PAS LA CHARITÉ

Que faudra-t-il, combien de temps faudra-t-il attendre, combien de gens dans la misère, combien de progrès social effacé, combien de chômeurs, combien de mendiants, pour qu’enfin retentisse, aux oreilles de tous les nantis, une vraie colère en cri ; dans la gueule du riche, la vraie colère en poing ? Quand donc entendra-t-on crier de colère cette femme que j’ai vue dans un café, l’œil fixé sur l’écran du « rapido », pour voir si les quelques sous qu’elle venait de jouer allaient lui en rapporter quelques autres ?

Ou alors, est-ce vraiment fini, l’espoir ?